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Zaparoan languages.png

Quatre groupes contemporains constituent l’ensemble linguistique záparo. Aujourd’hui peu nombreux, ils eurent dans l’histoire de la Haute Amazonie une place singulière par la bienveillance particulière des missionnaires à leur égard. Au XVIIIe siècle, l’ensemble záparo était formé de nombreux groupes maintenant disparus (notamment les Gae et les Semigae).

L'ensemble linguistique záparo aujourd'huiModifier

Aujourd'hui tous les groupes de cet ensemble sont en voie d'extinction. Ils occupent des territoires situés de part et d'autre de la frontière Pérou/Équateur.

les IquitoModifier

Les Iquito s’autodésignaient akenoini. Le nom iquito est dérivé d’un terme relationnel yameo. L’axe central de leur territoire est constitué par le río Nanay et le Pintoyacu – ancien río Blanco, affluent du Nanay au Pérou.

En 1992 ils seraient 120. Les Iquito sont majoritairement monolingues espagnol : en 1992 sont recensés une dizaine de locuteurs bilingues iquito / espagnol et une vieille femme monolingue iquito.

les ArabelaModifier

Les Arabela,(tapueyocuaca est le terme par lequel ils s’autodénomment), vivent sur les bords du fleuve éponyme, affluent du bas Curaray (Pérou), habitent l’ancien territoire des Semigae.

En 1997, on compte 350 Arabela dont 150 locuteurs. Les Arabela, en raison des mariages avec les Quechua du Napo, sont bilingues dans les langues arabela et quichua. La part importante des jeunes (51 % de cette population ont moins de 15 ans en 1997) – également bilingues – est un facteur important pour le maintien et la préservation de la langue.

les ZaparaModifier

Les Zapara vivent le long des fleuves Conambo et Pindoyacu et sur le haut Curaray en Équateur, et le long du Tigre au Pérou. Ils possédaient autrefois un territoire beaucoup plus vaste qui s’étendait (du XVIII et XIXe siècle) des ríos Pastaza à Curaray et du piémont andin à la frontière péruvienne (Reeve).

Le nom « Záparo » vient du panier fait de lianes bejuco fendues en deux et deux fois tressées, entre lesquelles des feuilles imperméables sont placées, et d’un couvercle travaillé de la même façon, dont les Záparo se servent pour mettre leurs vêtements et autres biens au sec (Simson). Eux-mêmes s’autodésignent káyapwö (Tessmann).

Aujourd'hui ils se désignent comme "Sápara", la lettre z n'existant pas dans leur langue.

Leur culture et langue ont été déclarées Patrimoine Immatériel de l'Humanité par l'UNESCO en 2001. Ils sont estimés à 250 personnes en Équateur et autant au Pérou.

les AndoaModifier

Les Andoa vivent sur le fleuve Pastaza, au Pérou, ainsi que sur le Bobonaza en Équateur. Certains ethnohistoriens (Taylor) et linguistes (Gnerre) les classent dans la famille linguistique Jivaro.

Vocabulaire communModifier

Français Andoa Arabela Kahouarano Zapara
Un Nikinjo Nikiriyatu Núki Kuquaqui
Deux Ishki Kaapika Kómi Namisciniqui
Trois Kimsa Keraha Naimuckumarachi
Homme Yara'ka Puiyano Kai' Aroko
Femme Mahĩ Maahi Muesáhi Hityuma
Chien A'tsari' Sare Müiyaro Arjoko
Soleil Upa'nanu'u Pananu Nonamiha Yanokwa
Lune A'raka' Raka Ahari' Kaʧikwa
Eau Muwaka Mowaka Puratiatsa Moriʧa

Liens internesModifier

BibliographieModifier

  • Beuchat, Henri et Rivet, Paul, 1908, La famille linguistique Zaparo, « Journal de la société des américanistes », vol. 5, pp. 235-249
  • Bilhaut, Anne-Gaël, « Le réveil de l’immatériel. La production du patrimoine onirique des Indiens Zápara (Haute Amazonie) ». Thèse de doctorat en ethnologie (Université Paris X-Nanterre), 2007.
  • Chaumeil, Jean-Pierre, 1992, La Légende d’Iquitos (version iquito), Bulletin Français d’Etudes Andines, 21 (1) : 311-325.
  • Chirif, Alberto, 1997, Pueblos Indígenas e Instituciones de Apoyo en la región de Loreto, Iquitos.
  • Reeve, Mary-Elizabeth, 1988, Los Quichua del Curaray. El proceso de formación de la identidad, Quito, Abya Yala, Banco Central del Ecuador-Guayaquil.
  • Simson, Alfred, 1886, Travels in the wilds of Ecuador, and the exploration of the Putumayo river, London.
  • Taylor, Anne-Christine, 1986, « La zone Orientale » et « la zone septentrionale », L’Inca, l’Espagnol et les Sauvages : rapports entre les sociétés amazoniennes et andines du XVe au XVIIe siècle, F-M Renard-Casevitz, Th. Saignes, A-C Taylor, Paris, Editions Recherche sur les Civilisations.
  • Tessmann, Günter, 1930, Die Indianer Nordost-Perus, Hamburg