Lazard

groupe mondial de conseil financier et de gestion d’actifs

Lazard
logo de Lazard

Création 1848, La Nouvelle-Orléans (Louisiane)
Fondateurs Alexandre Lazard
Elie II Lazard
Simon Lazard
Personnages clés Alexandre Weill
Action New York Stock ExchangeVoir et modifier les données sur Wikidata
Siège social New York, Paris, Londres
Direction Kenneth M. JacobsVoir et modifier les données sur Wikidata
Activité Secteur financier
Produits Secteur financier
Banque d'investissement
Gestion d'actifs
Effectif 2 800 (2017)[1]
Site web www.lazard.com

Capitalisation 4,4 milliards USD ()[2]
Chiffre d'affaires 2,5 milliards USD (2020)[3]
Actifs sous gestion 259 milliards USD ()[3]
Résultat net 402 millions USD (2020)[3]

Lazard est un groupe mondial de conseil financier et de gestion d’actifs[4]. Entreprise franco-américaine à sa création en 1848, Lazard est cotée à la bourse de New York[5] et est présente dans 43 villes dans 27 pays[6]. Elle exerce ses activités à travers le monde que ce soit en Amérique du Nord et du Sud, en Europe, en Asie, en Australie.

Contrairement à de nombreux groupes bancaires dont l’activité de banque d’affaires est accessoire, Lazard se concentre sur son activité de conseil financier (conseil stratégique, fusions-acquisitions, restructuration, marchés de capitaux, structures de bilan, levées de fonds…), ainsi que sur la gestion d’actifs pour des clients institutionnels, entreprises ou particuliers[7].

HistoriqueModifier

Les originesModifier

Lazard Frères & Co. est fondée en 1844 à La Nouvelle-Orléans (Louisiane) par trois frères lorrains émigrés aux États-Unis, Alexandre, Élie et Simon Lazard[8]. Leur activité était à l’origine le négoce depuis la France (mercerie, quincaillerie, épicerie…). La fratrie, rejointe par un autre frère, Élie, et leur cousin Alexandre Weill, s'installe à San Francisco (Californie), dans le contexte de la ruée vers l’or, après l'incendie de leur commerce à La Nouvelle-Orléans en 1848. C'est en stockant l'or des pionniers, puis en organisant les transferts d'or des bergers basques vers leur famille en France et enfin en finançant ponctuellement les clients que Lazard Frères s'oriente vers les services financiers[9]. Alexandre Lazard s’installe à Paris où il ouvre un bureau en 1854[10]. Entre 1870 et 1880, l’entreprise continue son expansion internationale en ouvrant un bureau à Londres puis à New York, outre celui de San Francisco[11]. La banque Lazard occupe rapidement une place prépondérante dans les transferts d’or et les marchés de change transatlantiques, devenant ainsi la plaque tournante entre les milieux d’affaires français et américains[12].

Les trois maisons LazardModifier

Au cours du XXe siècle, les trois maisons Lazard (États-Unis, France, Royaume-Uni) sont gérées de façon indépendante quoique alliées. Les associés de chaque maison construisent progressivement un puissant réseau international au sein des cercles économiques et politiques, à l’image d’André Meyer ou de Felix Rohatyn, et jouent un rôle majeur dans l’évolution du paysage économique nord-américain et européen[13],[14]. « Pour beaucoup, Lazard est la maison qui a inventé la banque d’affaires moderne, celle des fusions-acquisitions » écrit Martine Orange[15]. Lazard intervient notamment sur des opérations emblématiques telles que la faillite de New York en 1975[16], mais aussi les crises souveraines comme celle de la Grèce[17]. En 1953, Lazard lance une activité de gestion d’actifs à Londres, qui est l’ancêtre de l’actuel Lazard Asset Management[18]. Au cours de la dernière décennie, Lazard a largement étendu sa présence dans le monde en ouvrant des bureaux en Australie, en Asie, en Amérique latine et au Moyen-Orient. [réf. souhaitée]

Un groupe unifiéModifier

En 2000, à l’initiative de Michel David-Weill, les trois maisons Lazard sont rassemblées sous une seule entité[19] : Lazard LLC. En 2005, sous l’impulsion de Bruce Wasserstein, devenu directeur général, Lazard Ltd est introduit en bourse (NYSE : LAZ)[20]. Le groupe est aujourd’hui dirigé par Ken Jacobs, nommé PDG à la disparition de Bruce Wasserstein en 2009[21]. Les opérations financières étant aujourd’hui le plus souvent transnationales, les équipes travaillent de façon intégrée, en faisant intervenir des expertises sectorielles en plus des savoir-faire locaux[22],[23].

