Les Anses-d'Arlet

commune française du département d'outre-mer de la Martinique

Les Anses-d'Arlet
Les Anses-d'Arlet
Vue d'une rue des Anses-d'Arlet.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Martinique
Département Martinique
Arrondissement Le Marin
Intercommunalité Communauté d'agglomération de l'Espace Sud de la Martinique
Maire
Mandat
Eugène Larcher
2020-2026
Code postal 97217
Code commune 97202
Démographie
Gentilé Arlésiens
Population
municipale
3 587 hab. (2017 en diminution de 8,03 % par rapport à 2012en diminution de 8,03 % par rapport à 2012)
Densité 138 hab./km2
Géographie
Coordonnées 14° 29′ 26″ nord, 61° 04′ 50″ ouest
Altitude Min. 0 m
Max. 478 m
Superficie 25,92 km2
Localisation
Géolocalisation sur la carte : Martinique
Voir sur la carte administrative de Martinique
City locator 14.svg
Les Anses-d'Arlet
Géolocalisation sur la carte : Martinique
Voir sur la carte topographique de Martinique
City locator 14.svg
Les Anses-d'Arlet

Les Anses-d'Arlet est une commune française, située dans le département de la Martinique. Ses habitants sont appelés les Arlésiens et son bourg éponyme fait partie de ses localités de pêcheurs. Elle tire son nom d'un chef caraïbe nommé Arlet. Elle figure parmi les quatre communes les plus touristiques de la Martinique, si on rapporte le nombre de lits touristiques à sa population[1].

GéographieModifier

 
Anse-Dufour.

La commune s'étend sur trois anses principales de la côte sud caraïbe de la Martinique :

  • Grande-Anse, au nord ;
  • Les Anses-d'Arlet, au centre (le bourg) ;
  • Petite-Anse, au sud.

Près de Grande-Anse se trouvent deux autres petites anses, accessibles par la route des Anses menant, du sud vers le nord, aux Trois-Îlets :

La particularité de ces deux anses est que « normalement », les plages du Nord de la Martinique sont de sable noir et celles du Sud de sable blanc ; or, pourtant séparées par une simple avancée sur la mer, l'une est de sable blanc (d'origine bioclastique[2]), l'autre de sable noir (d'origine volcanique[2]), constituant la seule plage de sable noir du Sud de la Martinique[3] (d'où probablement son nom d'Anse-Noire). À Anse-Noire, l'avancée sur la mer est dotée d'un plongeoir naturel appelé le point Y ; également d'une grotte : la grotte des Chauves-Souris.

ToponymieModifier

Au début de la colonisation, deux frères caraïbes, Arlet et Pilote, auraient abandonné leurs biens et leurs terres aux colons du Nord de la Martinique pour se réfugier dans le Sud, à la suite d’un traité signé entre eux. De ce fait, Arlet s'installa dans la région à laquelle il a donné son nom.

De nouveau, Arlet abandonna ses terres aux Français pour se retirer encore plus au sud et les jésuites s’y installèrent en 1665. Ils n’y restèrent pas longtemps et laissèrent leur place aux capucins. Cette région de l’île se peupla peu à peu ; les habitants avaient soin des chapelles à l’usage des missionnaires.

HistoireModifier

La première chapelle fut dédiée à saint Antoine de Padoue ; un baptême y fut célébré en 1671 par le père Simon. En 1673, cette chapelle fut remplacée par une église. De grosses réparations ont été entreprises en 1687 par les soins financiers des « paroissiens » sous forme d’offrandes. Cette église fut détruite durant les années 1762 et 1763 par les Anglais qui incendièrent tout. Il fallut attendre quelques années pour que la population fut à même de reconstruire les maisons et de s’occuper des édifices religieux. L’église fut remise sur pied grâce au concours de Henri Larcher, riche habitant de la région. En témoignage de reconnaissance pour son bienfaiteur, elle fut placée sous le patronage de saint Henri  [Lequel ?].

Jusqu’en 1676, il n’y avait pas de paroisse établie dans cette partie de l’île ; les services religieux étaient faits par des prêtres de passage (jésuites, capucins et dominicains). C’est à partir de cette date qu’un d’entre eux fut chargé des Anses-d’Arlet et du Diamant.

Huit ans plus tard, les deux bourgs furent érigés en paroisses séparées mais continuèrent pendant de longues années à avoir un desservant commun qui résidait aux Anses. En vertu d’un décret publié le , le gouverneur du moment, Mackau, avec l’approbation du conseil, divisa la Martinique en vingt communes. C’est ainsi que fut créée la commune du Sud qui englobait les Anses-d’Arlet (où le maire résidait), le Diamant et Sainte-Luce. Elle était administrée par un maire, trois adjoints et neuf membres du conseil de Sainte-Luce fut détachée en 1848 et le Diamant en 1862[pas clair].

Le clocher, symbole de la ville, avait été détruit par l'ouragan Dean en 2007, et il a été reconstruit à partir de avec son apparence actuelle, imitant son aspect d'avant 1930[1].

Politique et administrationModifier

Rattachements administratifs et électorauxModifier

Les Anses-d'Arlet appartiennent à l’arrondissement du Marin et vote pour les représentants de l’Assemblée de Martinique. Avant 2015, elle élisait son représentant au conseil général dans le canton des Anses-d'Arlet, entité dont elle était le chef-lieu.

Pour l’élection des députés, la commune fait partie de la quatrième circonscription de la Martinique.

IntercommunalitéModifier

La commune appartient à la communauté d'agglomération de l'Espace Sud de la Martinique.

