Louis Derbré

sculpteur français

Louis Derbré, né le à La Gandonnière, à Montenay et mort le à Ernée[1], est un sculpteur français.

Louis Derbré
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Louis Derbré est venu à la sculpture dans les années 40
Naissance
Décès
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Nationalité
Activité
Œuvres principales

BiographieModifier

EnfanceModifier

Il naît en à la Gandonnière, dans la commune de Montenay, près d'Ernée. Ses parents, Jean-Marie et Marie, née Cousin, sont cultivateurs. Il fréquente l'école jusqu'à l’âge de 12 ans.

Vie adulte et parcoursModifier

Il reste sur l'exploitation familiale jusqu'à 19 ans, puis se marie l’année suivante, en 1945 avec Antoinette Cabrol. En , il donne naissance à une fille, Mireille. Il s'engage comme manœuvre dans une maison d'édition artistique, où il rencontre des étudiants des beaux-arts. Il fréquente un atelier de sculpture et s'initie à ce métier.

Sa première production est le portrait d'un jeune peintre hollandais Werschürr, étudiant des beaux-arts qui fréquentait la maison d'édition d'art[2]. Il présente cette première œuvre au jury du prix Fénéon en 1951, et obtient contre toute attente le prix qui lui est remis dans les locaux de la Sorbonne par le poète Louis Aragon. C'est la première marche de son ascension et déjà, les critiques d'art écrivent que « Derbré a tout compris aux Égyptiens ». Ce qui amusera par la suite le sculpteur, qui, autodidacte complet, n'en avait alors aucune connaissance. En 1953, il reçoit le prix national de l'école des Beaux-Arts.

Avec les dix milles francs issus du prix Fénéon, Louis Derbré aménage son premier atelier personnel de sculpture, dans la cour de l'immeuble qu'il habite rue Raymond Losserand dans le 14ème arrondissement de Paris. Il y accueille de nombreux collectionneurs et personnalités de la scène artistique de l'époque, ainsi Anthony Quinn, Yul Brynner, les Frères Jacques, les Compagnons de la Chanson, Marcel Amont...

Devenu l'assistant du sculpteur Émile Gilioli au tout début des années 1960, il affirme son art personnel. Il est révélé au grand public lors de l'exposition « Rodin, Maillol, Derbré », organisée par la galerie Hervé Odermatt, avenue Matignon, à Paris, en 1962. Lors de cette exposition, dont le catalogue est préfacé par son amie Louise Weiss, Derbré présente : la Rencontre, le Fusillé ... Il présente les Vacances à la biennale d'Anvers et participe à une exposition internationale organisée au musée Rodin.

Il participe au Salon d'Automne, au Salon des Indépendants, au Salon de la Jeune Sculpture.

En 1964, il est à la création de la biennale « Formes nouvelles », ainsi qu'au Groupe des Neuf, dirigé par Juliette Darle. Il expose à Montréal en 1967. En 1972, il érige La Terre à Tokyo, place Ikebukuro, dont plusieurs répliques sont visibles dans le Vermont aux États-Unis, dans le quartier de la Défense à Paris, et aussi à l'intérieur de la brasserie La Coupole, à deux pas de Montparnasse. Il s'inscrit dans la lignée de maîtres qui plongent leurs racines dans l'Antiquité et qui passe par les grands noms de la sculpture figurative : Rude, Rodin, Maillol, Giacometti et bien d'autres. Louis Derbré réalise plusieurs œuvres en taille directe sur marbre de Carrare. Une exposition est organisée à la galerie Artcurial pour présenter cette série : L'Effraie, La Gorge, L'Aile, Le Chat, Les Adolescents...

En 1991, Louis Derbré quitte son atelier d'Arcueil pour retrouver les terres de son enfance à Ernée où il préside durant de nombreuses années l'Exposition d'Art Régionale d'Ernée. Il y finira ses jours. Une fonderie d'art (où il forme des sculpteurs et qui accueille jusqu'à douze employés) est installée ainsi qu'un lieu de création et d'exposition, l'Espace Culturel Louis-Derbré. Il agrémente son Jardin de Sculptures monumentales, de près de sept hectares, d'un théâtre de plein air, qu'il baptise L'Agora, situé face à un étang. Là, il crée notamment un ensemble de six sculptures monumentales en bronze, le Mémorial pour la Paix, pour le parc-cimetière d'Oasa, près d'Hiroshima, au Japon[3].