ActivitésModifier

Conseil financierModifier

Lazard conseille ses clients sur un large éventail de questions stratégiques et financières[7][source insuffisante].

  • Fusions et acquisitions

Le conseil dit en « fusions acquisitions » couvre toute opération de croissance externe ou de désinvestissement. La banque conseille également sur d’autres opérations structurantes telles que les recapitalisations, « spin-offs » ou scissions. [réf. souhaitée]

En 2016, Lazard acquiert Verus Partners, une société de conseils financiers située à Toronto[24].

  • Restructuration

Pour les entreprises en difficulté financière, Lazard conseille sur tous les aspects de la restructuration. La banque a notamment participé à plusieurs des plus grandes opérations de restructuration provoquées par la crise financière depuis 2007[25].

  • Marchés de capitaux

Lazard conseille également sur les questions de structure de capital et de levée de capitaux. Le conseil en levée de capitaux comprend les opérations de financement sur les marchés cotés ou non coté.

  • Conseil aux gouvernements

Depuis plusieurs décennies, Lazard conseille depuis son bureau à Paris des gouvernements sur tout un éventail de sujets financiers : privatisations, restructurations de dette, notation souveraine… Elle a notamment accompagné la Grèce, mais aussi l’Argentine, l’Équateur, l’Irak, la Côte d'Ivoire ou l’Égypte[26],[27].

De 2010 à 2012, Lazard conseille le gouvernement grec notamment lors de la restructuration de la dette privée grecque[28]. Elle est également conseiller du fonds de restructuration bancaire. Selon les informations fournies par Matthieu Pigasse, la banque aurait gagné « une vingtaine de millions d’euros » lors de la première restructuration de la dette grecque. Début , la banque d'affaires est à nouveau chargée de conseiller le ministère des Finances grec sur la dette publique et la gestion de la politique fiscale[29],[30].

Gestion d’actifsModifier

L'activité de gestion d'actifs de Lazard fournit des services de gestion sur l’ensemble des classes d’actifs (actions, taux, diversifiée, alternative) à des clients institutionnels, des intermédiaires financiers et des clients privés à travers le monde. Le groupe gère 259 milliards de dollars d’actifs à fin [3]. L’activité de gestion d'actifs de Lazard a pour but de produire les meilleurs rendements ajustés au risque et de fournir des solutions de placement personnalisées pour ses clients. La société gère des actifs pour le compte de clients institutionnels (sociétés, syndicats, fonds de pension, fondations, sociétés d'assurance, banques…) et de clients individuels[7][source insuffisante].

DirigeantsModifier

Lazard en FranceModifier

Structure et activitésModifier

En France, le groupe Lazard est présent aussi bien dans les métiers de banque d'affaires que dans les métiers de gestion d'actifs. Ces deux activités sont strictement séparées ; la réglementation financière impose la présence d'une « muraille de Chine » entre les métiers du conseil et ceux de l'investissement.

L'activité de banque d'affaires est exercée par la société « Lazard Frères » (LF), souvent désignée dans les médias sous les noms de « Lazard », « Banque Lazard », ou de façon impropre « Lazard France »[34],[35]. Elle figure parmi les premières banques d'affaires dans le domaine du conseil en fusions-acquisitions (M&A)[34],[35]. En matière de conseil financier, une vingtaine d’associés-gérants couvre les différents secteurs d’activité (industrie, télécoms, énergie, restructurations...). En 2019, Jean-Louis Girodolle succède à Matthieu Pigasse à la tête de Lazard Frères SAS[36].

L'activité de gestion d'actifs, c'est-à-dire d'investissement sur les marchés financiers pour compte de tiers, est quant à elle exercée par la société « Lazard Frères Gestion » (LFG), présidée par François-Marc Durand[37]. La société gère des actifs pour le compte de clients institutionnels tout en exerçant une activité de banque privée pour le compte de particuliers, dont elle prend en charge l'investissement des avoirs sur les marchés financiers. À fin 2020, Lazard Frères Gestion gère près de 30 milliards d'euros d'actifs pour le compte de clients institutionnels et privés[38]. Lazard Frères Gestion est par ailleurs regroupée au sein de la « Compagnie Financière Lazard Frères » avec une société-sœur, « Lazard Frères Banque » (LFB), qui remplit notamment pour Lazard Frères Gestion des services de back office. Lazard Frères Banque est dirigée par Christian Bénézit[39]. La Compagnie Financière Lazard Frères est quant à elle présidée par Matthieu Bucaille, également CEO de Lazard International[40].


