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Laurent Olivier

archéologue et historien français
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Laurent Olivier
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Olivier Buchsenschutz (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Laurent Olivier (né en 1958) est un archéologue et historien français.

Conservateur en chef du patrimoine, il est responsable des collections d’archéologie celtique et gauloise du musée d’Archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye.

Sommaire

BiographieModifier

Né le [1], Laurent Olivier est docteur en archéologie de l'université de Cambridge (1995)[2], docteur de troisième cycle en anthropologie, ethnologie et préhistoire de l'université de Paris I[3] et titulaire d'une Habilitation à diriger des recherches (HDR) en préhistoire, ethnologie et anthropologie de l'université de Paris I (2006)[4].

Il est conservateur au musée d'archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye, où il est chargé des collections d'archéologie celtique et gauloise[5].

TravauxModifier

Gestion du patrimoine archéologiqueModifier

Nommé en 1983 conservateur des fouilles archéologiques au service d’Archéologie de Lorraine, il est responsable de la mise en place des premières opérations d’archéologie préventive urbaine de Metz (Moselle).

Il contribue à mettre en place un programme de coopération scientifique entre la Sarre, la Lorraine et le Luxembourg, qui sera à l’origine de la création de la revue d’archéologie inter-régionale Archeologia Mosellana.

MuséographieModifier

Auprès de Michel Colardelle et Jean-Pierre Mohen, il est commissaire de l'Exposition nationale de 1989 : Archéologie de la France. 30 ans de découvertes, présentée au Grand-Palais à Paris[6], et de l'Année de

l'Archéologie, organisée par la Direction du Patrimoine et la Direction des Musées de France.

Nommé en 1997 conservateur des collections d’archéologie celtique et gauloise du musée d’Archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye, il réalise la rénovation muséographique de l’aile gauloise du MAN, ouverte

au public en 2012[7].

Fouilles archéologiquesModifier

Âgé de 17 ans, il est chargé de la réalisation d'une série de campagnes de fouilles et de sondages stratigraphiques au théâtre-amphithéâtre romain de Grand (Vosges), sous la direction de Roger Billoret (1910-1987), directeur des fouilles du sanctuaire de Grand et responsable du service d’Archéologie de Lorraine. Menées de 1975 à 1979, ces premières recherches conduisent à déterminer la chronologie de la construction de cet important édifice de spectacle, second en taille du monde romain[8].

À l’instigation du protohistorien français Jacques-Pierre Millotte (1920-2002), il réalise ensuite la fouille de sauvetage programmée de l’importante nécropole de tumulus du premier âge du Fer de La Naguée à Clayeures (Meurthe-et-Moselle), menacée par les travaux agricoles. Ces fouilles, conduites de 1980 à 1985, révèlent un ensemble de sépultures privilégiées du VIe s. av. J.-C., malheureusement très perturbées par les bouleversements agricoles des XIXe et XXe siècles[9].

En collaboration avec le protohistorien allemand Walter Reinhard, archéologue au service d’archéologie de la Sarre, il réalise la fouille de sauvetage programmé du tumulus à tombe à char de Marainville-sur-Madon (Vosges), de 1986 à 1988. Les fouilles mettent en évidence un grand tertre funéraire monumental du VIe s. av. J.-C., auquel s’adjoint une petite nécropole de tombes plates du début du second âge du Fer (Ve s. av. J.-C.)[10].

Il réalise ensuite la fouille programmée de la nécropole de tumulus de Diarville (Meurthe-et-Moselle). Fouillé de 1988 à 1999, le site funéraire livre une exceptionnelle série de tombes à char de la fin du VIe s. av. J.-C., dont la restauration et l’étude donnent lieu à la mise en place d’un programme de coopération scientifique et technique entre le laboratoire de restauration du Römisch-Germanisches Zentralmuseum de Mayence (Allemagne) et le laboratoire d’Archéologie des métaux de Nancy-Jarville[11].

Les fouilles de Marainville et de Diarville mettent en évidence la présence d’un « pôle de concentration du pouvoir » de la fin de la période hallstattienne à l’emplacement de l’habitat fortifié de hauteur de la « Côte de Sion » à Saxon-Sion (Meurthe-et-Moselle)[12] .

Durant cette période, il co-dirige la fouille la fouille programmée de l’enclos funéraire de la fin du premier âge du Fer des Herbues à Vix (Côte-d’Or), dans l’environnement de la fameuse tombe dite de la Dame de Vix. Menées de 1992 à 1994, ces recherches conduisent à la découverte d’un ensemble exceptionnel de statuaire celtique en pierre, datant du début du Ve s. av. J.-C.[13]

Il coordonne, de 2001 à 2017, la réalisation d’un programme de recherches pluridisciplinaires, consacré à l’étude du « Briquetage de la Seille » (Moselle), un vaste complexe d’exploitation du sel datant des époques celtique et gauloise, et s’étendant sur une dizaine de kilomètres de longueur, entre les villages de Salonnes et de Marsal. Ces travaux, qui combinent les prospections géophysiques à l’archéo-géologie et aux études d’archéo-botanique, révèlent le caractère « proto-industriel » de l’extraction intensive du sel, dont les rejets de production atteignent la masse colossale de près de 4 millions de mètres cubes[14].

