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Liste de scandales sous la monarchie de Juillet

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Cet article contient une liste de scandales sous la monarchie de Juillet.

Plusieurs faits divers impliquant des personnages en vue se sont succédé pour contribuer à discréditer la Monarchie de Juillet, particulièrement dans ses dernières années, l'affaiblissant ainsi au point sans doute d'accélérer sa chute.

  • 1830 :
    • mort mystérieuse du prince de Condé. Le dernier prince de Condé, retrouvé pendu à l'espagnolette de la fenêtre de sa chambre au château de Saint-Leu. Le roi Louis-Philippe Ier et la reine Marie-Amélie sont accusés sans preuve par les légitimistes de l'avoir fait assassiner pour permettre à leur fils, le duc d'Aumale, institué son légataire universel, de mettre la main sur son immense fortune[1].
    • affaire des fusils Gisquet. Au milieu des menaces et des préparatifs de guerre européenne (Révolution belge, Insurrection polonaise, divers mouvements libéraux en Allemagne , Henri Gisquet, ancien associé dans sa maison de banque de Casimir Perier (ministre, futur Président du Conseil), fut chargé par le gouvernement de l'achat de 300 000 fusils et parvint à négocier l'acquisition de 566 000 armes de provenance anglaise. La presse de l'opposition dirigea à ce propos contre le commissionnaire et les ministres de graves accusations. La Tribune, journal républicain, posa cette question : « N'est-il pas vrai que, dans les marchés de fusils et de draps, M. Casimir Perier et le maréchal Soult ont reçu chacun un pot-de-vin qui serait d'un million ? » Un autre journal, La Révolution, répéta la question. Tous deux furent saisis et leurs directeurs traduits devant la cour d'assises. L'instruction établit que Gisquet avait traité l'affaire pour son propre compte, qu'il avait payé très cher des fusils défectueux, et qu'une partie de ces armes, refusées par le maréchal Gérard (ministre de la Guerre jusqu'au 17 novembre 1830), avaient été acceptées par son successeur, le maréchal Soult. Le rédacteur de La Tribune, Armand Marrast, fut condamné le 29 octobre 1831 à 6 mois de prison, 3 000 francs d'amende et 25 francs de dommages-intérêts.
  • mai 1846 : évasion de Louis-Napoléon Bonaparte du fort de Ham. Condamné à la perpétuité à cause de sa 2e tentative de putsch, incarcéré au fort depuis 1840, il s'enfuit en Belgique puis en Angleterre[2].
  • 12 mars 1847 : mort du ministre de la Justice, Nicolas Martin du Nord, officiellement d'une attaque d'apoplexie. Une ordonnance lui avait retiré son ministère le 15 janvier pour « raisons de santé ». Selon la rumeur publique, il s'agit en fait d'un suicide, plusieurs causes étant colportées : de nombreuses malversations impliquant des pairs, des députés, des fonctionnaires ; une affaire de mœurs impliquant des fillettes de dix à douze ans (selon les Carnets de Pierre-Joseph Proudhon) ; sa fréquentation d'une « maison interlope » où il aurait eu des relations homosexuelles (on lui prête notamment Henri-Clément Sanson, bourreau de l'époque, comme amant et protégé)[3].
  • juillet 1847 : affaire Teste-Cubières. Deux anciens ministres et pairs de France sont jugés par la Cour des Pairs. Le général Despans-Cubières, précédemment ministre de la Guerre, s'étant lancé dans les affaires depuis peu, avait versé en 1843 un pot-de-vin de 100 000 francs au ministre des Travaux publics d'alors, Teste, pour obtenir le renouvellement de la concession de la mine de sel de Gouhenans. Tous deux, ainsi que le concessionnaire en titre Parmentier, sont condamnés : Despans-Cubières et Parmentier à la dégradation civique et à 10 000 francs d'amende, Teste à 94 000 francs d'amende (la totalité des pots-de-vin reçus) et à trois ans de prison ferme.
  • août 1847 : suicide par empoisonnement à l'arsenic du duc de Choiseul-Praslin. Emprisonné depuis quelques jours pour le meurtre de sa femme, la fille unique du maréchal Sébastiani, qu'il trompait avec la gouvernante de leurs enfants, il avait été menacé par son beau-père d'une séparation de corps et de biens si sa liaison adultère, connue du tout Paris, continuait. Ce rebondissement d'un fait divers tragique éclabousse cette fois l'aristocratie, autre pilier important du régime, après les scandales touchant la magistrature et l'armée. Le suicide, selon l'opinion publique, avait été facilité pour éviter la guillotine à un duc[4].
  • décembre 1847 : arnaque pour l'obtention d'un poste de haut fonctionnaire. Henry, un postulant naïf à un poste de contrôleur des Contributions, s'était vu imposer l'achat d'une autre place à la Cour des Comptes (pour quelqu'un d'autre et au tarif de 20 000 francs). Réclamant ce qu'il n'obtient pas, il exige des explications en faisant des "vagues" qui atteignent le Garde des Sceaux, Hébert, successeur de Martin du Nord. La "transaction" semble avoir été approuvée par Guizot lui-même, afin de récompenser un général, Bertin, fidèle au régime et actionnaire important du Journal des débats.

NotesModifier

  1. L'explication la plus communément admise aujourd'hui est que le prince aurait été victime de jeux sexuels un peu poussés avec sa maîtresse, la baronne de Feuchères. Voir les articles : Louis VI Henri de Bourbon-Condé et Sophie Dawes.
  2. Luce-Marie Albigès, « Louis Napoléon Bonaparte s'évade du fort de Ham », sur L'Histoire par l'image (consulté le 7 juillet 2016).
  3. Bruno Fuligni, Musée secret de la Police, Gründ, (lire en ligne), « Le registre des pédérastes », p. 25
  4. Luciana Clevering, L'affaire Praslin : un crime conjugal sous la Monarchie de Juillet, Harmattan, , 240 p. (lire en ligne), p. 11

Voir aussiModifier