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Lapis Satricanus

pierre portant une inscription en latin archaïque
Lapis Satricanus
Lapis Satricanus 01.JPG
Linteau de pierre portant une épigraphie en latin archaïque, dit Lapis Satricanus, Musée des Thermes de Dioclétien[1],[2].
Date
Commanditaire
Type
Stèle épigraphique à vocation funéraire
Collection
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Aire archéologique du Satricum, Hameau de Borgo Montello, agglomération de Latina dans le Latium.

Le lapis Satricanus (latin pour « pierre de Satricum ») est une pierre jaune trouvée dans les ruines de l'ancienne Satricum, près de Borgo Montello (41° 31′ N, 12° 47′ E), un village situé au sud du Lazio, l'ancien Latium. Elle a été datée de la fin du VIe siècle av. J.-C. ou du début du Ve siècle av. J.-C. La pierre qui porte l'inscription a été découverte en 1977, réutilisée dans les fondations du temple de Mater Matuta.

Le texte de l'inscription est le suivant :

(?) IEI STETERAI POPLIOSIO VALESIOSIO

SVODALES MAMARTEI

« Les (?) ont dédié cela, comme compagnons de Publius Valerius, à Mars »

Cette inscription est rédigée en latin archaïque — du moins dans un dialecte qui en est relativement proche. Elle est importante pour la grammaire comparative de l'indo-européen, car elle est l'unique inscription contenant une terminaison -osio pour le génitif singulier de la déclinaison thématiques des noms en latin. Le latin classique, plus tardif, aura une désinence en -i pour ce cas, mais la comparaison avec le linéaire B, le grec ancien d'Homère, et d'autres langues, montre que la terminaison -osio est nettement plus ancienne.

Le lapis Satricanus a été l'objet d'une attention significative de la part d'archéologues et d'historiens des premiers temps du Latium non seulement à cause de son intérêt linguistique, mais aussi pour le nom qu'il préserve.

En effet, le nom archaïque de « Poplios Valesios » correspond en latin classique à « Publius Valerius », ce qui amène inévitablement à se demander si cette inscription ne fait pas référence au célèbre Publius Valerius Publicola, le consul, collègue de Lucius Junius Brutus, qui apparaît dans les premiers temps de la République romaine, chez les historiens[3] ou dans les fastes consulaires, et qui est considéré comme l'un des fondateurs de la République.

Une identification positive pose au moins un problème : la ville de Satricum ne fait pas partie du territoire romain à l'époque où Publius Valerius est consul. Toutefois la pierre peut ne pas avoir été dédiée dans cette ville, mais ailleurs : elle a été trouvée dans une série de pierres réutilisées pour la construction d'un temple, et ainsi, elle peut très bien avoir été apportée d'ailleurs.

Sommaire

Notes et référencesModifier

  1. (en) Ross R. Holloway, The Archaeology of Early Rome and Latium, Routledge, (lire en ligne), page 194
  2. (en) « Lapis Satricanus », sur Livius, (consulté le 26 juillet 2016)
  3. Par exemple Tite-Live, Histoire romaine, II, 2.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • (en) C.M. Stibbe, G. Colonna et al., Lapis Satricanus. Archeological, Epigraphical, Linguistic and Historical Aspects of the New Inscription from Satricum (coll. « Nederlands Instituut te Rome. Scripta minora », 5), La Haye, 1980, 174 p.
  • (fr) Raymond Bloch, « A propos de l'inscription latine archaïque trouvée à Satricum », Latomus, XLII, 1983, p. 362-371.
  • (nl)(it) H. Versnel, Satricum en Rome. De inscriptie van Satricum en de vroeg Romeinse geschiedenis / Satricum e Roma. L'iscrizione di Satricum e la storia romana arcaica, Meppel, 1990.
  • (en) Robert Stephen Paul Beekes, Comparative Indo-European linguistics : an introduction, Amsterdam/Philadelphia, John Benjamins Publishing Company, 1995.
  • Ella Hermon, « Le Lapis Satricanus et la colonisation militaire au début de la République », Mélanges de l'Ecole française de Rome. Antiquité, Publications de l'École française de Rome, vol. tome 111,‎ , pages 847-881 (DOI 10.3406/mefr.1999.2100, lire en ligne, consulté le 26 juillet 2016)
  • (en) Jacques Heurgon, « Lapis Satricanus : Archaeological, epigraphical, linguistic and historical aspects of the new inscription from Satricum : by M. Stibbe, G. Colonna, C. de Simone and H. S. Versnel, with an introduction by M. Pallottino, 1980 », Revue des Études Anciennes, vol. Tome 85, nos 3 et 4,‎ , pages 344-346 (lire en ligne, consulté le 26 juillet 2016)
  • Jacques Poucet, « Enrico Flores, La camena, l'epos e la storia : Studi sulla cultura latina arcaica. », L'antiquité classique, vol. Tome 69,‎ , pages 345-346 (lire en ligne, consulté le 26 juillet 2016)
  • Thierry Piel et Bernard Mineo, Et Rome devint une République : 509 av. J.-C., Clermont-Ferrand, Lemme edit, coll. « Illustoria / Histoire ancienne » (no 12), , 119 p. (ISBN 978-2-917575-26-0)
  • Jacques Heurgon, « Italy Before the Romans : The Iron Age. Orientalizing and Etruscan periods. Edited by David and Francesca R. Ridgway, 1979 », Revue des Études Anciennes, vol. Tome 82, nos 3 et 4,‎ , pages 351-354 (lire en ligne, consulté le 26 juillet 2016)
  • Jean-Claude Richard, « À propos du premier triomphe de Publicola », Mélanges de l'Ecole française de Rome. Antiquité, vol. tome 106, no 1,‎ , pages 403-422 (DOI 10.3406/mefr.1994.1852, lire en ligne, consulté le 26 juillet 2016)
  • (it) Alessandro Morandi, « L'ara inscritta di Corcolle : Aspetti monumentali ed epigrafici », Revue belge de philologie et d'histoire, Antiquité - Oudheid, vol. tome 65, no fascicule 1,‎ , p. 97-112 (DOI 10.3406/rbph.1987.3574, lire en ligne, consulté le 26 juillet 2016)
  • (en) « Latin - 7th/6th century BC - Current era : Examples of writing ; paragraphe Lapis Statricanus », sur Mnamon : Antiche scritture del Mediterraneo - Scuola Normale Superiore Laboratorio di Storia, Archeologia, Epigrafia, Tradizione dell'antico, (consulté le 26 juillet 2016)

Liens externesModifier