Laure Albin-Guillot

photographe française

Laure Albin-Guillot est une photographe française, née le à Paris, et morte le à Nogent-sur-Marne.

Laure Albin-Guillot
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Laure MeifredyVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Conjoint
Albin Guillot (d) (de à )Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Distinction

Portraitiste, elle s'est illustrée notamment dans la photographie de mode, du nu, et de la publicité et dans la photographie abstraite.

BiographieModifier

Née à Paris le [1], Laure Meifredy épouse en 1901 le Dr Albin Guillot, musicien et chercheur scientifique collectionneur de préparations microscopiques, dont elle photographie les plaques[2]. Lorsque la santé de ce dernier se dégrade, fait ses débuts professionnels dans le domaine de la mode. Elle collabore régulièrement avec les magazines Jardin des modes, Femina, L’Officiel de la couture et de la mode, Vogue[2].

D’abord influencée par le pictorialisme, Laure Albin-Guillot reçoit en 1922 une médaille d’or au concours de la Revue française de photographie et joue un rôle important dans la nouvelle photographie des années 1930 et l'avènement de la Nouvelle Vision en orientant ses recherches dans le domaine de l'art décoratif. Elle participe à l’Exposition internationale des arts décoratifs et modernes de 1925, où elle expose une série de portraits de décorateurs, d’ensembliers et d’artisans d’art (André Groult, Jacques Emile Ruhlmann, Jules Leleu) et revendique le statut d’artiste décorateur.

Son mari meurt en 1929. Elle décide alors de développer son activité professionnelle, notamment dans le studio qu’elle ouvre 43, boulevard de Beauséjour dans le 16e arrondissement de Paris[2].

 
Laure Albin Guillot à Oinville 1950

En 1931, en hommage à son défunt mari, elle publie un portfolio de grand format, tiré à trois cent cinq exemplaires, intitulé Microphotographie décorative, dont le travail est fondé sur la découpe de végétaux et de minéraux[2]. Portraitiste reconnue, elle photographie notamment André Gide, Paul Valéry, Jean Cocteau, Colette et participe à la revue Arts et Métiers Graphiques fondée par Charles Peignot. Elle collabore avec Paul Valéry à l'illustration de Narcisse[3]. Son activité se prolonge dans les domaines de la photographie publicitaire et la photographie de mode.

Nommée archiviste en chef du service des archives photographiques des Beaux-Arts en 1932, Laure Albin-Guillot est le premier conservateur de la Cinémathèque nationale au palais de Chaillot l’année suivante. En 1933, elle écrit et publie Photographie publicitaire, ouvrage définissant le rôle de la photographie dans la publicité moderne. Membre du jury de l’Exposition internationale de la photographie contemporaine au pavillon de Marsan du palais du Louvre en 1936, elle obtient la création d’une section photographique pour l'Exposition internationale des arts et techniques de 1937. Présidente de l’Union féminine des carrières libérales, elle co-organise la grande exposition des femmes artistes d’Europe en 1937, au Jeu de Paume.

Auteur de livres d’artiste composés de tirages au charbon Fresson[1], luxueusement édités, à tirage limité, Laure Albin-Guillot illustre Narcisse de Paul Valéry et Les Chansons de Bilitis de Pierre Louÿs dans les mêmes années, réalise en 1939 un reportage sur les monuments de Paris et leur protection en vue de l'Occupation, illustre les Préludes de Claude Debussy en 1948. En 1946, elle réalise un livre d'artiste avec Henry de Montherlant, La Déesse Cypris[4]. Elle met fin à ses fonctions officielles en 1940, à l’âge de soixante-douze ans mais poursuit ses activités dans son studio personnel.

En 1950, un dégât des eaux détruit la plus grande partie de ses archives et ses négatifs les plus anciens. Elle est expulsée au bénéfice d’une opération immobilière de sa villa et de son studio du boulevard de Beauséjour en 1955[1].

En août 1956, Laure Albin-Guillot se retire à la Maison nationale des artistes de Nogent-sur-Marne[5], où elle meurt le à l’âge de 83 ans[1].

L’agence Roger-Viollet rachète en 1964 son fonds d’atelier qui est composé de 52 000 négatifs originaux, de 20 000 épreuves d’époque, de correspondance et de documents autographes. Ce fonds est à présent propriété de la ville de Paris[1].

Une grande exposition des œuvres de Laure Albin-Guillot est organisée en 2013 au Musée du Jeu de Paume à Paris[6], puis au Musée de l’Élysée à Lausanne.

Expositions monographiquesModifier

Liste non exhaustive

  • 1996 : Laure Albin Guillot ou « la Volonté d’art » , Musée d'Évreux .
  • 2013 : Laure Albin Guillot (1879-1962), l’enjeu classique , Musée du Jeu de Paume , Paris[1].
  • 2018 : Laure Albin Guillot, Maison nationale des artistes, Nogent-sur-Marne[5].

PublicationsModifier

Liste non exhaustive

  • Micrographies décoratives, Paris, Draeger Frères, 1931.
  • Photographie publicitaire, Gauthier-Villards, Paris, 1933.
  • Le tapis, un art, une industrie, de Fernand Windels, Éditions d’Antin, Paris, 1935.
  • Henri Verne, Le Louvre la nuit, 60 photographies de Laure Albin-Guillot. Guide du visiteur par Jean Vergnet-Ruiz, Grenoble, Éditions Arthaud, 1937.
  • Aspects de la France, ouvrage édité par le gouvernement français à l’occasion de la visite en France de Leurs Majestés britanniques, le roi Georges VI et la reine Elisabeth, 19-22 juillet 1938. Paris, Georges Lang.

PrixModifier

  • 1922 : Médaille d'or au concours de la Revue française de photographie à Paris[7]

DistinctionModifier

Hommages publicsModifier

Notes et référencesModifier

  1. a b c d e et f « Laure Albin Guillot (1879–1962) L’enjeu classique », sur Jeu de Paume, Paris (consulté le 22 novembre 2020)
  2. a b c et d Catherine Gonnard, « Laure Albin Guillot », Dictionnaire des féministes, PUF,‎ , p. 16-18
  3. « Laure Albin Guillot - Archives of Women Artists, Research and Exhibitions », AWARE,‎ (lire en ligne, consulté le 26 octobre 2016).
  4. 12 photogravures études de nus, Paris, Henri Colas éditeur ; Bordeaux, Rousseau frères.
  5. a et b « Laure Albin Guillot, l’exposition à la Maison nationale des artistes de Nagent-Sur-Marne », sur Sortir à Paris,
  6. Claire Guillot, « Laure Albin Guillot, une photographe novatrice sur la forme, conservatrice sur le fond », sur Le Monde,
  7. a et b https://data.bnf.fr/fr/13528133/laure_albin_guillot/
  8. « Conseil de Paris »

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier