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Les Enfants de la grand-route

Les Enfants de la grand-route est une œuvre d'entraide créée par Pro Juventute en 1926. Elle vise à la sédentarisation des gens du voyage en séparant les enfants yéniches de leurs parents et en les plaçant dans des institutions ou dans des familles d'accueil. Ce programme est suspendu en 1973, sa révélation par la presse ayant suscité un vaste scandale.

Placements forcés d'enfants yénichesModifier

En 1926 est créée l'«Œuvre des enfants de la grand-route» sous l'influence d'Alfred Siegfried, sur une demande de Giuseppe Motta[1],[2] afin de retirer les enfants de parents yéniches, leur mode de vie nomade étant considéré comme un fléau social à éradiquer[3]. Le but est de les sédentariser. 586 enfants seront surtout placés dans des orphelinats ou dans des familles d'accueil, et subiront parfois de mauvais traitements[4],[5] ,[6]. La moitié de ces enfants proviennent des Grisons, mais des familles des cantons du Tessin, de Saint-Gall et de Schwytz sont également touchées[7].

L'hebdomadaire alémanique "Der Schweizerische Beobachter" ayant dévoilé le scandale des placements forcés[8], ces activités suscitent un vaste scandale public[9]. L'«Œuvre» est dissoute en 1978[10].

Le président de la Confédération, Alphons Egli, présente des excuses publiques, car le projet est financé avec l'aide financière de l'État. Pro Juventute présente elle aussi des excuses aux victimes[11] à travers la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga. Guido Flury estime que ce n'est pas suffisant, et en désaccord avec le refus des autorités suisses d'accepter une indemnisation des victimes pour ne pas créer de précédent, lance une initiative populaire demandant l'indemnisation[12],[13].

Un table ronde assortie d'un fonds d'entraide de 7 millions de francs suisses est créé, mais le Canton de Genève refuse d'y participer.

En 1981 Mariella Mehr, pupille de Pro Juventute publie son autobiographie, intitulée L'âge de pierre qui relate son expérience personnelle[14]. Clément Wieilly découvre à l'âge de 60 ans qu'il a une sœur en Argovie, et il crée le 14 mai une association d'aide aux personnes qui ont vécu la même situation[15] nommée Agir pour la dignité.

En 1992, le réalisateur Urs Egger (de) réalise un film sur le sujet : Les Enfants de la grand-route (en)[16].

Une exposition de photographies de 1944, réalisée par le photographe Paul Senn, retrace les conditions du foyer pour garçons de Sonnenberg. L'exposition est reprise en version itinérante afin de sensibiliser l'opinion publique[17],[18].

Notes et référencesModifier

  1. (de) « Das "Hilfswerk für die Kinder der Landstrasse" der Pro Juventute - ein Fall von Völkermord in der Schweiz? », sur Thata.ch, (consulté le 20 août 2017)
  2. (de) « Pro Juventute », sur www.bsr-mvs.ch (consulté le 20 août 2017)
  3. Jean-Pierre Moutier et Francis Luisier, « Enfance volée », rts.ch,‎ (lire en ligne, consulté le 20 août 2017)
  4. « Une sale histoire », sur RTS (consulté le 20 août 2017)
  5. Eric Lecoultre, « Genève n’a pas assumé sa politique », LeCourrier,‎ (lire en ligne, consulté le 20 août 2017)
  6. Raphaël Engel, « Enfances brisées », rts.ch,‎ (lire en ligne, consulté le 20 août 2017)
  7. Programme national de recherche 51 «Intégration et exclusion [1]
  8. Article sur le site du Préposé fédéral à la protection des données et à la transparence (PFPDT)
  9. Jourdan L. : "Chasse aux Tziganes en Suisse.", Le Monde diplomatique, octobre 1999
  10. Site du Préposé fédéral à la protection de données et à la transparence
  11. Isabelle Eichenberger, « Vers la réhabilitation des «enfants-esclaves» de Suisse », SWI swissinfo.ch,‎ (lire en ligne, consulté le 20 août 2017)
  12. Ariane Gigon, « Guido Flury, l'ange gardien zougois », La Liberté,‎ (lire en ligne)
  13. Ariane Gigon, « Un demi milliard en réparation », La Liberté,‎ (lire en ligne)
  14. « Les gens du voyage dans la littérature suisse | Schweizer Fahrende - Geschichte und Gegenwart », sur www.stiftung-fahrende.ch (consulté le 20 août 2017)
  15. « L'Etat m'a privé de ma soeut », La Liberté,‎ (lire en ligne)
  16. (de) « Urs Egger », Wikipedia,‎ (lire en ligne, consulté le 20 août 2017)
  17. RTS, « Enfances volées », SWI swissinfo.ch,‎ inconnue non indiquée sur le site rts (lire en ligne, consulté le 20 août 2017)
  18. « Actuel », sur www.enfances-volees.ch (consulté le 20 août 2017)

Voir aussiModifier