Le Jugement de Salomon (Poussin)

tableau de Nicolas Poussin
Le Jugement de Salomon
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Artiste
Date
Commanditaire
Jean Pointel (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Type
Matériau
Dimensions (H × L)
101 × 150 cmVoir et modifier les données sur Wikidata
Mouvement
Propriétaire
No d’inventaire
INV 7277Voir et modifier les données sur Wikidata
Localisation
Musée du Louvre, Salle 826 de l'aile Richelieu, niveau 2, Paris (France)

Le Jugement de Salomon est une peinture à l'huile sur toile réalisée par Nicolas Poussin en 1649 à Rome, en Italie, et conservée au musée du Louvre à Paris, en France.

Commandité par le banquier lyonnais Jean Pointel, un ami proche et mécène loyal de l'artiste français, lors d'un voyage à Rome entre 1647 et 1649, Le Jugement de Salomon est achevé d'être peint par Nicolas Poussin, premier peintre du Roi, en 1649 et est envoyé à son commanditaire installé à Paris au cours des mois suivants. Après la mort de Pointel, l'œuvre passe successivement entre les mains du financier Nicolas du Plessis-Rambouillet, du procureur général au Parlement de Paris Achille III de Harlay, et du peintre académicien Charles-Antoine Hérault, qui accepte de vendre le tableau au roi de France Louis XIV en 1685 pour la somme de 5 000 livres. Entré dans le domaine de la Couronne, Le Jugement de Salomon est d'abord affiché au cabinet des Tableaux du château de Versailles, ensuite brièvement dans un cabinet de la surintendance des Bâtiments, revient à nouveau au château de Versailles vers 1710, puis est aperçue dans le salon du directeur des Bâtiments du roi en 1784. En 1792-1793, en concordance avec les principes du décret du , Le Jugement de Salomon devient un bien national de l'état français et l'œuvre d'art est transférée au musée du Louvre pour y figurer lors de l'inauguration de l'institution muséale le , où elle est encore exposée à ce jour.

Aux dimensions de 101 × 150 centimètres, cette peinture d'histoire (en termes de genre) illustre un jugement de Salomon, un épisode biblique tiré du Premier Livre des Rois où le jeune Salomon, troisième roi d'Israël, est confronté à deux femmes réclamant la maternité d'un poupon vivant et s'accusant mutuellement d'être la mère d'un bébé mort. Salomon ordonne que le bébé vivant soit coupé en deux pour satisfaire les deux mères mais, confronté à la réaction passionnée de l'une d'elle et à l'indifférence de l'autre, Salomon ordonne que le bébé soit remis à sa véritable mère, celle qui n'aurait pas toléré qu'il lui soit fait du mal, ce qui inspire les Israélites à admirer leur roi pour sa sagesse et son sens de la justice. La scène d'art sacré telle que représentée par Poussin met en majesté le roi Salomon sur son trône, centré en hauteur et agissant à titre de juge impartial et impérieux. Les deux mères se démènent devant le roi tandis qu'un soldat s'apprête à sectionner en deux l'enfant à la source du contentieux, devant le désarroi et l'incrédulité des membres de la cour.

Le Jugement de Salomon de Nicolas Poussin est largement considéré par les critiques et historiens de l'art comme un chef-d'œuvre personnel de l'artiste, mais aussi comme un ouvrage important de l'art pictural du XVIIe siècle et des principes prônés par l'École de France, davantage connue sous le nom de classicisme, courant artistique majeur du Grand Siècle français. Le tableau est apprécié pour son ordonnance rigoureuse, sa structure pyramidale, la théâtralité de sa mise en scène, son coloris soigné, le traitement des lignes droites et diagonales, la finesse des expressions des visages, la symétrie et l'équilibre optique du sujet, la précision de la perspective, la maîtrise du point de vue et son esprit académique et érudit. La solennité et la gravité du style de Poussin, dit grande maniera, sont couplées à une tonalité sage et savante, agrémentées de couleurs chaudes, en harmonie avec les divers éléments de l'œuvre. À travers le drame dépeint par l'artiste français se dégage les thématiques de la justice, des passions humaines et de l'amour maternel, bien que des réserves aient été émises en ce qui concerne l'attribution des rôles de la bonne et de la mauvaise mère. La production et la diffusion de nombreuses gravures et la réception critique soutenue à travers les siècles suivant la création du tableau installent Le Jugement de Salomon comme l'une des grandes œuvres de la peinture française.

HistoriqueModifier

CommanditaireModifier

 
Autoportrait, Nicolas Poussin (1649)[P 1]. Premier autoportrait peint par Poussin, dédié à Jean Pointel, son mécène[1],[L 1]. Il tient dans ses mains un livre intitulé De lumine et colore, dont l'attribution est incertaine[2],[L 2].

Après un séjour de deux ans à Paris, de à , où il est victime d'intrigues de peintres parisiens rivaux mais est tout de même nommé premier peintre du Roi, Nicolas Poussin décide de retourner à Rome, la ville où il a passé la majeure partie de sa vie professionnelle[3],[4]. Cette période de la vie de Poussin, soit de jusqu'à son décès survenu en , constitue à la fois la maturité et le déclin concernant la production artistique du peintre[3]. Vers la fin des années 1640, deux figures particulières émergent en ce qui a trait à leur mécénat auprès du peintre classique[5],[6]. La première est Paul Fréart de Chantelou, un ami de l'artiste, secrétaire de François Sublet de Noyers et collectionneur d'art français, qui commande entre autres à Poussin sa seconde série de peintures portant sur les sacrements de l'église catholique, intitulée Les Sept Sacrements, ainsi qu'un autoportrait de l'artiste, aujourd'hui exposé au Louvre[7],[8],[9].

Le second mécène, Jean Pointel, est quant à lui un marchand de soie et banquier lyonnais installé à Paris, rue Saint-Germain, et un grand admirateur de Poussin, en plus d'être son ami[10],[11],[12],[13]. Vers les années et , il est en voyage à Rome et se lie d'amitié avec Nicolas Poussin, duquel il fera la commande de nombreux tableaux[14]. Parmi ceux-ci, on peut retrouver Moïse sauvé des eaux, Éliézer et Rébecca, Paysage avec Polyphème, Paysage avec Orphée et Eurydice ainsi qu'un autre autoportrait, moins connu que celui envoyé à Chantelou[1],[7],[10],[11],[15]. Se trouvent également en possession du riche banquier les tableaux Sainte Famille aux dix figures, Noli me tangere, Paysage par temps calme et L'Orage[1],[12].

C'est lors d'un autre séjour de Pointel à Rome s'échelonnant de à que Poussin reçoit de lui une commande pour ce qui deviendra Le Jugement de Salomon, qu'il achève de peindre en [6],[14],[16],[17]. Parallèlement à cette période productive, Poussin doit composer avec la jalousie de Chantelou, qui lui signale par écrit qu'il considère que les œuvres envoyées à Pointel sont en général plus belles et mieux réussies que celles qui lui sont destinées, ce qui lui vaut une remontrance de la part du peintre[1],[5],[6],[12],[18],[19].

L'année s'avère laborieuse pour le peintre : outre Le Jugement de Salomon, le natif de Les Andelys peint pour Pointel L'Assomption de la Vierge, Éliézer et Rébecca ainsi que son premier autoportrait[20]. Contemporaine à cette production effrénée de peintures, la Fronde en France agit comme élément perturbateur entre Poussin et ses mécènes[6],[21].

Lorsqu'il lui envoie le tableau vers -, Poussin prend le temps de mentionner à Pointel qu'il considère Le Jugement de Salomon comme sa meilleure toile[22],[23]. La confiance grandissante entre les deux hommes amène Poussin à placer des sommes d'argent importantes dans la banque de Pointel et il le désigne même en tant qu'exécuteur testamentaire, ce qui finalement n'aura pas lieu puisque ce dernier meurt en [11],[13],[24],[25]. À la fin de sa vie, Pointel dispose de vingt-et-un tableaux et quatre-vingt dessins produits de la main de Poussin[11],[13],[24].

Après PointelModifier

Depuis le , Le Jugement de Salomon est exposé au musée du Louvre, à Paris.

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Peu de temps après la mort de Jean Pointel, une vente aux enchères est mise en place afin de distribuer ses nombreux avoirs[24],[25]. Selon Timothy James Clark (en), un historien de l'art britannique, les exécuteurs testamentaires de Pointel ont bien vite réalisé que l'évaluation des biens artistiques détenus par leur client dépassait de loin leur propre connaissance en la matière et c'est l'académicien Philippe de Champaigne qui est engagé pour cataloguer et apposer une valeur aux œuvres possédées par le défunt banquier lyonnais avant leurs mises sur le marché[26]. Des vingt-et-un Poussin ayant appartenu à Jean Pointel, seul Paysage par temps calme est confirmé resté en possession de sa famille au moins jusqu'en alors que l'essentiel du reste de la collection est vendu au plus offrant[13],[24],[26]. La description sobre que fait Philippe de Champaigne du Jugement de Salomon se lit : « Item un autre tableau peint sur thoille de trois pieds ou environ de hault sur quatre ou cinq pieds de long représentant le jugement de Salomon, sans bordure, ouvrage dudit Poussin, prisé pour la somme de huict cent livres » (sic)[26]. Entre et , c'est Nicolas Du Plessis-Rambouillet, financier, fermier général et secrétaire du roi, qui acquiert Le Jugement de Salomon à la hauteur de 2 200 livres, et il débourse du même coup 1 800 livres de plus pour prendre possession d'une autre toile de Poussin, Paysage au serpent, également en lice dans la succession Pointel[14],[26],[27]. Entre et , l'œuvre entre en possession d'Achille III de Harlay, procureur général au Parlement de Paris de à et premier président du Parlement de Paris de à , qui l'affiche dans son cabinet[14],[16],[28],[29].

