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Liste des comtes et vicomtes de Sens

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Carte du royaume de France au début du XIe siècle avec le comté de Sens en vert clair au sud-ouest du comté de Champagne

Le territoire du comté de Sens correspond principalement à celui du Sénonais, autour de la ville de Sens dans le nord de l'actuel département de l'Yonne (Bourgogne-Franche-Comté) et le duché de Bourgogne de l'époque. Une partie du comté s'étendait aussi sur la province de Champagne, dépendant pour cette part du comté de Troyes.

Des comtes de Sens sont cités dès le VIIe siècle ;, le comté devient véritablement un fief souverain héréditaire avec la dynastie des Fromonides au IXe siècle. Fromond Ier de Sens, fondateur de cette dynastie, transforma la vicomté acquise en comté souverain qu'il transmit à 3 générations de ses successeurs avant le rattachement du comté et de la ville de Sens au domaine royal au XIe siècle.

Article détaillé : Comté de Sens.

Comtes à titre de bénéficeModifier

Les comtes à titre de bénéfice sont des fidèles des souverains mérovingiens ou carolingiens qui obtiennent un comté à titre de bénéfice temporaire et non de manière héréditaire.

Comtes mérovingiensModifier

Article détaillé : mérovingiens.
  • 700-721 : Engilbert[3], comte de Sens ; époux de Panonilde[2].

Comtes carolingiensModifier

Article détaillé : carolingiens.
  • ~828 ou 845 : Donnat, fils et successeur de Maynard[5], comte de Sens en 828[8] ou 845[7].
À sa mort, un conflit de partage du comté aurait opposé ses deux gendres : le comte Girart de Roussillon (mari de sa fille aînée Berthe), et le roi de Francie occidentale Charles le chauve (mari de sa fille cadette Héloïse ou Loïse)[10],[N 5].

Comtes de la dynastie des WelfsModifier

Article détaillé : Welfs.
  • 881-882 : Conrad († 882), frère aîné du précédent. Comte de Paris et de Sens[11],[N 7].

Comte inconnuModifier

  • vers 884 : Gilbert. Époux de Pavenildis[7].

Comtes robertiensModifier

Article détaillé : robertiens.
  • ~887-888 : Eudes Ier, comte de Paris, d'Autun et selon certaines sources comte de Sens en 887[8],[12]. Roi de France (888-898). Lorsqu'il devient roi de France en 888, il investit Garnier, comte de Troyes, du comté de Sens[8],[13].

Comtes de TroyesModifier

Article détaillé : Liste des comtes de Troyes.
 
Blason du comté de Troyes (puis de Champagne)
  • 923-924 : Garnier de Troyes à nouveau.

En 931, la révolte de Richard et du comte Gislebert de Bourgogne est matée par le roi Raoul qui confisque le comté à Richard[7].

Ducs de BourgogneModifier

Article détaillé : Liste des ducs de Bourgogne.
 
Ancien blason des ducs de Bourgogne (Capétiens)

Vicomtes puis comtes souverains héréditaires de Sens (dynastie fromonide)Modifier

Article détaillé : Fromonides.

La dynastie des Fromonides est inaugurée comme seule dynastie souveraine héréditaire du comté de Sens par Fromond Ier, fils de Garnier.

 
Blason de la ville de Sens depuis son rattachement au domaine royal

Aucun document médiéval ne signale ni ne laisse supposer un lien quelconque entre les comtes de Sens (Fromonides), les comtes de Joigny, les sires de Courtenay, ceux de Tanlay et ceux de Joinville. Ces liens datent exclusivement des historiographes du début du XIXe siècle, qui ont noté la contiguïté des patrimoines fonciers en forêt d'Othe (pour ce qui est du lien allégué entre les comtes de Sens et ceux de Joigny)[24], et encore moins avec les sires de Courtenay et ceux de Tanlay. En ce qui concerne l'origine de la famille comtale de Joigny, Aubry de Trois Fontaines (Haute-Marne), né au XIIe et mort au premier tiers du XIIIe siècle, signale que les comtes de Joigny sont issus des sires de Joinville[25]. Les chroniques du temps disent que le comté a été acquis au Roi de France en 1055, et on constate ensuite son morcellement (au plus tard en 1080)[26].

