Liste des commanderies templières en Flandre

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Cette liste recense les commanderies et maisons de l'Ordre du Temple présentes en Flandre.
Carte des régions de Belgique
  • Région Bruxelles-Capitale
  • Région flamande
  • Région wallonne

Faits marquants et HistoireModifier

 
Blason de la Flandre

La Flandre actuelle ne correspond pas aux entités géopolitiques des XIIe et XIIIe siècles. Du point de vue féodal elle était divisée d'Ouest en Est entre le comté de Flandre, le duché de Brabant et le comté de Looz alors que sur le plan ecclésiastique on trouvait le diocèse de Tournai, celui de Cambrai et celui de Liège et les frontières féodales ne correspondent pas du tout aux limites des diocèses. À titre d'exemple la fraction du territoire du duché de Brabant qui se trouvait dans la Flandre actuelle était en partie dans le diocèse de Cambrai (Bruxelles, Anvers) et en partie dans le diocèse de Liège (Louvain).

Dans le Nord-Est de la Flandre, on ne trouve pas de possessions formellement authentifiées[N 1] mais on remarque que l'influence de la commanderie de La Braque (actuellement aux Pays-Bas près du village d'Alphen dans la province du Brabant-Septentrional, la commanderie 'Hof Ter Brake' ou 'Ter Brooke' aujourd'hui disparue) s'étendait jusqu'à la ville de Lierre à plus de 130 kilomètres comme en atteste un acte de 1261 où deux frères du Temple de La Braque notifient la levée des droits de l'abbaye Saint-Michel d'Anvers sur les biens d'un prêtre de Lierre mort pendant la septième croisade.

En 1266, on connaît précisément le nombre de maisons religieuses qui étaient du ressort du diocèse de Tournai dans le comté de Flandre et par la même les maisons du Temple et de l'Hôpital. Clément IV ayant mis à contribution les ordres religieux pour financer la huitième croisade, on a un inventaire détaillé des dîmes qui ont été levées pour chaque maison. Six maisons du Temple (commanderies) sont mentionnées (Corbri-St-Léger, Slype, Gand, Bruges, Ruysselede et La Haie près de Lille)[N 2] contre trois maisons de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem (Mude près de Bruges ou de Gand comme maison principale, Hamme et Zele sont plus modestes) [2].

Le templier Hugues de Verceil surtout connu comme cubiculaire du pape et comme maître de la province de Lombardie a d'abord été chanoine du chapitre Saint-Donat de Bruges[3].

CommanderiesModifier

Commanderie / Maisons Ville actuelle (ou à proximité) Observations
« Bruges » Scheepsdale / Saint-Pierre-sur-la-Digue Extérieur de Bruges (Nord-Ouest)
51° 13′ 09″ N, 3° 12′ 35″ E ou 51° 13′ 30″ N, 3° 12′ 15″ E
[4].
Gand Gand « Domus Templi de Gandavo »
51° 03′ 35″ N, 3° 43′ 19″ E
[4].
Gistel Gistel [Dépendance de Slipje].
Mentionnée lors d'un chapitre provincial en 1257 avec une chapelle
[5]
Kaster (Caster) Kaster [à vérifier][6]
Semble correspondre aux biens attestés à Anzegem (maison + chapelle).[7]
Louvain Louvain À proximité de l'actuelle abbaye du Mont-César
Chapelle Saint-Nicolas
[8]
Rerof Izenberge Seigneurie
« le singnorie dou Temple de Rerof »
[9]
Ruiselede Ruiselede [10]
Slijpe Slijpe [11]
"Ter Dorent" Bazel (Kruibeke) « Tempelhof » (cour des templiers)
Donation en 1200 par Zeger II, châtelain de Gand avant de rejoindre l'ordre
[12]
Turnhout Oud-Turnhout « Oud Turnholt »
Donation de l'alleu en 1187 par Gérard van Duffel puis d'une maison en 1212 par Henri Ier de Brabant[13]
Ypres Ypres (Ieper) [14]
Localisation en Flandre
(Liens vers les articles correspondants)