En , c'est Charles-Antoine Hérault, peintre, marchand de tableaux et académicien, qui est répertorié être le propriétaire du Jugement[16],[17],[20],[30],[31]. Le roi de France, Louis XIV, débourse la somme de 5 000 livres auprès du peintre académicien pour obtenir l'œuvre, qui est naturellement transféré au domaine de la Couronne[16],[17],[20],[30],[31]. La même année, le souverain français en profite aussi pour faire l'acquisition auprès de Hérault d'un autre tableau de Poussin, La Mort de Saphire, au prix de 5 000 livres[note 1],[20],[30],[32]. En , Le Jugement de Salomon est mentionné comme bien royal dans un inventaire compilé par Charles Le Brun (no 443), puis est affiché vers à au moins au cabinet des Tableaux dans le Petit Appartement du roi au château de Versailles[30],[31]. Vers , le tableau est installé au cabinet des Tableaux de la surintendance des Bâtiments, puis en est de retour dans le cabinet des Tableaux de Versailles[30],[31],[33].

En , l'œuvre est signalée comme étant affichée dans la bibliothèque de l'hôtel de la Surintendance tandis qu'en , elle est aperçue dans le salon du directeur des Bâtiments du roi, accompagnée d'une note : « Il faut le laisser voir dans son entier, il y en a cinq pouces de cachés par en haut sous la bordure »[31]. En , Martin de la Porte est employé pour restaurer L'Enlèvement des Sabines de Poussin (la version de -), et il en va de même pour Le Jugement de Salomon, avec comme mention la preuve de son travail et le montant d'argent qui lui a été versé pour ses services : « du Poussin : Jugement de Salomon, de 56 × 37 pouces, nettoyé et réparé des trous, 60 livres »[31]. Le Jugement de Salomon est éventuellement déplacé au Louvre vers , année de l'inauguration du musée[30],[34],[35].

En date de , Le Jugement de Salomon est la propriété du Département des peintures du musée du Louvre (et par extension, de l'État français) et est exposé de façon permanente dans la Salle 826 de l'aile Richelieu (nommée Nicolas Poussin (-) : entre Rome et Paris), aux côtés, entre autres, du Triomphe de Flore, Les Aveugles de Jéricho, La Peste d'Asdod, L'Inspiration du poète, Sainte Françoise Romaine annonçant à Rome la fin de la peste et Éliézer et Rébecca[36].

Liste des propriétaires du Jugement de Salomon de Nicolas Poussin
Rang Nom(s) Date(s) Notes Référence(s)
1. Jean Pointel vers -
  • Premier acquéreur de l'œuvre.
  • Pointel est le commanditaire du tableau et c'est pour lui que Poussin peint Le Jugement de Salomon.
[30]
2. Nicolas Du Plessis-Rambouillet vers - vers
  • Débourse 2 200 livres à la succession de Jean Pointel pour obtenir l'œuvre.
[30]
3. Achille III de Harlay vers - vers
  • Acheté à un prix inconnu ;
  • Il expose l'œuvre dans son cabinet.
[30]
4. Charles-Antoine Hérault vers
  • Acheté à un prix inconnu ;
  • Temps de possession de l'œuvre inconnu.
[30]
5. Louis XIV, Domaine de la Couronne - [30]
6. Domaine de la Couronne - [30]
7. Assemblée nationale constituante,
Bien national
-
  • Les biens du clergé et de la noblesse sont mis à la disposition de la Nation ;
  • Le Jugement de Salomon fait partie des biens nationaux.
8. Assemblée nationale législative,
Bien national
-
  • Le Jugement de Salomon fait partie des biens nationaux.
9. Première République,
Bien national
-
  • Le Jugement de Salomon fait partie des biens nationaux,
  • L'œuvre est envoyée au musée du Louvre.
10. Département des peintures du musée du Louvre - présent [30]

DescriptionModifier

SujetModifier

Résumé de l'épisode bibliqueModifier

 
Le Rêve de Salomon, Luca Giordano ()[P 2]. C'est à Gabaon, pendant un songe, que Dieu apparaît au roi Salomon et lui offre le don de sagesse. Au lendemain de ce rêve se tient le jugement de Salomon.

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Nicolas Poussin puise l'inspiration pour son œuvre dans le Premier Livre des Rois de l'Ancien Testament, qui traite de la succession de David au trône d'Israël, du règne de Salomon, son fils, ainsi que des autres rois qui le suivent jusqu'au règne et à la mort d'Achab[37],[38]. Plus précisément, l'action dépeinte dans Le Jugement de Salomon de Poussin se situe au troisième chapitre, s'étalant des versets 1 à 28, où un jeune Salomon demande à recevoir de Dieu la sagesse et est confronté le lendemain à deux femmes qui se disputent la maternité d'un enfant, ce qui force le roi d'Israël, récemment couronné, à rendre une sentence en justice, une décision appuyée par le don de sagesse que Dieu vient de lui octroyer[38].

Les versets 1 à 15 agissent en toile de fond au jugement de Salomon : celui-ci, lors d'un songe à Gabaon, est témoin d'une apparition de Dieu, qui lui demande ce qu'il désire[38]. Salomon lui répond, au verset 9, qu'il souhaite avoir la sagesse nécessaire pour discerner le bien du mal et guider son peuple[38]. Dieu est ravit que Salomon ne lui ait pas demandé une vie prolongée, ou la richesse, ou la mort de ses ennemis, et il donne au jeune roi israélien l'intelligence et la sagesse souhaitées, en plus de lui offrir richesse, gloire et un prolongement de ses jours pour le récompenser de son choix[38]. Au verset 15, Salomon est de retour à Jérusalem et offre des sacrifices en se tenant devant l'Arche d'alliance[38]. Dans les versets 16 à 22, arrivent deux « femmes de mauvaise vie » qui se disputent devant Salomon pour déterminer à qui appartient un bébé mort et un bébé vivant, les deux s'accusant mutuellement de ne pas être la véritable mère du poupon vivant[38],[39]. Puis dans les versets 23 à 28, c'est le jugement de Salomon à proprement dit, et ses conséquences[38],[39]. Le roi d'Israël, feignant d'avoir trouvé la solution, ordonne au verset 25 que l'enfant soit coupé en deux et que les deux moitiés soient partagés entre les deux femmes, et c'est précisément ce verset et les deux suivants qui sont illustrés dans Le Jugement de Salomon de Poussin[38],[39]. Au verset 26, Salomon est témoin, d'une part, de l'indifférence d'une des deux femmes, qui accepte le verdict, tandis que d'autre part, il est confronté à la réaction très émotive de l'autre femme, qui préfère abandonner l'enfant plutôt que de le voir souffrir et mourir[38],[39]. Au verset 27, il renverse sa propre sentence et ordonne que l'on confie l'enfant à sa véritable mère, celle qui n'aurait pas toléré de voir l'enfant être coupé en deux, et enfin au verset 28, c'est tout le royaume d'Israël qui entend parler de cette histoire et de la sagesse (« divine ») du roi Salomon[38],[39].

Interprétations de l'épisode bibliqueModifier

Le jugement de Salomon, particulièrement le dénouement au verset 27, est à l'origine de l'expression « un jugement de Salomon », c'est-à-dire « un jugement intelligent et perspicace[40] », « empreint de sagesse et d'équité[40] », « qui partage les torts entre les deux partis[40] »[41],[42],[43]. Dans un autre sens, si l'on se fie davantage au verset 25 que 27, un jugement de Salomon peut prendre les allures d'un « verdict qui renvoie les parties dos à dos et met fin de la sorte au litige confus qui les oppose, quand bien même ce doit être au mépris de la justice[39] », un jugement où « aucune partie n’est avantagée par rapport à l’autre[44] »[43].

La sentence rendue par le roi Salomon au verset 25 a été rapprochée à un autre verset biblique, celui-là dans le Livre de l'Exode, chapitre 21, verset 35, où il est écrit que « si le bœuf d'un homme blesse le bœuf de son prochain et cause la mort, les propriétaires vendront le bœuf vivant et se partageront l'argent ; quant à la bête morte, ils se la partageront également[45] »[46]. Pour André-Marie Dubarle, un théologien français, lorsqu'il compare les deux extraits bibliques, il conclut que la ressemblance est complète entre la solution juridique avancée dans l'Exode, c'est-à-dire le respect du Code de l'Alliance, et celle choisie par le roi Salomon pour mettre fin au litige opposant les deux mères[46].

CompositionModifier

 
Étude du Jugement de Salomon de la main de Poussin. Au fond de ce dessin préparatoire, se trouvent de nombreux figurants que le peintre a choisi de retirer, comme en témoigne le résultat final[47],[É 1].
 
