Les 2 Minutes du peuple

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Les 2 Minutes du peuple
Présentation François Pérusse
Réalisation François Pérusse
Pays Drapeau du Canada Canada
Langue Français québécois
Français de France
Diffusion
Station CKOI-FM (Québec, 1990-1996)
Énergie (Québec, 2002-2016)
CHOE-FM (Québec)
CIPC-FM (Québec)
France Inter (France, été 1990)
Europe 2 (France, 1996-2001)
Rire et Chansons (France, 2001-2012)
Joker FM (Belgique)
Contact (Belgique, 1998-2006)
Couleur 3 (Suisse, 2002-2011)
Rouge FM (Suisse)
Création 1990
Disparition 2016

Les 2 Minutes du peuple est le nom d'une série de sketches radiophoniques créée en 1990 et interprétée par l'humoriste québécois François Pérusse[1],[2].

Ces sketchs d'environ deux minutes sont initialement diffusés au Québec dans l'émission Yé trop d'bonne heure sur CKOI-FM avant de passer sur les ondes de CHOE-FM, CIPC-FM ou Énergie. De 1996 à 2012, ils sont également régulièrement diffusés en Europe sur des radios francophones : en Belgique sur Joker FM, en France notamment sur Europe 2 et Rire et Chansons, et en Suisse sur Couleur 3.

En 2016, François Pérusse annonce la fin des 2 Minutes du peuple et lance à la place Pérusse Express, un concept similaire mais plus proche de l'actualité[3]. Cependant, après cette date des épisodes des 2 Minutes sortiront de façon occasionnelle, comme lors de la pandémie de Covid-19 en 2020.

Les sketches des 2 Minutes du peuple — appelés par son auteur des « capsules » — sont reconnaissables grâce à l'accélération plus ou moins importante qu'applique Pérusse à sa voix pour interpréter les différents personnages, ce qui donne des dialogues alertes, comiques et sans temps morts. L'humour absurde des capsules repose principalement sur de très nombreux calembours, non-sens, onomatopées et trompe-oreilles. Les épisodes sont presque tous indépendants les uns des autres, mais avec des personnages récurrents. Ils peuvent narrer des scènes de la vie quotidienne, des chansons ou des parodies d'émissions de télévision, de séries, de films, etc.

Au fil des années, la série a obtenu un statut d'émission culte au Québec et en Europe[3]. Elle a remporté de nombreux prix (7 Félix, 6 Olivier, 1 Juno et 7 Rubans d'or), été adaptée en série télévisée (La série du peuple) et les 14 albums qui en ont été tirés se sont vendus à plus de 2 millions d'exemplaires[1].

Les 2 Minutes du peuple est une référence pour de nombreux humoristes francophones, notamment les créateurs de sagas MP3 comme John Lang, et certaines références farfelues de la série, comme les « joints d'étanchéité pour conduits d'évacuation de climatiseurs de morgue Alphonse Robichu » sont entrées dans la culture populaire.

Au total, plus de 3 000 épisodes ont été réalisés, entre 1990 et 1996[1].

Thèmes abordésModifier

Les « capsules » des 2 minutes du peuple forment une succession de sketches indépendants qui traitent de sujets variés (la vie de tous les jours, l'actualité, les animaux, les démarcheurs téléphoniques ou la publicité), mais qui peuvent aussi former des mini séries sur un thème précis (comme les personnages historiques tels Jacques Cartier, Ludwig van Beethoven, Louis XIV, Thomas Edison ou la série sur les instruments de musique), voire des parodies de jeux, d'émissions de radio et de télévision (notamment les débats et les talk show ou bien les émissions de variétés), de séries télévisées (X-Files, Urgences, Columbo), et enfin des chansons humoristiques.

Les capsules sont soit en version québécoise (français québécois), soit en version française (français de France), plusieurs séries étant inédites à la France ou aux Québec.

