Le Massacre des Triumvirs

tableau de l'école de Fontainebleau, attribué à Nicolò dell'Abbate

Le Massacre des Triumvirs (1562) est un tableau de l'École de Fontainebleau attribué à Nicolò dell'Abbate ou un peintre de son entourage (anciennement attribué à Antoine Caron).

Le Massacre des Triumvirs
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Artiste
Date
Type
Dimensions (H × L)
1,41 × 1,75 mVoir et modifier les données sur Wikidata
No d’inventaire
INV 45.6Voir et modifier les données sur Wikidata
Localisation

ConservationModifier

La toile est en 1944 sur le marché de l'art, à Paris. Elle est achetée par les Musés nationaux à Mme Thiebaireng et mise en dépôt, en 1945 au Musée Départemental de l'Oise à Beauvais. Elle est ensuite déplacée en 1946 à Dijon, en 1964 au musée de Douai puis rejoint à nouveau les collections du musée de Beauvais[1].

AttributionModifier

L'œuvre est d'abord attribuée au peintre français maniériste Antoine Caron, puis à Nicolò dell'Abbate[1],[2], un des peintres italiens de l'École de Fontainebleau (avec Le Primatice) auprès desquels Caron s'était formé[3] (ou à un des peintres de son école, peut-être même son fils)[4].

Description de 1850Modifier

« Trois généraux, sans doute les triumvirs, siègent à gauche sous un portique dont les balustrades sont chargées de têtes déjà coupées. Le reste du tableau est une énorme place bordée de somptueux édifices d'un goût très curieux, et toute parsemée assez bizarrement de petits groupes séparés de bourreaux et de victimes; les personnages ainsi répandus sur cette toile et dont les plus grands ont six à huit pouces sont innombrables et le tableau paraît d'abord vide. Pris à part, quelques-uns des groupes: un homme qu'un soldat prend par la barbe, un vieillard qu'on décapite, sont excellents et peints d'une couleur fine, bien qu'assez pâle. Une large rue s'ouvre au fond, et au-dessus des maisons à toits pointus s'aperçoivent les collines éloignées du paysage. Enfin, sur le premier plan à droite, on voit une sorte de cave dans laquelle dort un vieillard; un autre homme qui est sur le sol lui parle et va peut-être réveiller ce mystérieux personnage que je ne tenterai point d'expliquer. Il ne faut pas oublier quelques parties secondaires d'un rare bonheur: la blanche statue de Diane posée sur la colonne de marbre à bas reliefs en spirale qui s'élève au milieu de la place, et les trois statues qui ornent la balustrade de la terrasse avec un dôme sous lequel siègent les triumvirs. Les deux figures de femmes ont un charmant caractère qui rappelle Germain Pilon, bien que la grâce en soit moins coquette et plus fière [...] »

Anatole de Montaiglon, "Antoine Caron de Beauvais, peintre du XVIe siècle", L'Artiste, p. 17.

Notes et référencesModifier

  1. a et b « Le Massacre des Triumvirs », sur Agorha (Institut national d'histoire de l'art)
  2. « Massacre des Triumvirs », sur Le Louvre
  3. Roger Trinquet, « L'allégorie politique dans l'œuvre d'Antoine Caron : le Carrousel à l'éléphant », in Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1965, p.281.
  4. « Le Massacre des Triumvirs », sur Musenor

BibliographieModifier

  • Cléopâtre Pathelin et Arlequin Pathelin, Les visages du théâtre dans la France de la Renaissance, Éditions Gourcuff Gradenigo, , chap. 60, p. 80.
  • Claire Stoullig (dir.) et Flore Collette (dir.), L'Automne de la Renaissance d'Arcimboldo à Caravage, Somogy éditions d'art, , p. 140-141.
  • Sylvie Béguin, Nicolò dell'Abate : storie dipinte nella pittura del cinquencento tra Modena e Fontainebleau, , p. 452-453.
  • Catherine Bourdieu-Weiss, « Les massacres des guerres de Religion dans l’art », dans L’écriture du massacre en littérature entre histoire et mythe. Des mondes antiques à l’aube du XXIe siècle, , p. 153-163.
  • Jean-René Béguin et Marie-Eliane Béguin, La Renaissance et le Nouveau Monde, Musée du Québec, , p. 209.
  • Arnauld Brejon de Lavergnée et Dominique Thiébaut, Catalogue sommaire illustré des peintures du musée du Louvre, tome II, R.M.N., 1981, p. 283.
  • Anatole de Montaiglon, « Antoine Caron de Beauvais, peintre du xvie siècle », L'Artiste, février 1850 p. 17.

Liens externesModifier