Étude avancée et reconstituée du Jugement de Salomon datant de 1649, signée par Poussin. Dans ce dessin préparatoire, la plupart des personnages sont représentés dans ce qui deviendra leur position finale, hormis deux courtisans qui seront ultimement retirés[É 2].

Georges Lafenestre, poète, critique d'art et historien de l'art français, avec la participation d'Eugène Lazare Richtenberger, a produit entre et un catalogue raisonné d'œuvres d'art conservées dans divers musées, dont celles situées au Louvre[33]. Il s'affaire ainsi à produire une description du Jugement de Salomon la plus factuelle possible :

« Au milieu, Salomon, vêtu d'une robe blanche et d'un manteau rouge, est assis, de face, sur un trône élévé entre deux colonnes de serpentine ; il étend les mains vers les deux mères agenouillées au premier plan ; celle de droite, portant le cadavre de son enfant mort, tournée de profil à gauche, semble demander l'exécution du jugement ; l'autre mère, vue de dos, lève les bras au ciel et implore Salomon ; à sa gauche, un soldat s'apprête à transpercer de son épée l'enfant qu'il tient suspendu par un pied ; au second plan, groupe d'assistants, dont l'un, appuyé sur un bouclier, détourne la tête ; à droite, deux hommes, trois femmes et un enfant dont les gestes expriment la frayeur. »[33]

— Georges Lafenestre, Le Musée national du Louvre

Giovanni Pietro Bellori, théoricien du classicisme, premier biographe de Poussin et ami de ce dernier, offre lui aussi une description sobre mais précise de l'œuvre - en italien, sa langue natale[22],[48],[49]. Traduits en français, ses écrits se lisent comme suit :

« Salomon, assis sur le trône, de jeune mais sage et grave visage, ordonne qu’on partage à chacune des deux mères l’enfant vivant. Très attendrissant est le mouvement d’horreur que la nature inspire à la vraie mère, qui, agenouillée et les bras ouverts, s’écrie, et saisit, et retarde le bras levé de celui qui a déjà brandit le glaive et tient par un pied l’enfant qu’il va frapper. La fausse mère porte dans ses bras son fils mort et demande qu’on partage en deux l’enfant vivant, et réclame sa part avec un geste féroce et ignoble.
Derrière est un des Satrapes qui s’émerveille de l’acte du Roi, et il y a un eunuque, qui, une main hors du manteau, montre un visage attristé et confus ; puis deux femmes : l’une qui se détourne et d’horreur élève la main, l’autre qui s’incline et pleure. Poussin a peint cette action pour son ami Pointel, et lui-même a rendu témoignage de sa beauté, affirmant qu’elle était la meilleure des oeuvres peintes par lui. »[22],[48]

— Giovanni Pietro Bellori, Vies des peintres, sculpteurs et architectes modernes

Vers , Charles Le Brun, dans son inventaire des biens royaux, décrit le tableau en des mots simples : « le Jugement de Salomon et une femme au pied de son trône qui tient un enfant mort sur son bras et plusieurs autres figures, hautes de 3 pieds un pouce, large de 4 pieds 7 pouces[31] ». Il en va de même pour Nicolas Bailly, garde des tableaux de la Couronne, qui, en , décrit l'œuvre en ces termes : « Un tableau représentant le Jugement de Salomon, où paraît un homme ayant le casque en tête, tenant un enfant par le pied et de la main droite une épée pour le couper en deux ; figures de 20 à 22 pouces ; ayant de hauteur 3 pieds sur 4 pieds 6 pouces de large ; dans sa bordure dorée »[31] ».

Le vicomte François Emmanuel Toulongeon décrit avec maints éloges la composition raffinée du Jugement de Salomon[50]. Il apprécie la sobriété du traitement de Salomon, dont la tête « est ceinte d'un bandeau blanc ; le vêtement est une simple tunique de lin avec une draperie de pourpre ; tout ce costume est antique et oriental[50] », et ajoute du même souffle que «  le trône est d'une belle forme égyptienne, et les couleurs laqueuses du fond, les couleurs de lapis-lazuli, le coussin blanc, sont d'une belle harmonie de couleurs[50] ». La mauvaise mère est « sale et débraillée[50] », en contraste direct avec la bonne mère, dont le traitement pictural a été plus tendre[50]. Puis c'est passionnément que Toulongeon décrit la scène du Jugement de Salomon :

« Tous les personnages prennent part à l'action. Un homme debout, en draperie jaune, est pénétré d'admiration pour la sagesse du jeune roi. [...] La femme en tunique verte et draperie laqueuse dit, en regardant la méchante femme : comment peut-elle mentir ainsi! C'est l'horreur, l'indignation et la pitié. Une autre femme, vêtue de bleu, semble confondue et se détourne. La pensée du peintre paraît être que ces deux femmes sont venues accompagner leur voisine et sont dans le secret, mais qu'elles sont vaincues par l'atrocité de son imposture. Cette tête, dans l'ombre, est d'une transparence et d'un effet très savant. L'enfant près d'elle, et qui est debout, n'a que le sentiment de son âge, la peur, en voyant le soldat et son action. »[50]

— François Emmanuel Toulongeon, Manuel du muséum français

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L'Apothéose d'Homère, Jean-Auguste-Dominique Ingres (1827)[P 3]. La composition du Jugement de Salomon en structure pyramidale a été comparée à celle de L'Apothéose d'Homère d'Ingres, œuvre dans laquelle Poussin figure lui-même, en bas à gauche[51].

Charles de Brosses trouve que la composition du Jugement de Salomon est « d'une ordonnance exquise et d'un coloris fort soigné[52] », « les parties du total y sont disposées de manière qu'il n'y en a pas une dont l'arrangement ne plaise et ne forme un ensemble, que l'œil saisit facilement tout d'un coup l'excellente perspective du lieu où l'action se passe, forme une vaste étendue dans un petit espace carré, et sert encore bien à marquer le local des figures, et à rendre leur action distincte et sans confusion[52] ». Pour de Brosses, Poussin excelle dans les décors intérieurs en y apposant une netteté qui éclaircit l'œuvre, ce qui confère au peintre un style dont le ton est « sage, savant et régulier[52] ».

Dans sa Grammaire des arts du dessin, Charles Blanc, historien et critique d'art français, cite Le Jugement de Salomon de Poussin comme une composition picturale où le point de vue est réussi[51]. Il note que les grands maîtres de la peinture, dans leurs œuvres les plus connues, placent le point de vue soit au centre du tableau, à l'intersection des diagonales, soit à égale distance des lignes latérales du cadre[51]. Blanc décrit alors l'effet que cela produit :

« Il en résulte une symétrie qui a quelque chose de grave, de calme, de majestueux qui convient parfaitement aux sujets religieux et aux scènes imposantes de l'histoire. L'équilibre optique produit par l'égalité des masses qui se correspondent procure à l'esprit une sorte de pondération morale. Partout où l'architecture fournit une perspective clairement écrite, le point de vue placé au milieu de la scène y appelle tout d'abord l'attention du spectateur, et ensuite l'y rappelle. Si par exemple Jésus-Christ est assis au centre du tableau dans la Cène des apôtres, les lignes qui concourent au point de vue ramènent constamment le rayon visuel sur la figure dominante, là où reviennent sans cesse les regards de l'esprit. »[51]

— Charles Blanc, Grammaire des arts du dessin, architecture, sculpture, peinture

 
Le Jugement de Salomon, Raphaël (1518-1519)[P 4]. Nicolas Poussin se serait inspiré de la composition du Jugement de Salomon de Raphaël pour réaliser son tableau. Poussin considère Raphaël comme un mentor et un modèle à suivre[53].

Pour Blanc, le même effet se retrouve dans Le Jugement de Salomon de Poussin, qui, à cet égard, a une composition corollaire à L'Apothéose d'Homère de Jean-Auguste-Dominique Ingres : « Salomon, siégeant sur le trône où il va rendre la justice, me paraît encore plus équitable à la place où le peintre nous le fait voir, dans une composition dont le balancement rigoureux semble une allusion à la souveraine impartialité du juge qui en occupe le centre[51] ». Plus encore, en raison de la structuration géométrique de la composition, Salomon se trouve au sommet d'un triangle dont les deux femmes constituent la base[54]. L'absence de mouvement du roi d'Israël, agencée à la structure pyramidale du tableau, accentue l'effet de la sagesse qui lui est attribuée[54]. L'œuvre est par ailleurs appréciée pour sa grande symétrie, son harmonie et sa clarté, des propositions chères aux adeptes de l'École de France[21],[55],[53]. Charles Blanc ajoute par ailleurs, en guise de détail historique, que dans la tradition hébraïque, le trône de Salomon est fait d'ivoire[51].

Francesco Algarotti, cité par Charles de Brosses, partage cet avis : « la mesure que le Poussin a communément choisie pour la hauteur de ses personnages, est celle dont les peintres devraient presque toujours faire choix, comme de la plus favorable, parce que c'est la forme où l'œil embrasse le plus facilement tout le sujet du tableau[52] ». Selon Algarotti, cette manière judicieuse qu'a Poussin d'élaborer ses tableaux est ce qui en fait la réussite[52].

