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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Louis de Poitiers.

Louis II de Poitiers-Valentinois
Titre Comte de Diois et de Valentinois
(1374-1419)
Autres titres seigneur de Veynes et de Chalencon
Prédécesseur Aymar VI le Gros
Successeur Arms of the Kingdom of France (Moderne).svg Cession aux rois de France
Conflits Guerre de Cent ans
Grandes compagnies
Biographie
Dynastie Famille de Poitiers
Nom de naissance Louis de Poitiers
Naissance
Décès
Château de Baix
Père Aymaret de Poitiers,
seigneur de Veynes
Mère Guyotte d'Uzès
Conjoint 1. Cécile de Beaufort
2. Guillemette de Gruyère
Enfants Louise de Villars
... de Trassy

Blason comte fr Valentinois.svg

Louis II de Poitiers-Valentinois (1354-1419), septième[1] et dernier comte de Valentinois et Diois, était fils d’Aymaret de Poitiers (+1366), seigneur de Veynes, et de Guyotte d’Uzès (1332-ap.1399). Il est également cousin germain d’Aymar VI le Gros, auquel il a succédé.

Harcelé par sa famille, criblé de dettes et pressé par ses puissants voisins (Savoie, Comtat Venaissin et Dauphiné), il a fini par remettre son comté entre les mains du roi de France en 1419.

Sommaire

BiographieModifier

Désigné héritier des terres et du titre de comte de Valentinois et de Diois par son oncle Aymar le Gros en 1374, Louis de Poitiers, deuxième du nom, rend hommage au pape pour ses terres sous juridiction avignonnaise le 22 janvier 1375 après avoir solidifié ses acquis sur Châteauneuf-de-Mazenc, laissé en fief à sa tante la comtesse douairière Alix la Major. Il reçoit le 17 avril l’hommage de ses vassaux à Crest et débrouille avec son gouverneur Eynier du Puy un conflit sur la succession de l’un d’eux, Amédée de Chabrillan.

Il faut attendre la fin de l’année 1377 pour que Louis et le roi de France trouvent enfin un accord sur le dénombrement des terres du comté qui dépendent du royaume, notamment en Dauphiné et en Vivarais[2]. Le comte de Valentinois enverra alors son écuyer Étienne Seytre rendre l’hommage au roi de France pour ses terres en Dauphiné[3].

La possession de MontélimarModifier

Cette lutte pour le pouvoir sur Montélimar, de 1374 à 1409, est l’enjeu majeur du règne de Louis II sur le Valentinois.

Le conflit remonte à 1360, lorsqu’à la mort de son oncle Gaucher, Hugues IV Adhémar seigneur de Monteil et de La Garde hérite de fiefs que les comtes de Valentinois considèrent comme rendables[4]. Hugues fait appel au pape[5] qui se prononce le 24 février 1371 en faveur de son beau-frère[6] en lui reconnaissant les droits sur un quart de la ville de Montélimar et sur le château de Narbonne, qui la surplombe. Hugues Adhémar proteste et relance le procès[7].

À la mort d’Aymar le Gros (1374), son successeur Louis II demande l’hommage d’Hugues Adhémar et, sur son refus, saisit le château d’Ancône qu’il donne en fief à son cousin le vicomte Elzéar d'Uzès. De mauvaise grâce, Hugues finit par reconnaître le 30 juin 1375 la suzeraineté de Louis II sur ses terres en comté de Valentinois, dont La Garde et sa co-seigneurie de Savasse, mais le procès relancé en 1371 reste pendant[8].

Louis II demande, sur une autre partie de la co-seigneurie de Montélimar, l’hommage de Giraud XI Adhémar, seigneur de Grignan et d’Aps. Avec l’accord de Grégoire XI obtenu le 28 juin 1376, Giraud Adhémar s’incline le 17 juillet suivant devant Louis II tout en lui demandant son assistance contre Louis d’Anduze, seigneur de La Voulte, avec lequel il est en conflit successoral[9].

À la suite du départ du siège pontifical d’Avignon vers Rome et en l’absence d’avancées significatives du procès de 1371 sur Montélimar, Louis II entend renforcer son emprise sur Montélimar. Il s’empare fin 1377 du château d’Hugues Adhémar qu’il démantèle, utilisant les matériaux pour renforcer son château de Narbonne. Hugues demande alors l’appui de Charles de Bouville, gouverneur du Dauphiné. Le 14 décembre 1377, présents aux États du Dauphiné à Grenoble, Louis et Charles de Poitiers se voient signifier par Bouville que désormais, Hugues et Giraud Adhémar sont sous la sauvegarde delphinale. Louis maintient cependant ses troupes à Montélimar[10].

Au même moment, l’empereur Charles est en France. Il passe noël à Saint-Denis puis rencontre son neveu Charles le Sage à Paris, où il confie le 7 janvier 1378[11] à son petit-neveu de 10 ans, le dauphin, le vicariat sur le royaume d’Arles. La lieutenance de ce vicariat est rapidement confiée au gouverneur du Dauphiné[12], qui fait aussitôt figurer les armes de l’Empire et du Dauphin sur les châteaux de Grignan et de La Garde[13].

Devant cette prise de positions, Louis II en appelle au pape pour la défense de Montélimar et s’empare militairement de plusieurs châteaux d’Hugues Adhémar en Valdaine. Apprenant la mort de Grégoire XI et la nomination d’Urbain VI[14], le gouverneur du Dauphiné convoque Louis à Grenoble par courrier (17 avril 1378) et envoie Hugues des Ores, commissaire et Jean d’Acher, sergent d’armes à Montélimar où ils sont reçus le 19 avril sous les quolibets et les insultes. Louis II arrive à Grenoble le 19 mai et proteste, mais rend quand même l’hommage pour ses terres situées en Dauphiné[15].

Le 18 juin 1378, Avignon finit par réagir à la demande de protection de Louis en envoyant un vice-légat rappeler les droits pontificaux sur Montélimar. Hugues Adhémar de La Garde proteste et relance la procédure de 1371 dont l’instruction, dans un contexte de conflit naissant entre Rome et Avignon[16], n’est toujours pas jugée prioritaire : ce n’est que le 10 mars 1382 que le pape Clément VII condamne Louis II à rendre à Hugues sa co-seigneurie sur un quart de Montélimar et ses châteaux saisis, contre l’hommage du seigneur de La Garde au comte de Valentinois[17].

