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Last Action Hero

film américain de 1993 réalisé par John McTiernan
Last Action Hero
Titre québécois Le Dernier des héros
Réalisation John McTiernan
Scénario Shane Black
David Arnott
Acteurs principaux
Sociétés de production Columbia Pictures
Oak Productions
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre comédie policière
Durée 130 minutes
Sortie 1993

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Last Action Hero ou Le Dernier des héros au Québec est un film américain de John McTiernan, sorti en 1993.

Le film a connu un échec aux États-Unis lors de sa sortie, réalisant toutefois de bons scores dans le reste du monde, recueillant 137 millions de dollars de recettes au total. Au fil du temps, il a cependant acquis le statut de film culte.

Sommaire

SynopsisModifier

Danny Madigan, un jeune garçon habitant New York, sèche l'école pour aller au cinéma. Il est un grand fan de la série des Jack Slater qui met en scène un héros de films d'action (incarné par Arnold Schwarzenegger) qui rappelle l'inspecteur Harry.

Nick, le vieux projectionniste du cinéma Pandora, est le seul ami de Danny. Il lui propose de venir regarder un soir en avant-première le nouvel opus de sa vedette favorite, Jack Slater IV. À cette occasion, il lui remet un ticket d'entrée magique qui, dit-il à Danny, lui a été donné jadis par le grand magicien Harry Houdini. Lors de la projection, Danny, grâce à ce ticket, « entre » dans le film. Il se trouve alors mêlé à une sombre intrigue policière se passant à Los Angeles dans laquelle bons et méchants s'aperçoivent assez vite qu'il en sait beaucoup trop sur eux (car il a vu le début du film).

L'affaire se complique lorsque Benedict, le tueur professionnel du maffieux Tony Vivaldi que ce dernier a chargé d'éliminer Slater, s'empare du ticket magique ; effectuant le trajet inverse, Benedict arrive dans le monde réel. Le poursuivant, Jack Slater découvre alors qu'il n'est plus invulnérable dans ce monde et qu'il doit notamment penser à recharger son pistolet. Il comprend aussi qu'il doit protéger son alter-ego — à savoir Arnold Schwarzenegger — dont la mort le supprimerait simultanément. Enfin, il doit défendre Danny d'un autre méchant, le tueur en série du début du film, qui prend dans le monde réel (amené là par Benedict) le garçon en otage pour rejouer la scène fictive tragique qui ouvrait le film, dans laquelle le fils de Slater trouvait la mort.

Fiche techniqueModifier

DistributionModifier

ProductionModifier

Genèse et développementModifier

Le scénario original est écrit par Adam Leff et Zak Penn. Ils imaginent d'emblée Arnold Schwarzenegger dans le rôle principal. Le projet s'intitule alors Extremely Violent. Columbia acquiert le script et approche l'acteur. Ce dernier décide de rebaptiser le film Last Action Hero. Le script est ensuite réécrit par Shane Black et David Arnott pour accentuer les scènes d'action sequences. Des réécritures sont ensuite faites par William Goldman pour étoffer les personnages[1].

La réalisation est proposée à Steven Spielberg, mais il préfère mettre en scène La Liste de Schindler. Robert Zemeckis a également été envisagé[1].

Distribution des rôlesModifier

Alan Rickman est initialement choisi pour le rôle de Benedict, mais l'acteur demande un salaire trop important. Le rôle revient donc finalement à Charles Dance. Ce dernier révèle en interview qu'il a alors porté un t-shirt avec la mention « I'm cheaper than Alan Rickman! » (« je suis moins cher qu'Alan Rickman »). William Atherton et Timothy Dalton avaient également été envisagés[1].

Le rôle du cousin de Jack Slater, Frank, est incarné par Art Carney. Il s'agit d'un dernier rôle de l'acteur qui décède en 2003[1].

De nombreuses célébrités apparaissent brièvement, comme Little Richard, James Belushi et Jean-Claude Van Damme lors de la première de Jack Slater IV, on note également une petite apparition de Damon Wayans, future vedette des séries Ma famille d'abord et L'Arme fatale. Tori Spelling a également tourné un caméo, finalement coupé au montage, alors que Tony Curtis devait lui aussi participer[1].

