Lien fixe du Fehmarn Belt

projet de tunnel reliant le Danemark à l'Allemagne

Lien fixe du Fehmarn Belt
Image illustrative de l’article Lien fixe du Fehmarn Belt
Carte du tunnel

Type Tunnel mixte routier-ferroviaire
Géographie
Pays Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Drapeau du Danemark Danemark
Région Schleswig-Holstein
Sjælland
Municipalité Fehmarn
Lolland
Localité Puttgarden
Rødbyhavn
Traversée Fehmarn Belt
Coordonnées 54° 34′ 40″ nord, 11° 17′ 50″ est
Construction
Début des travaux 2018
Fin des travaux 2028
Géolocalisation sur la carte : Danemark
(Voir situation sur carte : Danemark)
Lien fixe du Fehmarn Belt
Géolocalisation sur la carte : Allemagne
(Voir situation sur carte : Allemagne)
Lien fixe du Fehmarn Belt

Le lien fixe du Fehmarn Belt est un projet de tunnel immergé long de 18 kilomètres reliant le Danemark à l'Allemagne, en traversant le détroit de Fehmarn Belt, dont les travaux débutent en 2015 pour se terminer entre 2024 et 2029[1].

Le tracé reliera l'île allemande de Fehmarn à l'île danoise de Lolland, sur une longueur d'environ 19 kilomètres[2], ce qui en ferait le tunnel immergé le plus long du monde[3]. Il renforcera l'axe Allemagne - Danemark - Suède en évitant la péninsule du Jutland et l'île de Fionie.

IntérêtModifier

L'île de Fehmarn est déjà reliée à l'Allemagne continentale par un pont ferroviaire et routier et l'île de Lolland est déjà reliée à celle de Seeland (où se situe Copenhague, la capitale du Danemark) via un tunnel routier ou des ponts (pont Frédéric IX, ferroviaire et routier ou pont routier de Guldborgsund) jusqu'à l'île de Falster. Depuis Falster, la majorité du trafic routier emprunte le pont de Farø entre cette île et celle de Seeland, tandis que la liaison ferroviaire emprunte les ponts de Storstrøm et de Masnedsund qui passent par l'île de Masnedø. Seeland est également reliée à la Suède via le pont d'Øresund, qui aboutit à Malmö.

Un ferry routier relie Fehmarn à Lolland entre Rødby (Danemark) et Puttgarden (Allemagne). Une traversée des trains par traversier-rail fut mise en place en 1963 et voyait passer jusqu'à 6 trains de passagers par jour, mais aucun train de fret ni train de nuit. La dernière traversée d'un train par le ferry sur la ligne Fugleflugtslinjen date du 14 décembre 2019, partant de Puttgarden à 19h15 sur le Prinsesse Benedikte[4]. L'arrêt de la liaison ferroviaire par ferry met fin à 56 ans de traversées du détroit mais surtout à 147 ans de ferrys-train au Danemark.[5] Les trains de passagers, qui effectuent principalement la liaison Hambourg-Copenague, devront emprunter un détour par la liaison du Grand Belt, l'île de Fionie et la péninsule du Jutland. Pour les voitures, les ferrys partent toutes les demi-heures et font le trajet en 45 minutes, 24 heures sur 24.

Ainsi, un lien fixe raccourcirait et simplifierait la liaison routière et ferroviaire entre l'Allemagne et Seeland, et donc la Suède.

CaractéristiquesModifier

Le lien fixe doit accueillir une route à quatre voies ainsi qu'une double voie de chemin de fer électrifiée[2].

Contrairement au tunnel sous la Manche, il sera constitué d'éléments de béton creux posés dans une tranchée au fond de l'eau, puis recouvert de sédiments[6]. 89 blocs seront utilisés, de 73 000 tonnes chacun. La tranchée fera 60 mètres de large et 16 de profondeur[7].