De son côté, Giraud Adhémar de Grignan rend hommage au comte Louis pour sa moitié de la co-seigneurie de Montélimar et ses châteaux du sud-ouest de la Valdaine le 19 mai 1379. Afin d’éviter de nouveaux conflits, le pape échangera le 13 octobre 1383 cette portion de Montélimar contre Grillon[18].

À la mort d’Hugues Adhémar de La Garde, son fils Lambert (v.1350-ap.1404)[19] rend à Louis II l’hommage pour ses possessions en terres comtales le 24 septembre 1389. Lambert fait son testament en défaveur de ses frères le 14 décembre 1404[20] et désigne son cousin Guyot Adhémar de Grignan, seigneur d’Aps (ap. 1345 - 9 mai 1417)[21], qui vend ses droits au comte de Valentinois le 30 août 1405.

Évidemment, un litige subsiste et Guyot Adhémar envoie les seigneurs de Grolée et d'Entremont avec leurs gens d’armes savoyards prendre le château de Clansayes[22], à partir duquel ils font des raids aux alentours de Montélimar. Toutes tentatives restées vaines, Louis II fait appel au gouverneur du Dauphiné et le 28 juillet, Guillaume de Layre[23] donne l’ordre d’expulser les occupants de Clansayes, dont les habitants vont devoir traiter avec leur comte. Guyot Adhémar reste en retrait[24] mais les seigneurs de Grolée et d’Entremont continuent à lutter contre le comte de Valentinois, qui en 1408 en appelle directement au roi. Charles le Fol envoie Jean d’Hangest, Grand-maître des Arbalétriers, pour clore l’affaire : Grolée négociera jusqu’en 1409[25].

En 35 années de procédures et de combats, le comte Louis II de Poitiers aura à peine réussi à maintenir ses prétentions sur la co-seigneurie de Montélimar. L’ensemble de cette co-seigneurie passera sous domination delphinale en 1447[26].

Une époque troubleModifier

L’époque de Louis II de Poitiers est marquée par la Guerre de Cent Ans (1337-1453), le début du schisme d'Occident, l’aventure des Anjou en Provence et, plus particulièrement, par les bandes armées démobilisées qui ravagent les campagnes entre deux conflits. Ces bandes, les Grandes Compagnies, vont faire de fréquents allers et retours par le couloir rhodanien et concernent directement le comte de Valentinois dont les terres sont principalement situées en moyenne vallée du Rhône.

Dans le cadre du conflit franco-anglais, Louis de Poitiers combat quelque temps sous les ordres du duc de Bourgogne au second semestre 1380[27]. Il assiste sans doute au sacre de Charles VI à Reims le 4 novembre et revient dans son comté début 1381, où il reçoit l’hommage de ses vassaux puis rend hommage au gouverneur du Dauphiné pour le compte du nouveau roi le 8 juin 1381[28].

Une compagnie d’Anglais se rend maître du château de Soyons en 1381 : Louis fait élever et réparer les fortifications de Crest[29], tant pour se protéger de cette bande que pour adapter ses défenses à l’usage, en plein développement, de l’artillerie dans les conflits.

En 1383, répondant à l’appel du duc d’Anjou, le comte de Valentinois prend part aux opérations contre l’Union d'Aix, sans toutefois le suivre en Italie : il signe un acte à Upie le 29 février 1384. Il sera également présent aux États de Dauphiné du 20 mai 1386 à Romans, où Enguerrand d’Eudin, nouveau gouverneur de Dauphiné, siège aux côtés de Philippe le Hardi venu appeler à la conquête de l’Angleterre[30].

On le retrouve aux États à Vienne le 5 mars 1388, où il s’engage à prendre sa part de la défense du Dauphiné contre les Grandes compagnies en fournissant 20 des 400 lances et 10 des 200 arbalétriers : il est vrai qu’il est directement concerné. Cette protection semble temporairement efficace[31].

Le roi Charles le Fol part de Lyon en octobre 1389 pour aller en Avignon préparer avec Clément VII une offensive contre Urbain VI[32]. Celle-ci se solde par un échec et les armées royales du comte d'Armagnac, de retour d’Italie au second semestre 1391, se transforment en bandes armées qui s’installent dans le Sisteronais, le Gapençais[33], le Diois[34] et sur les terres comtales où ils prennent La Vache, Fiancey et le château de Pellafol. Une autre bande, rescapée d’Italie sous les ordres d’Amaury de Sévérac, passera les Alpes la même année et aura la chance de rançonner directement le comte de Valentinois, le prince d’Orange et l’évêque de Valence et de Die, pris par surprise[35]. Le comte de Valentinois désigne Guillaume, bâtard de Poitiers[36] comme lieutenant pour pacifier ses terres[37] ; celui-ci négocie avec Eygluy[38] et s’arrange avec Humbert de Beaumont pour reprendre Pellafol[39]. En revanche, le Bâtard de Bertusan tient toujours La Vache et Fiancey qu’il ne libèrera qu’après avoir été payé[40].

Ces tentatives de pacification ne sont pas suffisantes et le 20 juillet 1396, une partie des villes rhodaniennes du comte Louis envoient, avec Valence[41], des députés à Paris demander la protection delphinale : ils sont très bien reçus[42] et ce résultat est ratifié par les bourgeois de Valence malgré l’opposition du comte-évêque de Valence[43].

Fin 1410 réapparaît la bande de routiers de Jean de Broquiers, qui s’était fait remarquer à Clansayes trois ans plus tôt : de retour du siège d’Avignon[44], ce capitaine tente de repasser le Rhône en remontant vers le nord. Louis II charge son fils bâtard Lancelot de rassembler des nobles et gens d’armes pour s’y opposer, mais il lui faudra l’aide du bailli des Baronnies, Guigue de Sassenage[45] dépêché le 16 décembre par le gouverneur Régnier Pot pour y parvenir[46].

Une vente à créditModifier

C’est avec Jacques de Montmaur, gouverneur du Dauphiné (1391-1399 puis 1406) qu’est évoquée pour la première fois la vente du comté de Valentinois et de Diois à la France. Accablé de dettes[47] et d’ennuis familiaux, le comte Louis déclare le 30 novembre 1391 vouloir léguer ses États au roi de France, sous réserve que ce dernier le laisse en jouir en paix jusqu’à sa mort[48]. Louis II devenant insistant, le roi le met sous sa protection par ordre donné au gouverneur le 9 décembre 1393, tout en usant de son pouvoir de vicaire impérial pour prendre la main sur la haute justice dès 1394[49].

