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Liz Tilberis
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Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 51 ans)
New YorkVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Elizabeth Jane KellyVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Malvern St James (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités

Elizabeth Tilberis, née Elizabeth Jane Kelly le 7 septembre 1947 et morte le 21 avril 1999, mais connue professionnellement tout au long de sa carrière comme Liz Tilberis, est une journaliste britannique de mode ayant passé vingt ans au British Vogue puis reconnue pour avoir notablement renouvelé le Harper's Bazaar américain jusqu'à en faire le « plus beau magazine de mode du monde » d'après les médias.

BiographieModifier

Elizabeth Jane Kelly, fille d'un chirurgien des yeux, nait à Alderley Edge[1] ; elle a un frère et une sœur. Elle étudie au Malvern Girls College et déjà elle feuillette Vogue. Elle suit ensuite des études de mode à la Leicester Polytechnic d'où elle est expulsée pour avoir eu un homme dans sa chambre[2]. Elle tente d'entrer au Jacob Kramer Art College de Leeds. Andrew Tilberis, professeur d'art, est chargé de parcourir son portfolio lors de l'admission de cette dernière. S'il n'est pas impressionné par son travail, Elizabeth Jane Kelly le convainc par son discours et son physique[2] ; il l'épousera plus tard.

British VogueModifier

En 1967, à la suite d'un « concours de talents », elle débute au British Vogue[3] par un stage, à préparer le thé entre autres, pour 25 livres par semaine. Beatrix Miller, alors rédactrice en chef du magazine, remarque combien Elizabeth est agréable, énergique et enthousiaste[2] ; Miller la nomme « assistante de mode » en 1970. L'année suivante, elle épouse Andrew Tilberis, malgré l'interdiction de son père qui le considère comme « un étranger ». Ils resteront mariés pendant près de trente ans. Au cours des années 1970 et au début des années 1980, Liz Tilberis commence des traitements pour la fertilité afin d'avoir un enfant. Ces traitements n'aboutissent pas, et ils adoptent deux garçons. Tilberis va travailler avec tous les grands photographes, comme David Bailey, Bruce Weber ou Arthur Elgort.

Après deux décennies au Vogue britannique, Liz Tilberis se voit offrir en 1987 un emploi lucratif à New York, par la marque Ralph Lauren. Elle vend sa maison, prépare le déménagement, et semble sur le point de partir pour les États-Unis quand Anna Wintour, la rédactrice en chef d'alors qui avait remplacé Beatrix Miller peu avant, l'appelle pour lui demander de venir dans son bureau. Wintour l'informe alors qu'elle quitte Londres pour New York, afin de rejoindre le magazine House & Garden (en) appartenant également aux éditions Condé Nast. Elle lui propose son poste à la tête du Vogue anglais[3]. En 1988, elle devient donc la nouvelle rédactrice en chef, mais quitte sa fonction au bout de quatre ans. Durant sa courte carrière, les ventes du magazines augmentent sensiblement[2] ; elle sera remplacée par Alexandra Shulman.

Harper's BazaarModifier

En 1992, elle s'installe à New York, et devient rédactrice en chef du prestigieux magazine Harper's Bazaar. En décembre 1993, est diagnostiqué sur Liz Tilberis un cancer de l'ovaire[4] ; elle blâme publiquement son utilisation des médicaments de fertilité[1].

Elle passe les années suivantes à trouver un équilibre entre sa chimiothérapie et le renouvellement du magazine[1]. Son meilleur allié pour le nouveau style du Harper's Bazaar est alors le directeur artistique français Fabien Baron qui va savoir établir une référence majeure dans le domaine des magazines de mode[1],[5],[6]. À eux deux, entre la créativité de Baron et le pragmatisme de la rédactrice en chef, la publication acquiert le titre de « plus beau magazine de mode du monde[1],[5],[6]. » Sous la direction de Liz Tilberis, la publication un peu vieillissante redevient donc en quelques années un magazine de mode américain élégant[1], de tout premier plan[2],[3], avec les meilleurs mannequins[n 1] et photographes de mode, tel que son ami le Français Patrick Demarchelier, puis Peter Lindbergh[3],[8]. Bien que sur une ligne éditoriale différente et à l'esthétique minimaliste[5],[n 2], le magazine peut de nouveau rivaliser avec le Vogue américain alors sous la responsabilité de son amie Anna Wintour ; durant cette période, la presse fait souvent écho d'une rumeur sur la rivalité entre les deux plus importantes rédactrices en chef de mode[1],[2],[n 3].

Liz Tilberis est récompensée par le CFDA en 1994[1] et est également présidente du Fonds de recherche sur le cancer de l'ovaire à partir de 1997[1].