RecherchesModifier

Ses recherches se concentrent sur une approche anthropologique des manifestations archéologiques des cultures de l’âge du Fer d’Europe occidentale[15] , en particulier dans le domaine des pratiques funéraires, ainsi que de l’économie et des échanges[16] . Dans cette perspective, il développe une nouvelle approche de l’Art celtique ancien, fondée sur l’Anthropologie de l’Art[17] .

Ses travaux se portent également sur l’histoire de l’archéologie européenne et l’épistémologie de la discipline archéologique. Il s’est consacré en particulier à l’étude de l’impact idéologique de l’archéologie allemande de la période du IIIe Reich[18]. Ses recherches sur l’analyse des matériaux archéologiques se concentrent sur les phénomènes de mémorisation à l’œuvre dans les processus archéologiques[19].

Une part importante de ses recherches est consacrée à l’archéologie de la période contemporaine[20] , et notamment à l’impact archéologique de l’Anthropocène[21].

OuvragesModifier

  • Le Sombre abîme du Temps. Archéologie et mémoire. Paris, éditions du Seuil, 2008, collection « la couleur des idées », 305 p. (ISBN 978-2-02096-637-5)
  • L’art gaulois. Paris, éditions Jean-Paul Gisserot, 2010, 64 p. (ISBN 978-2-75580-108-8)

Direction d'ouvragesModifier

  • En collaboration avec Olivier Buchsenschutz, Les Viereckschanzen et les enceintes quadrilatérales en Europe celtique. Actes du IXe Colloque de l’Association Française pour l’Étude de l’Âge du Fer (Châteaudun, 1985). Paris, éditions Errance, 1989, 174 p. (ISBN 2-87772-032-2)
  • En collaboration avec Jean-Pierre Mohen, Archéologie de la France. 30 ans de découvertes. Catalogue de l’Exposition nationale du Grand Palais. Paris, Réunion des Musées Nationaux, 1989, 495 p. (ISBN 978-2-71182-251-5)
  • Princesses celtes en Lorraine. Sion, trois millénaires d’archéologie d’un territoire. Catalogue de l’exposition du Musée du Fer (Jarville) et du Musée des Antiquités nationales (Saint-Germain-en-Laye). Jarville, Musée de l’Histoire du Fer, 2002, 192 p. (ISBN 2-9507019-3-0)
  • En collaboration avec Jean-Pierre Legendre et Bernadette Schnitzler, L’archéologie nazie en Europe de l’Ouest. Actes du colloque international de Lyon (septembre 2004). Gollion, éditions InFolio, 2007, 496 p. (ISBN 978-2-88474-804-9)
  • Le musée d’Archéologie nationale et les Gaulois, du XIXe au XXIe siècle. Saint-Germain-en-Laye, Musée d’Archéologie nationale, 2012, 222 p. (ISBN 978-2-95324-283-6)
  • Autopsie d’une tombe gauloise : La tombe à char de La Gorge-Meillet à Somme-Tourbe (Marne). Cahiers d’Archéologie nationale, 2. Saint-Germain-en-Laye, Musée d’Archéologie nationale, 2016, 386 p. (ISBN 978-2-95324-281-2)
  • La Mémoire et le Temps. L’œuvre transdisciplinaire d’Henri Hubert (1872-1927). Paris, éditions Démopolis, 2017, collection Quaero, 343 p. (ISBN 978-2-35457-121-4)
  • En collaboration avec Jean-Marie Blaising, Jan Driessen et Jean-Pierre Legendre, Clashes of Time. The Contemporary Past as a Challenge for Archaeology. Louvain-la-Neuve, Presses universitaires de Louvain, 2017, 276 p. (ISBN 978-2-87558-625-4)

Autres publicationsModifier

  • Voir sur archeophile.com.