 
L'intérieur de l'Orpheum Theatre de Los Angeles a servi de décor au film

TournageModifier

Le tournage a lieu de novembre 1992 à avril 1993. Il se dérouile principalement en Californie : à Los Angeles (Downtown, Studio City, ...), à Malibu (maison de Tony Vivaldi, le vidéo-club), à Long Beach (Hyatt Regency Hotel, Terrace Theatre, ...), à San Diego ou encore à Culver City (Sony Pictures Studios). Quelques scènes sont tournées à New York, notamment l'avant-première de Jack Slater IV au RKO Twin Theatre sur Times Square[3].

MusiqueModifier

Last Action Hero
Music from the Original Motion Picture

Bande originale de divers artistes
Sortie
Durée 54:19
Genre Hard rock, heavy metal, metal alternatif, grunge, rock alternatif
Label Columbia Records
Critique

La musique du film est composée par Michael Kamen. De prestigieux groupes de hard rock et de heavy metal participent également à l'album de la bande originale sorti en juin 1993. La chanson Big Gun d'AC/DC a été écrite spécialement pour le film, à la demande d'Arnold Schwarzenegger[1].

Liste des titres
No TitreInterprètes Durée
1. Big GunAC/DC 4:24
2. What the Hell Have IAlice in Chains 3:58
3. Angry AgainMegadeth 3:47
4. Real WorldQueensrÿche & Michael Kamen 4:21
5. Two Steps BehindDef Leppard 4:19
6. Poison My EyesAnthrax 7:04
7. Dream On (Live)Aerosmith 5:42
8. A Little BitterAlice in Chains 3:53
9. Cock the HammerCypress Hill 4:11
10. SwimFishbone 4:13
11. Last Action HeroTesla 5:44
12. Jack and the RipperBuckethead, Los Angeles Rock and Roll Ensemble & Michael Kamen 3:43
54:19

SortieModifier

PromotionModifier

Le studio a dépensé 500 000 dollars pour que le nom du film et de Schwarzenegger soient peints sur le fuselage de la fusée Conestoga 1620 conçue par un consortium privé et la NASA lors de sa promotion, avançant ainsi que ce serait « la première fois dans l'histoire de la publicité qu'un véhicule spatial est utilisé »[5],[6] ; cependant, le décollage a été retardé, n'a eu lieu que deux ans après la sortie du film, le 23 octobre 1995, et s'est conclu par une explosion en vol[5],[7].

AccueilModifier

Le film a connu un échec aux États-Unis lors de sa sortie en 1993, récoltant environ 50 millions de dollars pour un budget de 85 millions[8], réalisant toutefois de bons scores dans le reste du monde en recueillant 137 millions de dollars, ce qui reste décevant[5]. Cet échec relatif peut s’expliquer en partie par la sortie, une semaine plus tôt seulement, de Jurassic Park, en passe de devenir le plus gros phénomène cinématographique de l'époque.

Au fil du temps, le film a acquis le statut de film culte[9],[10],[11].

CommentairesModifier

DVDModifier

La première édition DVD du film en France contenait par erreur le doublage québecois. Il fut vite rappelé pour corriger ce défaut, et toutes les éditions suivantes contiennent le doublage français.

Clins d’œil et référencesModifier

Le film est une sorte d'hommage au cinéma, faisant plusieurs références — parfois subtiles — au septième art. De nombreux films sont évoqués, mais également des acteurs et actrices comme Humphrey Bogart, Greta Garbo, Jean Harlow, Marilyn Monroe et Harrison Ford.

On peut voir des affiches et jaquettes de certains films, notamment dans la scène du vidéo-club, tels que : Blade Runner, Bugsy, Dracula, Le Roman d'Elvis, Calme blanc, Mad Max, Le Contrat, Hot Blood, The Camp on Blood Island (en), Apartment Zero (en), Screaming Mimi, La Veuve noire, Young Guns 2, Boyz N the Hood, Jason et les Argonautes, Chacal, The Doors, Fellini Roma, La Nuit des morts-vivants, Dealers (en) et À la poursuite d'Octobre rouge (du même réalisateur).