L’intervention de l’évêque Jean de Poitiers en 1396[50] permet de ralentir encore les négociations et rapproche Louis II du pape avignonnais Benoît XIII (avec lequel l’évêque subira 7 mois de siège en Avignon, jusqu’à septembre 1401). En réaction, le 16 octobre 1400, le roi demande à son nouveau gouverneur[51] de saisir les châteaux de Mazenc et de Leyne[52] qui devaient revenir à Louis II à la mort de sa tante la comtesse Major[53]. Un nouveau pas est franchi le 31 août 1402, lorsque sur ordre du duc de Bourgogne, le gouverneur Boucicaut saisit les possessions comtales en Dauphiné et y installe des garnisons. Le roi espère ainsi récupérer le comté au plus tôt[54].

Ayant déjà vendu de nombreuses terres pour combler ce manque de revenus[55], le comte de Valentinois n’a d’autre choix que se rapprocher à nouveau de la couronne de France. Il renouvelle son offre, moyennant 100.000 écus afin de régler ses dettes. En novembre 1404, le roi tente de lever un impôt en Dauphiné pour réunir la somme, sans succès[56] et Louis II est obligé d’accorder un sursis à ce paiement, renouvelé le 2 août 1406. Les États du Dauphiné finissent par accorder une partie de la somme en décembre 1407[57].

Pour le solde, Louis II doit encore attendre. Le 19 avril 1410, Louis, duc de Guyenne[58], accompagné par Jean de Poitiers, entre en possession du Dauphiné et promet le versement des 70.000 écus restants. Mais les caisses sont vides et le roi envoie Jacques Gélu faire patienter le comte : une nouvelle prorogation du versement est accordée pour le 10 avril 1411, puis pour 1412, puis pour 1413[59]. Devenu quelque peu impatient, Louis II commence à revenir sur l’accord de 1404 ; aussitôt, le roi puis le dauphin[60] ratifient le traité de cession[61], poussés par Jean de Poitiers[62].

De guerre lasse, malgré les incessants retards de paiement et usé par ses démêlés familiaux, Louis II comte de Valentinois et de Diois confirme le 19 juillet 1417 l'accord de 1404 devant le représentant du roi, Guillaume Saignet, sénéchal de Beaucaire, avec une clause pour doter son bâtard Lancelot de Châteauneuf-de-Mazenc, l'intégration de ses États au Dauphiné[63] et l’obligation de perpétuer les poursuites contre Jean et Louis de Poitiers de Saint-Vallier[64]. Louis II meurt moins de deux ans plus tard.

FamilleModifier

AscendantsModifier

Père : Aymaret de Poitiers (+ octobre 1366), seigneur de Veynes et de Chalencon. Troisième fils du comte Aymar V et de Marie de Viennois (fille du dauphin Humbert Ier), frère cadet du comte Louis Ier (père d’Aymar VI le Gros) et aîné de Charles de Poitiers seigneur de Saint-Vallier.

Mère : Guyotte d’Uzès (1332 – ap. 1399), veuve de Louis d’Espagne et remariée le 5 avril 1351. Fille du vicomte Robert d'Uzès et de Guiote de Posquières.

Oncles et tantes :

  • Tante Alix (ou Elips), dite la Major, fille de Guillaume II Roger de Beaufort, étant veuve d’Aymar le Gros, est comtesse douairière[65]. Elle est la tante des enfants de Guillaume III, Raimond de Turenne et sa sœur Cécile, première femme de Louis II.
    Son mari Aymar le Gros lui a offert le 4 novembre 1353 diverses seigneuries en royaume de France (rive droite du Rhône) ainsi que Châteauneuf-de-Mazenc le 11 novembre ; son héritage à la mort d’Aymar est conditionné à la charge d’entretenir le comte Louis II. Elle préfère conserver ses possessions en royaume ainsi que Châteauneuf, Savasse et le péage de Leyne et laisse le reste à Louis II[66] (du moins dans un premier temps).
    Teste le 23 juin 1403 et meurt avant 1406.
  • Oncle Amédée de Poitiers (+ v. 1350), seigneur de Saint-Vallier, fils du comte Aymar V et frère aîné d’Aymaret.
    Sa fille aînée Antonie a épousé Aymard de Seyssel seigneur d'Aix,
    Sa fille cadette Marguerite a épousé Geoffroy de Bressieu.
  • Oncle Charles de Poitiers (1330-1410), seigneur de Saint-Vallier, 8e fils du comte Aymar V et frère cadet d’Aymaret. Il a épousé Simone de Méry qui décèdera un 4 juillet et sera inhumée à l'église des Cordeliers de Romans.
    L’un de ses frères, Henri de Poitiers évêque de Troyes, lui a laissé à sa mort (1370) tous ses droits sur l’héritage paternel[67]. Charles se considère comme l’héritier naturel du comté de Valentinois et Diois.
    Son fils aîné, Louis, lui succède en 1410 à la tête de la branche des Poitiers de Saint-Vallier.
    Un fils cadet, Jean, évêque de Valence et de Die et recteur du Comtat Venaissin, jouera un rôle de médiateur plus ou moins honnête entre Louis II et la branche des Saint-Vallier.

DescendantsModifier

Marié avant 1374 avec Cécile de Beaufort (ap. 1354-1410)[68], seconde fille de Guillaume Roger seigneur de Beaufort et d'Aliénor de Comminges[69], devenant le neveu par alliance du pape Grégoire XI. Ils ont :

  • Louise, qui est fiancée le 4 novembre 1381 à Humbert de Villars (+1400), seigneur de Rossillon et de Trévoux, fils de Humbert VII de Thoire et de Marie de Genève. Elle l’épousera le 15 novembre 1389 et décède sans enfants. Il devient comte de Genève, à la suite de ses oncles. Sans postérité[70],[71].
  • La seconde fille de Louis II et Cécile se marie fin novembre 1390 avec Aubert de Trassy[72]. Pour la doter convenablement, Louis II a engagé les impôts de la ville de Crest sur une dizaine d’années ; cette dette s’éteindra le 17 février 1400[73].

Remarié en août 1417 à Chambéry avec Guillemette de Gruyère[74], fille du chevalier Raoul de Gruyère et d’Antoinette de Salins, dame de Montferrand et de Vaugrenant[75]. Ils n’auront pas d’enfants. Guillemette survit à Louis, teste en 1473 et meurt sans doute peu après[76].

