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Lanrivoaré

commune française du département du Finistère

Lanrivoaré
Lanrivoaré
La mairie.
Blason de Lanrivoaré
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Arrondissement Brest
Canton Saint-Renan
Intercommunalité Pays d'Iroise
Maire
Mandat
Pascale André
2014-2020
Code postal 29290
Code commune 29119
Démographie
Gentilé Lanrivoaréens
Population
municipale
1 465 hab. (2016 en augmentation de 0,96 % par rapport à 2011)
Densité 98 hab./km2
Population
aire urbaine
43 267 hab.
Géographie
Coordonnées 48° 28′ 23″ nord, 4° 38′ 16″ ouest
Altitude Min. 22 m
Max. 104 m
Superficie 14,89 km2
Localisation

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Liens
Site web Site de la commune

Lanrivoaré [lɑ̃ʁivwaʁe] (en breton : Lañriware) est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.

GéographieModifier

Communes limitrophesModifier

Communes limitrophes de Lanrivoaré
Plourin Plourin Tréouergat
Plouarzel et Brélès   Milizac
Plouarzel Saint-Renan Milizac

ToponymieModifier

Le nom Lanrivoaré provient du breton lan ("ermitage") et de saint Rivoaré (ou saint Rigur ou saint Rivoal ou saint Riware), oncle de saint Hervé. Lanrivoaré est issu d'un démembrement de la paroisse de l'Armorique primitive de Milizac, fit partie de archidiaconé d'Ac'h et fut un temps une trève de Plourin au sein de l'ancien évêché de Léon[1].

Saint Riware (dit aussi saint Rivoaré) aurait donc été le chef d'une tribu d'émigrés bretons qui aurait, été immolée par des païens en haine de leur foi, et c'est en souvenir de ce massacre qu'on aurait conservé leurs restes à Lanrivoaré dans le "cimetière des Saints", entièrement dallé, dans lequel on ne pénètre qu'en se déchaussant. On y voit une croix au pied de laquelle se trouvent sept pierres rondes ayant quelque analogie avec la forme de pains de ménage. On dit que ces pains furent changés en pierre par saint Riware (dit aussi saint Rivoaré), à l'étalage d'un boulanger qui lui aurait refusé l'aumône. Ce cimetière est dénommé "cimetière des 7777 Saints martyrs", mais en breton, l'on dit 7 mille, 7 cents 7 vingts et 7 (c'est-à-dire 7847) auxquels, si on ajoute les 7 pierres de la croix, on trouve le chiffre 7854[1].

« Près de l'église est un ancien cimetière, dans lequel il n'est permis de pénétrer que nu-tête et pieds nus, parce que, suivant la tradition, 7 777 saints y ont été inhumés. Dans ce cimetière, entouré d'un mur peu élevé, on voit en effet un vaste emplacement carré, pavé de dalles irrégulières ; sous ces dalles reposent les 7 777 saints. D'après la même tradition une peuplade chrétienne aurait été massacrée dans ces lieux par une peuplade encore païenne[2]. »

HistoireModifier

PréhistoireModifier

Plus de 2 000 haches à douille, garnies d'un petit anneau, furent découvertes sous des pierres plates en 1731, dans un marais qui fut autrefois un étang[2].

Moyen ÂgeModifier

L'article 39 du Cartulaire de Landévennec parle en ces termes d'une donation faite par le mythique comte Even vers 900 concernant Lanrivoaré (le texte est en latin) :

« De tribu Lanriuuoroe. Haec descriptio declarat, quod sanctus Morbretus habuit colloquium aput Sanctum Uuingualoeum, cui et se ipsum et beneficium, quod eidem sancto Morbreto dedit Evenus comes, qui dictus est magnus, et omnia quae habuit perpetualiter, ut illum aput Deum haberet intercessorem, commendavit, quia illius nomen illis diebus caelebre habebatur. Quod beneficium dicitur Lan Riuuole eum omni debito et decima et omnibus ei apen[f° 156 v°]diciis : Languenoc, hereditas sancti Uuenhaeli, qui primus post sanctum Uuingualoeum abbas fuit ; Lan Decheuc, Caer Tan, Ran Maes, Caer Galueu, super flumen Helorn. Anno DCCCCti L V incarnationis Domini nostri Jhesu Christi, epacte XXV, indictiones III*, concurrentes VII, terminus paschalis IIIIto idus aprilis, in VIIa feria pridie kal.aprilis, luna IIIIa, annus embolismus[3]. »

