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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Les Antigones.
Les Antigones
upright=Article à illustrer Organisation
Un regard féminin
Histoire
Fondation
Cadre
Zone d'activité
France
Type
Structure
Association
Financement
Aucun
Objectif

Développer la philanthropie
Développer la connaissance

Réconcilier l'homme et son environnement
Méthode
cercles de conférences
colloque
action coup de poing
publications
Pays
Organisation
Fondateur
Anne Trewby, Isabelle Collin, Iseul Turan, Fanny Collin, Mathilde Gibelin
Président
Anne Trewby
Site web
Identifiants
RNA

Les Antigones est un mouvement féministe français se définissant comme un mouvement féminin, alternatif et radical. Né en 2013, le mouvement veut porter un regard sur la féminité et les sujets qui s’y rattachent ainsi qu'un regard féminin sur la société.

Le mouvement est considéré, sur l'échiquier politique, comme de droite du fait de leurs positions sur les valeurs traditionnelles et conservatrices. Le mouvement est classé dans la tendance alter-féminisme.

Sommaire

HistoriqueModifier

Création du mouvementModifier

Le 25 mai 2013, suite à une manifestation avortée au local des Femen, une vidéo est publiée sur Youtube, dans laquelle des jeunes femmes vêtues de blanc dénoncent « méthodes d’action dégradantes », « profanations liberticides », « réification du corps féminin » et « fonctionnement sectaire » de la part de Femen. Parmi elles, Iseul Turan (pseudonyme), co-fondatrice du mouvement Les Antigones, annonce avoir infiltrée Femen durant 2 mois. Le buzz de la vidéo de cette action permet aux Antigones de faire leur entrée sur la scène médiatique[1],[2],[3],[4].

La doctorante Marie Labussière, de l'université de Maastricht estime, elle aussi, dans un article universitaire publié en 2017 et intitulé Le féminisme comme « héritage à dépasser » : Les Antigones, un militantisme féminin à la frontière de l’espace de la cause des femmes que le mouvement est né « dans une dynamique oppositionnelle vis-à-vis des Femen »[5].

Dès le début, ce mouvement est classé à droite sur l'échiquier politique[6] du fait de leurs positions sur les valeurs traditionnelles et conservatrices.

Des actions militantesModifier

Le mouvement prend à ses débuts la forme d'un mouvement militant, avec plusieurs actions coup de poing amplement relayées sur leurs réseaux internet. La plupart des premières actions étaient directement dirigées contre le mouvement Femen[7], avec la première vidéo publiée à la naissance du mouvement, une lettre ouverte à François Hollande pour dénoncer le timbre à la Marianne supposément inspirée du visage d'Inna Shevchenko, et une visite "réparatrice" aux ambassades des pays qu'aurait offensés Femen. Les Antigones tentent dès 2013 de diversifier leurs sujets, avec quelques actions au succès plus relatif. Une action est ainsi menée par le mouvement au Forum des Halles contre le «capitalisme de séduction», d'après la formule de Michel Clouscard. L'action est relayée dans un reportage sur Canal+[8]. En utilisant ce style d'action, ce mouvement, qui d'après le journal Le Monde est constitué en bonne partie de militantes identitaires, cherche à continuer à faire parler de ses idées[9].

Les Antigones communiquent sur leur propre site, mais également à travers des tribunes dans la presse, principalement dans des media conservateurs. Une chaîne YouTube est également alimentée par des émissions audio de formats variés, allant de 3 à 30 minutes en moyenne. Le mouvement semble se recentrer sur cette activité d'écriture et de publication[10]

Exemples de positionnementModifier

Différences hommes femmes et complémentaritéModifier

Le principe des différences genrées ne sont pas remises en question dans leurs textes, dans lesquels on trouve également des références nombreuses aux différences physiologiques entre les sexes. Les Antigones proposent une critique virulente des mouvements féministes universalistes[11].

Les violences faites aux femmesModifier

Le mouvement des Antigones s'inscrit malgré des positions conservatrices sur les sujets comme l'avortement, la PMA ou le Mariage pour tous, dans la troisième vague du féminisme par l'importance qu'elles donnent à la thématique des violences faites aux femmes.

Celle-ci est toutefois traitée à rebours du discours majoritaire parmi les mouvements féministes contemporains puisqu'elles dénoncent la notion de féminicide, et n'évoquent que très rarement la question des stéréotypes de genre, de la culture du viol ou encore simplement des violences sexistes. Leur axe principal de travail est la dénonciation de la loi Justice de la Ministre Christiane Taubira. La prostitution n'est que rarement abordée par le mouvement comme violence faite aux femmes, si ce n'est dans les propositions publiées sur son site par le mouvement à l'occasion des élections présidentielles 2017. La conférence organisée avec Rosen Hicher, survivante de la prostitution et abolitionniste, à Paris par le mouvement n'a pas donné lieu à un compte-rendu ou à une prise de position quelconque du mouvement. Les Antigones contestent clairement l'existence d'une violence structurelle de la société à l'égard des femmes, à laquelle elles préfèrent une analyse au cas par cas selon le type de violence exercée. Il est également à noter qu'elles citent à plusieurs reprises la PMA, mais aussi l'IVG et la réforme du congé parental prévu par la loi-cadre Egalité Femmes-Hommes de 2013 comme des violences faites aux femmes[12].