Elle accompagne la princesse Diana, devenue son amie lors de sa période londonienne chez Vogue[1], lors de l'une de ses dernières visites à New York, même si les traitements de chimiothérapie la fatiguent et qu'elle a subi une greffe de moelle osseuse. Diana lui téléphonera et écrira, jusqu'à sa mort dans un accident de voiture le 31 août 1997 à Paris, afin d'apporter à Tilberis réconfort et encouragement.

Liz Tilberis meurt le 21 avril 1999 à New York des suites de son cancer. Elle sera remplacée au Harper's Bazaar par la toute jeune Kate Betts (en), et reste considérée avec Anna Wintour et Grace Coddington comme l'une des trois femmes britanniques ayant eu une influence notable sur la mode dans les années 1990[5], avec Tina Brown également[1].

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. En plus des Supermodels de l'époque, comme Linda Evangelista ou Claudia Schiffer, Kate Moss connait une ascension fulgurante ; elle fera la couverture du Bazaar et apparaitra plusieurs fois dans le magazine[7]. À noter que Kate Moss est très proche de Fabien Baron le directeur artistique de l'époque.
  2. À noter que dans les années 1990, le minimalisme est un courant de mode primordial ayant marqué toute la décennie.
  3. Concernant cette rivalité théorique relayée par la presse, lire pour exemple l'article daté de mai 1992 du Los Angeles Times[9].

RéférencesModifier

  1. a b c d e f g h i j et k (en) Anne-Marie Schiro, « Elizabeth Tilberis, 51, Magazine Editor, Dies », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne)
  2. a b c d e et f (en) Avril Mollison, « Obituary: Liz Tilberis », The Independent,‎ (lire en ligne)
  3. a b c et d (en) Veronica Horwell, « Liz Tilberis : The British fashion magazine editor who stormed New York », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne)
  4. (en) Christine Lennon, « Ovarian Cancer: Fighting for a Cure », sur harpersbazaar.com, Hearst, (consulté le 2 février 2014)
  5. a b c et d (en) Design Museum et Paula Reed, Fifty fashon looks that changed the 1990s, Londres, Conran Octopus, coll. « Fifty Fashion Looks », , 112 p. (ISBN 978-1840916270), « Liz Tilberis : The lady who rebooted American style », p. 32 à 33
  6. a et b « Ce jeune Baron qui a séduit Guerlain », sur strategies.fr, Stratégies,

    « L'Anglaise Liz Tilberis avait remarqué son travail à Vogue. Et elle l'a appelé à la rescousse pour redonner vie au vieux Bazaar. Fabien Baron ne s'est pas fait prier. Et c'est là qu'il a créé le genre « très Fabien ». Le designer aime jouer avec les lettres, de préférence de typographie Didot. Il les manipule, les bouscule, les tourneboule. Baron adore également oxygéner les photos, jouer sur les couleurs. De quoi créer « le plus beau magazine de mode au monde ». C'est en tout cas ce que l'on a dit, en 1992, lorsque le nouveau Bazaar est arrivé dans les kiosques. Et si l'on recense les imitations - tout le monde l'a pillé, d'Ikea au Sunday Times- le genre Fabien Baron est décidément un succès. »

  7. James Fox, « Mise à nu L'énigme Kate Moss », sur Vanity Fair,

    « À seulement 19 ans, Kate en fut la source d'inspiration majeure et le centre d'attention privilégié. À cette époque, feu Liz Tilberis, l'éditrice britannique, était en train de relancer le magazine féminin Harper's Bazaar, avec l'aide de Fabien Baron comme directeur artistique (co-directeur en 2012 de l'album Kate Moss des éditions Rizzoli), et Paul Cavaco (que Kate Moss appelle « papa ») comme responsable mode. Très rapidement, Moss a fait la couverture du magazine, et elle était présente dans la plupart des numéros suivants. »

  8. Aurélie Raya, « Patrick Demarchelier: stars au naturel », sur Paris Match,

    « C’est mon amie Liz Tilberis, appelée à sa tête, qui m’a demandé de la suivre. On a monté une équipe. Elle a recruté Peter Lindbergh et d’autres bons photographes. »

  9. (en) Mary Rourke, « Money. Power. Prestige. With so much at stake, Anna Wintour of Vogue and Liz Tilberis of Harper's Bazaar are locked in a… : Clash of the Titans », Los Angeles Times,‎ , p. 4 (lire en ligne)

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • (en) Liz Tilberis, No Time To Die, Little, Brown and Company, 1998 (ISBN 978-0-3167-7674-5) (autobiographie), 304 pages

DocumentaireModifier

  • (en) Intimate Portrait: Liz Tilberis, réalisé par Lee Grant, 1999, 60 min