Jacques Depauw, professeur d'université et spécialiste du XVIIe siècle et de l'histoire religieuse, décrit lui aussi succinctement le déploiement de l'action du tableau :

« Poussin, comme la plupart des peintres qui ont traité ce sujet, représente l'instant où le bourreau commence l'exécution de l'ordre de Salomon. Il vient d'arracher l'enfant des bras de la femme qui en est toute surprise. L'épée n'est pas encore levée. La main droite de Salomon traduit encore l'ordre qu'il vient de donner et sa main gauche calme déjà l'étonnement que le conseiller philosophe exprime de sa main, les doigts écartés, et la frayeur que les femmes expriment, l'une par un geste de lamentation, l'autre, accompagnée d'un enfant, en refusant de voir ce qui va se passer. À cette femme qui refuse de voir, à l'extrême droite, correspond à l'extrême gauche, le soldat qui refuse de voir lui aussi. »[56]

— Jacques Depauw, À propos du Jugement de Salomon de Poussin

 
Le Jugement de Salomon, Valentin de Boulogne (1627-1629)[P 5]. Ce jugement de Salomon est souvent comparé à celui fait par Nicolas Poussin. Le traitement choisi par le Valentin (clair-obscur caravagesque et composition dramatique en mouvement) est beaucoup plus baroque que celui de Poussin, davantage inspiré par le courant du classicisme[53],[56].

Sur son site internet personnel, Bernard Marie Collet s'adonne à une analyse rigoureuse du Jugement de Salomon[57]. Il note ses observations :

« Salomon a un visage de jeune homme, il occupe presque le centre du tableau et sur un haut piédestal, il domine la scène. Les deux colonnes qui l'encadrent et les lignes de fuite du pavement accentuent cette centralité. Le front du jeune roi est le sommet d'un triangle qu'amorce ses deux bras écartés. C'est le triangle de la tragédie qui se noue. Cette symétrie remarquable n'est pas sans évoquer les plateaux de la balance, symbole habituel de la justice. [...] Le soldat, dont la tête dépasse celle des autres personnages, solidement campé, saisit l'enfant par un pied, cette position renversée renforce l'effet dramatique, il dégaine son épée et commence la rotation de son arme qui lui permettra de frapper. La femme de droite dit : 'Il ne sera ni à moi ni à toi, partagez!' C'est ici le mouvement le plus rapide et violent : la main pointée au bout de son bras est comme une autre arme dirigée contre l'enfant. Cette projection de la femme en avant est renforcée par son décalage vers la gauche par rapport aux axes de la composition. Remarquez aussi le parallelisme entre l'inclinaison de cette femme agressive et l'inclinaison de l'épée. En écartant ses bras dans un geste protecteur, la vraie mère implore 'S'il te plaît, Monseigneur! Qu'on lui donne l'enfant vivant, qu'on ne le tue pas!' Ce geste ample qui enveloppe l'enfant l'isole de l'épée noire. Remarquez l'expression des mains : la gauche aux doigts largement écartés pour arrêter le bourreau : 'qu'on ne le tue pas!', en revanche la droite aux doigts plus rapprochés désigne l'autre mère : 'Qu'on lui donne l'enfant vivant'. »[57]

— Bernard Marie Collet, Nicolas Poussin - Le jugement de Salomon

Collet indique par ailleurs que la source de lumière provient de la gauche du tableau et agit latéralement, illuminant ainsi le dos de la femme située à gauche ainsi que la chemise de Salomon[57]. Pour ce qui est de l'analyse de la palette de couleurs, Collet note qu'en raison de la dominance du jaune et des tons ocres, la tonalité générale du Jugement est chaude. Plus spécifiquement, Bernard Marie Collet décortique quatre couleurs précises avec les objets avec lesquelles elles sont en relation :

  • Rouge : manteau de Salomon, cape du soldat de gauche, manteau du bouclier appuyé sur le trône, robe de la mère de droite, le rideau assombri derrière Salomon ;
  • Bleu : bleu saturé du manteau de la femme à droite, un rappel assombri à gauche du trône, bleu lumineux de la mère de gauche, un bleu retenu dans le soldat à gauche et une femme à droite ;
  • Vert : le soldat qui tire son épée, la mère accusatrice de droite, carnation de l'enfant mort et de la mère accusatrice de droite ;
  • Jaunes et ocres : murs et carrelage, jaune lumineux pour la mère protectrice, jaune saturé du conseiller philosophe (à la gauche de Salomon), l'or du trône, la base des colonnes[57].

En choisissant de peindre cet épisode biblique, « Poussin a illustré le thème du sage confronté aux passions humaines, conflit rendu par la rigueur et la symétrie de la composition, les attitudes des différents personnages et la juxtaposition des couleurs[58] ». Dans son intégralité, Le Jugement de Salomon de Poussin se veut une figuration de la justice dans son sens large[59]. Salomon, au centre du tableau, « pèse le pour et le contre et paraît incarner le symbole même de la justice, à savoir la balance[53] ». C'est aussi ce qu'en retient Arik Jahn dans un article publié en 2015[60]. Pour Jahn, l'équilibre de la composition picturale est une représentation en soi de la thématique de la justice présente dans l'œuvre[60]. Le visage de Salomon est également baigné par l'ombre et la lumière, les couleurs des robes des femmes trouvent un écho sur le côté opposé, le bouclier à gauche complètement est équilibré par l'enfant blond à droite[60]. L'une des deux femmes, toujours d'après les observations de Jahn, est traversée par la diagonale du tableau alors que l'autre s'en esquive[60]. L'ensemble de la composition semble pencher du côté gauche du tableau, en raison de l'intensité de l'action qui s'y déroule[60]. Oskar Bätschmann (de), un historien de l'art suisse, insiste sur la grande tension qui règne dans l'œuvre en raison de la sévérité du jugement de Salomon (avant qu'il ne change d'avis au dernier instant), et il décrit comment l'image que dépeint Poussin de son Salomon est celle d'un juge impartial, augmentée d'une allégorie du souverain bon et juste[21].

Réception critiqueModifier

 
Les mésaventures de la bonne mère dans Le Jugement de Salomon sont comparées à celles vécues par Andromaque, une Troyenne qui n'a pas pu sauver son enfant lorsque Néoptolème, un soldat grec, s'est emparé de son fils Astyanax pour le jeter du haut des murailles de la ville conquise de Troie[61].

Dans un recueil où il traite de la science des artistes et discourt sur des observations générales, Alexandre Lenoir, médiéviste et conservateur de musée français, dédie un chapitre sur l'amour paternel et maternel[61]. En ce qui concerne l'aspect maternel, il prend notamment comme exemple, outre l'Andromaque de la pièce de théâtre éponyme de Jean Racine, la figure de la mère dans Le Jugement de Salomon de Nicolas Poussin afin d'illustrer son propos tout en encensant la réussite de l'œuvre autour de cette thématique :

« Certes, il connaissait le coeur d'une mère aussi bien que Racine, ce Poussin qui a peint, d'une manière si admirable, le Jugement de Salomon. Ce tableau doit servir de modèle à tous ceux qui voudront rendre le sentiment qu'éprouve une mère qui voit son enfant près d'être immolé sous ses yeux ; elle aimera mieux renoncer à son fils que de lui voir perdre la vie. Je cite ce tableau, parce qu'il exprime à la fois et la tendresse d'une véritable mère et les sentiments de celle qui, ne l'étant pas, veut passer pour l'être. Deux femmes se disputent un enfant : l'une en est la mère, l'autre prétend l'être. L'affaire est douteuse, comment la décider? « Qu'on partage cet enfant en deux, et qu'on en donne une partie à chacune de ces femmes, » dit le sage Salomon. L'une y consent, l'autre renonce à son titre de mère, et cède son enfant, pour l'arracher à la mort. « Celle-ci est la véritable mère, » dit le roi ; et la contestation est terminée. Les peintres et les poètes ont souvent l'occasion de présenter l'amour maternel porté à la dernière extrémité par le danger de l'être qui en est l'objet ; et je ne crois pas que les uns et les autres puissent trouver de plus beaux exemples à suivre dans l'expression de cette passion, qui domine tous les intérêts et est au-dessus de tous les sacrifices, que dans Racine et Poussin. »[61]

— Alexandre Lenoir, La Vraie science des artistes

Jean-François Sobry, auteur d'une Poétique des arts, porte un jugement similaire sur la même œuvre : « Le Jugement de Salomon, de Poussin, offre des détails aussi parfaits ; mais c'est un trait si connu, que tout spectateur instruit peut se faire un plaisir de se les développer à lui-même. Nous faisons toutefois observer la pose superbe, tranquille, et presque symétrique de Salomon, assis sur son trône, au milieu du tableau. Tout y concourt à porter dans l'esprit l'idée de l'élévation, de l'impassibilité, de la pénétration du juge. Il n'y a pas, jusqu'aux lignes et aux parallèles, dans l'architecture, qui n'y annoncent la présence de la justice. Et ce n'est pas la seule fois que Poussin a su faire concourir le matériel de sa composition avec l'effet moral de son tableau[62] ».

Pour l'auteur d'un article paru dans une revue encyclopédique en 1826, Poussin est l'un des plus grands génies que la France ait produits. Il explique en ces termes ce qui fait de Poussin, pour lui, un grand maître de la peinture :« La gravité de son style, la belle ordonnance de ses compositions, la vérité et la variété d'expression de ses divers personnages, sont un sujet continuel d'admiration et d'étude. Dans le nombre des ouvrages de ce maître que possède le Musée, il en est un, Le Jugement de Salomon, qui offre au plus haut degré tous les genres de mérite que je viens de signaler[63] ».

