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Lewin Fitzhamon

acteur, réalisateur et scénariste
Lewin Fitzhamon
Naissance
Aldingham, Cumbria, Royaume-Uni
Nationalité Drapeau du Royaume-Uni Britannique
Décès (à 92 ans)
Angleterre, Royaume-Uni
Profession Réalisateur
Scénariste
Acteur

Lewin Fitzhamon est un réalisateur, scénariste et acteur britannique né le 5 juin 1869 à Aldingham, (Cumbria) au Royaume-Uni, mort le 10 octobre 1961.

BiographieModifier

D'abord interprète de music-hall, il a ensuite travaillé au cinéma pour Robert W. Paul en 1900, dirigeant certains films et comme acteur dans d'autres. En 1904, il rejoint Cecil Hepworth comme metteur en scène, en remplacement de Percy Stow qui allait fonder la Clarendon Film Company. «Fitz» est resté avec Hepworth pendant huit ans, durant lesquels il a écrit, réalisé et souvent interprété deux films par semaine. Il a dirigé près de quatre cents films (métrages courts) dans sa carrière.

ImportanceModifier

D'une part, Lewin Fitzhamon a réalisé en 1905 le premier film du cinéma se déroulant dans le milieu du football, Harry The Footballer.

Par ailleurs, il a réalisé la même année (avec son producteur et sa famille comme interprètes, tous comédiens amateurs ainsi que cela se faisait souvent dans le cinéma primitif), l'un des plus importants succès du cinéma britannique du début du XXe siècle, Sauvée par Rover. Le scénario a été écrit par Fitzhamon, et raconte l'enlèvement d'une fillette de la bonne société par une mendiante revancharde et alcoolique, et sa recherche et sa délivrance grâce à Rover, le chien collet de la famille. Le succès de ce film a été mondial, l'historien Georges Sadoul note : « parfaite poursuite dramatique où l'on voit un chien arracher une petite fille à sa ravisseuse... vendu par centaines de copies[1]. » Des ventes exceptionnelles car les producteurs et réalisateurs du cinéma anglais étaient des artisans, contrairement au producteur français Charles Pathé, qui, à l'époque, avait mis sur pied une industrie du film plus puissante que les principales sociétés de production américaines, l'Edison Manufacturing Company aussi bien que la Biograph.

Ce film fait partie d'un genre que les cinéastes britanniques ont mis au point, perfectionné et exporté dans le monde entier : les Chase Films, les films de poursuite. L'éclosion de ce genre au Royaume-Uni n'est pas indépendante de l'invention du langage filmique par les réalisateurs de l'École de Brighton, notamment George Albert Smith et James Williamson, dont Georges Sadoul affirme qu'« en 1900, G.A. Smith était encore avec Williamson à l'avant-garde de l'art cinématographique[2]. » En effet, les films de poursuite britanniques - tous tournés en extérieurs naturels - utilisaient spontanément la profondeur de champ et la diagonale du champ, à l'imitation de Louis Lumière qui en avait éprouvé les vertus dès ses premières « vues photographiques animées » de style documentaire (et non pas dans ses "fictions"). La trajectoire en diagonale du champ de la caméra, « en augmentant l'espace à parcourir pour découvrir et libérer l'enfant, rallonge le temps de ces opérations, leur incertitude, donc le suspense. L'espace qui allonge le temps devient ainsi un élément fort de la dramaturgie[3]. »

Les cinéastes britanniques appliquaient d'autre part le découpage en plans que George Albert Smith avait découvert dès 1900 : « Cette alternance du gros plan et des plans généraux dans une même scène est le principe du découpage. Par là, Smith crée le premier véritable montage[4]. » Dans Sauvée par Rover, on compte un « total de vingt-deux plans (plus un qui ne figure que sur certaines copies, tout à la fin du film), c'est un record pour un film d'une durée d'un peu moins de cinq minutes, cela fait en moyenne treize secondes par plan ! Ce qui est très rapide et très elliptique pour l'époque[5]. »Le dynamisme des recherches de la fillette par le chien de la famille, puis par le père qui va la tirer des griffes de sa ravisseuse, est en avance sur les « tableaux » de Georges Méliès dont les prises de vues sont dictées dans leur forme par la mise en scène du music-hall, la seule référence dont le maître français se recommandait. Edwin Stanton Porter, réalisateur chez Edison, et David Wark Griffith, nouveau réalisateur de la Biograph, s'inspirèrent largement des découvertes du cinéma britannique, et notamment Griffith, dont le premier film, Les Aventures de Dollie, qui date de 1908, raconte aussi le kidnapping d'une fillette et la poursuite des ravisseurs par le père.

FilmographieModifier

Comme réalisateurModifier

comme scénaristeModifier

comme acteurModifier

BibliographieModifier

RéférencesModifier

Liens internesModifier

Liens externesModifier