Les Antigones pointent également à plusieurs reprises dans leurs textes l'univers médical comme étant source de violences faites aux femmes, notamment durant la grossesse et l'accouchement. Là encore, c'est l'intégralité du système de santé occidental qu'elles mettent en cause et non le sexisme du corps médical, cité comme une cause parmi d'autres.

L'égalité salarialeModifier

Les Antigones se sont approprié un autre thème propre au combat féministe avec le sujet de l'égalité salarial. Là aussi, elles récusent la misogynie et l'héritage patriarcal comme causes des inégalités salariales qui subsistent encore entre hommes et femmes pour se focaliser sur la question de la maternité. Elles expliquent en effet les écarts de salaire entre hommes et femmes par le coût que fait peser une grossesse sur les entreprises. C'est aussi au titre de la maternité qu'elles se positionnent contre l'individualisation de l'impôt. Celui-ci s’avérerait défavorable aux femmes dans la mesure où ce sont encore majoritairement les femmes qui s'arrêtent pour s'occuper des enfants et bénéficient ainsi de retraites minorées.

CritiquesModifier

Les Antigones ont suscité de nombreuses réactions dans la presse. Leur positionnement différencialiste est fortement critiqué : penser la primauté du déterminisme naturel sur la construction sociale représente pour leurs critiques une atteinte à la liberté et à la dignité de la femme. Elles sont ainsi souvent citées dans les anti-féministes complices d'un système rétrograde et patriarcal. Elles cherchent à empêcher les acquis féministes de porter leurs fruits et offensent la mémoire de celles qui ont combattu pour la cause des femmes. De même, les Antigones véhiculeraient une image stéréotypée de la femme et contribueraient à son aliénation. Elles bénéficient d'ailleurs d'un accueil chaleureux parmi les médias de droite et d'extrême droite, connus pour leurs positionnements anti-féministes.

Certaines figures de l'alter-féminisme[13]sont intervenues à la permanence des Antigones ou dans des émissions radio avec elles : Eugénie Bastié de la revue Limite, auteur de Adieu Madmoiselle, Elizabeth Montfort, députée européenne, créatrice du mouvement [Nouveau féminisme européen, Thérèse Hargot, philosophe et sexologue, auteur de Une Jeunesse sexuellement libérée (ou presque), ou Gabrielle Cluzel, auteur de Adieu Simone.

Un article de l'Obs classe les Antigones dans « le féminisme néo-réac ou féminisme identitaire »[14]. Un autre article, de Médiapart cette fois, les classe quant à lui aux côtés de Eugénie Bastié, Marianne Durano, Thérèse Hargot, dans l'alter-féminisme[15].

RéférencesModifier

  1. Julien Sartre, « Les Antigones, des militantes anti-Femen aux drôles de CV », L'Express,‎ (lire en ligne)
  2. « Qui sont les Antigones, ces anti-Femen ? », Le Point,‎ (lire en ligne)
  3. Ewa Dwernicki, « Les Antigones contre les Femen », Euronews,‎ (lire en ligne)
  4. Carole Boinet, « Antigones : qui sont ces anti-Femen ? », Les Inrocks,‎ (lire en ligne)
  5. Marie Labussière, « Le féminisme comme « héritage à dépasser » : Les Antigones, un militantisme féminin à la frontière de l’espace de la cause des femmes », OpenEdition Journals,‎ (lire en ligne)
  6. Le nouveau visage d'une jeunesse de droite : les Antigones, sur le site sociologie - Sorbonne, 1 septembre 2014
  7. Hélène Guinhut, « Féminisme : les Antigones, le nouveau groupe anti-Femen », Elle,‎ (lire en ligne)
  8. « "Le Supplément": Jérôme Kerviel, Qatar 2022 et les Antigones au sommaire ce dimanche », newstele.com,‎ (lire en ligne)
  9. Samuel Bouron, « Les ‘identitaires’ se mobilisent pour moderniser la lutte des races », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  10. Voir par exemple les articles/émissions sur Médias-Presse-Info : Les Antigones décryptent la loi-cadre « Egalité Hommes-Femmes », 29 juillet 2014
  11. « Le féminisme, une idéologie dépassée ! (Tribune libre) », Valeurs actuelles,‎ (lire en ligne)
  12. « Supprimer la notion de détresse de la législation sur l'IVG revient à nier la souffrance de la femme qui avorte » peut-on lire sur Medias-Presse-Info : Les Antigones décryptent la loi-cadre « Egalité Hommes-Femmes » par Aloysia Biessy
  13. Daoud Boughezala, « Osez l’alterféminisme! », Causeur,‎ (lire en ligne)
  14. Marie Vaton, « D'Olympe de Gouges aux Effronté(e)s, plongée dans la galaxie féministe », L'Obs,‎ (lire en ligne)
  15. Lucie Delaporte, « Entre alterféminisme et antiféminisme, la droite tâtonne », Médiapart,‎ (lire en ligne)