Les comtes de Joigny, les seigneurs de Châteaurenard, de Courtenay, de Tanlay et les seigneurs puis princes de Joinville sont issus de la dynastie fromonide des comtes de Sens ; leurs possessions, vassales du comté de Sens, ont échappé au rattachement au domaine royal en 1055.

Vicomtes de Sens après le rattachement au domaine royalModifier

Dès le règne de Philippe Ier, il n'y a plus lieu de considérer le vicomte comme un agent de la Couronne. Très significativement, les mandements royaux ne citent plus les vicomtes parmi les destinataires des ordres royaux à partir de ce règne. On peut dès lors considérer qu'il est devenu un simple féodal disposant d'anciens prélèvements publics.

Il convient de noter que la première application de la très célèbre ordonnance du 10 juin 1155 (de Soissons) sur la paix dans le royaume aura son application dirigée contre le vicomte de Sens (pariage de Chéroy, suivi ensuite des pariages de Dollot, Flagy, Voulx, venant tous encercler les possessions vicomtales entrées sur Vallery).

  • 1055-1062 : Daimbert de Sens († 1062), fils de Mainard et frère de Mainard (58e archevêque de Sens, vicomte de Sens. Il faut rapprocher ce prénom avec celui en usage avec la famille des chevaliers de Seignelay qui fournira de nombreux prélats à Sens, Auxerre et Orléans aux XIe et XIIe siècles. Ce lignage a constamment été le vecteur de la politique royale sur les confins de l'Auxerrois.
  • Guérin Ier de Sens (ou Garin = Warinus), vicomte de Sens en 1074.
  • Manasses de Sens, fils probable du précédent, vicomte de Sens en 1114.
  • av. 1130-1168 : Salon de Sens († 1168), fils très probable du précédent, vicomte de Sens[27]. Ce rare prénom a été porté vers 1020 par un chevalier vassal d'Eudes II de Blois, intervenant au sujet de Montereau. A épousé "E". Neveu de Milon de Montlhéry, sire de Bray-sur-Seine, assassiné en 1118.
  • 1168-1180 : Guérin ou Garin II de Sens († av. 1180), fils du précédent, vicomte de Sens[28]. A épousé "H".
  • Galeran, vicomte de Sens, époux d'Hermensent, sœur du vicomte Garin. Il se heurte à Philippe Auguste[29].
  • Hermensent, vicomtesse de Sens. Elle épouse en premières noces Laurent de Vendeuvre puis Galeran.
  • Héloïse, titrée une fois vicomtesse de Sens et dame de Chaumont. Veuve du vicomte Garin ; remariée à Guillaume des Barres, chevalier, sire d'Oissery, puis à Gui de Garlande.
  • La vicomté de Sens est morcelée à la mort d'Hermensent, entre sa descendance issue des Vendeuvre, donnant la famille de Vallery (sires de ce lieu)[30], et celle issue des Barres (sires de Chaumont (-sur-Yonne)[31].

Le domaine des vicomtes forme un bloc compact sur la rive gauche de l'Yonne, centré sur Vallery. Curieusement il est écartelé entre plusieurs suzerainetés : la Couronne (Vallery, Villethierry, Gisy) ; la Champagne (tant Montereau que Bray-sur-Seine) pour Villeneuve-la-Guyard et peut être Diant). Au début du XIIe, les vicomtes aussi des droits dans l'ancien comté du Gâtinais à Nanteau.

La vicomté ne comprenant plus dès lors qu'un droit de suzeraineté sur de rares fiefs et des taxes sur le négoce au niveau de la cité de Sens, ne dispose pas de système judiciaire ou de bailliage. Au XIVe siècle, la vicomté est détenue en indivision d'une part entre les descendants des vicomtes de Sens (d'une part les sires de Vallery, d'autre part les des Barres sires de Vallery et les de Dreux sires de Beu), et les archevêques de Sens, disposant de fermiers-receveurs en commun.

Ce n'est qu'au XVIe siècle, que le titre vicomte émerge à nouveau à Sens, aux mains de la famille normande Blosset venue s'installer à Saint-Maurice-Thizouaille dans la vallée du Tholon près de Joigny, puis de la famille sénonaise des Grassin (un parlementaire et son frère fondateurs du collège des Grassin à Sens). La famille Grassin portera le titre vicomtal ensuite aux XVIIe et XVIIIe siècles. On peut notamment citer :

  • Rogerin Blosset, vicomte de Sens en 1545, écuyer.
  • Antoine Blosset, vicomte de Sens en 1545, écuyer.
  • Pierre Blosset, vicomte de Sens de 1545 à 1549, écuyer.
  • Simon-Claude Grassin, capitaine de grenadiers, vicomte de Sens en 1748, commandant du château de Saint-Tropez.