 
 
 
 
Lazard Group LLC[41]
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Lazard International Holdings, Inc.[41]
 
 
 
Compagnie Financière Lazard Frères SAS[41]
Président : Matthieu Bucaille
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Maison Lazard SAS[41]
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Lazard Frères SAS[42] (« Lazard »)
DG : Jean-Louis Girodolle
 
Lazard Frères Banque SA[39]
DG : Christian Bénézit
 
Lazard Frères Gestion SAS[43]
Président : François-Marc Durand

Opérations notablesModifier

Depuis le XIXe siècle, Lazard joue un rôle important dans la vie économique et les milieux financiers français[44],[45]. Lazard est notamment intervenue sur des opérations emblématiques telles que le sauvetage du franc en 1924[44], la création de PSA ainsi que sur de nombreuses privatisations[45].

En , la banque d'affaires (Lazard Frères SAS) est choisie par le gouvernement français pour conseiller l'État dans la création de la Banque publique d'investissement[46]. Ce choix entraîne une polémique politique et médiatique liée à un possible conflit d'intérêts[47],[48]. Toutefois, dans un rapport du , la Cour des comptes fait de l'appel d'offres qui a conduit au choix de Lazard un exemple de respect des procédures d'appel d'offres, notant que « le document transmis par la banque Lazard qui a été choisie était le plus complet et le plus précis parmi les offres présentées »[49],[50].

Historiquement, les diverses sociétés d’investissement de Lazard en France ont été fusionnées pour donner naissance à Eurazeo en 2001, avant que Lazard et Eurazeo ne soient entièrement séparés en 2005[51].

Anciens associés-gérantsModifier

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Martine Orange, Ces messieurs de Lazard, Albin Michel, 2006. (ISBN 2-226-16802-8)
  • Anne Sabouret, Lazard Frères et compagnie, une saga de la fortune, Olivier Orban, 2003. (ISBN 2-85565-379-7)
  • Laurent Chemineau, L'incroyable histoire de Lazard Frères : la banque qui règne sur le monde des affaires, éd. Assouline, 1998. (ISBN 2-84323-071-3)
  • Guy-Alban de Rougemont, Lazard Frères, Banquiers des Deux Mondes (1840-1939), éd. Fayard, 2011. (ISBN 978-2-213-66125-4)
  • Anne Sabouret, MM.Lazard Frères et Cie. Une saga de la fortune, Olivier Orban, 1987
  • William D. Cohan, The Last Tycoons: The Secret History of Lazard Frères & Co., 2008
  • Paul J. Newlon, Lazard Freres and Co. V. Rosenfeld (Judah) U.S. Supreme Court Transcript of Record with Supporting Pleadings, 2011
  • Didier Lazard, Simon LAZARD, Félin, col. Les origines des grandes entreprises, 1988. (ISBN 2-86645-045-0)

