Louis Not

Louis Not est un psychopédagogue français, philosophe de formation
Louis Not
Description de l'image Louis-Not.jpg.
Naissance
Toulouse
Décès (à 86 ans)
Nationalité Français
Profession
Psychopédagogue
Formation

Louis Not, né à Toulouse le 31 octobre 1919 et mort à Villemur-sur-Tarn le 20 juin 2006 est un psychopédagogue français, philosophe de formation. Il fut l'un des premiers professeurs de psychologie puis de psychopédagogie du Département de psychologie de l'Université de Toulouse-Le Mirail, actuellement Toulouse-Jean Jaurès, où il fonda la section de Sciences de l'éducation. Il dédia sa carrière professionnelle à l'enseignement d’une part et à la recherche d’autre part, centrée sur la théorie de l'apprentissage significatif de Jean Piaget.

BiographieModifier

Louis Not est né à Toulouse le 31 octobre 1919.

Il commence ses études de philosophie en 1939, période au cours de laquelle il rencontre Jean Malrieu, qui deviendra plus tard le directeur de ses deux thèses de doctorat. En 1942, il épouse Émilie Valade et s'installe à Toulouse. L'année suivante, alors que la France est occupée par l’Allemagne nazie, il est réquisitionné par le service du travail obligatoire (STO) et emmené au camp de travail de Stettin en Allemagne (actuellement Szczecin en Pologne), où il commence un long processus de conversion au catholicisme qui aboutirait au début des années 60.

Après son retour en France à la fin de la guerre, il s'installe à Sainte-Foy-de-Peyrolières où il commence à exercer en tant qu’instituteur tout en terminant ses études de philosophie. Au début des années 50, il reçoit un appel à participer comme instituteur au programme des « Classes nouvelles », ce qui l'amène à approfondir au cours de cette expérience pédagogique l'approche psychologique de l'éducation. En 1961, il est nommé Directeur d’études de l’École normale d’instituteurs de Toulouse. De 1964 jusqu'à la fin de sa carrière, il est Professeur de psychopédagogie au Département de psychologie de l'Université de Toulouse-Le Mirail, actuellement Toulouse-Jean Jaurès, période au cours de laquelle il fonde la section des Sciences de l'éducation dont il sera l’un des responsables jusqu'à la fin de son activité professionnelle.

En 1966, il soutient la thèse de doctorat intitulée « Initiation aux mathématiques (Méthode psychopédagogique d’enseignement par correspondance) » et obtient le titre de Docteur en psychologie de l’Université de Toulouse-Le Mirail.

Sa deuxième thèse intitulée « Les pédagogies de la connaissance » est publiée en 1979. Cet ouvrage a eu un grand impact notamment dans l'école pédagogique latino-américaine et a été réédité en 2017.


Héritage scientifiqueModifier

Les perspectives que Louis Not recueille sur l'éducation proviennent des écoles pédagogiques précédentes. Il appelle les deux principales positions pédagogiques respectivement « hétérostructuration » et « autostructuration » des connaissances. Dans l’hétérostructuration des connaissances, l'action s'exerce de l'extérieur de l'élève : l'enseignant lui transmet le savoir. L’autostructuration des connaissances, de l’école post-rousseauienne, défend les capacités intrinsèques de l'élève pour son développement, au détriment de toute action extérieure qui s'exerce sur lui [1]. Ensemble, ces deux positions représentent pour Louis Not une opposition marxiste de thèse et d'antithèse[2]. La synthèse de ce système dynamique vient façonner ce que Louis Not définit comme « interstructuration » des connaissances, dans laquelle enseignants et élèves réunissent les données pour les convertir en connaissance.

Le modèle de l’école traditionnelle ou d’hétérostructuration présente des carences, parmi lesquelles le fait que l'élève n'entre pas en contact avec le sujet. À des fins pratiques, cela signifie que l'enseignant est celui qui transmet les contenus aux élèves pour exercer en eux « une action transformatrice d'ignorants en connaissants »[3].

