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Lampaul-Plouarzel

commune française du département du Finistère
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Lampaul.

Lampaul-Plouarzel
Lampaul-Plouarzel
L'anse de Porspaul vue depuis la pointe de Beg ar Vir.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Arrondissement Brest
Canton Saint-Renan
Intercommunalité Pays d'Iroise
Maire
Mandat
Michael Jourden
2017-2020
Code postal 29810
Code commune 29098
Démographie
Gentilé Lampaulais
Population
municipale
2 094 hab. (2016 en augmentation de 2,65 % par rapport à 2011)
Densité 518 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 26′ 59″ nord, 4° 45′ 55″ ouest
Altitude Min. 0 m
Max. 58 m
Superficie 4,04 km2
Localisation

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Liens
Site web Site officiel de la commune

Lampaul-Plouarzel [lɑ̃pɔl pluaʁzɛl] (en breton : Lambaol-Blouarzhel) est une commune littorale du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.

GéographieModifier

SituationModifier

Lampaul-Plouarzel est situé à environ 25 km à l'ouest-nord-ouest de Brest et se trouve en bordure du Chenal du Four et de la Manche, non loin de sa limite avec l'Océan Atlantique[Note 1]. Elle possède deux ports : Porcave (Porscaff), au nord-est, sur la rive gauche de l'Aber Ildut, en eau profonde et abrité des vents d'ouest, et Porspaul, traditionnellement un simple port d'échouage, protégé par la pointe de Beg ar Vir.

La commune est enclavée dans celle de Plouarzel qui la cerne tant au nord, côté Aber-Ildut qu'à l'est, côté ruisseau et anse de Milin an Aod, et qu'au sud (au sud de l'anse de Porspaul) où un minuscule fleuve côtier, en fait un simple ruisseau, lui sert de limite communale.

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Faisant face à l'ouest, la commune est particulièrement exposée aux méfaits des tempêtes : par exemple celle de février 1925 démolit toutes les routes menant aux grèves de la commune[1] ; celles de janvier 1930 endommagèrent fortement l'église.

ReliefModifier

Les altitudes s'échelonnent entre 58 mètres pour le point le plus élevé (au sud-est du territoire communal) et le niveau de la mer. La partie nord de la commune forme une presqu'île délimitée à l'est par l'anse de Milin an Aod (en fait un aber), au nord par l'entrée de l'Aber Ildut située à la Pointe de Beg ar Groaz. La partie littorale de la mer est rocheuse, mais surmontée de basses dunes (datant de l'holocène)[2], dans sa partie nord (anses peu marquées abritant des plages et pointes, notamment celle de Pors Doun, y alternent) ; la partie sud du littoral est marquée par un champ dunaire plus large entre la grève de Pors Créguin et l'anse de Porspaul, séparées par la Pointe de Beg ar Vir.

Les paysages du littoralModifier

L'anse de Milin an Aod et le port de Porscave

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De la pointe de Beg ar Groaz à la pointe de Pors Doun

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De la pointe de Porsdoun à Porspaul

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GéologieModifier

D'un point de vue géologique, la région est riche en granites hercyniens où l'on peut retrouver des xénolithes plus anciennes, ce que l'on peut observer plus attentivement vers la côte.

HabitatModifier

Le bourg s'est développé en arrière de la côte : c'est là une caractéristique commune à de nombreuses communes littorales bretonnes (par exemple à Plouarzel, Plouguerneau, Ploudalmézeau, Landunvez, Ploumoguer, etc.), les premiers émigrants bretons fixèrent le centre de leurs plous à l'intérieur des terres, probablement par crainte des pirates saxons[3].

Commune littorale, Lampaul-Plouarzel connaît une urbanisation diffuse de type habitat périurbain avec de nombreuses résidences secondaires sur la majeure partie de son finage, il est vrai assez exigu. Le littoral lui-même est toutefois en partie exempt de cette rurbanisation en raison des dunes qui le bordent. Seules quelques lambeaux de terres agricoles subsistent à l'est et au sud-est de son territoire.

TransportsModifier

La commune est desservie principalement par la RD 5 qui vient de Brest et Saint-Renan, via Plouarzel (même si le bourg de Plouarzel est désormais contourné par une rocade routière).

ToponymieModifier

Le nom de Lampaul-Plouarzel provient du mot breton lann (monastère), et de Paol : Saint Pol Aurélien, auquel on a ajouté le suffixe "Plouarzel", du nom de la commune voisine, pour différencier la commune d'autres "Lampaul", entre autres Lampaul-Ploudalmézeau.