Autres biensModifier

Possessions douteuses ou à vérifierModifier

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

  • Laurent Dailliez, Les templiers : En Flandre, Hainaut, Brabant, Liège et Luxembourg: avec édition et facsimilé des "Chartes du Temple en Flandre", Nice, Alpes-Méditerranée, , 428 p. (ISBN 978-2-8632-0017-9, présentation en ligne)
    Publication critiquée par les historiens (cf. la présentation en ligne) mais la seule qui traite de ces régions dans leur ensemble et qui contient un fac-similé du cartulaire du Temple pour la Flandre des archives de l'État à Mons.
  • (en) Filip Hooghe, « The trial of the Templars in the county of Flanders (1307-1312) », dans Jochen Burgtorf, Paul Crawford, Helen Nicholson, The Debate on the Trial of the Templars, 1307-1314, Ashgate Publishing ltd., , 399 p. (ISBN 978-0-7546-6570-0, lire en ligne), p. 285-299
  • (nl) Filip Hooghe, « Dwalende tempeliers en klagende hospitaalridders : het lot van de tempeliers in het graafschap Vlaanderen (1284-1332) », Westhoek : tijdschrift voor geschiedenis en familiekunde in de Vlaamse en Franse Westhoek, vol. 31, no 1,‎ , p. 5-116 (lire en ligne)
  • (nl) Jan Hosten, De Tempeliers : de tempelorde tijdens de kruistochten en in de Lage landen, Pearson Education Benelux, , 354 p. (ISBN 978-9-0430-1061-0, présentation en ligne), p. 213-236
    Cet ouvrage, outre une partie générale sur l'ordre traite en particulier du patrimoine Templier dans les Pays-Bas méridionaux.
  • (nl) Michel Nuyttens, Krijgers voor God : de orde van de tempeliers in de Lage Landen (1120-1312), Davidsfonds/Leuven, , 242 p. (ISBN 978-9-0811-2971-8, présentation en ligne)
  • (nl) M. Nuyttens, « De Tempeliers in Vlaanderen », Handelingen der Maatschappij voor Geschiedenis en Oudheidkunde te Gent, vol. XXVIII,‎ , p. 47-57 (lire en ligne)
  • (nl) Paul Rogghé, De orde van de Tempelridders : en haar geschiedenis in het oude Graafschap Vlaanderen, , 224 p. (OCLC 63288550)

NotesModifier

  1. Il s'agit des provinces d'Anvers et de Limbourg. Ces territoires faisaient partie au XIIIe siècle du duché de Brabant (pour la province d'Anvers) et du comté de Looz (Le Limbourg). Par contre du point de vue ecclésiastique, Anvers faisait partie du diocèse de Cambrai alors que le Limbourg était dans le diocèse de Liège. Il est donc normal que l'inventaire de 1313 réalisé dans le diocèse de Liège[1] ne mentionne pas d'éventuels biens templiers dans la province d'Anvers. Ce même inventaire montre que les templiers ne possédaient rien dans la province de Limbourg (comté de Looz) au moment de leur arrestation. On peut néanmoins citer Corswarem qui se trouvait dans ce comté mais qui est actuellement en Wallonie (province de Liège) mais on ne peut pas retenir l'opinion de Laurent Dailliez qui en fait la commanderie principale dans ce comté car il n'y avait pas de chapelle donc aucune communauté de templiers.
  2. La commanderie d'Ypres ne figure pas dans cette liste car elle se trouvait dans le diocèse de Thérouanne.
  3. Information absente dans les publications récentes (Hosten, Dailliez) mais qui a priori n'a pas été démentie pour autant. À cette époque Anvers se trouvait dans le duché de Brabant et du point de vue ecclésiastique du diocèse de Cambrai.
  4. L'enquête de 1373 sur les biens hospitaliers[18] communément appelée « Livre vert » contenait les informations relatives aux diocèses de Thérouanne et de Tournai mais malheureusement ces feuillets ont disparu[19] donc il n'est pas possible de savoir s'il s'agit d'une propriété « Jadis du Temple ». Nuyttens l'inclut dans les possessions du Temple en relation avec la commanderie de Bruges[20]
  5. Au XIIIe siècle la région des Quatre Métiers dont faisait partie Zaamslag se trouvait dans le comté de Flandre mais du point de vue ecclésiastique, elle appartenait au diocèse d'Utrecht[21]. Au cours du procès de l'ordre du Temple, les enquêtes sur leurs biens et les interrogatoires des templiers se sont déroulés par diocèse. L'ouest correspondait au diocèse de Tournai (Tournai, Gand et Bruges), le centre de la Flandre était un territoire principalement dans le diocèse de Cambrai alors que l'Est faisait partie du diocèse de Liège qui s'étendait notamment jusqu'à La Braque (Pays-Bas). Cette maison est mentionnée en 1280[22] puis en 1288 dans une charte de Geoffroy de Vichiers alors visiteur général des maisons de la chevalerie du Temple en France, Angleterre et Allemagne: « et quatuor solidos apud zaemslacht, domum militiae Templi » en rapport avec la commanderie de Gand: « in domo nostro de Gandavo »[23]. Il n'y a qu'un seul templier du diocèse d'Utrecht mentionné dans le procès parisien : « Egidius de Perbona, presbyter Trajectensis »[24]. Perbona correspond à « Peerboom », l'un des villages noyés de Zélande, entre Terneuse et le village de Westdorpe.

