Le Lutin (nouvelle)

nouvelle de Vladimir Nabokov

Le Lutin
Publication
Auteur Vladimir Nabokov
Langue russe
Parution Berlin,
Recueil
Traduction française
Traduction Dmitri Nabokov
Parution
française
1990
Intrigue
Genre Nouvelle fantastique

Le Lutin est la première nouvelle de Vladimir Nabokov. Sinon la première écrite, c'est du moins la première à être publiée : elle paraît en russe à Berlin le dans un des premiers numéros de la revue Roul sous le pseudonyme de Vladimir Sirine[1],[2]. Trois poèmes de Nabokov accompagnaient la nouvelle.

Le texte a été publié très tardivement en anglais (The Wood-Sprite), par Dmitri Nabokov en 1990 (bien après la mort de l'auteur) traduit en français[3] et publié dans le recueil intitulé La Vénitienne et autres nouvelles.

RésuméModifier

Aux douze coups de minuit, le narrateur reçoit une visite inopinée qu'il a d'abord de la peine à identifier, mais qu'il doit fréquenter assez intensivement, tant ses traits lui sont familiers. Incrédule, il finit par le reconnaître. C'est le sylvain qui l'accompagnait dans les bois de la Russie d'autrefois. Le lutin lui raconte avec tristesse son désespérant destin. Chassé des forêts profondes, il s'est d'abord réfugiés dans de petits bois. Mais les gens qu'il aimait houspiller se sont révélés parfaitement insensibles à ses farces : c'étaient des cadavres sans têtes ou éventrés. Saisi d'horreur, il prend la fuite. Passant de forêt en forêt, il ne trouve plus d'endroit où vivre tranquillement. Il n'a plus qu'à se transformer en vagabond et à fuir ce monde inhospitalier. Chemin faisant, il rencontre le Génie des eaux, qui abandonne également la Russie, fuyant la guerre et les cadavres et qui l'aide à s'enfuir. Même le Génie des champs ou celui du foyer ont quitté le pays.

À force d'errance, le lutin se retrouve dans ce pays étranger, dans l'effrayante ville de pierre où habite désormais le narrateur. Il a même appris la langue du pays. Le lutin décrit encore l'état désastreux de la Russie d'antan :

« C'est que nous sommes ton inspiration, Russie, ta beauté énigmatique, ton charme séculaire... Et nous sommes tous partis, partis et chassés par un arpenteur insensé.
Mon ami, je vais bientôt mourir : dis-moi quelque chose, dis-moi que tu m'aimes, moi qui suis un esprit sans feu ni lieu, assieds-toi là, tout près, donne-moi ta main... »

— Vladimir Nabokov, Le Lutin[4].

Le lendemain, il n'y a plus personne dans la fauteuil occupé par le lutin. « Il y avait seulement dans la pièce une odeur merveilleuse et légère de bouleau et de mousse humide... »

Notes et référencesModifier

  1. Jusqu'à son départ aux États-Unis en mai 1940, Nabokov a toujours publié sous le pseudonyme de Sirine, Nabokoff-Sirine ou Sirine-Nabokoff.
  2. Brian Boyd 1990, p. 215
  3. Nabokov 2010, p. 71
  4. Nabokov 2010, p. 74

Édition en françaisModifier

  • Vladimir Nabokov (trad. de l'anglais par Maurice et Yvonne Couturier, Bernard Kreise et Laure Troubetzkoy), Nouvelles complètes, Paris, Gallimard, coll. « Quarto », , 868 p. (ISBN 978-2-07-012786-3), « Le Lutin »

BibliographieModifier

  • Brian Boyd (trad. Philippe Delamare), Vladimir Nabokov [« Vladimir Nabokov: The Russian Years »], t. I : Les années russes (Biographie), Paris, Gallimard, coll. « Biographies », (1re éd. 1990), 660 p. (ISBN 978-2-07-072509-0)

Articles connexesModifier