Le Canardeur

film sorti en 1974
Le Canardeur
Titre original Thunderbolt and Lightfoot
Réalisation Michael Cimino
Scénario Michael Cimino
Acteurs principaux
Sociétés de production United Artists
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Policier, action, road movie
Durée 115 minutes
Sortie 1974

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Le Canardeur (titre original anglais : Thunderbolt and Lightfoot) est un film d'action américain réalisé par Michael Cimino et sorti en 1974.

Clint Eastwood et Jeff Bridges y tiennent les rôles principaux.

SynopsisModifier

Le braqueur de banque John Thunderbolt (Clint Eastwood) se lie d'amitié avec « Pied de Biche » (Lightfoot en version originale, joué par Jeff Bridges), un jeune aventurier, qui lui sauve la vie involontairement. Ensemble, ils décident de récupérer un magot d'un demi-million de dollars qu'un complice de Thunderbolt a planqué dans une vieille école. Mais celle-ci a été détruite... Thunderbolt et Lightfoot, rejoints par les anciens complices du premier, mettent donc au point le braquage d'une autre banque. On découvre à cette occasion pourquoi Thunderbolt (« Coup de tonnerre ») est ainsi surnommé : il utilise un canon de 20 millimètres des surplus de l'armée pour démolir la porte blindée des coffres-forts.

Fiche techniqueModifier

DistributionModifier

AnalyseModifier

Alain Paucard précise que le « titre idiot, racoleur [en français], causa le plus grand tort à ce film tendre » ; mais « Eastwood, satisfait du travail de Cimino, scénariste de Magnum Force, lui donna sa chance comme réalisateur.[1] » Il s'agit en effet du premier film réalisé par Michael Cimino, qui réunit à l'écran la grande star qu'était déjà Clint Eastwood et Jeff Bridges, encore jeune acteur promis à un bel avenir. Le film est à la fois un road movie et un film policier, film de casse, confirmant déjà le soin tout particulier apporté par Cimino à la façon dont il filme les paysages naturels, en l'occurrence ceux du Montana. Dans un entretien, Cimino évoque d'ailleurs comme référence en la matière John Ford, réalisateur qu'il admire tout particulièrement pour son goût des grands espaces[2]. À l'image des propos, dans le film, de Clint Eastwood au jeune Jeff Bridges, « tu arrives dix ans trop tard », le film se teinte d'une nostalgie évocatrice à la fois d'une Amérique perdue et du cinéma des westerns. Le film commence d'ailleurs par un long plan d'ensemble sur une petite église perdue dans la campagne ; on entend alors un cheval hennir, mais au lieu de le voir, c'est une voiture qui surgit à l'écran et s'approche dans un nuage de poussière. S'ensuit une fusillade, une poursuite et la rencontre fortuite, et pour le moins amusante, des deux personnages principaux dans une parodie de rodéo (automobile).

Dans son analyse du film, Jean Douchet insiste sur cette « ironie masquée », mêlant des éléments ou évocations de l'Amérique des années 1970 et d'un passé révolu, le tout sur fond de violence sèche, rappelant le cinéma de Sam Peckinpah. Au-delà du scénario, finalement assez simple, c'est donc tout un fond de réflexions à la fois sur le cinéma et sur la société américaine que porte le film, avec une vision nostalgique sous-jacente du cinéma et de l'Amérique. Jean Douchet rapporte aussi les propos de Cimino, selon lesquels ce sont les personnages qui l'intéressent avant tout (« Je ne commence jamais à écrire un scénario avec une idée. Je ne commence à écrire qu'avec une idée du personnage ») et constituent la matrice de ses films[3]. Avec les aventures de ce duo formé par un ancien braqueur de banques un peu fatigué et un jeune aventurier fringant, prêt à tout et un peu naïf, Cimino dévoile aussi de nouvelles relations apparues dans la société entre les hommes et les femmes, omniprésentes dans le film par le biais de plusieurs personnages qui ne font que passer, mais échappent à l'emprise des deux hommes, montrant à l'évidence que « le héros de l'ouest » n'est plus aussi irrésistible ; car le féminisme est aussi passé par là et a changé les relations entre les sexes. L'ironie du réalisateur transparaît aussi à travers l'incarnation d'un duo de gangsters incarnés à contre-emploi par George Kennedy (acteur fétiche de Clint Eastwood) et Geoffrey Lewis (habitué aux rôles de durs et méchants), qui apparaissent ici particulièrement comiques, dans plusieurs scènes humoristiques, faisant référence au cinéma muet.

Bande originaleModifier

La BO du film est composée par Dee Barton mais la chanson titre Where do I go from here est interprétée et composée par Paul Williams.

NovélisationModifier

Le scénario a fait l'objet d'une novélisation, sous le même titre, par Joe Millard (Série noire no 1710)

Notes et référencesModifier

  1. Jean Tulard (sous la dir. de), Guide des films, vol. 1, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 2005, p. 488.
  2. « Pour l'amour des personnages », entretien audio avec Michael Cimino, inclus dans les suppléments de l'édition DVD Carlotta, 2014.
  3. « Une ironie masquée », analyse du film par Jean Douchet, incluse dans l'édition DVD Carlotta, 2014.

Liens externesModifier