Charles-Paul Landon, peintre, graveur et historien de l'art français, écrit pour sa part qu'il « est impossible de mieux rendre, que ne l'a fait le Poussin, la joie féroce empreinte sur le visage livide de la mauvaise mère, et qui parait dans son geste impératif[64] ». Il poursuit en ajoutant que « les figures de ce tableau sont parfaitement dessinées » et que « les draperies sont ajustées avec ce goût noble et sévère que Poussin avait puisé dans l'étude de l'antique »[64]. Pour Pierre-Marie Gault de Saint-Germain, « on doit regarder ce tableau comme un des plus grands modèles de l'art de l'imitation dans l'expression, [on] ne peut rien penser au-dessus des caractères et des sentiments qui animent les acteurs de cette scène[65] ». Maria Graham, voyageuse et autrice anglaise, écrit que Le Jugement de Salomon « est considéré comme un des plus beaux ouvrages du Poussin, et peut-être qu'aucun peintre n'a mieux traité ce sujet[66] ». Elle note cependant qu'il « n'y a pas assez de beauté chez les femmes, et leur expression de violence excite plutôt l'horreur que la sympathie »[66] ».

Pour François Emmanuel Toulongeon, cette œuvre de Poussin « est au-dessus des éloges ; c'est même parmi les chefs-d'œuvre du Poussin, un modèle de sentiment, d'expression, d'esprit et de moralité[50] ». Charles de Brosses abonde dans le même sens et déclare qu'il s'agit non seulement de l'un des meilleurs tableaux de Poussin, mais aussi l'un des meilleurs tableaux de chevalet qu'il connaisse[52]. Pour Oskar Bätschmann, à travers Le Jugement de Salomon peut être décelé l'envie que Poussin avait que les conflits religieux en France cessent, et qu'au débat émotionnel se superpose une idée de justice, de sagesse et d'équité[21]. André Félibien note conclusivement et simplement que Le Jugement de Salomon « est admirable pour la correction du dessin, et la beauté des expressions[29] ».

Attributions d'erreursModifier

 
Le Jugement de Salomon, Willem van Mieris (1709)[P 6]. Dans ce jugement de Salomon, le bébé mort est déposé devant Salomon alors que la bonne mère, les bras en l'air, tente d'interrompre l'exécution sommaire du bébé vivant, tandis que la mauvaise mère, de laquelle le bébé vivant a été arraché de ses mains, ne fait rien pour intervenir.

Le député historien François Emmanuel Toulongeon, malgré l'éloge qu'il rend au Jugement de Salomon, note certaines erreurs et imperfections qui se sont glissées dans le tableau : « le bas-relief [du trône] est trop du style grec, beaucoup plus moderne », « [un homme] est rasé ; les Hébreux portaient la barbe ; cette faute historique est bien rare dans les œuvres du Poussin », « [le soldat à demi-nu] est une inconvenance, surtout devant le roi, [il est] mal à propos coiffé d'un casque à la grecque ; il est aussi sans barbe », « l'enfant [que le soldat tient] suspendu par un pied devrait avoir le ventre pendant sur l'estomac par l'effet de sa position ; c'est une faute d'anatomie, et son pied n'est pas senti dans la main du soldat », « il y a aussi à droite une tête en admiration, dont l'expression est froide et de remplissage », « la main droite de Salomon n'est pas correctement dessinée », « les deux mains de la femme à droite, en vêtement bleu, ne sont pas de la même chair », et finalement que « [l'architecture du fond], bien que riche, noble et sage, rappelle trop l'architecture grecque du temps de Périclès »[50]. Toulongeon explique son approche rigoriste en admettant que « c'est dans les tableaux du premier ordre qu'il faut rechercher et noter les imperfections ; dans les autres on recherche les beautés »[50].

Charles-Paul Landon, malgré ses louanges, relève lui aussi ce qu'il juge être des imperfections dans le tableau de Poussin : « c'est peut-être une licence que d'avoir représenté à moitié nu le soldat qui s'apprête à frapper, [il] ressemble plutôt à un guerrier grec qu'à un garde du roi d'Israël », « les tons des draperies n'ont aucune harmonie entre eux » et « les teintes des carnations manquent de vérité »[64].

Jacques Depauw note d'emblée dans son article À propos du Jugement de Salomon de Poussin que le peintre a commis une erreur dans la composition du tableau[56]. L'auteur indique dans son paragraphe initial :

« Il n'est pas rare que les commentateurs de ce tableau remarquent que Poussin s'est trompé à propos des deux mères en représentant la « mauvaise » mère avec l'enfant mort alors que, selon le récit du jugement de Salomon, la « mauvaise » mère devrait avoir avec elle l'enfant vivant qu'elle a substitué au sien lorsqu'elle s'est aperçue de sa mort. Cette interprétation s'est imposée à ce point qu'elle était affichée auprès du tableau lors de la grande exposition de l'hiver dernier. À peine l'« erreur » est-elle signalée que l'on est contraint de reconnaître qu'on ne se l'explique pas. Elle est en effet invraisemblable si l'on se rappelle la célébrité de ce récit et le sérieux avec lequel Poussin composait ses tableaux. [...]
Prenons le même sujet traité par Valentin[P 5]. Nous n'avons aucune difficulté. L'enfant mort est au bas du tableau, en son milieu. Au-dessus, le jeune Salomon, sur un trône. À gauche, la mère, des bras de laquelle le bourreau vient d'arracher l'enfant, et à droite, l'autre femme, venue avec l'enfant mort qu'elle a déposé aux pieds du roi. À la douceur de son visage, à son attitude humble, nous n'éprouvons aucune hésitation : c'est bien celle-ci qui dans un instant, va abandonner son propre enfant à l'autre pour lui épargner la mort. Les bras croisés sur la poitrine annoncent sa prière : « Seigneur, s'il te plait...». »[56]

— Jacques Depauw, À propos du Jugement de Salomon de Poussin

Depauw part de cette prémisse pour élaborer une théorie d'analyse dont il est question dans la section « La « bonne » et la « mauvaise » mère » du présent article[56]. Cette erreur attribuée au peintre a aussi été relevée par Oskar Bätschmann dans son Dialectics of Painting, publié en 1999 : « le tableau est difficile à lire puisqu'il dévie du texte biblique et des conventions picturales » en lien au sujet traité[21].

ReproductionsModifier

GravuresModifier

XVIIe siècleModifier

Deux gravures du Jugement de Salomon de Poussin réalisées au XVIIe siècle se disputent le titre de gravure originale[67]. Le première de ces deux gravures que la postérité retient est produite par Jean Dughet, le beau-frère de Nicolas Poussin, entre 1653 et 1670. Frère de Gaspard Dughet et d'Anne-Marie Dughet, Jean Dughet est un proche collaborateur et héritiers de nombreux avoirs de Poussin, dont son atelier[68],[69]. Le 18 octobre 1629, Nicolas Poussin épouse Anne-Marie Dughet et il prend rapidement les frères Dughet sous son aile, un mentorat qui fera de Gaspard un peintre paysagiste reconnu et de Jean un habile graveur[68],[70]. Jean Dughet devient, au fil des années, l'homme d'affaires et l'homme de confiance du Poussin, et même son exécuteur testamentaire[68],[70]. En ce qui concerne l'importance de la relation entre les deux hommes, Charles-Philippe de Chennevières-Pointel résume que Poussin « l'a initié de bonne heure aux secrets de son génie de peintre, dont Jean est devenu par l'exercice de l'eau forte, l'un des plus intelligents interprètes »[68]. La gravure au burin que Jean Dughet a produite, une copie en contre-épreuve (le résultat donne l'inverse de l'objet à l'étude)[71], est aux dimensions de 44,8 × 68 centimètres et dédicacée à Camillo Massimo, cardinal et Patriarche latin de Jérusalem[72],[G 1]. Deux autres tirages identiques de cette gravure ont été produits, mais avec cette fois-ci l'adresse d'un certain Matteo Giudice[67],[73]. L'autre gravure de Dughet montrée dans le présent article est l'un de ces deux tirages publiés après la mort de Dughet en 1676, avec en plus les armoiries de la Maison de Mécidis qui ont été étampées dessus[67],[G 2].

Pour Andreas Andresen (de), un historien de l'art allemand, c'est plutôt la gravure de Guillaume Chasteau qui aurait été la première à être produite d'après Le Jugement de Salomon, mais cette observation s'avère marginale[74]. Andresen décrit l'exécution de Chasteau comme étant à la manière de Jean Pesne, un autre graveur de Poussin spécialiste de la chalcographie, c'est-à-dire un graveur dont la technique d'impression se fait sur du cuivre[74],[75]. Réalisée elle aussi en contre-épreuve et aux dimensions de 37 × 52,7 centimètres, la gravure est accompagnée d'une double légende, latin et français, dont la traduction en français moderne se lit : « Le sage Salomon a invoqué la Nature pour être arbitre de son Jugement, la véritable mère n'a pu souffrir que son fils fut divisé »[76],[G 3],[L 3]. Guillaume Chasteau signe sa gravure en bas à droite, en mentionnant ses privilèges royaux découlant de son admission en tant que membre de l'Académie royale de peinture et de sculpture[76],[G 3],[L 4]. Selon Émile Bellier de La Chavignerie, un historien de l'art français, la gravure de Chasteau a été réalisée en 1680[77].