La vicomté de Sens est ensuite remplacée par le bailliage de Sens.

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Selon Tavau et Mauclerc cités par Larcher de Lavernade.
  2. Larcher de Lavernade cite le chroniqueur Aymonius qui mentionne Maynard comme 1er comte de Sens investi par Charlemagne dont il aurait été le gendre.
  3. d'après la Chronique de Louis le débonnaire citée par Larcher.
  4. Larcher cite des historiens dont Hénaut comme sources de cette assertion.
  5. Larcher de Lavernade cite le beau-père des deux rivaux sous le nom d'Huon comte de Sens, qu'il confond visiblement avec lui. Le beau-père de Girart de Roussillon semble être selon diverses sources Hugues de Tours ou Hugues de Sens et il est probable qu'il s'agit du même seigneur.
  6. Est-ce le même Huon que Larcher confond (p.48) avec Hugues III de Tours, ou un autre ? Est-ce une erreur de date et de prénom ou un autre comte carolingien postérieur ?
  7. Larcher n'évoque absolument pas cette dynastie dans son ouvrage.
  8. Larcher de Lavernade explique qu'Eudes aurait laissé le comté de Sens à Garnier, comte de Troyes au moment de son accession au trône en 888 ; Laurent Theis fait de Garnier un vicomte installé par Richard II le Justicier, duc de Bourgogne après sa prise de la ville en 895.
  9. Certaines sources citées par Larcher de Lavernade, notamment Tavau, suggèrent que (?)[Qui ?] conserve le comté pour lui après sa prise de la ville (qu'il date de 896 probablement à tort) jusqu'à sa mort (en 920) ; d'autres sources citées par Larcher en doutent (dont Tavau), et Laurent Theis dans son ouvrage suggère que Garnier (installé soit en 888 soit en 895) reste vicomte jusqu'à sa mort. Le titre dégradé de vicomte et non de comte rend cette hypothèse plus probable car Garnier deviendrait alors un simple vassal fidèle installé par Richard à Sens pour contrôler cette ville.
  10. Faut-il considérer que Richard garde pour lui le comté après sa prise de la ville en 895, tout en nommant Garnier simple vicomte ? De nombreuses sources infirment cette hypothèse de Larcher de Lavernade basée sur une assertion d'Odorannus.
  11. Si l'on suit Larcher de Lavernade et les chroniqueurs médiévaux qu'il utilise comme le moine Odorannus, Raoul succéderait à son père Richard dans l'hypothèse où celui-ci ait gardé pour lui le comté. Cependant, les sources concordantes qui font de Garnier, comte de Troyes le vicomte de Troyes jusqu'à sa mort en 924 laissent peu de crédit à cette hypothèse, sauf à considérer que Raoul ait pu reprendre à Garnier le titre de comte avant son accession au trône pour le réinvestir de la vicomté ensuite (en 923).
  12. Le sacramentaire de la cathédrale de Sens enregistre sa mort en 948 d'après MedLands, date retenue aussi par Laurent Theis ; contrairement à 951 que mentionne Clément, ou 953 que retient - à tort - Larcher.
  13. Selon MedLands, aucune preuve n'existe du lien de parenté entre Fromond et la dynastie des comtes de Troyes. Il n'est pas mentionné dans la liste des enfants de Garnier de Troyes bien que ce soit la même source qui le cite comme potentiellement fils de Garnier.
  14. Larcher cite la Liste des Archevêques pour la date de 996, le moine Odorannus pour 998 et Aymonius pour 999. Les Annales de Sainte-Colombe citées par MedLands mentionnent son inhumation en 996.
  15. Le site MedLands mentionne son fils Fromond III comme successeur, ce qui semble peu crédible au vu de la conquête royale, du traité signé en 1015 et du rattachement effectif au domaine royal à la mort de Renard II en 1055. Cependant en 1058 Fromond III souscrit une charte de donation à Sainte-Bénigne, en tant que "Frotmundus urbis Senonicæ comes..." (cité dans medlands).