Liste des mairesModifier

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Emmanuel Naud    
Donatien Colombe SFIO puis DVD Secrétaire de mairie
Conseiller général du canton des Anses-d'Arlet (1947 → 1970)
Daniel Chenard UDR Conseiller général du canton des Anses-d'Arlet (1970 → 1976)
M. Olga Delbois PS puis DVG[4] Professeur de mathématiques
Conseiller général du canton des Anses-d'Arlet (1982 → 2001)
Vice-président du conseil général de la Martinique (1994 → 2001)
en cours Eugène Larcher RDM Proviseur adjoint
Conseiller général du canton des Anses-d'Arlet (2001 → 2015)
Conseiller territorial de Martinique (2015 → )
Président de l'Espace Sud Martinique (2008 → 2020)

Politique de développement durableModifier

La commune a engagé une politique de développement durable en lançant une démarche d'Agenda 21[5].

Population et sociétéModifier

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1961, premier recensement postérieur à la départementalisation de 1946. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[6]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[7].

En 2017, la commune comptait 3 587 habitants[Note 1], en diminution de 8,03 % par rapport à 2012 (Martinique : -4,06 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1961 1967 1974 1982 1990 1999 2006 2011 2016
3 3803 5733 0672 8113 2383 4633 7493 8723 633
2017 - - - - - - - -
3 587--------
De 1961 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Insee de 1968 à 2006[8] puis à partir de 2006[9])
Histogramme de l'évolution démographique

SportsModifier

Le volley-ball est le sport roi aux Anses-d'Arlet. Depuis plusieurs années, le RC Arlésien et le Rayon de Petite-Anse dominent ce sport en Martinique. Les deux équipes de volley-ball de la commune ont de nombreux titres de champion de Martinique à leur actif.

Équipement sportif :

  • Stade municipal des Anses-d'Arlet.

Clubs sportifs :

Le nombre total de ménages est de 1105 pour la commune.

ÉconomieModifier

En 1999, le taux de chômage pour la commune fut de 44 %[10].

Culture locale et patrimoineModifier

Lieux et monumentsModifier

 
Église aux Anses-d'Arlet.
  • L'église Saint-Henri des Anses-d'Arlet, en bordure de plage, est connue comme un des plus beaux sites de Martinique, notamment en raison de son alignement exact avec le ponton. Cette église a été touchée par l'ouragan Dean en 2007, elle a été totalement restaurée selon son apparence d'avant 1930[1], en 2008.
  • Le sentier de randonnée côtier, partant d'Anse d'Arlet, le long du Morne Champagne, rejoignant Grande Anse, puis Anse Dufour à travers les forêts du Morne Réduit.
  • Les mornesː Morne Larcher (478 m), Morne Jacqueline (223 m), Morne Genty (400 m), Morne Champagne (104 m), Morne Réduit Masson (194 m), Morne Mathurin (273 m), Morne Réduit (307 m), Morne Yoyo (294 m), Morne Baguidi (146 m), Gros Morne (264 m), Morne Bigot (467 m) font partie des aires volcaniques et forestières de la Martinique, proposées depuis 2014, au classement au patrimoine mondial.

Personnalités liées à la communeModifier

  • Le musicien martiniquais Alexandre Stellio (1885-1939)[11], aussi dit simplement “STELLIO”, de son vrai nom Fructueux Alexandre, est né aux Anses-d’Arlet, au lieu-dit “Le Flandrin”, le 16 avril 1885. Clarinettiste, chef d'orchestre, compositeur de nombreux titres connus de la musique traditionnelle de Martinique, il a laissé de 1929 à 1939 à Paris un important patrimoine enregistré sous la forme de disques 78 tours. Il a tenu de son vivant un rôle majeur dans la transmission et la sauvegarde de la musique créole de la ville de Saint-Pierre, détruite en 1902 dans l'éruption de la Montagne Pelée. Alexandre Stellio est décédé à Paris le 24 juillet 1939. Pour lui rendre hommage, le collège de la commune a été baptisé "Collège Alexandre Stellio"[12] le 23 Juin 2001.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2020, millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2019, date de référence statistique : 1er janvier 2017.

RéférencesModifier

  1. a b et c Serge Bourgeat et Catherine Bras, « Mise en tourisme et cartepostalisation : le cas des Anses-d’Arlet (Martinique) », sur Géoconfluences,
  2. a et b B. Le Moigne et J.-P. Rançon (avec la collaboration d’A-V. Barras, J-C. Audru, M. Le Roy et A. Nachbau), « Anse Noire et Anse Dufour », dans Inventaire du patrimoine géologique de la Martinique : Rapport BRGM/RP-61443-FR, (lire en ligne [PDF])
  3. « Anse Noire », sur La Martinique, Comité martiniquais du tourisme (consulté le 26 janvier 2016)
  4. Membre fondateur du Parti Martiniquais Socialiste [1]
  5. FICHE | Agenda 21 de Territoires - Les Anses-d'Arlet, consultée le 30 octobre 2017
  6. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  7. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  8. Population selon le sexe et l'âge quinquennal de 1968 à 2013 - Recensements harmonisés - Séries départementales et communales
  9. pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017
  10. Données INSEE compulsée par Linternaute - Emploi à Les Anses-d'Arlet
  11. « Stellio (1885-1939) », sur data.bnf.fr (consulté le 26 mai 2020)
  12. « le site du Collège Alexandre Stellio - Anses d'Arlet - Martinique - France - Historique - Quelques dates », sur cms.ac-martinique.fr (consulté le 26 mai 2020)