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Ligue internationale pour l'éducation nouvelle

La charte de l'éducation nouvelleModifier

La première charte de l'éducation nouvelle est rédigée par Adolphe Ferrière pour le premier congrès de la LIEN en 1921. Elle explique en 30 points les caractéristiques qui font d'une école, une école nouvelle.

Les différents congrèsModifier

Congrès fondateur à Calais (6 août 1921)Modifier

La plupart des grands noms de l'éducation nouvelle sont présents à ce congrès : Adolphe Ferrière bien sûr, Jean Piaget, Maria Montessori et AS Neill qui fondera l'école de Summerhill quelques mois plus tard[1]. Marqués par les dégâts de la Première Guerre mondiale, il s'agit pour eux de lancer le grand projet d'une éducation internationale.

Henri Wallon dira plus tard [2]:

« Ce Congrès était le résultat du mouvement pacifiste qui avait succédé à la Première Guerre mondiale. Il avait semblé alors que pour assurer au monde un avenir de paix, rien ne pouvait être plus efficace que de développer dans les jeunes générations le respect de la personne humaine par une éducation appropriée. Ainsi pourraient s'épanouir les sentiments de solidarité et de fraternité humaines qui sont aux antipodes de la guerre et de la violence. »

C'est à l'occasion de ce premier congrès qu'est fondée la revue Pour l'ère nouvelle.

Congrès de Montreux (1923)Modifier

Adolphe Ferrière, Édouard Claparède, Émile Coué y interviennent, ainsi que Roger Cousinet qui rend compte de ses travaux sur la méthode libre de travail par groupe. C'est le premier congrès auquel assiste Célestin Freinet, qui en sort très intéressé mais dubitatif quant aux possibilités d'application dans un milieu prolétaire.

Congrès de Heidelberg (1925)Modifier

Congrès de Locarno (1927)Modifier

Le thème de ce congrès était « Que faut-il entendre par Liberté en éducation ? ». La chorale des enfants de l'institut Frantisek Bakule participe à la cérémonie d'ouverture de ce congrès. C'est à cette occasion que Paul Faucher fait la connaissance de Bakulé.

Congrès d’Elseneur (1929)Modifier

Congrès de Nice (1932)Modifier

Le thème de ce congrès était « L'éducation dans ses relations avec l'éducation sociale ». Y étaient présents, entre autres, Roger Cousinet, Paul Langevin, Robert Dottrens et Célestin Freinet.

Selon Élise Freinet [3], le congrès fut dominé par le prestige de Maria Montessori, qui présente l'utilisation de son matériel pédagogique. Freinet y présente également ses travaux sur l'imprimerie en classe, commencés dès 1922.

Le congrès est immédiatement suivi de celui de Coopérative de l'enseignement laïc, à Saint-Paul-de-Vence, auquel sont conviés les participants du congrès de la ligue.

Congrès de Cheltenham (1936)Modifier

Congrès 'de retrouvailles' à Paris (1946)Modifier

Les congrès sont interrompus pendant la Seconde Guerre mondiale. En 1946, un congrès dit 'de retrouvailles' est organisé. Il n'aura pas le succès escompté, et la politisation croissante des différents mouvements dans un contexte de guerre froide aura raison de ces rencontres internationales.


TravauxModifier

Outre ces congrès, la Ligue internationale pour l'éducation nouvelle publiait les travaux des pédagogues du mouvement dans la revue Pour l'ère nouvelle. Cette revue paraissait à l'origine en trois langues, la version francophone étant coordonnée par Adolphe Ferrière, la version anglophone - The new Era - par Beatrice Ensor et A. S. Neill et celle en allemand - Das werdende Zeitalter - par Elisabeth Rotten.

La L.I.E.N. et ses déclinaisons nationalesModifier

En France, en 1929, d'un groupe d'abonnés à la revue Pour l’Ère Nouvelle se forme le Groupe Français d’Éducation Nouvelle (GFEN) hébergé dans les locaux du Musée pédagogique de l’Éducation Nationale. D'autres groupes nationaux émergeront plus tardivement, parmi lesquels le Groupe Belge d’Éducation Nouvelle (GBEN), le Groupe Haïtien d’Éducation Nouvelle (GHEN), le Groupe Kényan d’Éducation Nouvelle (GKEN), le Groupe Luxembourgeois d’Éducation Nouvelle (GLEN), le Groupe Romand d’Éducation Nouvelle (GREN), le Groupe Togolais d’Éducation Nouvelle (GTEN), le Groupe Tunisien d’Éducation Nouvelle (GTEN) et le Groupe Valdotain d’Éducation Nouvelle (GVEN). Le Groupe Marocain d’Éducation Nouvelle (GMEN) est actuellement en cours de structuration. Dernier groupe en formation : Groupe ROumain d’Éducation Nouvelle (GROEN).

Résurgence: les nouvelles Rencontres internationales de l'éducation nouvelleModifier

Depuis 2003, les différents mouvements nationaux d'éducation nouvelle ont créé une résurgence de la Ligue internationale pour l'éducation nouvelle sous le nom de Lien international de l'éducation nouvelle et organisent à nouveau des congrès internationaux :

NotesModifier

  1. Robert Skidelsky, Le mouvement des écoles nouvelles anglaises
  2. Henri Wallon, dans Pour l’Ere Nouvelle, n°10, 1952,
  3. Élise Freinet, Naissance d'une pédagogie populaire
  4. « Premières informations sur les Rencontres 2018 du LIEN en Roumanie (mars 2018) - Le site du Lien International d'Éducation nouvelle », Le site du Lien International d'Éducation nouvelle,‎ (lire en ligne, consulté le 26 avril 2018)

BibliographieModifier

  • Annika Blichmann, Schulreform und Reformschule in Frankreich. Die "Ecole élémentaire Vitruve" im Horizont der Geschichte, Jena 2008, (ISBN 978-3-938203-68-2)
  • Annika Blichmann (ed.), Ovide Decroly. Die Methode Decroly als Beitrag zur internationalen Reformpädagogik. Einführende Texte. Französisch/Deutsch & Italienisch/Deutsch, Jena 2011, (ISBN 978-3-941854-49-9)
  • Béatrice Haenggeli-Jenni, Pour l'Ère Nouvelle : une revue-carrefour entre science et militance (1922-1940), Genève, Faculté de psychologie et des sciences de l’éducation de l’Université de Genève, , 338+34 p. (lire en ligne)
  • Laurent Gutierrez, « La Ligue internationale pour l’Éducation nouvelle », Spirale, n°45, janvier-mars 2010, pp.29-42

FilmographieModifier

  • Révolution École 1918-1939, de Joanna Grudzinska, France, 2016, 85' Production : Les Films du poisson/ Arte.

Liens externesModifier