Il existe quelques personnages récurrents comme le docteur Malcolm, l'inspecteur Bocolon (une parodie de l'inspecteur Columbo), Krikett le super flic (capsule « Film d'action » et « Les enquêtes policières »), le « gars qui magasine par téléphone », Jean-Charles ou même des duos : Roger et Caroline, Fux Molder et Dana Scully (X-Files du peuple), l'apprenti et le patron, le couple de la « Maison Slangster », ou un couple qui est à la maison ou qui sort en ville.

D'autres personnages font une apparition unique (mais remarquée) lors de capsules.

Il y a également des éléments récurrents, tels les moqueries à l'égard des politiciens, des hommes d'affaires et entreprises, des sportifs, des acteurs, des chanteurs et groupes de musique, etc.

Différences régionalesModifier

La série étant originalement québecoise, lors du passage en Europe, des capsules contenant plusieurs références au Québec ont été modifiées, par exemple les gags tournant autour de personnalités québécoises (Michel Louvain, Pier Béland, Fernand Gignac et les Canadiens de Montréal) ont été modifiés avec des vedettes de l'industrie du spectacle française : l’animateur Arthur, le pianiste Richard Clayderman, le groupe musical 2be3 et les chanteurs français Francis Lalanne et Patrick Bruel font partie des modifications. Mais, étant donné la popularité de Patrick Bruel hors de la France, ce dernier est à quelques reprises parodié dans la version originale québécoise.

Les personnages sonnant « trop québecois » voient aussi leur noms modifiés, exemple : dans la capsule « L’émotivité et la raison », l’amant s’appelle Gaston Rinfret au Québec, mais Guy Bainville en France.

Les parodies d’émissions de télévision sont aussi différentes :

  • pendant les premières capsules québécoises, il n’y avait pas beaucoup de séries parodiant en particulier les émission québécoises, mais beaucoup de parodies de genres télévisuels. Depuis le retour au Québec en 2002, les bulletins de nouvelles (journal) sont parodiés en série avec Les Nouvelles à une cenne, qui parodie la chaîne québécoise LCN ;
  • en France, la série Ça se dispute parodie l’émission française de débats Ça se discute et la série Tout le monde s’en fout parodie l’émission Tout le monde en parle. Toutefois, l’adaptation québécoise de Tout le monde en parle n’a pas été parodié au Québec.

Quand la série était en pause au Québec, entre 1996 et 2002, plusieurs capsules sont aussi passées du français de France au français québécois : par exemple, les capsules parodiant les séries policières avec le personnage de Krikett, qui adoptent de nouveaux personnages au Québec.

Les deux versions utilisent aussi les mêmes gags, lorsqu’il s’agit d’un jeu de mots qui fonctionne aussi bien en français québécois qu’en français de France : par exemple, sur une situation de la vie courante, voire avec les présidents des États-Unis comme Bill Clinton après l’affaire Monica Lewinsky. Des gags sur les politiciens français sont aussi présents dans les deux versions, mais la version québécoise met souvent en scène des rencontres entre les politiciens des deux côtés de l’Atlantique.

Séries de sketchsModifier

Les Cours de musique du peupleModifier

Disponible au Québec et en France.

Étant musicien, François Pérusse fait plusieurs « Cours de musique du peuple » qui lui permettent d’expliquer, à sa façon, le fonctionnement des instruments de musique mais aussi d'avoir l'occasion d’inventer de fausses sessions d’enregistrement, souvent catastrophiques.

Les cours de musique portent, entre autres, sur :

Roger et CarolineModifier

Disponible au Québec et en France.

Roger, un employé de bureau timide et maladroit, cherche à séduire Caroline, une collègue de travail qui a déjà un fiancé : Robert. Les efforts de Roger — inventifs et laborieux — ne sont jamais couronnés de succès.