De nombreuses scènes sont en elles-mêmes des références plus ou moins évidentes à d'autres films. Citons la sortie du commissariat de Sharon Stone (comme si elle venait de subir le célèbre interrogatoire de Basic Instinct) et de Robert Patrick (habillé en policier comme dans Terminator 2) ou la référence visuelle à E.T. l'extra-terrestre lorsque Danny passe devant la lune avec son vélo[1].

Lorsque la maison de Frank explose, le vieux policier afro-américain dit « Two days to retirement » (« à deux jours de la retraite »). Il s'agit d'un clin d'oeil à Roger Murtaugh, incarné par Danny Glover dans la saga L'Arme fatale. On peut d'ailleurs entendre brièvement le thème musical du premier film à ce moment, composé par Michaek Kamen (également à l'oeuvre sur Last Action Hero)[1].

Quand Danny insiste pour que Jack vérifie si Benedict est bien mort, il lui rappelle que dans Piège de cristal le pendu qu'on croyait mort, revient à la fin. On peut d'ailleurs entendre brièvement le thème musical du film à ce moment, également composé par Michael Kamen[1].

Le jeune Danny raconte à Jack Slater que l'ami de ce dernier, John Persévère (John Practice en VO), a tué « Moe » Zart. Il s'agit d'une référence au film Amadeus de Milos Forman sorti en 1984, dans lequel l'interprète de John Persévère, F. Murray Abraham, incarne Antonio Salieri, le rival du célèbre compositeur Mozart.

De nombreuses références à la marque fictive de l'univers Looney Tunes, ACME, apparaissent également dans le film. Tout d'abord sur une caisse d'explosifs lors de la scène de poursuite, puis sur un camion de glaces (« ACME Ice Cream »), ainsi que sur une pile de cartons (« ACME Storage Center »). Plus tard, un club vidéo porte l'inscription « ACME Video » sur sa porte d'entrée, puis on peut lire « ACME Construction » sur la grue de chantier dans la scène sur le toit de l'hôtel. Enfin, chose étrange, une enseigne ACME apparaît dans le monde réel, lors de la scène où Danny est rattrapé par Jack après que l'éventreur l'a jeté du toit[1].

Lorsque le film Jack Slater IV démarre, on peut voir qu'il est réalisé par Franco Columbu. Franco Columbu est un bodybuilder italien, ami d'Arnold Schwarzenegger[1].

Dans le film, Ian McKellen incarne la Mort sortie du film Le Septième Sceau d'Ingmar Bergman. C'est en réalité Bengt Ekerot qui l'incarnait dans le film de 1957[1].

L'enseignante de Danny qui propose à sa classe Hamlet (1948) de et avec Laurence Olivier, est incarnée par Joan Plowright. Elle est la troisième et dernière femme de Laurence Olivier. Elle ironise en disant à ses élèves qu'ils connaissent peut-être l'acteur pour son rôle de Zeus dans Le Choc des Titans (1981) ou dans une publicité pour la Polaroid[1].

Pour prouver à Slater qu'ils sont dans un film, Danny emmène Jack Slater dans un vidéo-club. Il y découvre alors avec désarroi que Sylvester Stallone est sur une affiche de Terminator 2 : Le Jugement dernier à la place de Schwarzenegger, incarnant ainsi le célèbre Terminator à sa place. Sylvester Stallone fera à son tour un clin d’œil à Arnold Schwarzenegger en faisant de lui le président des États-Unis dans le futur du film Demolition Man[12].