Descendants hors mariage[77] :

  • Lancelot de Poitiers, légitimé seigneur de Châteauneuf-de-Mazenc par le testament de son père en 1419, épouse en 1421 Delphine Adhémar, dame de Saint-Auban[78].
  • Guiotte de Poitiers, épouse le 24 janvier 1414 l’écuyer Antoine de Cornillan, seigneur de Baume-Cornillane.
  • Catherine de Poitiers, épouse du vivant de son père l’écuyer Guillaume de Vesc, seigneur d'Espeluche. Elle teste en 1459 en faveur de son fils Talabard de Vesc.
  • Marguerite, Guillemette et Marie, à qui leur père lègue 1000 florins chacune plus 100 florins pour chaque robe de mariage à venir[79].

Une succession comtale complexeModifier

Louis a 20 ans en 1374 et semble mal armé pour résister à la pression familiale. En effet, l’héritage d’Aymar "le Gros" n’est pas constitué que d’un titre comtal et de terres, mais également de nombreux engagements financiers, notamment envers des membres de la famille des Poitiers.

  • Fille du comte Louis Ier, Marguerite avait épousé en 1343 Guichard de Beaujeu. Sa dot lui a été remise de 1350 à 1356 et on pouvait considérer que l’affaire était close, mais son fils Edouard II de Beaujeu réclame dès 1374 des droits sur le comté. Louis II finira par transiger et concèdera des compensations financières à Edouard le 24 mars 1378 puis le 6 juin 1380. Une autre fille de Louis Ier réclame le solde du versement de sa dot depuis son mariage avec Louis de Montfaucon (fils d’Étienne de Montfaucon ?), qui lui sera enfin acquittée par Louis II le 26 janvier 1384[80].
  • Filles de l’oncle Amédée, Antonie de Seyssel et Marguerite de Bressieu réclament chacune une moitié de la succession. Les procès durent mais finissent par aboutir : Antonie obtiendra une compensation financière le 22 avril 1380 et les filles de Marguerite, Alix et Béatrix, obtiendront également des indemnités le 28 octobre 1402[81].
  • Fort du legs de son frère Henri, l’oncle Charles revendique le comté et s’élève contre son transfert à Louis II. Une première négociation se conclut en Avignon où le pape Grégoire XI (beau-frère de Charles et oncle de Louis) a convoqué les antagonistes en juillet 1374 et le 10 août, Charles reconnaît Louis comme comte à condition de conserver ses territoires (Saint-Vallier, notamment) et de percevoir une somme importante[82] en échange de la baronnie de Clérieux, une fois que Charles l’aura récupérée sur Édouard de Beaujeu qui la tient de sa mère Marguerite de Poitiers[83]. Le 13 septembre à Crest, Charles rend l’hommage à Louis II[84], mais reprend bientôt les hostilités : sur une nouvelle intervention du pape Grégoire, il obtient en 1376 l’usufruit de Clérieux[85]. C’est ensuite vers la fin de l’année 1391 que Charles, informé de l’intention qu’a Louis de céder le comté à la couronne, fait part de nouvelles prétentions sur le château de Chantemerle[86] et sur la baronnie de Clérieux[87]. Une fois encore, le litige s’éternise et se solde enfin le 19 juin 1404 lorsque Louis cède l’intégralité de la baronnie de Clérieux et quelques terres en rive droite du Rhône[3], puis ses terres en Vivarais (sauf Baix), y compris ses droits sur la baronnie de Chalencon dont Alix reste usufruitière[88]. Charles de Poitiers meurt en 1410, âgé de 80 ans, ayant testé le 18 mars 1409 au bénéfice de son aîné, Louis[89].

La comtesse, le vicomte et le bâtardModifier

La tante Alix, la comtesse Major, a également des vues sur l’héritage de Louis. Profitant des revendications du vicomte de Turenne sur les terres provençales de Guillaume III en 1389[90], elle prend parti contre ses neveux le comte de Valentinois et l’évêque de Valence et confie à son demi-frère Tristan le Bâtard le soin d’affirmer militairement ses prérogatives sur les châteaux de Mazenc, Savasse et sur le péage de Leyne[91].

À l’occasion d’un passage par le Dauphiné en octobre 1389, le roi désigne le comte d'Armagnac pour contenir Turenne et, à la demande du comte Louis, faire pression sur Alix. Cette pression est assez forte[92] pour qu’Alix consente à s’accorder avec son neveu Louis lors de la trêve de Mende[93] : elle recouvre ses châteaux en Vivarais et reconnaît l’autorité de Louis II sur les prises de Tristan le Bâtard en rive gauche du Rhône[32].

Il ne faut que peu de temps après la mort de Jean d’Armagnac en Italie[94] pour que Turenne reprenne les hostilités, profitant du retour des armées démobilisées[95]. Le 14 mars, le roi nomme des commissaires pour ramener la paix et, sur intervention du gouverneur du Dauphiné, un traité est signé à Saint-Rémy le 5 mai 1392 : Alix la Major est censée récupérer ses biens[96]. Mais Jacques de Montmaur[97] a pris soin de placer les châteaux de Mazenc, Savasse et Leyne sous l’autorité d’un capitaine, Dorète, pensant assurer ainsi la paix entre le comte de Valentinois et la comtesse Major.

Bien évidemment, celle-ci n’en est pas satisfaite et fait déposer Dorète par son allié habituel, Tristan le Bâtard, lequel reprend ses guerres privées contre les comtés de Valentinois et de Valence. Une première négociation échoue en mars 1394[98]. Le pape, concerné, envoie le recteur du Comtat avec ses troupes, épaulées par le lieutenant du Valentinois[99] : Savasse est assiégé et pris le 9 juin 1394, la tour du péage de Leyne est démolie le 11 juin et le 20 commence le siège du château de Mazenc. Malgré une résistance acharnée du lieutenant de Tristan, Louis Mars de Tournemine[100], et grâce à l’intervention de Jacques de Montmaur[101], Châteauneuf-de-Mazenc se rend le 9 novembre. Cette fois-ci, le gouverneur du Dauphiné confie Châteauneuf à un damoiseau, Guillaume d'Hostun[102].

Cette série de sièges et l’intervention concertée d’Avignon et du Dauphiné sur les terres de Valentinois semblent avoir porté leurs fruits : Alix la Major et les Beaufort n’interviendront plus directement dans les affaires de Louis II.