L'année 1691 marque l'année de la publication du Tabellæ selectæ ac explicatæ[L 5] de Charlotte-Catherine Patin, où figure une planche reprenant la gravure que Martial Desbois (it) a produite d'après Le Jugement de Salomon[78]. Une longue description adjacente, écrite en latin, accompagne la gravure : l'introduction s'attarde sur l'importance du sens de la justice en tant que vertu princière, puis est relaté l'histoire de Salomon ainsi que ses mérites[78]. Georges Wildenstein, dans son livre portant sur les graveurs de Poussin au XVIIe siècle, qualifie la gravure de Desbois de médiocre[67]. Dans le coin en bas à droite, l'artiste graveur indique avoir réalisé sa copie en contre-épreuve alors qu'il était à Venise[67],[G 4],[L 6]. La légende accompagnant la gravure se compose de deux locutions latines, dont la première, en gros caractères, se traduit par « Le plus célèbre des jugements de Salomon », tandis que la seconde, en plus petits caractères, indique qu'il s'agit d'une représentation d'après l'œuvre de Nicolas Poussin[67],[G 4],[L 7]. Les dimensions de la gravure de Martial Desbois sont de 27,8 × 39,5 centimètres[72],[79].

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XVIIIe siècleModifier

Étienne Gantrel, « graveur du Roy », produit des gravures au burin en taille-douce, c'est-à-dire ce qui est à la base une estampe à partir de laquelle la planche utilisée pour reproduire une œuvre produit un relief[71],[80]. Il est établit à l'Image St-Maur sur la rue Saint-Jacques, à Paris, ainsi qu'il signe en bas à gauche sa gravure du Jugement de Salomon d'après l'œuvre de Poussin[81]. Aux dimensions de 46,2 × 52,5 centimètres, la date de production de sa copie en contre-épreuve reste incertaine et se place donc autour de 1700[81],[82]. Selon un inventaire produit par Roger-Armand Weigert (de) dans les années 1960, Gantrel est l'auteur de 291 gravures, certaines illustrant des œuvres d'art alors que d'autres accompagnent la lecture de thèses universitaires[81]. La légende inscrite sous la gravure reprend exactement la même formule bilingue en latin et en français que la gravure produite par Guillaume Chasteau[G 5],[L 3].

Étienne Baudet, devenu graveur du Roi en 1693, s'est également attelé à la tâche de reproduire fidèlement Le Jugement de Salomon sous forme de gravure, mais n'y est parvenu qu'avec peu de succès[83],[84]. La gravure remargée en contre-épreuve est cataloguée par Roger-Armand Weigert, qui note ses dimensions comme étant de 45,2 × 69 centimètres[85],[G 6]. Baudet réalise cette gravure à Rome tandis que, comme la gravure de Gantrel, faute de date claire, la datation de l'œuvre tourne autour de 1700 également[86].

Peu de détails sont connus de la gravure produite par Pierre Drevet, dont la datation est elle aussi incertaine et tourne autour de 1700[87]. Son existence est confirmée par Georges Wildenstein dans Les graveurs de Poussin au XVIIe siècle[67].

Un autre artiste graveur à avoir reproduit Le Jugement de Salomon est le marchand d'estampes Robert Hecquet, lui aussi installé à l'Image St-Maur, rue St-Jacques. Mesurant 55 × 74,5 centimètres et réalisée vers 1750, cette gravure au burin en contre-épreuve est aujourd'hui conservée dans les Collections de Montpellier Méditerranée Métropole[88]. Dans la légende qui accompagne la gravure, Hecquet a décidé de se départir de la double formule latin-français utilisée par ses prédécesseurs pour ne relayer uniquement que le texte en français, soit « Le sage Salomon a invoqué la Nature pour être arbitre de son Jugement, la véritable mère n'a pu souffrir que son fils fut divisé »[G 7].

Sur les autres projets Wikimedia :

Le 101e tome des Estampes relatives à l'Histoire de France de Michel Hennin, une anthologie de textes divers accompagnés d'estampes de gravures, couvre une période allant de 1751 à 1755[89]. À l'intérieur de ce tome se trouve une œuvre anonyme représentant Le Jugement de Salomon de Poussin sous forme de médaillon, avec le mot latin Conservatori en guise de légende[90],[L 8]. Six extraits de textes religieux divers accompagnent le médaillon et traitent d'enjeux divers : ceux qui ne respectent pas la volonté de l'Église, l'unité dans la foi, le schisme comme sacrilège et tous ceux qui ont le droit de recevoir la communion, hormis ceux qui ont été condamné par un jugement ecclésiastique ou séculier[G 8]. Tout en bas à droite est écrit en latin qu'une autre partie de la médaille a été donnée le [G 8],[L 9]. L'œuvre anonyme est la seule à se permettre une modification majeure, soit le retrait des courtisans près du soldat[G 8]. Une autre modification, similaire à la gravure de Guillaume Chasteau, est le choix qu'ont fait ces deux artistes d'ouvrir les espaces architecturaux et de les faire donner sur le ciel, comme des fenêtres[G 3],[G 8].

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XIXe siècleModifier

Jean-Auguste-Dominique Ingres, élève de Jacques-Louis David, après avoir remporté le Prix de Rome pour son tableau Achille recevant les envoyés d'Agamemnon, est mandaté en 1802 par le musée du Louvre pour produire une gravure du Jugement de Salomon[91],[92]. Âgé de 22 ans, il s'agit de la première commande officielle pour le jeune peintre[93]. Sa rémunération, d'abord fixé à 960 francs, est jugée insatisfaisante par Ingres, qui réclame plutôt un salaire de 1 420 francs pour son travail, ce qui lui est refusé[94]. En raison de ce différend d'ordre monétaire, le jeune peintre français abandonne ce projet et la gravure, dont moins du quart avait été complété, reste inachevée[94]. L'ébauche d'Ingres, originellement planifiée pour être une chalcographie aux dimensions de 43,5 × 63 centimètres, est conservée au musée du Louvre[92]. La signature de l'artiste se trouve en bas à droite de la gravure[G 9]. Une étude de cette gravure inachevée est disponible dans les archives du Louvre[95],[É 3].

Charles-Paul Landon, un graveur et historien de l'art français, assure la direction et la rédaction des Annales du Musée et de l'École moderne des beaux-arts, dont le sixième tome consiste en un recueil de gravures au trait[96]. Dans ce recueil paru en 1804, de nombreuses gravures sont de la main de Charles Normand, Prix de Rome de 1792 et Grand prix d'architecture de 1792, dont un Jugement de Salomon d'après Poussin[96]. Il indique en bas à gauche en latin Pouſsin pinx.[L 10] et signe en bas à droite C. Normand Sculp[G 10],[L 11].

Une gravure à l'eau forte au burin représentant Le Jugement de Salomon de Poussin est entamée par le graveur Louis-Yves Queverdo et complétée par Antoine-Claude-François Villerey[97],[98]. Publiée en 1814 chez Filhol, Artiste-Graveur et éditeur dans le huitième tome du Cours historique et élémentaire de peinture, la gravure est accompagnée d'un texte de la main de Joseph Lavallée[99]. Aux dimensions de 14,7 × 19,5 centimètres, la gravure est réalisée à partir d'un dessin de Denis-Sébastien Leroy[D 1],[97],[100]. Au centre, en bas, est écrit en latin Queverdo. Aq. fo, 1810, puis à gauche est apposée la signature de Villerey[G 11],[L 12].

La gravure qui nous est parvenu du Jugement de Salomon d'Antoine-Alexandre Morel est une épreuve avant la lettre, c'est-à-dire qu'il s'agit de l'une des premières épreuves de la gravure avant qu'une légende (la lettre) ait été gravé dessus par un autre procédé d'imprimerie[101],[102]. Morel, lui aussi un élève de David, est un graveur à l'eau forte au burin[103],[104]. Complétée en 1825, la gravure est aux dimensions de 58,5 × 78,9 centimètres[74],[105]. La même année, plusieurs épreuves sont affichés comme en vente par le Journal général d'annonces des œuvres de musique, gravures, lithographies, le prix des gravures variant entre 50 francs pour une épreuve avec lettre et 100 francs pour une épreuve avant la lettre[106]. La signature de l'artiste se trouve en bas à droite[G 12].

Dans les Oeuvres complètes de Nicolas Poussin, un catalogue illustré de gravures au trait publié en 1845 publié chez Librairie de Firmin Didot Frères, Éditeurs, de nombreuses oeuvres de Marie-Pauline Soyer y figurent, dont un Jugement de Salomon d'après Poussin[107]. Très peu de détails sont connus de la vie de Soyer, sinon qu'elle est la fille de Charles-Paul Landon, l'artiste graveur[108]. La légende en bas à gauche indique Pouſsin pinx., et elle signe en bas à droite Mme Soyer[G 13],[L 10].

Il n'existe que peu d'information concernant la gravure produite par l'Italien Angelo Testa, un graveur au burin né vers 1775 et travaillant à Rome[109]. Son travail est mentionné dans les livres d'Andreas Andresen et Frédéric Villot[74],[110].