Autour du filmModifier

Le film semble au premier abord comporter une incohérence : lorsque La Mort du Septième Sceau touche un passant dans une rue de New York, celui-ci agonise peu après. Plus tard, elle affirme que Danny figure sur une de ses listes. Or, si Jack Slater perd ses facultés dans le monde réel, il est donc impossible que La Mort puisse garder les siennes. C'est l'un des indices laissé par le film pour nous faire comprendre que la réalité de Danny est aussi un film et non notre monde réel. Comme le fait que Jack Slater arrive à arracher une porte de taxi, qu'il tombe par hasard sur le méchant Benedict qui a laissé un indice comme tout bon méchant qui se respecte (comme mentionné quelques secondes avant par Slater). On peut aussi voir la marque ACME dans le monde de Danny lorsqu'il est sauvé d'une chute par Slater. La fille de Jack Slater, Meredith, est montrée comme étant joué par Meredith Caprice dans le monde de Danny, or elle est en réalité jouée par Bridgette Wilson, prouvant encore une fois que le monde de Danny n'est pas notre réalité. Bien que ce monde soit plus sombre, il est l'archétype des films d'actions à l'ambiance glauque des années 1980, comme Terminator. Le monde de Slater serait lui une représentation des films d'actions des années 1990, plus rutilant, à la Terminator 2 : Le Jugement dernier (une des scènes de courses poursuite sautant d'un pont est reprise dans la réalité de Jack Slater). Ainsi, même dans le monde de Danny, les méchants ne peuvent pas gagner et ils font toujours de longs discours pour expliquer leur plan.

On peut également observer trois faux raccords dans le film :

  • Lorsque Jack Slater allume un cigare, au moment où il est face à Benedict à l'entrée de la propriété de Vivaldi, celui-ci semble avoir été déjà entamé (le bout a une couche de cendre). Au changement de plan, le cigare ne comporte soudainement plus de cendres à son bout, ce qui prouverait qu'il n'a jamais été entamé.
  • Lorsque Jack est suspendu de ses fonctions et débarrasse son bureau, il a encore ses vêtements sales (des suites de l'explosion de la maison de son ex-femme). Quand il rentre chez lui avec Danny, peu après, il apparaît bien propre et bien coiffé.
  • Le premier plan des funérailles de Leo montre que le corps dépasse un peu du cercueil. Sur le plan panoramique suivant, le corps apparaît bien disposé dans le fond du cercueil.

Dans la version française, on peut entendre la voix du comédien Mario Santini sur pas moins de quatre personnages : L'agent de police mourant à deux jours de la retraite, l'homme de main de Benedict sortant les faux billets du tiroir, l'agent de police récupérant l'œil de verre piégé de Benedict et enfin l'agent de Tom Noonan.

Notes et référencesModifier

  1. a b c d e f g h i j k l m et n (en) Trivia sur l’Internet Movie Database
  2. (en) Dates de sortie sur l’Internet Movie Database
  3. (en) Locations sur l’Internet Movie Database
  4. (en) review - AllMusic.com
  5. a b et c (en) Nick De Semlyen, « The Life And Death Of Last Action », sur empireonline.com, (consulté le 24 avril 2018).
  6. (en) Martin J. Smith, « Action Film Will Get Boost From A Rocket », sur http://articles.sun-sentinel.com/, (consulté le 25 mars 2018).
  7. (en) Mark Wade, « Conestoga 1620 », http://www.astronautix.com/ (consulté le 25 avril 2018).
  8. JP, « Last Action Hero (1993) - JPBox-Office », sur jpbox-office.com (consulté le 9 septembre 2018)
  9. Last action hero film culte sur premiere.fr
  10. Last Action Hero cult movie on www.tv Tropes.org
  11. Last Action Hero on www.slashfilm.com
  12. Critique de Last Action Hero sur Devildead

Voir aussiModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexesModifier

  • Film contenant un film
  • Last Action Hero, le jeu vidéo
  • Barbelune, roman d'Aimé Blanc dans lequel un écrivain écrit un roman concernant les aventures d'un « garçon de mauvaise vie », Ernest qui sort du roman et envisage de tuer son « père littéraire ».
  • Redshirts - Au mépris du danger, roman de John Scalzi dans lequel des hommes d'équipages d'un vaisseau spatial du XXIVe siècle découvrent que leurs aventures spatiales sont en réalité liées à une série de science-fiction du XXIe siècle.
  • Galaxy Quest (1999), film américain réalisé par Dean Parisot : des acteurs d'une série de science-fiction sont pris pour de vrais aventuriers de l’espace par des extraterrestres ; ce faisant ils deviennent vraiment des aventuriers de l'espace

Liens externesModifier