Époque moderneModifier

Au XVIe siècle, Lanrivoaré faisait partie de la sénéchaussée de Brest et Saint-Renan [4]. Au XVIIe siècle, une confrérie appelée Gueret ar Sent en breton ("Cimetière des Saints" en français), « canoniquement érigée sous l'invocation et à l'honneur de tous les Saints » ; elle fut enrichie d'indulgences en 1664 par bref du pape Alexandre VII[5].

Plusieurs chapellenies étaient alors desservies par la paroisse de Lanrivoaré : celles du Carpont (dite aussi de Kerdrionar), de Douric-ar-Saliou, du sieur de Kerléau, du sieur de Kermeur, de Kerdrionar, de Trezeguer, etc.[5].

En 1759, une ordonnance de Louis XV ordonne à la paroisse de Lanriouvaré [Lanrivoaré] de fournir 3 hommes et de payer 19 livres pour « la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne »[6].

En 1775, Jaffredou, le recteur de Lanrivoaré décrit en ces termes la mendicité dans sa paroisse, qui comptait alors environ 400 habitants :

« Le nombre des mendiants est de 70 ; nombre de familles en état de faire la charité, 20 ; familles ayant à peine le nécessaire, 40 environ.Plusieurs sont dans la misère par la débauche, le défaut de travail et défaut de volonté de travailler et deviennent fripons pour avoir de quoy continuer leur vie libertine. Il y a très peu hors d'état de travailler dans la paroisse, nulle ressource pour les pauvres que la charité du public[7]. »

La Révolution françaiseModifier

François Balch, recteur et Yves-René Lilès, vicaire, refusèrent de prêter serment à la Constitution civile du clergé, devenant donc prêtres réfractaires. Le , un prêtre jureur, René-Louis Prigent, fut "élu", mais l'intrus ne parvint pas à gagner la sympathie des habitants. Il se plaint aux responsables du district de Saint-Renan en ces termes :

« Personne ou presque personne ne vient à ma messe ni au catéchisme, non plus qu'aux processions... Si une poignée de monde de Lanrivoaré, qui sont presque tous mes parents, est rebelle à la loi, que ne deviendront pas les grandes paroisses ? On considère les sermentaires comme des schismatiques, des hérétiques, comme des excommuniés pire que des serpents. »

Yves-René Lilès, le vicaire réfractaire, fut incarcéré à la prison des Carmes de Brest, puis, après une brève libération, réemprisonné au château de Brest, puis déporté en Espagne, à Santander, en août 1792. Il devint par la suite, lors de la signature du Concordat, recteur de Lanrivoaré, remplaçant François Balc'h, mort en exil en Angleterre et le resta jusqu'à sa mort survenue le [5]..

Le camp dit "camp de Saint-Renan" ou "camp de Lanrenap", fut installé en 1793 sur les communes de Lanrivoaré et Milizac sur décision du Comité de Salut public : formé de huttes, il accueillit des hommes de la levée de 300 000 hommes dans des huttes sommaires : « C'était un site sauvage, désert, privé de toute ressource, mais bien choisi pour commander la côte du nord de la Rade de Brest, pour la couvrir et pour éclairer [contrôler] des rivages fréquentés par les contrebandiers anglais et les déserteurs de notre marine »[8].

Le XIXe siècleModifier

Le chevalier de Fréminville parcourant en 1830 la région visita l'église de Lanrivoaré et la trouva « pavée de pierres tombales sur lesquelles on voit sculpté des haches, des piques, des pioches, etc.. »[9]. Ce sont, ajoute-t-il, les instruments des diverses professions qu'exerçaient ceux qui gisent sous ces pierres sépulcrales[10].

Une loi datée du remania de manière importante les limites des communes de Plourin, Landunvez, Lanrivoaré, Lanildut et Brélès afin de mettre fin à un découpage très complexe issu des paroisses d'Ancien Régime[11].

