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Le Tribunal des flagrants délires

émission de radio française

Le Tribunal des flagrants délires
Image illustrative de l’article Le Tribunal des flagrants délires

Présentation Claude Villers, assisté de Pierre Desproges et Luis Rego
Pays Drapeau de la France France
Langue Français
Diffusion
Station France Inter
Création
Disparition
Horaires 11 h 30 - 12 h 45

Le Tribunal des flagrants délires est une émission de radio satirique française diffusée entre 11 h 30 et 12 h 45 sur France Inter, de à , puis de à .

Elle s'inspirait elle-même d'une émission antérieure de chansonniers, Procès pour rire, au début des années 1960 avec Frida Boccara.

Sommaire

ConceptModifier

Produite par Monique Desbarbat, l'émission avait pour cadre un tribunal imaginaire présidé par Claude Villers (surnommé le « Massif central » par Desproges).

L'émission connut un succès incontestable, et les personnalités invitées à passer en jugement furent nombreuses, dont : Pierre Perret[1] le premier invité, Frédéric Mitterrand[2], Renaud, Daniel Cohn-Bendit, Jacques Séguéla, Guy Bedos[3], Yannick Noah[4], Coluche[5], Léon Zitrone ou Jean-Marie Le Pen[6].

Certaines émissions furent réalisées par Claude Berri[7].

DéroulementModifier

Le « procès » commençait par une présentation de l'invité, présenté comme « prévenu », et « interrogé » par le président du tribunal Claude Villers.

Le prévenu était par la suite attaqué par le Ministère public, représenté par « le procureur de la République Desproges française », alias Pierre Desproges. Le début de ses réquisitoires, souvent identique (avec quelques variations), est resté célèbre : « Françaises, Français ; Belges, Belges ; mon Président-mon chien[a] ; monsieur l'avocat le plus bas d'Inter ; mesdames et messieurs les Jurés ; public chéri, mon amour ! », parfois complété de « Bonjour, ma colère ! Salut, ma hargne ! Et mon courroux, coucou ! », ce dernier mot étant repris en chœur par le public.

 
L'acteur Patrick Dewaere (à droite) en tant qu'« accusé » du tribunal humoristique de France Inter, le vendredi .

Avec le temps, Desproges alla jusqu'à ignorer totalement dans ces réquisitoires les invités de l'émission du jour, pour partir dans de longs exposés sur des sujets aussi divers que le cassoulet toulousain, la recette du cheval-melba, le cancer ou sa dernière quittance de gaz. Le tout était invariablement ponctué d'allusions dénigrantes envers Luis Rego concernant ses origines portugaises, ses compétences « d'avocat pourri d'office »[b] ou sur sa Tata Rodriguez que Desproges soupçonne qu'elle lui envoie des colis en « paquet-fado », et conclu généralement par la formule rituelle : « Donc, l'accusé est coupable, mais son avocat vous en convaincra mieux que moi ».

Les « prévenus » étaient par la suite défendus par Luis Rego, l'avocat « le plus bas d'Inter »[c]. Luis Rego alternait les digressions et les thématiques loufoques, comme des parodies de jeux radiophoniques[d], des fiches bricolages improbables, etc.

Des « témoins » pouvaient être entendus — comme Guy Bedos lors du procès de Coluche[5] —, l’émission se terminant par la dernière parole, donnée pour sa défense au « prévenu ».

Un accompagnement musical, pour la chanson qui entamait chaque émission et des improvisations ponctuant les propos des uns et des autres, était joué au piano par Georges Rabol qui, comme le dira Pierre Desproges au cours du procès de Jean-Marie Le Pen : « Je le précise à l'intention des auditeurs qui n'auraient pas la chance d'avoir la couleur, est presque aussi nègre que pianiste ».

Conclusion invariable de l'audience, l'accusé était soit condamné à interpréter une chanson de son choix, soit acquitté mais fermement invité à chanter une chanson, reprise en chœur par le tribunal et le public. Si l'invité était un chanteur professionnel, cette dernière chanson devait impérativement ne pas être extraite de son répertoire ; c'est ainsi, par exemple, poussant la règle du contre-emploi jusqu'à son extrême, que Juliette Gréco choisit d'interpréter « Bécassine c'est ma cousine » d'ordinaire chantée par Chantal Goya[8].

Remplaçants occasionnelsModifier

À certaines occasions, Claude Villers, Luis Rego et Pierre Desproges étaient parfois remplacés dans leurs rôles de président, avocat et procureur par d'autres fantaisistes[9] :

La journaliste Jeanne Folly participa également à l'émission en tant qu'« experte très experte », chargée de dresser le profil psychologique de l'accusé. Ses interventions maniaient subtilement le sous-entendu un brin grivois et évoquaient invariablement les multiples « séances sur le divan » auxquelles elle avait soumis l'accusé.

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Parfois remplacé par : « mon Massif central ».
  2. Jeu de mots sur « avocat commis d'office ».
  3. En référence à Robert Badinter, Garde des sceaux durant cette période, et à France Inter qui diffusait cette émission.
  4. Dont le Jeu des mille francs, qui était diffusé juste après le Tribunal des flagrants délires.

RéférencesModifier

  1. « Pierre Perret »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) au Tribunal des flagrants délires, , sur le site de l'INA, 56 min 31 s.
  2. Frédéric Mitterrand au Tribunal des flagrants délires, , sur le site de l'INA, 57 min 23 s.
  3. Guy Bedos au Tribunal des flagrants délires, , sur le site de l'INA, 56 min 20 s.
  4. Yannick Noah au Tribunal des flagrants délires, , sur le site de l'INA, h 23 min 39 s.
  5. a et b Coluche au Tribunal des flagrants délires, , sur le site de l'INA, 57 min 26 s.
  6. Jean-Marie Le Pen au Tribunal des flagrants délires, , sur le site de l'INA, h 22 min 44 s
  7. « Claude Villers, Le Tribunal des flagrants délires » sur Le Litteraire.com.
  8. « [archive] En plein "Tribunal des Flagrants Délires", Juliette Gréco chante Bécassine », sur France Inter.fr, .
  9. Article consacré au Tribunal des flagrants délires sur le site de JPM.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

DiscographieModifier

DVDModifier

  • Le Tribunal des Flagrants Délires (Double DVD, Studio Canal - France Inter, 24 novembre 2009)

Liens externesModifier