  • En marge des aventures de Turenne en Valentinois, le comte Louis a dû faire face à d’autres ennuis légués par son prédécesseur : en 1389, François de Beaumont et son fils Humbert[103] réclament une vieille dette concernant la vente d’Autichamp et du château de Rochefort à Aymar le Gros[104]. Le ton monte et, depuis son château de Pellafol, Humbert de Beaumont attaque sans distinction des possessions du Valentinois et des évêques de Valence et de Die[105]. Louis II semble négocier seul le traité du 25 janvier 1392 par lequel Humbert abandonne toute velléité. François et Polie de Beaumont, en revanche, poursuivent le conflit par le biais des tribunaux : divers actes, entre 1402 et 1409, montrent les difficultés de Louis II à leur payer les 1200 florins qu’ils réclament[106].

L’affaire de GrâneModifier

Louis de Poitiers, seigneur de Saint-Vallier, déclare peu après le décès de son père Charles vouloir revenir sur le traité de 1404, par lequel Louis II s’engageait à céder son comté au roi-dauphin de France. Très vite, le roi de France (31 décembre 1412) et le Dauphin (28 janvier 1413) ratifient le traité de cession du comté[61]. Son frère Jean, qui en tant qu’évêque de Valence avait servi de négociateur entre Louis II et le roi-dauphin Charles le Fol, soutient ouvertement la cause des Saint-Vallier, surtout après avoir été nommé recteur du Comtat Venaissin par le pape Alexandre V[107].

Le conflit est soumis le 22 mars 1416 à l'arbitrage de François de Conzié, archevêque de Narbonne (il a été évêque de Grenoble de 1380 à 1388), qui temporise[108].

Dans ces conditions, Louis et Jean de Poitiers-Saint-Vallier décident de forcer les choses : reçu le 2 août 1416 par son comte de cousin en visite inopinée au château de Grâne, Louis de Saint-Vallier y introduit discrètement son évêque de frère avec une vingtaine d’hommes d’armes qui se rendent maîtres du château. Lancelots et ses trois petites sœurs, enfants illégitimes de Louis II, sont maîtrisés et le comte est emprisonné, assez durement pour qu’il signe sur son honneur le 17 août un engagement de sa succession en faveur des Saint-Vallier. Il est relâché au matin du 18[109].

Cependant, cette séquestration est rapidement connue. Dès le 4 août, le Conseil delphinal qui siège à Grenoble en est informé et, en l’absence du gouverneur Henri le Roux, envoie deux délégués à Crest : Aubert Faure, trésorier général et Jacques de Saint-Germain, avocat fiscal et procureur général, commencent leur enquête le 7 août. Quelques vassaux du comte arrivent à le voir dans sa geôle et le 16 août, les seigneurs de La Roche et de Montlaur en appellent à Barthélémy La Vernade, lieutenant du sénéchal de Beaucaire, auprès de qui le comte Louis se tournera également dès sa libération[110].

Bien qu’obtenue sous la contrainte, la promesse donnée par Louis II à ses cousins engage son honneur. Le comte convoque ses vassaux à Saint-Sauveur de Crest le 28 août pour leur demander de prêter serment sur cet engagement : ils refusent, par loyauté. Louis II demande alors à être délié de son serment au concile de Constance, qui en réponse missionne le 16 avril 1417 l’official de Viviers pour enquêter[111]. Sans doute rasséréné, le comte Louis II confirme le 19 juillet 1417 l'accord de 1404 devant le représentant du roi, Guillaume Ségnier, sénéchal de Beaucaire ; le roi s'engage en contrepartie à poursuivre Jean et Louis de Poitiers-Saint-Vallier[112].

De l’official de Viviers, l’affaire passe entre les mains du cardinal Othon Colonna qui, ayant d’autres préoccupations plus pressantes, fait nommer à sa place un archevêque qui connaît bien ce dossier, Conzié. Le 11 novembre 1417, le concile de Constance élit un nouveau pape : Othon Colonna prend le nom de Martin V. Aussitôt, Louis II de Poitiers lui adresse une requête en annulation de serment et une plainte contre l’évêque de Valence et de Die, Jean de Poitiers[113].

Si d’un côté Martin V renouvelle le 11 janvier 1418 Jean de Poitiers dans ses fonctions de recteur, il commande néanmoins à Conzié de finir son enquête (23 avril) et reconnaît, le 26 septembre 1418, la nullité du serment de Grâne[114].

Les derniers joursModifier

Atteint, semble-t-il, par la dureté de son emprisonnement, le comte Louis II de Poitiers teste le 22 juin 1419 dans son château de Baix en Vivarais. Il fait de nombreuses dotations, notamment aux congrégations religieuses de son comté, et lègue de quoi terminer la voûte de l’église de Crest dans laquelle il désire être inhumé. Ses enfants légitimes, légitimés et illégitimes ne sont pas oubliés. Il réitère enfin l’accord de 1417 : en l’absence d’héritier mâle, le comté ira au dauphin Charles VII sous réserve d’un versement de 50.000 écus d’or et de la poursuite du procès contre Louis et Jean de Poitiers ; en l’absence de conclusion à ces réserves le comté ira au duc de Savoie, aux mêmes conditions, enfin à l’Église par défaut[115].

Louis II de Poitiers, dernier comte autonome de Valentinois, meurt à Baix le 4 juillet 1419. Conformément à son souhait, il a été inhumé à l’église des Cordeliers de Crest[116].

En l’absence de paiement de la part de Charles VII, le duc de Savoie va s’emparer du comté de Valentinois et de Diois, qui ne sera effectivement intégré au Dauphiné qu’en 1455 (Traité de Paris).