En 1992, une grande exposition est organisé en son honneur par la brasserie parisienne La Coupole à Montparnasse. Louis Derbré y présente, entre autres : Orion, la Bête, Orgue...

Louis Derbré veut rentre l'art accessible à tous et développe l'un des concepts majeurs qui accompagnent sa création: l'Art dans la Ville. Il exécute de nombreuses commandes qu'il reçoit de la part de communes, en particulier dans le cadre du « pourcentage culture » pour les établissements publics. C'est à Ernée qu'il concrétise de la façon la plus représentative son projet. Outre l'Espace Culturel qui porte son nom, il installe: L’Epi, square des combattants ; La Joie, sur l'esplanade René-Ballayer ; La Maternité, place Fernand-Vadis ; La Roche, esplanade Gérard-Heude ; et l'espace Agora pour y admirer, respectivement, La Construction devant le siège de la Communauté de Communes de l'Ernée ; L'Hommage aux Pompiers devant la caserne ; Clair de Lune devant l'espace éponyme ; Le Baptistère et L'Homme nouveau dans l'église Notre-Dame de L'Assomption ; La Médecine, bas-relief dans le hall de l'hôpital ; La Mer devant la corderie Lancelin.

En 2000, Louis Derbré réunit une trentaine d’œuvres monumentales pour une exposition remarquée, place Vendôme à Paris. Il y reçoit la visite d'Henri Salvador et sculpte son portrait sur le vif, devant un public médusé.

Louis Derbré meurt le 3 août 2011. Ses obsèques sont célébrées en l'église d'Ernée et parmi les hommages qui lui sont rendus, le maire d'Ernée souligne le devoir qui incombe à la ville de sauvegarder et de transmettre à la postérité la création de l'artiste. Louis Derbré est inhumé non loin de la maison où il vécut, dans le cimetière de la Chapelle Notre-Dame de Charné.

Après la disparition de l'artiste, la fille de Louis Derbré, peintre résidant à Biarritz, fonde l'Association Culturelle Louis-Derbré pour assurer la gestion quotidienne et l'animation culturelle du site. Elle fonde également, quelques années plus tard, le Fonds de Dotation « Espace Culturel Louis-Derbré » pour gérer l'héritage artistique de son père, qui devient propriétaire des lieux. Une convention permet aux deux entités de collaborer dans la mise en place d'un projet de réhabilitation de l'Espace. Porté par l'Association, soutenue par la municipalité, ce projet mobilise des habitants d'Ernée et des amateurs de l'art derbréen. En 2014, l'Association Culturelle Louis-Derbré entame un chantier de gestion de l'ensemble des archives laissées par le sculpteur, procède à l'inventaire complet des collections artistiques et pilote la restauration de quelques sculptures. Ses missions sont contrariées par de nombreux obstacles, et en particulier, la décision prise par le Fonds de Dotation en juillet 2019 de vendre les locaux et le terrain de l'Espace Culturel Louis-Derbré et de disperser les œuvres.

Les périodes de créationModifier

De 1951 à 1970Modifier

PORTRAIT, En 1951, le jeune Louis Derbré est primé pour son buste d'un compagnon d'atelier qui l'a encouragé et ce prix, remis par Louis Aragon, est doté d'une somme de dix mille francs qui vont lui permettre d'investir dans son premier atelier de sculpture.

MAIMAINE, 1950, pierre, 33 cm. Ce portrait représente Germaine, voisine des parents de Louis Derbré, à la Mie Fougères, la maison familiale située à Ernée. Comme bien souvent, les modèles de Louis Derbré sont alors les personnes de son entourage familial ou bien ceux de l'atelier de la Grande Chaumière qu'il découvre à Paris.

L'AUBE, 1959, chêne, 195 cm, 1959. Cette œuvre se trouve aujourd'hui dans une collection aux États-Unis.

SAINT IGNACE DE LOYOLA, 1960, granit, 35 cm.