Les épisodes se passent au bureau, dans la rue ou chez Roger. Ce dernier essaie souvent de draguer Caroline par téléphone, ce qui est également un échec. Son échec est d'autant plus cuisant qu'il répète généralement les phrases qu'il va dire à Caroline pendant la sonnerie du téléphone, se lançant corps et âme dans sa déclamation lorsque Caroline décroche enfin, ce qui aboutit toujours à des gaffes.

Le gars qui magasine par téléphoneModifier

Seulement au Québec.

Dans ces capsules, un homme téléphone à divers magasins pour avoir des renseignement sur un produit avant de l’acheter. À chaque fois, le « gars qui magasine par téléphone » a du mal à comprendre les détails fournis par le commerçant puis, énervé, lui raccroche au nez. Mona, sa conjointe, ne cesse de lui dire les mots exacts pendant qu'il est occupé à discuter avec son interlocuteur ; il qualifie ensuite cette dernière de « p'tit cerveau » et ajoute d'autres commentaires négatifs sur sa capacité intellectuelle.

Les X-Files du peupleModifier

Seulement en France.

Parodie de la série télévisée X-Files : Aux frontières du réel, les deux protagonistes de cette histoire, Fux Molder (parodie de Fox Mulder) et Dana Scully enquêtent sur les phénomènes paranormaux. Ils doivent faire face durant leurs enquêtes à de nombreux imprévus et à des situations hilarantes, par exemple quand le directeur du FBI refuse de coopérer ou lorsqu'ils doivent enquêter à la suite de déclarations farfelues faites par des gens peu ordinaires.

EspionnageModifier

Seulement en France.

Des espions qui se voient donner des missions souvent grotesques, comme trouver un terroriste à Disneyland en se déguisant en Dingo où donner un mot de passe farfelu à un contact.

Columbo du peupleModifier

Seulement en France.

Parodie de la série Columbo. Le déroulement est souvent le même : deux personnes se disputent pour divers motifs, et la première tue l'autre. Le lieutenant Columbo (appelé le lieutenant Bocolon dans « La Série du peuple ») arrive toujours juste après que le meurtre ait été commis, et démasque sans coup férir son auteur, malgré les stratagèmes variés (et souvent complexes) qu'il utilise.

Les enquêtes policièresModifier

Disponible au Québec et en France.

En plus des aventures de Columbo, une autre série parodie les séries télévisées policières en général. L'inspecteur Krikett (ou appelé par un autre nom imprononçable, dit à l'américaine et très vite) fait équipe avec divers collègues (aux noms imprononçables, dits à l'américaine et très vite) pour résoudre diverses enquêtes criminelles. L’inspecteur en chef se montre en général assez violent (avec les suspects ou ses collègues), mais résout la plupart du temps ses enquêtes avec brio.

Le tribunal du peupleModifier

Disponible au Québec et en France.

Cette série de capsules parle des affaires judiciaires plaidées dans les prétoires des tribunaux (parodie des films de procès). Un suspect est interrogé sans ménagement par l'avocat du ministère public, et défendu par son avocat à la défense qui crie souvent « Objection ! » quand la question de l'accusation lui semble infondée. Le président du tribunal, blasé, n'arrête pas de faire des blagues (souvent graveleuses).

Docteur Malcom (Urgences du peuple)Modifier

Seulement en France.

Parodie des séries télévisées médicales (notamment la série Urgences), ces capsules montrent le docteur Malcom, un médecin hospitalier qui doit gérer toutes sortes de problèmes avec ses patients ou les autres docteurs. Il rencontre souvent cas médicaux très bizarres et tente d'y apporter une solution, souvent extrême elle-aussi.

L'apprenti et le patronModifier

Disponible au Québec et en France.

Dans ces capsules, un apprenti (toujours un néophyte) vient de décrocher un nouveau travail. Il est encadré par un membre de l'entreprise qu'il vient d’intégrer. Le débutant, qui n'a aucune formation dans l'emploi qu'il va occuper, fait gaffes sur gaffes (souvent au téléphone) lorsqu'il répète de travers l’argumentaire soigné que lui dicte son collègue, entraînant catastrophes sur catastrophes.