RéférencesModifier

  1. Ou sixième suivant des nomenclatures discordantes.
  2. Chevalier 1897, p. 379-380 & 382. La baronnie de Clérieu posait aussi problème, étant tenue comme caution d’une dette de 17.500 florins d’Aymar le Gros envers le Dauphin : le roi l’a fait saisir, avec le péage du Gap, poussant Louis II à négocier (Gallier 1873, p. 101-102). Le Gap correspond vraisemblablement à un quartier de Vercheny, situé au pied du Barry, fortification comtale sur la route de Valence à Die (Brun-Durand 1891, p. 154, 410 & 21).
  3. a et b Gallier 1873, p. 102.
  4. C’est-à-dire non héritables en ligne directe.
  5. La co-seigneurie de Montélimar (Monteil Adhémar) est en effet sous juridiction avignonnaise et dépend donc des papes.
  6. Grégoire XI (Pierre de Rogier de Beaufort) est le frère d’Alix, épouse d’Aymar le Gros.
  7. Chevalier 1897, p. 380-381.
  8. Chevalier 1897, p. 381-382.
  9. Chevalier 1897, p. 382.
  10. Chevalier 1897, p. 383. La ville étant sous juridiction avignonnaise, elle ne dépend ni du Dauphiné ni de la France : la menace est de peu d’effet.
  11. Date donnée par Chevalier 1897, p. 384. Pfister 1837, p. 422 donne le 4 janvier.
  12. Le 23 janvier. Bouville s’en doutait-il en prenant les Adhémar sous sa protection, ou a-t-il simplement misé sur l’éloignement de la cour pontificale ?
  13. Chevalier 1897, p. 384-385.
  14. Grégoire meurt le 27 mars, Urbain est élu le 8 avril et intronisé le 18.
  15. Chevalier 1897, p. 385-387.
  16. Le retour su siège pontifical à Rome, associé au caractère tyrannique d’Urbain VI et aux prétentions politiques de Charles V, seront à l’origine du Grand Schisme d’Occident, consommé le 13 octobre 1378 avec l’élection au conclave de Fondi d’un autre pape, le franco-savoyard Clément VII, qui s’installe en Avignon.
  17. Chevalier 1897, p. 387-388.
  18. Chevalier 1897, p. 388 place l’hommage de Giraud en 1389, impossible vu l’échange de Montélimar en 1383. Une autre date (24 octobre 1383) est énoncée : voir Turenne.
  19. Courcelles 1829, p. 21.
  20. Courcelles 1829, p. 21 (Chevalier 1897, p. 388 date par erreur ce testament de 1384). Le 3 février 1396, Louis II confirme les libertés de Montélimar : Chevalier 1897, p. 411.
  21. Courcelles 1829, p. 11.
  22. Clansayes est sous sauvegarde delphinale, mais ses habitants ont pris parti pour Guyot (Chevalier 1897, p. 430). Les deux seigneurs, l’un savoyard, l’autre à moitié dauphinois (Entremont) et à moitié savoyard (Montbel), se considèrent indépendants du Dauphiné et du Comtat.
  23. Guillaume de Layre a été nommé gouverneur au début de l’année 1407, en remplacement de Geoffroy Boucicaut le Meingre.
  24. Clansayes était tenue pour Guyot par un certain Jean de Broquiers qui la libère le 6 septembre 1407 Lacroix 1882, p. 16 ; lui et ses hommes vont encore se faire remarquer en 1410.
  25. Chevalier 1897, p. 431-432. Selon Chorier 1672, p. 404-405 le Conseil delphinal envoie successivement le damoiseau Odinet de Courteville, châtelain de La Buissière, Giron de l'Aire bailli de Grésivaudan puis Guillaume d'Hostun bailli des Baronnies pour faire aboutir ces négociations, aux frais du comte de Valentinois.
  26. Chevalier 1897, p. 388, n. 3.
  27. On le trouve à Montlhéry le 3 septembre : Chevalier 1897, p. 390.
  28. Chevalier 1897, p. 390-391 : hommage comprenant ses terres du Royans dont Saint-Nazaire et les châteaux de Flandaines et d'Hostun.
  29. Chevalier 1897, p. 391. Afin d'être seul seigneur de Crest, Louis avait acquis de Louis de Villars sa co-seigneurie sur cette ville contre les seigneuries de Bourdeaux et Bésaudun avant 1377 (Chorier 1672, p. 376).
  30. Chevalier 1897, p. 392-393.
  31. Chevalier 1897, p. 394.
  32. a et b Chevalier 1897, p. 396.
  33. Le chef routier Guilhin Camisard s’empare du château de Lazet le 20 novembre 1391 (Chevalier 1897, p. 397).
  34. Autour de Saint-Ferréol (dépendance du comté épiscopal de Die) et d’Eygluy (possession comtale), ces routiers vont ravager les campagnes (Chevalier 1897, p. 398).
  35. Chevalier 1897, p. 409-410.
  36. Fils naturel de Guillaume de Poitiers, évêque de Langres, légitimé par Charles V en juin 1373, bailli de Chaumont, présent à Roosebeke en 1382, maréchal de Dauphiné : duChesne 1628, p. 75-76.
  37. Le gouverneur du Dauphiné lèvera le 29 décembre 1391 un impôt exceptionnel pour se débarrasser de ces bandes armées (Chevalier 1897, p. 400).
  38. Dont la rançon sera payée, en partie, par les impôts de Montélimar en janvier 1392 (Chevalier 1897, p. 401) ; le bâtard Guillaume en sera récompensé en obtenant Eygluy et Soyans en fief, son frère Jacques obtiendra le château de La Roche-Saint-Secret (duChesne 1628, p. 64).
  39. Un traité sera signé avec ce dernier à ce sujet le 25 janvier 1392 (Chevalier 1897, p. 401).
  40. Dans le cadre de la Paix de Saint-Rémy, le 5 mai 1392 (Chevalier 1897, p. 402-403). Louis est à nouveau tenu d’emprunter pour régler cette nouvelle dette qui le suivra jusqu’en 1399 Chevalier 1897, p. 411.
  41. Valence dépend directement de son comte-évêque, Jean de Poitiers.
  42. Les députés rhodaniens sont reçus le 3 octobre 1396 par Réginal de Corbières (c’est ainsi que Chevalier 1897, p. 413 nomme le chancelier de France et de Dauphiné), Simon de Crevant (c’est par erreur que Chevalier 1897, p. 413 le nomme ainsi et le voit patriarche de Jérusalem, au lieu d’Alexandrie), Philippe de Moulins, Nicolas du Bosc et les représentants du Dauphiné, le gouverneur Jacques de Montmaur et le procureur fiscal, Jacques de Saint-Germain : Chevalier 1897, p. 413-414.
  43. Chevalier 1897, p. 414 ; ratification du 29 mai, opposition du 23 mai 1397.
  44. Siège du palais des papes de 17 mois, qui verra le 2 novembre 1411 la capitulation de Rodrigo de Luna, neveu de Benoit XIII.
  45. Seigneur d’Izeron et de Montrigaud, cousin du baron Henri le Roux.
  46. Chevalier 1897, p. 433-434 ; duChesne 1628, p. 63. Jean de Broquiers est encore signalé devant Orléans fin 1415 (article en ligne).
  47. Bien qu’ayant un atelier de frappe monétaire à Upie ou Chabrillan sous les ordres de Guillaume Sestre et de Pierre Bodin, bien qu’en ayant ouvert un autre à Crest dirigé par Pierre Chabert, trésorier général et Philippe Bronchal, maître général des monnaies, le comte Louis II a du mal à faire face à ses nombreuses dépenses : Chevalier 1897, p. 391-392.
  48. Chevalier 1897, p. 399-401 : la situation politique et familiale étant complexe, le gouverneur temporise.
  49. Chevalier 1897, p. 405.
  50. Ce fin diplomate a réussi à retourner Louis II contre le roi de France lorsque celui-ci a accordé sa protection à Valence et aux villes comtales.
  51. Geoffroy Boucicaut le Meingre a été nommé gouverneur du Dauphiné en 1399 après destitution de Jacques de Montmaur.
  52. Il les remettra au duc de Bourbon, lequel y installe Humbert Alleman dès la fin de l’année.
  53. Chevalier 1897, p. 415.
  54. Chevalier 1897, p. 416-418. Le prétexte de la saisie est la vieille dette d’Aymar le Gros lorsqu’il était lui-même gouverneur du Dauphiné, au sujet du Faucigny.
  55. Il a vendu les terres et le château de Saint-Aubain à Béatrix de Bressieu et la ville et terre de Charpey au chevalier Guillaume de Roussillon, seigneur du Bouchage et futur maréchal du Dauphiné (1417). Il a également vendu ses terres de Mezant et des Estables avec le péage de Maupas à l’Hermite de La Faye : duChesne 1628, p. 63-64.