HistoireModifier

Moyen ÂgeModifier

Un prieuré (mentionné au pouillé de Tours vers 1330 sous le nom de Prioratus de Lanna-Paul) remplaça le monastère fondé par saint Pol et ruiné par les Normands en 878[4]. Il dépendait de l'abbaye Saint-Mathieu de Fine-Terre. Ce prieuré fut détruit par un incendie en 1911[5].

Époque moderneModifier

Au XVIe siècle, Lampaul-Plouarzel faisait partie de la sénéchaussée de Brest et Saint-Renan [6]. Les ports de l'Aber Ildut étaient alors très dynamiques, pratiquant essentiellement du cabotage : en 1686 le port de Bordeaux enregistra 40 arrivées de barques en provenance de l'Aber Ildut ; en 1724 le quartier maritime du Conquet compte 93 bateaux (barques, brigantins, bricks, sloops, ..) de l'Aber Ildut, d'une capacité de charge comprise entre 20 et 50 tonneaux[7].

L'ancienne église ayant été envahie par le sable vers le milieu du XVIIIe siècle, le culte fut transféré dans la chapelle de Saint-Sébastien[5].

En 1759, une ordonnance de Louis XV ordonne à la paroisse de Lambol-Plouarzel [Lampaul-Plouarzel] de fournir 3 hommes et de payer 19 livres pour « la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne »[8].

La pauvreté à Lampaul-Plouarzel en 1774Modifier

A. Illiou, recteur de la paroisse de Lampaul-Plouarzel, dans une lettre du adressée à l'évêque de Léon Jean-François de la Marche en réponse à son enquête sur la mendicité, écrit (l'orthographe de l'époque a été respectée) :

« La paroisse de Lampaul a 360 habitants communiants, dont il y a 50 pauvres ou mendiants, ou qui ont besoin de la charité pour subsister. Deux choses occasionnent la mendicité (...) : la perte des matelots qui ont laissé des veuves et des enfants mineurs sans ressources ; la discontinuation, ou du moins une grande diminution du débit des pierres de taille pour le Roi à Brest, qui faisoit le meilleur commerce de la paroisse, il y a quelques années[9]. »

La coupe et le ramassage du goémon en 1774Modifier

Le même curé écrit dans la même lettre :

« La deffense qu'on vient de faire aux Armoriquains de couper les goëmons hors les trois premiers mois de l'année et d'en vendre aux autres paroisses, nous est très préjudiciable, car ces mois sont les moins propres pour sécher le goëmon, et les pauvres gens, après l'avoir coupé et séché, seront obligés de le donner presque pour rien aux habitants ne leur étant pas permis de le transporter hors de leur paroisse[10]. »

Lampaul-Plouarzel en 1778Modifier

Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Lampaul-Plouarzel en 1778 :

« Lampaul ; près Plouarzel ; à 13 lieues ½ à l'ouest-sud-ouest de Saint-Pol-de-Léon, son évêché ; à 49 lieues ½ de Rennes et à 4 lieues un tiers de Brest, sa subdélégation et son ressort. On y compte 500 communiants[11]. La cure est présentée par l'Évêque. Saint Pol, premier évêque de ce diocèse, fonda, dans l'endroit où est actuellement l'église paroissiale, un monastère qui fut ruiné en 878 [par les Vikings ]. C'est sur ses ruines qu'on a bâti l'église de Lampaul, nom que portait le monastère. Ce territoire est borné par la mer et très exactement cultivé. Il produit des graines de toutes espèces et du lin. On y voit la maison noble du Carpont [faux, la maison noble du Carpont se trouvait à Lampaul-Ploudalmézeau ][12]. »

Le duc de Lauzun était le seigneur de Lampaul-Plouarzel dans les années avoisinant 1770.

Le XIXe siècleModifier

Lampaul-Plouarzel en 1843Modifier

A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Lampaul-Plouarzel en 1843 :

« Lampaul-Plouarzel (sous l'invocation de saint Pol) (...) ; aujourd'hui succursale. Cette commune manque presque absolument de bois ; les moyens ordinaires de chauffage sont la lande et le genêt ; encore faut-il aller les acheter dans les communes voisines. L'agriculture est en progrès ; la culture de la pomme de terre surtout y prend une extension considérable ; le goémon aide beaucoup à ce progrès ; on en récolte sur la côte de 1 800 à 2 000 charretées par an. Vert, sur place, ce goémon ne se vend pas plus de 75 centimes la charretée ; sec, il vaut jusqu'à 6 francs. Près de la moitié de la récolte de ce précieux engrais est exportée dans les communes voisines ; c'est ce qui explique comment celle-ci; qui pourrait revendre du grain, en fait à peine assez pour sa propre consommation. Il faut dire que l'air vif de la mer rend cette culture ingrate ; le blé noir vient aussi avec beaucoup de difficulté ; le lin vient plus difficilement encore. On parle généralement le breton[13]. »

En 1886, la commune de Lampaul-Plouarzel fut détachée du canton de Ploudalmézeau dont elle faisait partie jusqu'alors pour être rattachée au canton de Saint-Renan[14].