L'HOMME NOUVEAU, 1965, résine 200 cm. Cette œuvre se trouve dans l'église Notre-Dame de l'Assomption à Ernée, en Mayenne. Pour cette église Louis Derbré a aussi créé un baptistère en "cuivre repoussé".

LA RENCONTRE, 1965, bronze, 185 cm. Ces deux personnages symbolisent l'instant précieux et fugace d'une première rencontre. Ils sont installés sur le parvis de la bibliothèque municipale de Laval et un autre exemplaire est dans une collection privée.

LA FILLE A L'ORANGE, 1965, bronze, 43 cm. Première version d'une sculpture que Louis Derbré reprendra plus tard en l'agrandissant (jusqu'à 300 cm pour les versions les plus grandes), en retravaillant une morphologie plus filiforme, à la manière d'un Giacometti. Cette sculpture est née d'un moment où le sculpteur propose une pause à un jeune modèle, rencontrée par hasard. Celle-ci a commencé par prendre et éplucher une orange : l'attitude plaît à l'artiste et le modelage a commencé. Un geste tout simple sublimé par la poésie du sculpteur.

MIREILLE, 1967 ciment, 35 cm. Mireille est la fille de Louis Derbré qui a posé pour son portrait à l'atelier d'Arcueil dans le Val de Marne. Une édition en bronze a été créée à Arcueil également.

CHRIST, bronze, 250 cm. Il est installé à l'église Saint-Sulpice à Paris.


De 1971 à 1980Modifier

LA TERRE, 1972, bronze, 900 cm. La sculpture "La Terre" est choisie par le groupe SEIBU pour orner la place Ikebukuro à Tokyo. Une réplique de "la Terre" en résine, est exposée en permanence sur la place des Reflets à Paris dans le quartier de La Défense et une autre se trouve à la Brasserie La Coupole, au cœur de Montparnasse. Une autre version est également installée dans le Vermont, aux Etats-Unis.

LA VAGUE, 1974, bronze poli, 54 cm. Cette œuvre est fixée sur un axe qui fait tourner la Vague sur elle-même.

LA GORGE, 1976, bronze poli, 60 cm.

PORTRAIT DE CHEBEL, 1978, réalisé en hommage au jeune combattant libanais.


De 1981 à 1994Modifier

L'AILE, 1984, marbre, 30 cm.

LA MÉDITATION, 1984, marbre, 47 cm.

L'ÉTÉ, 1984-1985, marbre, 58 cm.

LE RHIN OU LE BAISER à SABLE sur SARTHE : En 1987, installation du "RHIN" place de la mairie à Sablé sur Sarthe, Cette œuvre est aussi appelée tout naturellement " le Baiser" . Un nouveau projet d'installation devrait la conduire devant l'entrée de la salle des mariages de Sablé sur Sarthe.

L'ÂME, 1992, bronze, 160 cm.

LA VISITE, 1992, bronze, 230 cm.


De 1995 à 2011Modifier

LE MYTHE, 1995, béton, 1700 cm. Le Mythe est la première sculpture monumentale implantée sur l'Espace Culturel Louis-Derbré à Ernée. Cette œuvre, fortement marquée par l'influence de l'art des Anciens Egyptiens, domine et veille sur l'espace de la campagne qui s'offre à son regard. L'œuvre de Louis Derbré est un message d'espoir et de fraternité adressé aux hommes des cinq continents où sont dressées ses sculptures.

LA MATERNITÉ, 1996, bronze, 450 cm. Répondant à un concours lancé en 1995, le sculpteur Louis Derbré présente un modèle en plâtre de 60 cm qui sera retenu. La statue définitive fera 4,50 mètres de haut ; elle sera coulée en bronze grâce au concours financier de différents fabricants de lait pour bébé. L'inauguration aura lieu en . Une réplique en résine se trouve aussi à Ernée.

MEMORIAL POUR LA PAIX AU JAPON, 1997, bronze. Commandé sur concours par la Soka Gakkai Internationale, ce groupe de six sculptures monumentales (La Construction, La Joie, L'Avenir, la Tolérance, L'Espoir et Le Courage) s'élève au sein du parc-cimetière d'Oasa, près d'Hiroshima. Quelques-unes des répliques de l’œuvre sont visibles à Ernée et à Laval, en Mayenne.

