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Landry de Nevers
Titre Comte de Nevers
(990 - 1028)
Prédécesseur (pas de prédécesseur connu)
Successeur Renaud Ier de Nevers
Allégeance Duché de Bourgogne
Suzerains Otton-Guillaume de Bourgogne
Conflits • (990) Attaque par Archambaud de Bourbon
• (1002-1015) Guerre de succession de Bourgogne suite au décès de Henri de Bourgogne
Faits d'armes Défense d'Auxerre (1003)
Biographie
Dynastie Maison de Nevers
Naissance ~970
Décès
château de Gourdon
Père Bodon
Mère (nom inconnu)
Conjoint Mathilde de Bourgogne (†1005)
Enfants Bodon, comte de Vendôme
• Landry de Nevers
Renaud Ier
• * Guy « le petit Bourguignon » de Nevers
Robert de Nevers

Landry de Nevers ou de Maers (~970 - 1028), est le premier comte de Nevers connu (990-1028).

Sommaire

FamilleModifier

Article détaillé : Maison de Nevers.

Quatrième du nom (actuellement connu) dans la Maison de Monceaux-le-Comte, Landry est premier comte de Nevers connu[1].

Son père Bodon († après novembre 950) ou Bodonem est cité dans l'Histoire des comtes de Nevers comme le fils du Landry neveu de Hildegaire[n 1], précisant que son parrain est Bodo de Montibus[1]. Seigneur de Monceaux-le-Comte, Bodon fait construire le château de Monceaux[1],[2]. Il a au moins un fils, Landry de Nevers ; et peut-être un autre fils qui aurait été reçu moine à Cluny[1],[n 2].

Sa mère est l'épouse de Bodon ; son nom est inconnu[3].

Conjoint, enfants

Il épouse Mathilde de Bourgogne (~983-1005), comtesse de Nevers, fille d'Otte-Guillaume[4], comte de Bourgogne, et d'Irmentrude de Roucy. Mathilde décède le 13 novembre ou le 13 décembre 1005, et est inhumée à Saint-Étienne d'Auxerre[3].

Landry et Mathilde ont cinq enfants connus :

BiographieModifier

Comte de Nevers (990)

En 990 son beau-père Otto-Guillaume (fils adoptif du duc duc Eudes-Henri de Bourgogne, premier comte palatin de Bourgogne (982-1026) et comte de Mâcon par mariage avant 981 ou 982[4]), le fait comte de Nevers pour services rendus[3],[n 10].

Lebeuf cite Hugues le Poitevin, rédacteur de la Chronique de Vézelay, qui donne de Landry un portrait flatteur : « Son château était ouvert aux riches et aux pauvres généralement qui allaient à Rome. Il les recevait tous indifféremment, & leur faisait bon accueil. […] Il donna de vive voix à l'abbaye de Saint-Germain d'Auxerre, le prieuré de S.Sauveur en Puisaie et celui de S.Pierre de Dezize en Nivernois […] il accorda à la même abbaye le privilège d'exemption des droits de garde pour le prieuré de Mazilles […] en Nivernois »[8]. Concernant ces biens en particulier, Landri se contente en réalité de consentir à respecter ces remises de droits de garde et de maréchaussée accordées en premier lieu par le duc Eudes-Henri pour « Iranci, Aucep, Blegny et autres » terres possédées par Saint-Germain[2]. Il fait cependant une donation de plusieurs biens à l'abbaye de Flavigny le 28 juillet 1002[n 11], et à l'abbaye de Cluny en 1010[3],[n 12].

Une satyre de l'époque, Rythmus Satiricus[9], fait de lui un tout autre tableau d'un être machiavélique et plein de mauvaises intentions, l'accusant entre autres d'avoir « aidé à maintenir le deuxième mariage de Robert II à Berthe de Bourgogne »[10].