  56. Le statut spécial du Dauphiné ne permet pas au roi de lever un impôt sans l’accord des Trois États de la province
  57. 30.000 florins (Chevalier 1897, p. 429-432) - écu de France et florin du Dauphiné ont une valeur sensiblement égale, pesant chacun environ 3,5 g d’or.
  58. Il est le frère aîné de Jean de Touraine. En 1410, Louis vient d’être émancipé par son père
  59. Chevalier 1897, p. 434-435.
  60. Respectivement le 31 décembre 1412 et le 28 janvier 1413.
  61. a et b Chevalier 1897, p. 436.
  62. Le roi a-t-il été influencé par le pape et par l'empereur Sigismond, lors de sa visite en Savoie, puis à Vienne (2 août 1415) et à Valence (4 août) en direction d'Avignon ? Toujours est-il qu’il ne juge pas nécessaire de redemander le vicariat du royaume d’Arles (Chevalier 1897, p. 437).
  63. En terres et en lois, mais pas en titre : le Dauphin sera dès lors prince de Viennois et comte de Valentinois et de Diois.
  64. Chevalier 1897, p. 449-450.
  65. Au sein d’une fratrie de 10 enfants, elle est sœur de Guillaume III, Pierre (le pape Grégoire XI), Tristan le Bâtard et Marquis, seigneur de Canilhac (et de Grillon jusqu’en 1384).
  66. Chevalier 1897, p. 374-375.
  67. Chevalier 1897, p. 316.
  68. Les dates de naissance et de mariage de Cécile de Beaufort sont peu sûres ; pour celle de son décès, duChesne 1628, p. 68-69.
  69. Chevalier 1897, p. 376.
  70. Claude Guigue, Topographie historique du département de l'Ain, Bourg-en-Bresse, Gromier Ainé, (lire en ligne), p. 455.
  71. Pierre Duparc, Le comté de Genève, (IXe-XVe siècles), t. XXXIX, Genève, Société d’histoire et d’archéologie de Genève, coll. « Mémoires et documents » (réimpr. 1978) (1re éd. 1955), 621 p. (lire en ligne), p. 337.
  72. Ou de Trasetis : duChesne 1628, p. 73.
  73. Chevalier 1897, p. 412, qui comme ses prédécesseurs n’a pas trouvé le prénom de cette seconde fille.
  74. duChesne 1628, p. 69 la qualifie de jeune damoiselle : elle doit avoir environ une quinzaine d’années.
  75. Guillemette a une sœur aînée, Catherine de Vergy, et deux cadets, Jeanne de Grolée de Bressieu et Antoine, comte de Gruyère. Amédée VII de Savoie, dont le comté a été promu en duché, est un cousin (Chevalier 1897, p. 452, n. 1).
  76. Chevalier 1897, p. 451-452 & 465.
  77. Chevalier 1897, p. 466.
  78. Ils auront un fils François (duChesne 1628, p. 74) et vendront le domaine de Saint-Auban aux Pape en 1439 (Brun-Durand 1891, p. 329-330) ; selon certains sites de généalogie, Lancelot aurait enlevé Dauphine Adhémar d’Allan avant de l’épouser.
  79. Les dispositions testamentaires de Louis II laissent penser que Marie, la petite dernière, hésitait à entrer au couvent : Chevalier 1897, p. 466
  80. Chevalier 1897, p. 389-390.
  81. Chevalier 1897, p. 389.
  82. Louis II offre les terres de Mureils et de Pisançon : Brun-Durand 1891, p. 273. Pisançon (actuel Pizançon), quartier de Chatuzange-le-Goubet.
  83. Gallier 1873, p. 101-102.
  84. Chevalier 1897, p. 377-378.
  85. Charles obtient aussi 1300 florins de revenu sur les châteaux de Saint-Nazaire et de Flandines, ainsi qu’une part d’Hostun et la baronnie de Chalencon en Vivarais dont Alix la Major reste usufruitière : duChesne 1628, p. 62.
  86. Château vendu en 1380 au seigneur de Grolée par Louis II (Brun-Durand 1891, p. 67).
  87. Ces deux seigneuries sont alors tenues par Louis II en terres delphinales (Chevalier 1897, p. 401) et ont été l’objet de litiges entre Dauphins et comtes de Valentinois depuis le XIIIe siècle (Gallier 1873, p. 87-97).
  88. duChesne 1628, p. 65.
  89. Chevalier 1897, p. 377-378, 380 & 436.
  90. Guillaume III Roger de Beaufort, père de Turenne et frère d’Alix, a en effet perdu des possessions en Provence durant le conflit de l’Union d'Aix : Chevalier 1897, p. 394.
  91. Chevalier 1897, p. 394-395.
  92. Le comte d’Armagnac a mis la main en quelques mois sur les châteaux d’Alix à Baix, au Pouzin, à Châteaubourg, Privas, Tournon, Boulogne et Barre...
  93. Trêve négociée par Jean d’Armagnac et imposée au vicomte Raimond le 9 août 1390, pour deux ans, avec le soutien du pape d’Avignon et du cardinal de Saluces : Chevalier 1897, p. 401.
  94. Jean III d'Armagnac trouve la mort le 25 juillet 1391 en Piémont.
  95. Avant le printemps 1392, avec les hommes de Guillaume Bernard le Breton, il s’empare de Châteauneuf-de-Mazenc d’où le Breton va ravager le pays : le village de Rochefort-en-Valdaine fait partie de ses victimes.
  96. Chevalier 1897, p. 402-403.
  97. Gouverneur du Dauphiné depuis 1391.
  98. Chevalier 1897, p. 406.
  99. Guillaume bâtard de Poitiers a été nommé lieutenant par le comte Louis en 1391 (cf supra).
  100. Sans doute apparenté aux Tournemine de la cour ducale de Bretagne ?
  101. Le gouverneur du Dauphiné agit ici en tant que lieutenant du vicaire du royaume d’Arles, en vertu des pouvoirs conférés en 1378 au dauphin Charles par l’empereur Charles.
  102. Chevalier 1897, p. 406-408. Le choix d’Hostun est ratifié le 16 décembre 1394 par le roi : Chevalier 1897, p. 409.
  103. François I seigneur de la Freyte et des Adrets en Grésivaudan, époux de Polie de Chabrillan (1350), fils d’Artaud IV et de Marguerite de Rochefort, rend l’hommage au comte de Genève en 1377 ; Humbert III, seigneur de Pellafol et d’Autichamp est son second fils (Chesnaye 1761, p. 177-178). Polie de Chabrillan est réputée unique héritière du chevalier Aynard et de sa femme Sybille (Le Laboureur 1681, p. 242).
  104. Chevalier 1897, p. 395.
  105. Humbert s’excusera le 14 juillet 1392 auprès du cardinal de Saluces pour ses déprédations à Bouleyne, Livron et Châtillon-en-Diois dont le prélat avait conservé le bénéfice en quittant la cathèdre de Valence et de Die (Chevalier 1896, p. 309). Le toponyme Bouleyne ne peut, dans ces conditions, correspondre aux Patis de Saint-Paul-Trois-Châteaux proposé par Brun-Durand 1891, p. 430 & 257.
  106. Chevalier 1897, p. 401-402, note. Les Beaumont iront jusqu’à faire saisir le château de Beaufort pour faire plier Louis : Chevalier 1897, p. 402, note.
  107. Cette nomination sera confirmée le 23 août 1410 par Jean XXIII, alors même que les pouvoirs de ces deux papes de Pise n’atteignent que peu Avignon (Chevalier 1897, p. 433).
  108. Chevalier 1897, p. 438.
  109. Chevalier 1897, p. 440-447.
  110. Chevalier 1897, p. 444-447.
  111. Jean de Poitiers est toujours évêque et recteur du Comtat : la lettre de mission de l’official omet soigneusement de le citer dans les protagonistes de l’affaire (Chevalier 1897, p. 449).
  112. Chevalier 1897, p. 447-450 ; cet accord annule l’ensemble des concessions précédemment faites en faveur de l’oncle Charles (Gallier 1873, p. 103).
  113. Chevalier 1897, p. 452.
  114. Chevalier 1897, p. 454-455. Cette histoire se termine à Bourges le 4 mai 1423 où, au mépris du contrat de cession de 1419, le roi-dauphin cèdera la baronnie de Clérieu et les terres vivaroises à Louis de Saint-Vallier, en présence de son frère Jean, pour qu’il renonce à ses prétentions sur le comté (Gallier 1873, p. 463 ; duChesne 1628, p. 71).
  115. Chevalier 1897, p. 458-463.
  116. Chevalier 1897, p. 463.