Selon les estimations, le temps de voyage en train direct de Hambourg à Copenhague diminuerait de 4h30 à 2h30[8]. Les projets actuels prévoient un train de passagers et deux trains de fret dans chaque sens toutes les heures. Les trains pourront parcourir le tunnel à une allure de 200km/h, tandis que les automobilistes pourront circuler jusqu'à 110 km/h[6].

FinancementModifier

En 2009, un coût de 4,4 milliards d'euros est avancé pour le projet dont une partie sera supporté par la Commission européenne. Ce coût devrait être remboursé par les péages[2]. En mars 2020, la commission européenne valide le financement public danois du projet[9].

En 2021, le coût est estimé entre 7,1 et 7,7 milliards d'euros. Il doit être supporté principalement par le Danemark avec l'aide des fonds européens. En échange, le Danemark touchera des péages via une société exploitante. L'Allemagne est chargée des raccordements routiers et ferroviaires, pour 3,5 milliards d'euros[10].

Archéologie et géologieModifier

En 2014, des fouilles archéologiques préventives ont mis en évidence des éléments préhistoriques (environ 3500 av. J.-C.) extrêmement bien préservés, tels qu'une hache avec son manche de bois encore préservé[11], ainsi que des traces de pas laissés par deux individus dans du silt (sédiment en l'occurrence déposé dans un estran), selon toute probabilité afin de réparer des pièges à poissons endommagés par une tempête, très bien enregistrée elle aussi par ces sédiments[réf. souhaitée].

OppositionModifier

Le projet rencontre l'opposition des défenseurs de la nature, les exploitants des ferries et des résidents de l'île de Fehmarn. Le tunnel traverse une zone protégée comportant des récifs et des bancs de sable qui abritent une faune riche. Les opposants remettent en cause la pertinence économique du projet[10].

Par la contestation juridique du projet et l'approbation des plans côté allemand, les opposants l'ont retardé de sept ans[10].

En , le Tribunal administratif fédéral de Leipzig ordonne l'arrêt temporaire des travaux à la suite d'une plainte concernant les récifs[12].

TravauxModifier

Les travaux commencent en côté danois et en côté allemand[10].

En , la tranchée dans laquelle le tunnel sera posé est à moitié achevée[13].

Notes et référencesModifier

  1. Olaf Preuß, « Deutsche Langsamkeit verzögert Fehmarnbelt-Tunnel », Welt Online,‎ (lire en ligne, consulté le )
  2. a b et c (en) Kate Connolly, « Baltic Sea bridge project set for go-ahead » sur le site du Guardian, 17 juin 2009.
  3. « La construction du plus long tunnel immergé du monde commencera en 2021 au Danemark », Le Moniteur,‎ (lire en ligne, consulté le )
  4. (sv) « Sista tåget har gått för Rödbyfärjorna », sur www.expressen.se (consulté le )
  5. (da) Niels Pedersen, « DSB sætter punktum for 147 års historie: 'Det er en trist beslutning' », (consulté le )
  6. a et b Franck Stassi, « [L'industrie c'est fou] Les incroyables chiffres du plus long tunnel immergé au monde - L'Usine Matières premières », L'Usine nouvelle,‎ (lire en ligne, consulté le )
  7. Esther Buitekant, « Fehmarn Belt : le plus long tunnel routier et ferroviaire immergé au monde, en chiffres », sur geo.fr, .
  8. « Faster train links | Femern A/S - The tunnel across Fehmarnbelt », sur femern.com (consulté le )
  9. « State aid: Commission approves Danish public financing of Fehmarn Belt fixed rail-road link », sur Commission européenne,
  10. a b c et d (de) « Startschuss für Fehmarnbelt-Tunnel », sur tagesschau.de, .
  11. (da) « Skæftet flintøkse fundet ved Rødbyhavn », sur Museum Lolland-Falster (da) (consulté le )
  12. (en) Eldin Ganic, « Leipzig Court temporarily halts Fehmarnbelt dredging works », .
  13. (en) Nia Kajatsie, « Fehmarnbelt immersed tunnel trench 50% complete », sur geplus.co.uk, .

Voir aussiModifier

Liens externesModifier