Laugier de Nice

Laugier de Nice, dit le roux[1] est aussi connu sous le nom de Laugier d’Orange-Mévouillon ou Laugier de Vence. Il est né vers 950 et mort en 1032.

Laugier de Nice
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Laugier de Nice (950-1032) est le mari d’Odile de Provence et donc le gendre de Guillaume Ier de Provence.
Biographie
Naissance
Décès
Activité
Famille
Père
Conjoint
Enfant

Laugier de Nice est coseigneur de Nice, de Gréollières, de Cagnes et de Vence[1], en partie du fait de sa femme Odile de Provence et de son beau-père, Guillaume Ier de Provence[2]. Laugier apparaît comme étant lié au lignage des Mévouillon-Orange[3]. Certains historiens lui donneront le titre de vicomte. Il est un membre de la première maison des comtes d’Orange-Nice. Laugier dès 1023 est moine de l'ordre de Cluny[4].

BiographieModifier

Sa familleModifier

Laugier est un membre de la première maison des comtes d’Orange-Nice, comme ses frères Féraud de Nice, Pierre de Mirabel, tous les deux évêques et Pons III de Mevouillon, tige des Mevouillon.

Leur père, Pons II de Mevouillon, précariste de l’église d’Arles à Nyons, se voit confirmer la villa Jocondis (Mornas), dont le terminium avait été concédé en précaire à ses parents, par l’archevêque Manassès d'Arles, en 954. On peut donc le considérer adulte à cette époque et il vit au moins jusqu’en 983[5]. Il reçoit de l’archevêque d’Arles, Ithier, la villa Niomes et des biens à Busayrol, situés dans le comté de Vaison. En 981, cette précaire lui est confirmé par Annon, successeur d’Ithier, ainsi qu’à ses deux fils Pons III et Laugier de Nice[6]. Le Pons qui fait un don à l’abbaye de Cluny en 956-957 c’est peut-être Pons II de Mevouillon. En effet, ce dernier avec sa femme Richilde, originaire de l’Uzège, tient de archevêque d’Arles, l’abbaye de Sainte Marie de Goudargues[7]. Pons II de Mevouillon a huit fils qui font une donation à l’abbaye de Cluny en 1023. La charte de Cluny, no 2779, du , donnée en concile à Saint-Privat, territoire de Sarrians, révèle les prénoms des huit frères dont les domaines s’étendent sur les diocèses de Gap, Die, Vaison, Orange et Saint-Paul Trois Châteaux. Par cet acte, deux des frères, Féraud de Nice et Pons, ayant déterminé de se faire moines à Cluny, donnent à cette abbaye la moitié du castrum d’Auton dont l’autre a été précédemment offerte à Saint-Pierre de Cluny par leur père. Cette libéralité s’effectue sur le conseil et le consentement de leurs frères auxquels ils délaissent le reste de leur héritage. Ces six frères sont : Féraud de Nice évêque de Gap, Pierre de Mirabel évêque de Vaison, Arnoul, Gérard, Raoul et Rambaud[8].

Descendance de Pons de Mevouillon (le blason des princes d'Orange est un repère, les blasons n'existent pas encore au IXe siècle) :