Attaque par Archambaud de Bourbon

Selon la chronique de Vézelay, Archambaud de Bourbon (fils d'Archambaud Ier, petit-fils de Aymon Ier lui-même cousin de Hugues le Grand et de Hugues Capet) attaque Landry la même année 990 pour une question de frontière : « Bellum inter ligerim et elaverim fluvios inter Landrium comitem Nivernensen et Archambaldum principem »[11]. Les annales du Nivernais citent une bataille entre Landricum comitem et Archimbaldum aux Ides d'août 991[3].

Succession de Eudes-Henri de Bourgogne (1002-1015)

Le duc Eudes-Henri Ier de Bourgogne, sans postérité, désigne dans son testament son fils adoptif Otto-Guillaume comme héritier du duché de Bourgogne - aux dépens de son neveu le roi Robert II le Pieux. Quand Eudes-Henri meurt en 1002, Otto-Guillaume revendique le duché et Robert II conteste. Deux partis se forment, mais en Bourgogne la majorité accepte les dispositions testamentaires en faveur d'Otto-Guillaume — dont Landry, qui soutient son beau-père.
L'évêque d'Auxerre depuis 999 est Hugues de Chalon, également comte de Chalon et entièrement dévoué au roi[12] — contre son propre neveu[12] (Otto-Guillaume est le fils de Gerberge, demi-sœur de Hugues). Face à la très grande opposition qu'il rencontre à Auxerre, ville particulièrement dévouée à la cause bourguignonne[13], le comte-évêque passe cette période agitée retiré sur ses terres[14] pour les douze années que durent le conflit, tenant ferme son comté contre le parti d'Otto-Guillaume[15].

Robert II fait appel au duc de Normandie Richard II, qui amène 30 000 hommes. Après deux sièges infructueux, l'un devant Auxerre et l'autre devant l'abbaye Saint-Germain (toujours hors des murs de la ville à cette époque), suivies de nombreuses destructions dans le duché[16], le roi accepte d'envisager la paix, dont les négociations sont menées par Hugues de Chalon et d'autres ecclésiastiques. Ces négociations se déroulent en plusieurs étapes, d'abord à Verdun[15] (1014), puis à Héry (1015), à Dijon, à Beaune et à Anse (Lyonnais), et en février 1017 à Autun[17]. Le concile d’Héry, présidé par l'archevêque de Sens Léotheric en présence du roi, de Gosselin archevêque de Bourges et de Landry comte d'Auxerre, est le plus important par ses conclusions : on y attribue le duché au roi Robert II[15].

Puis Renaud le fils de Landry se fiance à la fille du roi Robert, qui apporte en dot le comté d'Auxerre.

Décès

Landry meurt au château de Gourdon le 11 mai 1028[3],[n 13].

Voir aussiModifier

Lien externeModifier

  • (en) Charles Cawley, « Landry [IV] (-11 May 1028) », « Burgundy duchy - Nevers », ch. 1 : « Comtes de Nevers », section A : « Comtes de Nevers 990-1181 », sur Medlands - Foundation for Medieval Genealogy (consulté le 17 février 2019).  

BibliographieModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. L'Historia Nivernensium Comitum indique que « Hildegarii nepoti Landrico » épouse « uxore stirpis Andegavorum »", sans que l'on sache s'il sagit de sa première ou deuxième femme. Voir Cawley, « Comtes de Nevers 990-1181 », note 17.
  2. En novembre 950 « Bodo » donne à l’abbaye de Cluny un bien situé « in pago Matisconense in villa Lanco », acquise d'un « Rainaldo cognate meo […] pro receptione filii mei » (« pour la réception de mon fils »), charte à laquelle souscrivent « Gisoni, Attoni, Landrici » (cartulaire de Cluny, t. I, 783, p. 737) ; mais il n'est pas certain que ce soit le même Bodo. Nous ne savons pas qui est Rainaldo mais le nom suggère une connexion familiale avec le comte de Nevers ; Settipani suggère qu'il est lié aux comtes d'Anjou par la mère de Bodo. Voir Cawley, « Comtes de Nevers 990-1181 », note 17.
  3. a et b Une charte de donation du 28 juillet 1002 par « Landricus comes » à l'abbaye de Flavigny est souscrite par « Bodo filius eius, Landricus filius eius… » (cartulaire de Flavigny 29, p. 86). Cité dans « Landry [IV] de Monceau » (MedLands), note 32.
  4. Renaud Ier de Nevers est cité comme « Renaldum » fils de « Landricus primus hujus generis Comes Nivernis » (dans Origine et Historia Brevi Nivernensium Comitum, RHGF, tome X, p.258). Cité dans « Landry [IV] de Monceau » (MedLands), note 45.
  5. a b et c Par charte faite entre 1028 et 1040, « Rainaldus comes Nivernensis » donne « Belmontis » à Cluny, pour les âmes de « Landrici patris mei…[et] Matildis matris mee et uxoris mee Advise et filiorum meorum qui presentes sunt… fratris mei Widonis et Rotberti et Walterii, Gilberti, Abonis, Hiterii, Hugonis, Richardi, Girosi », cette charte étant souscrite par « filii eorum Willelm » (cartulaire de Cluny, tome IV, 2811, p. 13). Cité dans « Landry [IV] de Monceau » (MedLands), note 46.
  6. Le nécrologe de la cathédrale de Mâcon indique que « Raynaldus Nivernensis comes » est tué le « IV Kal Jun » (obituaires de Lyon II, Église cathédrale de Mâcon, p. 362 ; cité dans « Renaud [I] de Nevers » (MedLands), note 59. Le nécrologe de la cathédrale d'Auxerre indique que « comes Rainaldus » est tué le 29 mai, sans date ; voir Lebeuf 1743, vol. 2, p. 61 et « Renaud [I] de Nevers » (MedLands), note 60.
  7. À l'époque, "Seignelay" se prononce "Seilegney" et "Seillenay". Voir Lebeuf 1743, vol. 2, p. 61.
  8. « Gibaldus » fait une donation à Cluny en juin 1023, charte souscrite par « Landrici comitis, Rainaldi filii eius et uxoris eius, Widoni et uxoris eius Acherada… Rodberti filii Gibaldi » (cartulaire de Cluny, tome III, 2781, p. 805). Cité dans « Landry [IV] de Monceau » (MedLands), note 47.
  9. Le Miracula Sancti Bernardi indique que « Landrico… Nivernensium comite » fiance « Rotberto uni suorum filio » (« Robert un de ses fils cadets ») à « Mahildem, Gimonis filiam » (Miracula Sancti Benedicti, auctore Andreæ monachi Floriacensis secundus, Liber V, XV et XVI, pp. 212-213). Cité dans « Landry [IV] de Monceau » (MedLands), note 50.
  10. Lebeuf, souvent enthousiaste quant aux titres, donne à Landry celui de comte d'Auxerre (par ex. Lebeuf 1848, vol. 1, p. 252, Lebeuf 1743, vol. 2, p. 53...). Cependant - sauf erreur - aucune source n’est indiquée donnant ce titre à Landry, ce qui est surprenant pour une charge qu'il aurait gardée, selon Lebeuf (1743, p. 53), au moins 30 ans « dès la fin du siècle précédent » (années 990), à priori jusqu'à sa mort en 1028 : aucune donation, aucun acte, et surtout aucun des obituaires qui signalent sa mort ne le dit comte d'Auxerre, un comté pourtant aussi important que celui de Nevers.
    Il est clair que Landry a rempli le rôle de comte d'Auxerre face à l’attaque de Robert II en 1003. Mais son suzerain Otto-Guillaume a pu lui donner la charge de défendre la ville sans pour autant l'instituer comte d'Auxerre. ?
  11. La charte de donation du 28 juillet 1002 par « Landricus comes » à l'abbaye de Flavigny est souscrite par ses deux premiers fils : « Bodo filius eius, Landricus filius eius ». Cité dans « Landry [IV] de Monceau » (MedLands).
  12. La charte de donation en 1010 par « Landricus comes » à l'abbaye de Cluny est souscrite par son troisième fils Renaud ou Raynald : « […] Rainaldi eius filii […] ». Cité dans « Landry [IV] de Monceau » (MedLands).
    En 1010, Landry
  13. Le Miracula Sancti Bernardi donne la mort de « Landrico…Nivernensium comite » au Gordone castro (E. de Certain (ed.) (1858), Miracula Sancti Benedicti (Paris), auctore Andreæ monachi Floriacensis secundus, Liber V, XV et XVI, pp. 212-213). Les Annales du Nivernais notent la mort de « Landricus comes » le « 1028 V Id Maii » (Annales Nivernenses, 1028, MGH SS XIII, p. 90). Le nécrologe de la cathédrale d'Auxerre note la mort de « Landricus comes » le 11 mai, sans année indiquée (Lebeuf 1743, vol. 2, p. 61).
    Cités dans « Landry [IV] de Monceau » (MedLands), notes 35, 36 et 37.