LA DIVINITÉ, ou le rayonnement de l'imaginaire - comme une pure vérité- Rien n'est vrai dans la dimension de l'œuvre, mais la symétrie de ses proportions est évidente et compose sa grâce. Louis Derbré a réalisé plusieurs versions de cette sculpture à différentes échelles en agrandissant régulièrement les proportions.

TOULOUSE-LAUTREC, Il existe plusieurs versions de cette statue du peintre albigeois réalisée par Derbré: l'une est à Albi, une autre est installée devant la gare de la ville de Betton en Bretagne (2005) et deux autres sont dans des collections privées en Indre et en Indre-et-Loire.

LE PROPHETE, 2008, bronze, 650 cm. Le Prophète, d'un poids de près de huit tonnes, est une œuvre imaginée depuis longtemps par Louis Derbré, qui en commence le plâtre en 2005. La sculpture est exposée dans les jardins du Luxembourg au Sénat pendant un an lors de la 9ème édition d'Arsénat, et à Alençon. "Elle dispense une propension à la méditation, un regard intérieur proposé à chacun, sur la portée de l'acte créateur et sa pérennité." (La Gazette parisienne en date du ) Louis Derbré expliquait: "Cette œuvre est la réalisation d'un rêve d'enfant qui me tient à cœur depuis plus de 55 ans. Elle est unique au monde, de par sa taille, mais aussi par le sens de son nom, qui traduit un désir d'annoncer une ère nouvelle. C'est la vision d'une porte toujours ouverte sur l'infini. Mais cet imaginaire n'empêche pas que le Prophète «repose sur des bases, ses bases, son cou».«Il a fallu, confie l'artiste, tout un cheminement depuis le premier portrait en 1947, en passant par diverses expositions aux quatre coins du monde et l'influence des tendances actuelles de l'art, pour revenir à l'essentiel. Pour moi, seule l'écriture de l'enfant et la fraîcheur de leur imaginaire est bien le renouvellement de l'éternité».

Notes et référencesModifier

  1. Alan Nagard, « Louis Derbré. Une vie entière consacrée à son art », Ouest-France,‎ (lire en ligne).
  2. « Louis Derbré, sculpteur autodidacte », sur Laval53000 (consulté le 24 février 2018).
  3. Marie Christine Malsoute, « Rencontre avec Louis Derbré », Brive.mag,‎ (lire en ligne, consulté le 24 février 2018).

RécompensesModifier

En 1951, Louis Derbré reçoit le prix Fénéon remis par Louis Aragon, pour deux de ses sculptures : le portrait d'un ami et celui d'une jeune fille de son pays. Avec le montant de la dotation du Prix de 10.000 F, il construit de ses mains et aménage son premier atelier rue Raymond Losserand à Paris dans le 14ème arrondissement.

En 1953, il reçoit le Prix National décerné par l’École des Beaux Arts, quai Malaquais à Paris où il exposera l'année suivante.

En 1986, il est promu Officier des Arts et Lettres.

En 1992, il est nommé Croix de Chevalier dans l'Ordre National du Mérite.

HommagesModifier

En 1954 : le Musée Municipal d'Art Moderne de la Ville de Paris acquiert une de ses œuvres.

En 1981 : "RADIOSCOPIE" émission de Radio avec Jacques Chancel (France Inter).

En 1986 : Nommé Membre du Jury de l'Association Florence Blumenthal (Pour la Pensée et l'Art Français ), Maillol et Despiau l'avaient précédé dans cette fonction.

Le Lycée Rochefeuille reçoit le nom du sculpteur pour ses locaux situés au Château de Pannard, à Ernée.

AnnexesModifier

Moins célèbre en France mais tout aussi connu à l'étranger, Raymond Dubois est lui aussi un sculpteur ernéen célèbre.

Liens externesModifier

BibliographieModifier

  • Louis Derbré, De terre et de bronze, photographies de Philippe Schaff, Shirine Éditions, 1998, 271 p. (ISBN 978-2913267015).