RéférencesModifier

  1. Chestret de Haneffe, « L'ordre du Temple dans l'ancien diocèse de Liège ou la Belgique orientale », Compte rendu des séances de la commission royale d'histoire, ou recueil de ses bulletins, 5e série, t. IX,‎ , p. 297-348 (lire en ligne)
    On y trouve notamment « l'inventaire des biens ayant appartenu à l'ordre du Temple dans le diocèse de Liège » réalisé en 1313, cf. pièces justificatives n°8, p. 339-348.
  2. Kervyn de Lettenhove, « Dîme levée en Flandre pour la croisade de Tunis », Annales de la Société d'émulation pour l'étude de l'histoire et des antiquités de la Flandre, 2e série, t. X,‎ 1855-56, p. 274-276 (lire en ligne)
    Parmi les autres ordres et maisons cités, la mention du monastère de Looz semble plutôt correspondre au monastère de Lo à savoir l'abbaye Saint-Pierre qui appartenait aux Augustins ou alors il s'agit de l'abbaye Notre-Dame de Loos.
  3. Alain Demurger, Les Templiers, une chevalerie chrétienne au Moyen Âge, Paris, Seuil, , 662 p., broché (ISBN 978-2-0206-6941-2, présentation en ligne), p. 181
    Uguccione da Vercelli.
  4. a b c et d Dailliez 1978
  5. Hosten 2006, p. 219 ; Dailliez 1978
  6. Annales de la société historique, archéologique et littéraire de la ville d'Ypres et de l'ancienne West-Flandre, Ypres, vol. 7, (lire en ligne), p. 224
    Seul ouvrage qui mentionne cette commanderie. Confusion possible avec Caëstre ou Cassel dans le département du Nord ? , cf. Liste des commanderies templières dans le Nord-Pas-de-Calais.
  7. Hosten 2006, p. 221
  8. Henri Vander Linden, « Les Templiers à Louvain », Bulletins de la Classe des lettres et des sciences morales et politiques, Hayes, 5e série, t. 9,‎ , p. 248-263 (présentation en ligne) ; Edward Van Even, Louvain monumental, ou Description historique et artistique de tous les édifices civils ou religieux de la dite ville, (présentation en ligne), p. 138
    « terra de dominis dictis Tympleren Domus Sti-Nicolai, supra montem Castri Lovaniensis » ⇒ Terre des seigneurs dits Templiers, maison Saint-Nicolas sur le mont du château de Louvain. Description qui figure en 1360 dans le cartulaire du prieuré du Val-Saint-Martin (Leuven, Priorij van Sint-Maartensdal). Van Even perpétue l'erreur de dire que les templiers étaient au Kesselstein alors qu'il mentionne cette source pourtant explicite.
  9. Hooghe 2010, p. 287
  10. Hosten 2006, p. 220-221 ; Dailliez 1978
  11. Hosten 2006, p. 218-221
  12. Hosten 2006, p. 221 ; (nl) Filip Hooghe et Luc Rochtus, Het Tempeliershof en de Rozendaalhoeve van Weert,
  13. Hosten 2006, p. 89 ; Mannier 1872, p. 768
  14. Hosten 2006, p. 214-217 ; Jean-Jacques Lambin, « Les Templiers d'Ypres », Messager des sciences et des arts de la Belgique, t. 2,‎ , p. 189-199 (lire en ligne)
  15. Catalogue des manuscrits de la Bibliothèque royale des Ducs de Bourgogne, t. 3, (lire en ligne), p. 41
  16. Hosten 2006, p. 213
  17. Eugène Mannier, Ordre de Malte : Les commanderies du grand-prieuré de France d'après les documents inédits conservés aux Archives nationales à Paris, Aubry & Dumoulin, , 808 p. (présentation en ligne), p. 733
  18. (fr + la) Anne-Marie Legras, L'enquête pontificale de 1373 sur les biens de l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem : L'enquête dans le prieuré de France, vol. 1, Editions du Centre National de la Recherche Scientifique, , 524 p. (ISBN 978-2-2220-3404-9, présentation en ligne)
  19. Alphonse Wauters, « Exploration des chartes et des cartulaires belges existants à la bibliothèque nationale à Paris », Compte rendu des séances de la commission royale d'histoire, 4e série, t. 2, no 4,‎ , p. 155-156, 161 (lire en ligne)
  20. Nuyttens 1974, p. 49
  21. D. Lambrecht, « Reinaert en de zeide van deken Herman », dans Aspects of the medieval animal epic, Leuven University Press, coll. « Mediaevalia Lovaniensia », (lire en ligne), p. 198
  22. Jean Baptiste Gramaye, Antiquitates illustrissimi comitatus Flandriae, (lire en ligne), p. 24
    Charte de Gérard de Maelstede en 1280: « Commendariae domuum Templi in Flandria ad opus Templi de Saemslacht ».
  23. Thomas de Reissemberg, Monuments pour servir à l'histoire des provinces de Namur, de Hainaut et de Luxembourg, t. 4, (lire en ligne), p. 429
  24. Hooghe 2010, p. 297 (note 62) ; (la) Jules Michelet, Le procès des Templiers, vol. 1, Paris, Imprimerie nationale, coll. « Documents inédits sur l'histoire de France », , 681 p. (lire en ligne), p. 60, 97, 107, 131, 162