RéférencesModifier

  1. a b c et d (en) Charles Cawley, « section A : « Comtes de Nevers 990-1181 » », « Burgundy duchy - Nevers », ch. 1 : « Comtes de Nevers », sur Medlands - Foundation for Medieval Genealogy (consulté le 17 février 2019).
  2. a et b Lebeuf 1743, vol. 2, p. 53, note (b).
  3. a b c d e f g h i j et k « Landry [IV] de Monceau » (MedLands).
  4. a et b (en) Charles Cawley, « Otto-Guillaume († 1026) », « Burgundy duchy - Mâcon & Beaujeu », ch. 1 : « Comtes et vicomtes de Mâcon », section B : « Comtes de Mâcon (Ivrea) », sur Medlands - Foundation for Medieval Genealogy (consulté le 17 février 2019).
  5. (en) Charles Cawley, « Renaud [I] de Nevers », « Anjou – Comtes d’Anjou, ducs d’Anjou », ch. 1 : « Comtes d'Anjou », section B : « Comtes d’Anjou 878-1060 », sur Medlands - Foundation for Medieval Genealogy (consulté le 18 février 2019).
  6. Lebeuf 1743, vol. 2, p. 61.
  7. (en) Charles Cawley, « Renaud [I] de Nevers », « Burgundy duchy - Nevers », ch. 1 : « Comtes de Nevers », section A : « Comtes de Nevers 990-1181 », sur Medlands - Foundation for Medieval Genealogy (consulté le 18 février 2019).
  8. Lebeuf 1743, vol. 2, p. 57.
  9. Adalbero Laudunensis, « Rythmus Satiricus », trad. Sébastien Bricout, 2005, sur forumromanum.org (consulté le 19 février 2019).
  10. Bouchard (1987), p. 343, citing Adalbero of Laon, Rythmus satyricus 24. Cité dans « Landry [IV] de Monceau » (MedLands), note 31.
  11. Simon Coiffer de Moret, Histoire du Bourbonnais et des Bourbons qui l'ont possédé, 1, (lire en ligne), p. 99. Pour Archambaud de Bourbon petit-fils d'un cousin de Hugues le Grand et de Hugues Capet : p. 96.
  12. a et b Lebeuf 1743, vol. 2, p. 54.
  13. Lebeuf 1743, vol. 1, p. 233.
  14. Lebeuf 1848, vol. 1, p. 252.
  15. a b et c Lebeuf 1743, vol. 1, p. 234.
  16. Lebeuf 1743, vol. 2, p. 56.
  17. Lebeuf 1848, vol. 1, p. 235.