BibliographieModifier

  : sources principales utilisées pour la rédaction de cet article

  • Justin Brun-Durand, Dictionnaire topographique du département de la Drôme : comprenant les noms de lieux anciens et modernes..., Paris, Imprimerie nationale, , 502 p. (lire en ligne)
  • Fr.-Al. Aubert de la Chesnaye (des Bois), Dictionnaire de la noblesse : contenant les généalogies, l’histoire et la chronologie des familles nobles de France, vol. II : Barthe - Berment, Paris, , 788 p. (lire en ligne)
  • Jules Chevalier (chanoine), Essai historique sur l’Église et la ville de Die, t. 2 : depuis l’année 1277 jusqu’en l’année 1508, Valence, J. Céas, , 618 p.
  •   Jules Chevalier (chanoine), Mémoires pour servir à l'histoire des comtés de Valentinois et de Diois, vol. 1 : Les anciens comtes de Die et de Valence, les comtes de Valentinois de la maison de Poitiers, Paris, Picard, , 477 p. (lire en ligne)
  • Nicolas Chorier, Histoire générale de Dauphiné, t. 2 : Depuis l'an M. de N.S. jusques à nos jours, Lyon, J. Thioly, , 782 p. (lire en ligne)
  • Jullien chevalier de Courcelles, Histoire généalogique et héraldique des pairs de France : collection par ordre alphabétique des généalogies..., t. I, Paris, (lire en ligne), « Adhémar »
  • André duChesne, Histoire généalogique des ducs de Bourgongne de la Maison de France : à laquelle sont adjoustez les seigneurs... issus des mesmes ducs, Paris, S. Cramoisy, (lire en ligne), chap. 5 (« Histoire généalogique des comtes de Valentinois et de Diois »)
  • Anatole de Gallier, Essai historique sur le baronnie de Clérieu en Dauphiné : et sur les fiefs qui en ont dépendu, Valence, Chenevier & Charvet, , 274 p. (lire en ligne)
  • André Lacroix (archiviste), L’arrondissement de Montélimar : géographie, histoire, statistique, t. VI, Valence, Combier & Nivoche, , 409 p. (lire en ligne)
  • Claude Le Laboureur (prévôt de l’Île-Barbe), Les mazures de l’abbaye royale de l’Île-Barbe : histoire de tout ce qui s’est passé dans ce célèbre monastère, t. 2, Paris, Courterot, , 686 p. (lire en ligne)
  • Johann Christian von Pfister (trad. M. Paquis depuis l'Allemand), Histoire de l'Allemagne : depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours..., t. 5, Paris, Beauvais éd., , 471 p. (lire en ligne)

Articles connexesModifier