Pons de Mevouillon  
 x Blismodis  
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 | → Humbert évêque de Vaison, jusqu’en 1005  
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 | → Garnier, évêque d’Avignon (976-991)  
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 | → Ison
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 | → Pons II de Mevouillon (ca 920-986)  
       x Richilde, originaire de l’Uzège
       |
       | → Féraud de Nice  évêque de Gap   
       |
       | → Pierre de Mirabel  évêque de Vaison   
       |
       | → Pons III de Mevouillon
       |      |    ... → Descendance Mevouillon... 
       |
       | → Arnoul de Theys
       |      |    ... → Descendance Theys... 
       |
       | → Gérard
       |
       | → Rambaud 
       |
       | → Raoul
       |
       | → Laugier de Nice (ca 950-1032)  
             x  Odile de Provence (976-1032), fille de Guillaume Ier de Provence
             |
             | → Rostan de Gréolières
             |      |    ... → Descendance Gréolières... 
             |
             | → Pierre de Nice, évêque de Sisteron (1043-1059)  
             |
             | → Jauccara de Nice
             |      x  Amic de Vence-Avignon
             |
             | → Gerberge de Nice
             |       x  Bérenger d’Avignon. 
             |
             | → Rambaud de Nice (1006-1073)  
                    x  1032 Accelena d’Apt 
                    |
                    | → Laugier d’Apt 
                          x Amancia de Lacoste-Castellane
                    |
                    | → Odila de Nice 
                         x Boniface de Reillanne
                    |
                    | → Gisla de Nice
                          x Rostang d'Agoult  
                          |
                          | →  Laugier d'Agout, évêque d'Apt, croisé  
                    |
                    | → Pierre II de Nice  évêque de Sisteron, puis  évêque de Vaison  
                    |
                    | → Rostan de Fréjus
                          x Accelena de Marignane
                    |
                    | → Rambaud de Nice, seigneur de Gréolières (+ jeune)
                    |
                    x  Bélieldis de Marseille
                    |
                    | → Amic 
                    |
                    | → Guillaume 
                    |
                    x  avant 1045 Azalaïs de Reillanne, veuve de Guilhem d'Agoult  
                    |
                    | → Bertrand-Rambaud d’Orange  
                          x  1068 Adélaïde de Cavenez, veuve de Guillaume V Bertrand de Provence  
                          |
                          | → Léger ou Laugerus, évêque d’Avignon(1124 ou 1126-1142)  
                          |
                          | → Jausserand Laugier, seigneur de Gréolières	 
                          |
                          x  1064 Gerberge, fille de Foulques Bertrand de Provence  
                          |	
                          | → Pierre
                          |
                          | → Rambaud II d'Orange  
                                |
                                | → Thiburge d'Orange  
                                     x 1126 Guillaume d’Omélas, fils de Guilhem V de Montpellier  
                                     |
                                     | → Raimbaut d'Orange  

Après La reconquistaModifier

La Reconquista a un équivalent français, bizarrement plutôt méconnu. Quand, à la fin de l’année 972, une expédition commandée par les comtes Guillaume Ier de Provence et Rotboald Ier de Provence, aidés d’Ardouin (comte de Turin), permet l’expulsion des Sarrasins du Fraxinetum, le pays de Nice, à l’instar de l’ensemble de la Provence orientale, apparaît comme une terre nullius. Terre de conquête donc, où le comte Guillaume va tailler des fiefs dont il gratifie les gens de son entourage. Le comte conserve le château de Nice, dont sa fille Odile de Provence et son second époux Laugier de Nice n’ont que la castellania, comme il ressort d’actes du début du XIIe siècle[9].

Qui est ce Laugier ? Il est cité comme recteur de Nice en 981. En 1003, Laugier donne à la cathédrale de Nice une terre[10]. Il est coseigneur de Vence vers 1005, ce qui fait qu’il est aussi connu sous le nom de Laugier de Vence, mais il ne faut pas le confondre avec Laugier Ruffi qui défend Vence contre les Sarrasins et qui donne sa fille en rançon en 973[11]. Laugier est encore très jeune à cette date et en 953, il est peut-être à peine né ! Nous savons que c’est un riche et puissant propriétaire des Alpes qui épouse en secondes noces Odile de Provence, veuve de Miron de Nice[12]. Il devient coseigneur de Nice, et pas vicomte selon les documents d'archives.

Laugier, dès 1023, est moine de l'ordre de Cluny. Son beau-père avait donné la villa de Sarrians à charge pour l’abbaye de construire une église. De 1023 à sa mort, Laugier de Nice dirige les travaux qui se terminent en 1037[4].

En 1029, une charte nous apprend que Laugier et Odile donnent à Saint-Pons Revest[13].

En 1032, Laugier et sa femme Odile font des donations au monastère de Saint Véran et à l'église de Notre-Dame-la-Dorée, près de la rivière du Loup, diocèse de Vence en 1032.

Mariage et descendanceModifier

 
Armoiries des Orange-Nice au siècle suivant : D'or, au cor d'azur, lié, enguiché et virolé de gueules.