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DessinsModifier

  Images externes
  Denis-Sébastien Leroy, Le Jugement de Salomon, d'après Poussin, sur Internet Archive.
  Leon Kossoff, The Judgment of Solomon (#1), collection du musée Tate.
  Leon Kossoff, The Judgment of Solomon (#2), collection du Metropolitan Museum of Art.
  Leon Kossoff, From Poussin : Judgment of Solomon, collection des Annandale Galleries.

XIXe siècleModifier

Denis-Sébastien Leroy, un artiste français dont très peu de détails nous sont parvenus sur sa vie, est l'auteur d'une copie dessinée du Jugement de Salomon de Poussin[97],[111],[112]. Produite vers , cette aquarelle a notamment inspiré la conception de la gravure produite par Queverdo et Villerey[97],[G 11]. L'œuvre est conservée au musée Baron-Martin, à Gray, en France[113],[114],[D 1].

XXe siècleModifier

Leon Kossoff, peintre et graveur britannique, est l'auteur de nombreux dessins à l'eau-forte inspirés de l'œuvre de NIcolas Poussin[115],[116]. De style expressionniste, Kossoff a produit une série de dessins inspirées du Jugement de Salomon de Poussin[116]. Le musée Tate, à Londres, et le Metropolitan Museum of Art, à New York, ont tous deux des versions des deux premiers dessins de Kossoff produits en d'après Le Jugement[D 2],[D 3]. Le premier de ces dessins à l'eau-forte de la série The Poussin Project : A series of Prints after Nicolas Poussin, intitulé The Judgment of Solomon (#1), mesure 21,3 × 29,8 centimètres[117],[118]. Le second, The Judgment of Solomon (#2), aux dimensions de 42,9 × 59,7 centimètres, est deux fois plus gros[119],[120]. Un autre dessin de Kossoff, produit en et intitulé From Poussin : Judgment of Solomon, est conservé aux Annadale Galleries de Sydney, en Australie[121],[D 4]. Cette série de dessins est le fruit d'une collaboration entre Leon Kossoff et Ann Dowker[122].

Théories et analyseModifier

Théorie des humeursModifier

Image du XVIe siècle montrant les quatre tempéraments : flegmatique, sanguin, colérique et mélancolique.

Pour André Félibien, un contemporain de Nicolas Poussin, les personnages du Jugement de Salomon correspondent bien et peuvent être compris à l'aide de la théorie des humeurs d'Hippocrate, une théorie (aujourd'hui discréditée) basée sur la médecine grecque antique qui a gagné en popularité au XVIIe siècle[124]. Pour l'historiographe français, la théorie des humeurs se comprend ainsi :

« Elle fait voir la différence qu'il y a d'un homme sanguin à un homme mélancolique; et comme le mélange des humeurs est la cause de la diversité des inclinations, on tâche de les connaître chacune par quelques apparences extérieures et quelques signes qu'on en voit sur le corps; de sorte que si dans une personne la couleur dominante est violette, plombée, et livide, comme elle marque une bile noire, elle signifie l'inclination d'un homme à être colérique, envieux et sujet à d'autres actions mauvaises qui procèdent pour l'ordinaire d'un tel tempérament.
Ceux qui sont d'une couleur trop rouge, sont quelques fois à craindre, parce qu'ils sont d'une complexion chaude et emportée. Ceux qui sont d'un teint fort blanc, et qui ont la chair délicate, sont faibles, efféminés, et d'un tempérament froid. Voilà quant à la couleur, ce que le peintre peut, ce me semble, observer en général sur le naturel, afin de se conduire, et faire la carnation de ses signes selon que le sujet le dmeande. Car il doit avoir égard aux personnes qu'il représente, et faire pour cela diverses observations, puisque la couleur du corps et du visage ne dépend pas seulement du tempérament et des humeurs, mais encore de la naissance, de l'éduication, du pays, et des emplois. Un marinier, un paysan et semblables gens qui sont continuellement exposés au soleil et aux injures de l'air, ont la chair basanée, de sorte que si par cette raison on ne pouvait rien marquer dans les corps de ces sortes de personnes par le teint et par la couleur, il faudrait que le peintre cherchât d'autres figures convenables aux vices et aux vertus de ceux qu'il voudrait représenter. »[124]

— André Félibien, Entretiens sur les vies et sur les ouvrages des plus excellens peintres anciens et modernes

Pour appuyer son point, Félibien écrit que Poussin, dans Le Jugement, « a peint de la sorte cette méchante femme qui demandait avec tant de hardiesse et d'impudence un enfant qui n'était pas à elle »[124]. Félibien compare ensuite la femme mal intentionnée à celle qui est la véritable mère, et décrit cette dernière en ces mots : « Et parce que la véritable mère était dans la bonne foi, il l'a peinte comme une femme simple et sans malice, et dont la couleur de la chair un peu vermeille témoigne la bonté de son naturel ; car d'ordinaire les personnes sanguines ne sont pas capables de faire une méchante action ; elles peuvent être promptes et colériques, mais leur feu s'évapore bientôt, et ne gardent aucune haine dans l'âme »[124]. À travers la mauvaise femme, continue Félibien, « non seulement le Poussin a fait connaitre sa malice par la couleur de sa chair, mais encore par une maigreur et une sécheresse causée par la bile noire qui domine dans les méchants, laquelle étant chaude et brûlante, déssèche, et rend les corps plus maigres, au contraire de ceux qui sont un peu sanguins, de qui la chair est plus fraîche et plus ferme »[124].

François Emmanuel Toulongeon emploie un même langage pour décrire les deux femmes : « La tête de la méchante mère est de la plus savante expression ; son œil rouge et sec, ses narines retroussées, sa bouche dentue et béante peignent la mauvaiseté naturelle et de caractère ; ce n'est ni la colère, ni l'emportement; elle est méchante-née ; tout son costume y tient ; elle est sale et débraillée ; elle porte son enfant mort comme elle tiendrait un paquet, sans aucun intérêt, sans douleur, sans affection ; cette figure est un chef-d'œuvre de sentiment et d'exécution ; elle contraste avec la bonne mère, dont le costume est simple et rangé ; sa tête est d'une beauté simple et commune ; les deux têtes ont un beau profil »[50]. Toulongeon décrit également ce qu'il perçoit sur le traitement de la figure du jeune roi israélien : « La tête de Salomon est du plus beau choix pour les formes ; il entre dans l'adolescence, et ses traits ont déjà le caractère tranquille de la jeunesse ; son teint est pâle et bilieux, parce qu'un tempérament sanguin à cet âge ne serait pas susceptible de pensées profondes et de réflexions ; l'œil droit louche un peu en dehors : ce mouvement ajoute à l'expression décidant le regard vers l'action »[50].

La « bonne » et la « mauvaise » mèreModifier

 
Détail de la « mauvaise mère » dans Le Jugement de Salomon de Poussin[G 14]. Elle tient sous son bras l'enfant mort, ce qui devrait faire d'elle la bonne mère selon le récit biblique.

Jacques Depauw, dans un court article publié dans le bulletin de la Société d'étude du XVIIe siècle, part de la prémisse qu'il est impensable pour Poussin de s'être trompé sur sa représentation de l'épisode biblique dans Le Jugement de Salomon[56]. Il entame donc une théorie d'analyse avec comme angle d'approche ce qui le « gêne dans la représentation de cette femme au point de lui attribuer le rôle de la mauvaise mère »[56]. Il note que celle qui est normalement comprise comme étant la mauvaise mère ne nous est pas sympathique : « visage véhément », « traits durcis », « cheveux retenus par un simple bandeau », « teint blême », « habits comme fripés », « sans allure », « de couleur terne », bref, « ne correspond pas à l'idée que nous nous faisons de la 'bonne mère' et ne nous inspire donc pas la compassion qui convient »[56]. Le traitement de la mauvaise mère est le contraire de celle qui est normalement comprise comme étant la bonne mère : « Quant à l'autre, vêtue de généreux drapés aux couleurs vives, que l'on devine en bonne forme par le peu de chair rose l'on aperçoit de son dos, coiffée d'un beau foulard nous est-elle sympathique? Peut-être pas tellement, mais elle ne nous provoque pas et par conséquent nous interprétons son geste comme un 'Arrêtez! Ne faites pas cela!' de protestation »[56]. Or Depauw insiste que ce n'est pas ainsi que la scène se produit dans le texte biblique - il y a devant Salomon la voleuse d'enfant avec l'enfant vivant, et l'autre femme, qui, de un, a cru que son enfant était mort, de deux, constate qu'il a en fait été subtilisé par une autre femme et, de trois, que celle-ci s'obstine à vouloir conserver l'enfant volé[56]. Un dialogue de sourd se déclenche, puis le roi ordonne que l'on coupe l'enfant en deux, ce qu'un soldat est sur le point de faire avant que Salomon ne change d'idée[56]. La femme qui tient l'enfant mort « est saisie au paroxysme et à l'ultime moment de sa protestation, [sous] l'emprise de la colère, [née] du sentiment d'injustice »[56]. Depauw enchaîne :

« Il y a plus. Que l'on prête attention à son teint blême et verdâtre : c'est aussi le teint de l'enfant mort. Dans le tableau de Valentin[P 5], L'enfant mort a le teint de la mort, mais aucun des autres personnages. Salomon et les deux femmes ont des carnations de vivants. Poussin donne à la bonne mère le teint de l'enfant mort qu'elle porte. Belle idée de peintre poète pour représenter une passion poussée à l'extrême, passion maternelle charnelle, et juste au moment où déjà entre en sa conscience l'effroi que peut causer en con coeur la décision de Salomon qui va l'ouvrir à la compassion ; n'est-ce pas aussi le teint des deux autres femmes du tableau, prises, bien qu'à un moindre degré, dans le même sentiment? Ni le conseiller philosophe qui n'est qu'étonné, ni évidemment la mauvaise mère n'ont ce teint, celui que la peinture prête par convention aux corps dont la vie se retire. »

— Jacques Depauw, À propos du Jugement de Salomon de Poussin

Selon ses analyses, Jacques Depauw affirme que cette colère est sur le point de se transformer en pitié mêlée à un sentiment d'épouvante. Ce bras levé et ce doigt qui pointe représentent, pour Depauw, la véritable mère de l'enfant qui, d'après le récit biblique, est sur le point de dire « Seigneur, s'il te plait, qu'on lui donne l'enfant ; qu'on ne le tue pas »[56]. Pour le chercheur, cette mère dont la postérité a qualifié de « mauvaise » et dépeinte par Poussin à l'ultime moment d'une légitime colère, est sur le point d'abandonner son statut de mère par amour pour son enfant[56].