La Maison SlangsterModifier

Disponible au Québec et en France.

« Conte d'horreur » et parodie des films d’épouvante, les capsules de la Maison Slangster montrent les aventures d'un couple qui emménage dans une vielle propriété perdue en pleine campagne, que l'homme vient d’hériter. La maison, ancienne, sordide et à moitié délabrée, est réputée pour avoir été le lieu de meurtres plus horribles les uns que les autres. Le fantôme de M. Slangster fera d'ailleurs une visite aux nouveaux occupants, histoire de les faire déguerpir, ainsi que d'autres invités morts-vivants excentriques. Le couple finira par passer une annonce dans un journal pour revendre la maison.

Jean-CharlesModifier

Seulement au Québec.

Jean-Charles est un homme sympathique qui voit le positif dans toutes les difficultés de la vie. La majorité des capsules le mettant en vedette commencent avec une personne qu’il connaît qui éprouve un problème dans sa vie, que ce soit un burn-out ou une séparation de couple qui est ponctuée de situations cocasses et de commentaires avec des jeux de mot et des mots d’esprit par la personne qui provoque la situation difficile. Après, Jean-Charles arrive pour motiver la personne déprimée en proposants des activités amusantes ou de le remplacer pour la journée dans son travail.

Ça se disputeModifier

ChansonsModifier

Diffusion radiophoniqueModifier

Les capsules ont été diffusées dans différents pays :

DiscographieModifier

Une grande partie de ces sketchs ont été enregistrés sur disque (notamment les chansons humoristiques de la série) sur une série d’albums intitulés L'Album du peuple.

Albums en version québécoiseModifier

  • Album du peuple - Tome 1 (1991)
  • Album du peuple - Tome 2 (1992)
  • Album du peuple - Tome 3 (1994)
  • Album du peuple - Tome 4 (1995)
  • Album du peuple - Tome 5 (1996)
  • Album Pirate (2002)
  • Album du peuple - Tome 6 (2003)
  • Album du peuple - Tome 7 (2007)
  • Album du peuple - Tome 8 (2011)
  • Album du peuple - Tome 9 (2013)
  • Album du peuple - Tome 10 (2015)[6]
  • Best Ove! (2017)

Albums en version françaiseModifier

  • Album du peuple - Volume 1 (Made For France) (1997)
  • Album du peuple - Volume 2 (Made For France) (2002)

RécompensesModifier

François Pérusse a remporté de nombreux prix pour ses sketches[6],[7] dont la Rose d’or de la meilleure émission d’humour lors d’un festival à Marrakech.

  • 7 Félix pour les Albums du peuple - Tome 1, Tome 2, Tome 4, Tome 5, Tome 7, Volume 1, l'Album pirate.
  • 6 Olivier pour le Tome 6, le Tome 7 et Les 2 minutes du peuple à la radio.
  • 1 Juno pour le Tome 2.
  • 7 Ruban d'or (Association canadienne des radiodiffuseurs) pour Les 2 minutes du peuple sur le réseau Énergie.

Notes et référencesModifier

  1. a b c d et e « Biographie de François Pérusse », sur francoisperusse.ca (consulté le 20 mai 2020).
  2. Sylvain Cormier, « Le devoir, 1910- (Montréal), 25 avril 1994, Cahier B » [PDF], sur numerique.banq.qc.ca (consulté le 4 mars 2019).
  3. a et b Marc-André Lemieux, « François Pérusse retourne à CKOI », sur Le Journal de Montréal.com, .
  4. a b et c Agenda de François Pérusse, consulté le 8 novembre 2013.
  5. a et b Biographie François Perusse - Rire & Chansons
  6. a et b Raphaël Gendron-Martin, « "J’avais peur d’être un feu de paille" », sur Le Journal de Montréal.com (consulté le 4 mars 2019).
  7. « Tout sur Pérusse », sur francoisperusse.ca, .

Liens externesModifier