RéférencesModifier

  1. Larcher 1976 (1845), p. 44.
  2. a b c et d Larcher 1976 (1845), p. 260.
  3. Larcher 1976 (1845), p. 45.
  4. Larcher 1976 (1845), p. 46.
  5. a b c et d Larcher 1976 (1845), p. 47.
  6. Tarbé 1995, p. 228.
  7. a b c d e et f Clément 1784, L'Art de vérifier les dates..., p. 593.
  8. a b c d e et f Larcher 1976 (1845), p. 261.
  9. a b c d e f et g « Vicomtes et comtes de Sens [882]-1015 », dans « Champagne nobility - Sens & Joigny », ch. 1 : « Sens », p. sur medlands.
  10. Larcher 1976 (1845), p. 48.
  11. a b et c « Comtes de Sens 817-882 », dans « Champagne nobility - Sens & Joigny », ch. 1 : « Sens », p. sur medlands.
  12. Larcher 1976 (1845), p. 53.
  13. Larcher 1976 (1845), p. 55.
  14. a b et c Larcher 1976 (1845), p. 56.
  15. Larcher 1976 (1845), p. 58.
  16. Theis 1990, p. 130.
  17. (en) « Fromond I », dans « Champagne nobility - Sens & Joigny », ch. 1 : « Sens », section B : « Vicomtes et comtes de Sens [882]-1015 », sur medlands (consulté le 13 décembre 2017).
  18. Larcher 1976 (1845), p. 60.
  19. Larcher 1976 (1845), p. 62.
  20. Laurent Theis, op. cit., p.201.
  21. Larcher 1976 (1845), p. 65.
  22. Larcher 1976 (1845), p. 67.
  23. a et b Larcher 1976 (1845), p. 68.
  24. Etienne Meunier. L'entourage des comtes de Joigny entre 1080 et 1184. (Colloque de Joigny) Société généalogique de l'Yonne, 1991, pp. 92-108.
  25. Etienne Meunier. Le Sénonais au temps du changement dynastique. (colloque sur le millénaire Capétien). Société des Sciences historiques et naturelles de l'Yonne, volume 119, 1987 (1988), pp. 19-38.
  26. Etienne Meunier. L'origine du comté de Joigny. L'Echo de Joigny, n° 58, 2001, pp. 5-26.
  27. Etienne Meunier. Les vicomtes de Sens, reconstitution d'un lignage noble médiéval. Société généalogique de l'Yonne, cahier n° 2, 1984, pp. 56-61.
  28. Pattou, p. 4.
  29. Etienne Meunier. Apogée et déclin des vicomtes de Sens. (Colloque de l'ABSS). Etudes villeneuviennes, 1985 (1986), pp.52-58.
  30. Etienne Meunier. Les chevaliers de Vendeuvre et de Vallery, de Valeriaco. Société généalogique de l'Yonne, cahier, n° 19, 2013, pp. 190-199
  31. Etienne Meunier. Les chevaliers des Barres. Société généalogique de l'Yonne, cahier n° 19, 2013, pp. 166-182.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Charles Larcher de Lavernade, Histoire de la ville de Sens, Culture et civilisation, (1re éd. 1845)  
  • Théodore Tarbé, Recherches historiques et anecdotiques sur la ville de Sens, éd. de la Tour Gile, (1re éd. 1838, Maison Quantin, Paris) (lire en ligne)  
  • Étienne Meunier, Le bailliage de Sens (de 1194 à 1477) (lire en ligne)
  • Laurent Theis, Nouvelle histoire de la France médiévale, t. 2 : L'héritage des Charles, de la mort de Charlemagne aux environs de l'An Mil, Patis, Seuil, (ISBN 2-02-011553-0)  
  • François Clément, L'Art De Vérifier Les Dates Des Faits Historiques, Des Chartes, Des Chroniques, Et Autres Anciens Monumens, Depuis La Naissance De Notre-Seigneur..., t. 2, Jombert, (lire en ligne)  
Autres ouvrages
  • William Mendel Newman, Le domaine royal sous les premiers Capétiens, Sirey,
  • Christian Pfister, Étude sur le règne de Robert le Pieux, Paris, BEHE,
  • Michel Bur, La formation du comté de Champagne, Nancy, Université de Nancy II,

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

  • (en) Charles Cawley, « Comtes et Vicomtes de Sens », dans « Champagne nobility - Sens & Joigny », ch. 1 : « Sens », sur MedLands - Foundation for Medieval Genealogy (consulté le 13 décembre 2017). Dont :