Source d'inspirationModifier

Nicolas Poussin, décrit comme un descendant spirituel du peintre de la Renaissance Raphaël, s'est notamment inspiré de la composition du Jugement de Salomon (la version de 1518-1519) de ce dernier pour peindre sa propre œuvre[125],[126],[P 4].

GalerieModifier

Notes et référencesModifier

Œuvres citéesModifier

PeinturesModifier

ÉtudesModifier

GravuresModifier

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  2. a et b Jean Dughet, Le Jugement de Salomon, d'après Nicolas Poussin, entre 1653 et 1670, gravure au burin, 46,5 × 71 centimètres, Département des estampes et de la photographie de la Bibliothèque nationale de France, Paris.
  3. a b c et d Guillaume Chasteau, Le Jugement de Salomon, d'après Nicolas Poussin, 1680, gravure au burin, 37 × 52,7 centimètres, Bibliothèque nationale de France, Paris.
  4. a b et c Martial Desbois, Le Jugement de Salomon, d'après Nicolas Poussin, 1691, gravure, 27,8 × 39,5 centimètres. Source : Charlotte-Catherine Patin, Tabellæ selectæ ac Explicatæ, Ex Typographia Seminarii, 1691, Padoue, Italie, p. 18-19.
  5. a et b Étienne Gantrel, Le Jugement de Salomon, d'après Nicolas Poussin, vers 1700, gravure au burin en taille-douce, 46,2 × 52,5 centimètres, Bibliothèque municipale de Lyon.
  6. Étienne Baudet, Le Jugement de Salomon, d'après Nicolas Poussin, vers 1700, gravure, 45,2 × 69 centimètres.
  7. a et b Robert Hecquet, Le Jugement de Salomon, d'après Nicolas Poussin, vers 1750, gravure au burin, 55 × 74,5 centimètres, Bibliothèque nationale de France, Paris.
  8. a b c d et e Anonyme, Le Jugement de Salomon, d'après Nicolas Poussin, 1752, gravure, médaillon circulaire. Source : Michel Hennin et Georges Duplessis, Estampes relatives à l'Histoire de France. Tome 101, Pièces 8702-8788, période : 1751-1755, A. Picard, 1881, Paris, Pièce 8729.
  9. a et b Jean-Auguste-Dominique Ingres, Le Jugement de Salomon, d'après Nicolas Poussin, 1802, crayon de graphite, pinceau, lavis gris et brun, pierre noire et rehauts de blanc, 43,5 × 63 centimètres, Département des arts graphiques du musée du Louvre, Paris, France.
  10. a et b Charles Normand, Le Jugement de Salomon, d'après Nicolas Poussin, 1804, gravure au trait. Source : Charles-Paul Landon, Annales du musée et de l'école moderne des beaux-arts - Tome sixième, Imprimerie des Annales du musée, 1804, Paris, Planche 65, p. 137-138.
  11. a b et c Louis-Yves Queverdo et Antoine-Claude-François Villerey, Le Jugement de Salomon, d'après Nicolas Poussin, vers 1810, gravure au burin, 14,7 × 19,5 centimètres. Source : Joseph Lavallée Cours historique et élémentaire de peinture, ou Galerie du Musée central de France - Tome huitième, Imprimerie de Gillé Fils, 1814, Paris, Planche 541.
  12. a et b Antoine-Alexandre Morel, Le Jugement de Salomon, d'après Nicolas Poussin, 1825, gravure à l'eau forte au burin, 58,5 × 78,9 centimètres, Département des estampes et de la photographie de la Bibliothèque nationale de France, Paris.
  13. a et b Marie-Pauline Soyer, Le Jugement de Salomon, d'après Nicolas Poussin, 1845, gravure au trait. Source : Œuvres complètes de Nicolas Poussin - Tome premier, Librairie de Firmin Didot Frères, Éditeurs, 1845, Paris, Planche 28.
  14. Anonyme, Détail d'une mère dans Le Jugement de Salomon, d'après Nicolas Poussin, date inconnue, gravure au pointillé, Wellcome Library.

DessinsModifier

  1. a et b Denis-Sébastien Leroy, Le Jugement de Salomon, d'après Poussin, vers , aquarelle, 11 × 16 centimètres, Musée Baron-Martin, Gray, France. Voir en ligne.
  2. Leon Kossoff, The Judgment of Solomon (#1), d'après Poussin, , eau-forte sur papier, 21,3 × 29,8 centimètres, Musée Tate, Londres, et Metropolitan Museum of Art, New York. Voir en ligne [1], [2].
  3. Léon Kossoff, The Judgment of Solomon (#2), d'après Poussin, , eau-forte sur papier, 42,9 × 59,7 centimètres, Musée Tate, Londres, et Metropolitan Museum of Art, New York. Voir en ligne [1], [2].
  4. Leon Kossoff, From Poussin : Judgment of Solomon, d'après Poussin, , eau-forte sur papier, 75 × 76 centimètres, Annandale Galleries. Voir en ligne.

NotesModifier

Notes généralesModifier

  1. Ce sont cinq tableaux que Charles-Antoine Hérault vend à Louix XIV : Le Jugement de Salomon, La Vierge à l'Enfant avec saint Jean Baptiste, Sainte Famille avec saint Jean et sainte Élisabeth dans un paysage dite aussi La Sainte Famille en largeur, Les Bergers d'Arcadie et La Mort de Saphire.

Locutions latinesModifier

  1. « Nicolaus Poussinus Andelyensis Academicus Romanus Primus Pictor Ordinarius Ludovici Iusti Regis Galliæ. Anno Domini 1649. Roma. Ætatis Suæ. 55. » Traduction : « Nicolas Poussin, de Les Andelys. Membre de l'Académie romaine. Premier peintre ordinaire de Louis le Juste, roi de France. En l'an 1649. Rome. À l'âge de 55 ans. »
  2. « De lumine et colore. » Traduction : « Sur la lumière et la couleur. »
  3. a et b « Ad Testem, in Iudicio Naturam vocauit Sapientisſ Salomon, oc vera Mater filium dimidiari non est passa. Reg. III. C. III. » (Reg. III. C. III., abbréviation de Liber III Regum, Caput III. Dans une bible vulgate, le jugement de Salomon se situe au troisième chapitre du troisième Livre des Rois). Traduction : « Le sage Salomon a invoqué la Nature pour être arbitre de son Jugement, la véritable mère n'a pu souffrir que son fils fut divisé. Rois III, Chapitre III. »
  4. « G. Chasteau ex cum priuit Regis. Rüe St. Jacques. » Traduction : « Guillaume Chasteau, avec privilège du Roi. Rue St-Jacques. »
  5. « Tabellæ selectæ ac explicatæ. » Traduction : « Tableaux choisis et expliqués. »
  6. « M. Desbois Gallus. Sculp. Venet. » (Sculp., abbréviation de Sculpit). Traduction : « Martial Desbois, Français. Gravé à Venise. »
  7. « Celeberrimum Salomonis Judicium. Depictum a Nic. Puſsino, Gallo, Pariſys. » Traduction : « Le plus célèbre des jugements de Salomon. Représenté avec un Nicolas Poussin, en France, à Paris. »
  8. « Conservatori. » Traduction : « Au Sauveur. »
  9. « Altera Pars Numismatis dati ob S.C. 18:Apr. 1752. » (S.C., abbérviation de scilicet). Traduction : « L'autre partie de la pièce a été donnée, spécifiquement le . »
  10. a et b « Pouſsin pinx. » (pinx., abbérviation de pinxit). Traduction : « Poussin l'a peint. »
  11. « C. Normand Sculp. » (Sculp., abbréviation de Sculpit). Traduction : « Gravé par Charles Normand. »
  12. « Queverdo. Aq. fo, 1810. » (Aq. fo, abbérviation de Aqua fortis). Traduction : « Queverdo, eau-forte, 1810. »

RéférencesModifier

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AnnexesModifier

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ExpositionsModifier

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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