Les Professionnels (film)

film de Richard Brooks sorti en 1966
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Les Professionnels
Titre original The Professionals
Réalisation Richard Brooks
Scénario Richard Brooks
Frank O'Rourke (en) (roman)
Acteurs principaux
Sociétés de production Columbia Pictures, Pax Enterprises
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Durée 117 minutes
Sortie 1966

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Les Professionnels (The Professionals) est un film américain réalisé par Richard Brooks en 1966.

SynopsisModifier

1917. Ancien soldat de Théodore Roosevelt et de Pancho Villa, Henry "Rico" Fardan est engagé par Grant, un magnat texan du pétrole, pour retrouver Maria, la femme de ce dernier, enlevée par des révolutionnaires mexicains conduits par Jesus Raza, pour une rançon de cent mille dollars. En échange, Grant offre à Fardan une récompense de dix-mille dollars. Fardan est épaulé dans sa mission par trois autres "spécialistes", également rémunérés dix mille dollars chacun : Hans Ehrengard, ancien cavalier et éleveur de chevaux ; Jacob "Jake" Sharp passé maître dans l'art de manier n'importe quelle arme ; et enfin Bill Dolworth, spécialiste en explosifs et ami de Fardan avec qui il a opéré nombre de coups de main au Mexique deux ans auparavant... pour le compte de Raza. Mais Bill Dorthwooth a de sérieux doutes sur le bien-fondé de cette entreprise.

CommentaireModifier

Les Professionnels est considéré comme le meilleur western de Richard Brooks. On peut à juste titre le comparer avec Vera Cruz de Robert Aldrich (où figurait d'ailleurs Burt Lancaster) et La Horde sauvage de Sam Peckinpah. En effet, bien loin de l'aspect héroïque des hommes de l'Ouest et des valeurs qui ont forgé l'Ouest américain, les personnages principaux semblent avoir aussi fait leur temps, se battent pour l'argent, sont amateurs de femmes, en particulier Burt Lancaster et Jack Palance, et ont perdu leur idéal. Y compris Raza qui dit qu'« au départ la Révolution semble être une déesse, mais elle n'est qu'une putain ». « Ni mauvaise, ni parfaite », ajoute-t-il : une femme qu'on aime, on doit l'accepter avec ses qualités et ses défauts. D'autre part, comme chez Sam Peckinpah, les femmes portent le fusil et semblent vouloir attirer les hommes. Seule touche de romantisme, l'idylle entre Raza et Maria Grant. Robert Ryan, dont le regard mélancolique semble se perdre au loin, est sans doute le personnage le plus sensible de par le soin qu'il apporte à ses chevaux et la répugnance qu'il montre à les maltraiter ou à les achever. Mais l'essentiel westernien est ailleurs : les quatre héros ont été manipulés par "un salaud" aux dires mêmes de Fardan, pour anéantir un mouvement révolutionnaire, détruire un village mexicain en fête sur la base d'une accusation calomnieuse. Les doutes exprimés, dès le début de la mission par Bill Dorthwood, s'avéraient fondés. D'origine mexicaine Maria Grant s'était en réalité enfuie avec les révolutionnaires. Elle était amoureuse de leur chef, se dévouait à la révolution mexicaine et pour cette raison, de concert avec Jesus, avait feint l'enlèvement pour obtenir cent-mille dollars ; bien faible somme au vu des millions appropriés indûment par le magnat sur les terres mexicaines comme du mariage forcé qui la liait au Texan sur une propriété achetée à ses parents. Cette ruse de Maria et de Jesus, Grant s'en doutait bien, lui qui était parfaitement au courant de leur très ancienne idylle. Bill Dorthwood en qui Maria percevait un "aventurier sans principe" encouragera ses trois associés à se montrer fidèles au code d'honneur du cow-boy et à refuser la prime de Grant. A la sortie du film les critiques français, Roger Tailleur et Jean A. Gilli, ont perçu en Fardan et Dolworth, anciens amis de Raza, une critique du dévoiement de la politique étrangère américaine, libératrice de 1936 à 1945 (Madrid, Berlin, Tokyo) impérialiste, étriquée depuis 1961 (Baie-Des Cochons, Saint-Domingue, Viet-nam).

Pour Les Professionnels, Richard Brooks a été nommé aux Oscars pour la meilleure mise en scène et adaptation d'après un scénario. Nommé aussi, Conrad Hall, directeur de la photographie.

Fiche techniqueModifier

DistributionModifier

DistinctionsModifier

NominationsModifier

Notes et référencesModifier

Liens externesModifier