Le XXe siècleModifier

Politique et administrationModifier

Liste des mairesModifier

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1995 2014 Jean Simon[12]    
2014 En cours Pascale André[13] DVD Employée
Les données manquantes sont à compléter.

JumelagesModifier

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[14]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[15].

En 2016, la commune comptait 1 465 habitants[Note 1], en augmentation de 0,96 % par rapport à 2011 (Finistère : +0,93 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
392386367419405417473468702
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
690690740711740800780783750
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
742768827763831804808802732
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
7156957239551 2711 2901 3331 4511 465
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[16] puis Insee à partir de 2006[17].)
Histogramme de l'évolution démographique
 

Lieux et monumentsModifier

 
Monument aux morts de 1914-1918.
  • Le Cimetière des 7777 saints. Le cimetière comprend un enclos où les sépultures des 7847 saints martyrisés par les païens. Le nom du cimetière est dû à la mauvaise traduction en français du nombre 7847 breton. Dans cet enclos se trouve un autel de granite surmonté d'une croix et abritant la statue de saint Hervé. Devant l'autel sont disposées sept galets alignés, rangés par taille décroissante. Ils représenteraient sept pains refusés à saint Hervé, qui en punition, les auraient pétrifiés[18]. La coutume veut qu'on fasse trois fois le tour du bassin de pierre puis qu'on soulève les pierres l'une après l'autre, de la plus légère à la plus lourde. Cette curieuse coutume était recommandée notamment aux femmes qui voulaient avoir des enfants.[réf. nécessaire]

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Lanvivoaré : église paroissiale Saint-Rivoaré.

Notes et référencesModifier

  1. a et b http://www.infobretagne.com/lanrivoare.htm
  2. a et b Benjamin Girard, La Bretagne maritime, C. Thèse, , 526 p. (lire en ligne).
  3. http://sentbreizh.free.fr/Cartul-Landev01.htm
  4. Jean Kerhervé, Anne-Françoise Pérès, Bernard Tanguy, Les biens de la Couronne dans la sénéchaussée de Brest et Saint-Renan, d'après le rentier de 1544, Institut culturel de Bretagne, 1984.
  5. a b et c Chanoines Jean-Marie Abgrall et Paul Peyron, [Notices sur les paroisses] Lanrivoaré, Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie, Quimper, 19e année 1919, p. 182-187http://catholique-quimper.cef.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf_notices/lanrivoare.pdf
  6. >"Ordonnance... portant imposition pour la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne", 1759, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97412315/f8.image.r=Plovan
  7. Réponse de Jaffredou, recteur de Lanrivoaré à Mgr l'Évêque de Léon, 1775, citée par Chanoines Jean-Marie Abgrall et Paul Peyron, [Notices sur les paroisses] Lanrivoaré, Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie, Quimper, 19e année 1919, p. 182-187 http://catholique-quimper.cef.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf_notices/lanrivoare.pdf
  8. Alexandre Moreau de Jonnès, "Aventures de guerre au temps de la République et du Consulat", tome 1, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6358304g/f138.image.r=Tr%C3%A9babu
  9. Chevalier de Fréminville, "Antiquités du Finistère", tome 1, 1832, page 257.
  10. Marques et signes sur des pierres tombales à Penmarch, "Bulletin de la Société archéologique du Finistère", 1928, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5786704t/f159.image.r=Ploudalm%C3%A9zeau?rk=107296;4
  11. "Bulletin des lois de la République française", 1850, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k486124w/f400.image.r=lanrivoaré
  12. http://www.letelegramme.fr/local/finistere-nord/brest/strenanouess/lanrivoare/municipales-2014-jean-simon-ne-se-represente-pas-11-01-2014-2364260.php
  13. http://elections.ouest-france.fr/elections-municipales-2014/finistere/29290-lanrivoare.html
  14. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  15. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  16. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  17. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.
  18. la fiche du cimetière des 7777 saints sur topic-topos.com
  19. http://www.patrimoine-religieux.fr/eglises_edifices/29-Finistere/29119-Lanrivoare/124800-EgliseSaint-Rivoare
  20. http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/memoire_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=AP58V01735

Liens externesModifier

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