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

  1. Lazard 2017 annual report, Lazard.com
  2. « Lazard Market Cap », sur YCharts
  3. a b c et d (en) « Lazard Ltd Reports Full-Year and Fourth-Quarter 2020 Results », sur BusinessWire,
  4. [1] NYSE:LAZ
  5. « La discrète mais influente banque Lazard sort de l'ombre », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  6. (en) « Lazard Chairman and Chief Executive Officer Kenneth M. Jacobs to Present at the 2016 Credit Suisse Financial Services Forum », sur www.businesswire.com, (consulté le )
  7. a b et c Rapport Annuel 2013
  8. « Lazard LLC History », Funding Universe,‎ (lire en ligne, consulté le )
  9. Didier Lazard, Simon LAZARD, Félin, col. Les origines des grandes entreprises, , 161 p. (ISBN 2-86645-045-0), p.89-90
  10. « La saga des Lazard », Valeurs actuelles,‎ (lire en ligne, consulté le )
  11. « Lazard Simon », Bernard Guinard,‎ (lire en ligne, consulté le )
  12. Guy de Rougemont, Lazard Frères : banquiers des Deux Mondes, 1848-1939, chap. 2 à 5 ; Martine Orange, Ces Messieurs de Lazard, chap. 5 et 6.
  13. Martine Orange, Ces Messieurs de Lazard, chap. 10-13.
  14. Lazard a écrit de riches heures de la finance moderne Les Échos.fr, le 4 mai 2005
  15. Martine Orange, Ces Messieurs de Lazard, p. 123.
  16. Felix Rohatyn: The Return of Lazard’s Prodigal Son WSJ.com, le 28 janvier 2010
  17. Athènes choisit la banque Lazard comme conseil Le Figaro.fr, le 31 janvier 2015
  18. http://www.lazard.com/about-lazard/history
  19. Lazard va regrouper ses trois maisons sous un holding central Les Échos.fr, le 8 juin 1999
  20. Lazard fête ses cinq ans de cotation à Wall Street, Les Échos.fr, le 5 mai 2010
  21. a et b Kenneth Jacobs succède à Bruce Wasserstein à la tête de Lazard, Les Échos.fr, le 18 juin 2009
  22. La méthode Pigasse et Roger pour réveiller Lazard Paris Challenges.fr, le 17 juin 2014
  23. Dix mois après sa création, le « hub » européen prend forme Les Échos.fr, le 5 mai 2006
  24. Lazard se renforce en Amérique du Nord avec l'acquisition de Verus
  25. (en) Lazard Appoints Kurtz Restructuring Chief After Ridings, Savage Bloomberg.com, 1er décembre 2012
  26. (en) Egypt hires Lazard to help project planning for investor summit Bloomberg.com, 17 novembre 2014
  27. (en) The Lazard banker shaping Greece and Ukraine's financial fate WSJ.com, 4 février 2015
  28. (en) A Lazard banker is the Greek's financial goddess, Businessweek.com, 19 avril 2012
  29. Athènes choisit la banque Lazard, lefigaro.fr, 31 janvier 2015
  30. (en) Greek radicals play it safe with debt advisers Lazard Reuters.com, 5 février 2015
  31. a b et c Anatole Lizee, « Lazard, histoire d'une maison pas comme les autres », sur Alumneye, 2018-0620
  32. a b c d et e Sylvie Ramadier, « Lazard a écrit de riches heures de la finance moderne », sur Les Echos,
  33. a et b Jeffrey Goldfarb, « La banque Lazard surmontera la disparition de M. Wasserstein », sur Le Monde,
  34. a et b Anne Drif, « Lazard s'offre la tête du classement français des banques d'affaires », sur Les Échos,
  35. a et b Delphine Dechaux, « Quand Lazard France caracole en tête des banques d'affaires », sur Challenges,
  36. a et b Anne Drif, « Lazard met fin à la concentration des pouvoirs à Paris », sur Les Echos,
  37. « Une nouvelle organisation pour Lazard Frères Gestion », sur Gestion de fortune,
  38. AOF, « Lazard Frères Gestion : Pauline Chevalier nommée banquier privé à Lyon », sur Bourse Direct,
  39. a et b « Lazard Frères Banque SA », sur societe.com
  40. Carole Bellemare, « Matthieu Bucaille, un Français grand argentier de Lazard Monde », sur Le Figaro,
  41. a b c et d (en) « Lazard - Subsidiaries of Registrant », sur sec.gov
  42. « Lazard Frères SAS », sur societe.com
  43. « Lazard Frères Gestion SAS », sur societe.com
  44. a et b Anne Drif, « Lazard enrichit son cercle d'associés », sur Les Echos,
  45. a et b Martine Orange, Ces Messieurs de Lazard p. 79-82, 163-164 et chap.17-18 ; Guy de Rougemont, Lazard Frères : banquiers des Deux Mondes, 1848-1939 (chap. 17)
  46. Moscovici justifie le choix de la banque Lazard, latribune.fr, 31 août 2012
  47. La polémique Lazard-BPI pour les nuls, lexpansion.lexpress.fr, 4 septembre 2012
  48. La banque Lazard conseille l'État sur fond de polémique, lefigaro.fr, 30 août 2012
  49. Des banques-conseils rémunérées très en deçà du marché Les Echos.fr, le 13 mars 2015
  50. Le recours par l'État aux conseils extérieurs Site Internet de la Cour des Comptes, 12 mars 2015
  51. Histoire Eurazeo
  52. Ninon Renaud, « Bertrand Badré veut repenser la finance », sur Les Echos,
  53. a b c d e et f Christine Levêque, Hedwige Chevrillon, Gilles Fontaine, « Chez Lazard, la vieille garde cède la place », sur L'Expansion,
  54. Matthieu Pechberty, « LVMH - Hermès : les trois banques françaises qui ont aidé à l'offensive », sur La Tribune,