RéférencesModifier

  1. notice BnF no FRBNF12470775.
  2. Laurent Olivier, The Shapes of Time: an Archaeology of the funerary structures in the Western Hallstatt Province. Cambridge, University of Cambridge, 1995, 277 p. (sous la direction de Sander van der Leeuw).
  3. Sous la dir. d'Olivier Buchsenschutz, Nécropoles de tumulus et hiérarchies funéraires dans le secteur hallstattien occidental : typo-chronologie et distribution spatiale des assemblages funéraires du premier âge du fer dans le nord-est de la France (thèse de doctorat en archéologie), Paris, université Paris-I, , 343 + 233 p. (SUDOC 041586093).
  4. Laurent Olivier, Des vestiges. Paris, université de Panthéon-Sorbonne, 2004, 285 p. (sous la direction de Sander van der Leeuw).
  5. « Laurent Olivier », sur franceculture.fr.
  6. Jean-Pierre Mohen, Laurent Olivier, Archéologie de la France. 30 ans de découvertes. Catalogue de l’Exposition nationale du Grand Palais., Paris, Réunion des Musées Nationaux, , 495 p.
  7. Laurent Olivier et Joëlle Brière, « Saint-Germain-en-Laye, musée d’Archéologie nationale : la nouvelle aile gauloise », Revue du Louvre,‎ , p. 6-8
  8. Laurent Olivier, Recherches stratigraphiques à l'amphithéâtre de Grand (Vosges). Nancy, université de Nancy II, 1981, 138 p. (sous la direction d’Yves Burnand)
  9. Laurent Olivier, « Bilan de la première campagne de sauvetage programmé de la nécropole de la Naguée à Clayeures (Meurthe-et-Moselle) », Le Pays lorrain,‎ , p. 197-204
  10. Laurent Olivier, « Le tumulus à tombe à char de Marainville-sur-Madon (Vosges). Premiers résultats », in Coll. (dir.), Les Princes Celtes et la Méditerranée. Rencontres de l'École du Louvre. Paris, La Documentation Française 1988, p. 271-301.
  11. Laurent Olivier, « Les tombes à char du Hallstatt récent du groupe de tumulus de Diarville « Devant Giblot » (Meurthe-et-Moselle) », Archäologisches Korrespondenzblatt,‎ , p. 223-240
  12. Laurent Olivier, « Le pôle aristocratique des environs de Saxon-Sion (Meurthe et Moselle) à l'âge du Fer: Faut-il revoir le concept de “ résidence princière ” ? », in Brun, P. et Chaume, B. (dir.), Vix et les éphémères principautés celtiques. Les VIe-Ve siècles avant J.-C. en Europe centre-occidentale. Actes du colloque de Châtillon-sur-Seine. Paris, éditions Errance, 1997, p. 93-105
  13. Bruno Chaume, Laurent Olivier, Walter Reinhard, « Das keltische Heiligtum von Vix », in Haffner A. (dir.), Heiligtümer und Opferkulte der Kelten. Archäologie in Deutschland. Sonderheft 1995; Stuttgart, Konrad Theiss, p. 43-50.
  14. (en) Laurent Olivier et Joseph Kovacik, « The « Briquetage de la Seille » (Lorraine, France) : proto-industrial salt production in the European Iron Age », Antiquity,‎ , p. 558-566
  15. Laurent Olivier, « Images de l’aristocratie guerrière dans les pratiques funéraires de la fin du Bronze final au premier âge du Fer dans l’Europe nord-alpine. Quelques perspectives inspirées de l’anthropologie des représentations collectives de la mort », in Baray L., Honegger M. et Dias-Meirinho M.-H. (dir), L’armement et l’image du guerrier dans les sociétés anciennes. De l’objet à la tombe. Dijon, éditions universitaires de Dijon, 2011, p. 289-314
  16. Laurent Olivier, « Iron Age « Proto-Industrial » Salt Mining in the Seille River Valley (France) : Production Methods and Social Organization of Labour », in Danielisova A. et Fernandez-Götz M. (dir.), Persistent Economic Ways of Living. Production, Distribution and Consumption in Late Prehistory and Early History. Budapest, éditions Archaeolingua 2015, p. 69-89
  17. Laurent Olivier, « Les codes de représentation visuelle dans l’Art celtique ancien. Visual representation codes in Early Celtic Art », in Gosden C., Crawford S. et Ulmschneider K. (dir.), Celtic Art in Europe. Making connections. Essays in honour of Vincent Megaw on his 80th birthday. Oxford, Oxbow Books, 2014, p. 39-55
  18. Laurent Olivier, Nos ancêtres les Germains. Les archéologues au service du nazisme, Paris, Tallandier, , 314 p. (ISBN 978-2847349603)
  19. (en) Laurent Olivier, The Dark Abyss of Time. Archaeology and Memory, New York, Altamira Press, , 211 p. (ISBN 978-0759120457)
  20. Laurent Olivier, “The business of archaeology is the present”, in Gonzalez-Ruibal A. (ed.), Reclaiming Archaeology. Beyonds the tropes of Modernity. London and New York, Routledge, 2013, p. 117-129
  21. Laurent Olivier, « Nous sommes à l’âge de la Dévastation », in Driessen J. (dir.), Destruction. Archaeological, philological and historical perspectives. Louvain-la-Neuve, 2013, Presses universitaires de Louvain, p. 27-36.
  22. « Nos ancêtres les Germains », La Recherche, no 469,‎ (lire en ligne).
  23. Stéphane Foucart, « Notre passé colonisé par les savants nazis », sur lemonde.fr, .
  24. Sarah Hugounenq, « Archéologie et IIIe Reich : Laurent Olivier lance un pavé dans la mare », sur lequotidiendesarts.com, .
  25. Vincent Azoulay, « Qui sont ces Celtes insaisissables ? », sur lemonde.fr, .
  26. Alexandre Hagège, « Nos ancêtres les Gaulois n'étaient pas ceux que l'on croit », sur bibliobs.nouvelobs.com, .

Liens externesModifier