Les critiques que Louis Not soulève à propos de l'autostructuration des connaissances visent à ne pas considérer l'action individualiste de l'élève plus importante que l'action de l'enseignement dans l'apprentissage[4]. Les difficultés qu'implique cette position selon les auteurs précités sont, d’un côté, l'incapacité de l'élève à être autosuffisant dans sa progression vers la connaissance et, de l’autre, son besoin de disposer des procédés nécessaires pour parvenir à une compréhension du monde qui l'entoure.

Dans un contexte d’interstructuration de la connaissance, contrairement aux deux modèles précédents, l'élève prend connaissance de la réalité à travers l'objet[5]. De cette façon, il dispose des procédés qui manquent dans l'autostructuration. D’autre part, il joue un rôle plus important dans l'action éducative et l'enseignant ne se limite pas seulement à transmettre des informations. Ainsi sont surmontées les deux positions traditionnelles de la pédagogie.

Comme le cite Mosquera en 2014[6], pour Louis Not, dans l'interstructuration de la connaissance, « il existe une réciprocité des conditions sociales et de l'apprentissage à travers la raison et l'intellect. »

PublicationsModifier

  • Louis Not, L’enseignement des mathématiques au cycle d’observation, Institut Pedagogique National, (lire en ligne)
  • Louis Not, Initiation aux mathématiques,
  • (fr + pt + es) Louis Not, L'éducation des débiles mentaux, Privat,
  • Louis Not, Qu’est-ce que l’étude du milieu ?, Revue française de pédagogie (lire en ligne)
  • Louis Not, Les pédagogies de la connaissance, Revue française de pédagogie, 1979, 2017 (lire en ligne)
  • Louis Not, Perspectives nouvelles pour l'éducation des débiles mentaux, Edouard Privat, (ISBN 2-7089-1069-8)
  • (fr + pt) Louis Not, Enseigner et faire apprendre, Revue française de pédagogie, (lire en ligne)
  • (fr + es) Louis Not, L’enseignement répondant, Revue française de pédagogie, (lire en ligne)
  • Louis Not, L’accompagnement des adultes handicapés mentaux modérés, Éd. universitaires du sud, (ISBN 978-2-7227-0024-6)

Notes et référencesModifier

  1. (es) Julián de Zubiría, Los Modelos Pedagógicos, Famdi, , p. 35-37
  2. (es) Edilma Naranjo, Didáctica de los sistemas de información documental: transformación de la información en conocimiento, Mexique, Universidad Nacional Autónoma de México Instituto de Investigaciones Bibliotecológicas y de la Información, (ISBN 9786070257391)
  3. (es) José René Arroyo Ávila, José Gerardo Reyes López, Josefina Serna Jasso, Percepción sobre el nivel de aprendizaje logrado con el uso de técnicas colaborativas en la educación en línea en la Facultad de Contaduría y Administración de la Universidad Autónoma de Chihuahua, Chihuahua, Mexico, Universidad Autónoma de Chihuahua, (lire en ligne)
  4. (es) Edilma Naranjo Vélez, Elvia María González Agudelo, « Los sistemas de información documental como medios didácticos, en tanto problema de investigación », Uni-Pluri/Versidad, Universidad de Antioquía,‎ , p. 15 (lire en ligne)
  5. (es) Loaiza Zuluaga, Yasaldez Eder; Duque, Paula Andrea; Vallejo Arias, Sandra Lorena, « Caracterización de las prácticas pedagógicas de los docentes universitarios en el área de la salud », Revista de Investigaciones UCM. Vol. 13 , No. 22 ; p. 22-34,‎ (lire en ligne)
  6. (es) Hugo Edilberto Florido Mosquera, La flexibilización e integración curricular como respuesta a la atención en inclusión con enfoque de diferencial y de diversidad, Bogotá, , 22 p.