Odile de Provence a de son second mariage avec Laugier :

  • Rostan de Gréolières, coseigneur de Vence, seigneur de Gréolières est avoué de l'évêché de Vaison et la tige, croyons-nous, de la maison de Poitiers, Il est nécessaire, pour qu'il se soit trouvé subitement au faîte de la puissance et de la richesse dans un diocèse éloigné de ses origines et dans lequel il n'avait aucune attache, qu'il se soit, lui aussi, marié dans la maison de Mirabel. Pierre de Mirabel, son oncle, est alors évêque de Vaison, et il est très probable que c'est lui qui a conféré à Rostan l'avouerie, ou comme le dit la charte qui l'établit, le fief de son église. Ce fief est défini dans une bulle du pape Pascal II à l'évêque Rostan, constatant que la moitié de la cité de Vaison avait appartenu très anciennement à l'évêché, et que l'autre moitié lui avait été donnée par les comtes Geoffroi II de Provence et Guillaume Bertrand de Provence. Or, nous savons que ce don a été fait à Pierre de Mirabel[14]. Il est donc vraisemblable qu'il confère l'avouerie ou la vicomté de son diocèse à Rostan de Nice[15]. Nous devons cependant reconnaitre qu'elle lui est peut-être inféodée par l'évêque Pierre II de Nice, son propre neveu, fils de son frère aine Rambaud de Nice, attendu que celui-ci est devenu évêque de Vaison en 1056, et que Rostan de Nice a certainement vécu jusqu'en 1067 au moins. Mais nous avons dans l'élection même de Pierre II de Nice la preuve de la prépondérance acquise par sa famille dans le diocèse de Vaison dès le temps de Pierre de Mirabel[15].

Ces trois frères donneront à la cathédrale de Nice les églises Sainte-Marie d'Olivula à Villefranche, Sainte-Marie de Beaulieu et Saint-Jean, près de Saint-Hospice. Ils enrichiront aussi le monastère de Saint-Pons de Nice et l'abbaye de La Dorade, ainsi que l'église de Vence[1].

Notes et référencesModifier

  1. a b et c Chronique de Provence: histoire civile et religieuse de la cité de Nice et du Département des Alpes-Maritimes, Par Eugène Tisserand, Publié par Visconti et Delbecchi, 1862, v.1-2, p.126.
  2. Cartulaire de Saint-Victor, n° 659, cité par Mariacristina Varano, Institution épiscopale et autorité comtale dans le diocèse de Sisteron.
  3. Chroniques de Haute-Provence: bulletin de la Société Scientifique et Littéraire des Alpes de Haute-Provence, Par Société scientifique et littéraire des Alpes-de-Haute-Provence, Publié par Chroniques de Haute-Provence, 1996, no.330-331(1997), p.132.
  4. a et b L'ordre de Cluny à la fin du moyen âge: le vieux pays clunisien, XIIe-XVe siècles, Par Denyse Riche, Publié par Université de Saint-Étienne, 2000, p.129.
  5. GCNN t III Arles n° 283.
  6. GCNN t III Arles n° 285
  7. GCN t III Arles n° 214.
  8. Ripert-Montclar, p XXIV) cité par [010] Les origines de la famille Mévouillon
  9. J.-P. Poly, La Provence et la société féodal (879-1166), Paris, 1976, p. 93, note 116 et Catalogue des actes cité, n os 243 et 244.
  10. Les églises de Sisteron et de Forcalquier du XIe siècle à la Révolution : le problème de la « concathédralité », Par Noël Didier, Publié par Libr. Dalloz, 1954, p.12.
  11. Les Légendes et Chroniques insolites des Alpes Maritimes (Equinoxe-éditions Saint Rémy de Provence).
  12. Albanès, Joseph Hyacinthe (1822-1897). Gallia christiana novissima. p. 465.
  13. L'abbaye de Saint-Pons: hors les murs de Nice : essai historique, Par Bonaventure Salvetti, Publié par SERRE EDITEUR, 2003, p.44.
  14. Société d'archéologie, d'histoire et de géographie de la Drôme, Bulletin de la Société d'archéologie et de statistique de la Drôme, Secrétariat de la Société (Valence) p.247 et suivantes et Dictionnaire géographique, historique, archéologique et biographique des communes du département de Vaucluse, Par Jules Courtet, Publié par Bonnet, 1857, p.327.
  15. a et b Cartulaire de la Commanderie de Richerenches de l'Ordre du Temple (1136-1214). T. 2 / publié et annoté par le marquis de Ripert-Monclar,..., Ordre du Temple. Commanderie (Richerenches, Vaucluse), Éditeur : F. Seguin (Avignon), Éditeur : H. Champion (Paris), Date d'édition : 1907, Contributeur : Ripert-Monclar, François de (1844-1921). Éditeur scientifique, p.XXIX.

Articles connexesModifier

Liens externesModifier