Les naufragesModifier

Des naufrages se produisaient régulièrement, mais ils n'ont pas laissé de trace dans l'histoire. Parmi les plus anciens connus à Lampaul-Plouarzel est celui de la Suzanne, un bateau d'Ouessant, venu moudre du grain à L'Aber-Ildut et disparu sans laisser de traces, mais dont les corps mutilés de deux des hommes d'équipage furent retrouvés gisants à la côte les 20 et [15]. Le la bisquine L'Émile, de Saint-Vaast, qui avait chargé des pommes de terre à Pont-l'Abbé, après avoir heurté la roche de la Grande Vinotière (au large du Conquet), sombra à environ deux milles à l'ouest de Lampaul-Plouarzel[16].

La traversée de l'Aber IldutModifier

 
La noyade de 12 personnes entre Lampaul, Plouarzel et Lanildut le (journal L'Humanité).

Entre Porscave et Lanildut, la traversée de l'Aber Ildut à marée basse se fit longtemps à gué, ce qui n'était pas sans risques, notamment pour les transports empruntant la voie charretière, des accidents se produisant parfois. Le rattachement en 1792 de Lampaul-Plouarzel au canton de Brélès entraîna une augmentation des passages. En 1821 un service de bac fut inauguré, rendant service notamment aux Lampaulais qui se rendaient à Lanildut. Le service fut assuré à partir de 1922 par un canot partant de Porscave faisant escale à la cale de Begadenn C'haro (en Plouarzel) avant de rejoindre le port de Lanildut. Le dernier passeur fut une femme, Fine Petton, qui mania l'aviron jusqu'en 1980.

Le droit de vaine pâtureModifier

Le droit de vaine pâture s'exerçait encore couramment au milieu du XIXe siècle :

« Les terrains communaux (...) sont livrés toute l'année au pâturage au profit des habitants des communes possédant ces communs, composés la plupart de dunes et de marais peu susceptibles d'être cultivés ; c'est ce qu'on voit à Lampaul-Plouarzel, à Ploudalmézeau, à Porspoder, à Landunvez, à Rumengol, à Plabennec, à Plouvien, etc. Chacun y envoie son bétail quand et comme bon lui semble ; c'est là encore qu'on dépose et qu'on met à sécher les plantes marines. Seulement de temps en temps, les communes vendent tout ou partie des communs, qui disparaîtront insensiblement et accroîtront la masse des terrains cultivés. (...) Les landes, marais,et généralement tous terrains déclos et non cultivés sont encre soumis à la servitude de vaine pâture. (...) La cessation de l'indivision ne suffit point pour mettre fin à la vaine pâture, il faut encore qu'il y ait clôture des terres[17]. »

Le XXe siècleModifier

La Belle ÉpoqueModifier

Le , le brick Théodore, échoué depuis plusieurs jours sur un rocher de l'île de Quéménès dans l'archipel de Molène, finit par couler[18]. Avant qu'il ne coule, « huit pêcheurs des communes de Plouarzel et Lampaul-Plouarzel ont été surpris au moment où ils procédaient au pillage du bateau. Les pilleurs d'épave ont été arrêtés »[19].

Au début du XXe siècle Lampaul-Plouarzel compte une flotte de près de 30 gabares transportant le granite de l'Aber Ildut et le sable extrait des dunes de Lampaul-Plouarzel et aussi de l'entrée de l'Aber Ildut principalement à destination de Brest (le chargement se faisait alors à la pelle, il faut attendre la décennie 1930 pour que des treuils et des bennes facilitent les chargements) ; des accidents se produisaient parfois : par exemple le le sloop Élisa-Alphonse, parti de Lampaul-Plouarzel avec un chargement de sable à destination de Pont-de-Buis, en détresse à hauteur de la pointe de Kermorvan fut secouru par le bateau de sauvetage Mallat-Desmortiers, du Conquet[20] ; en 1914 l'entreprise Verjat-Combarelle extrayait du sable des dunes, le faisait transporter au port de Lampaul-Plouarzel d'où il était transporté par des gabares, destiné notamment aux besoins de la construction des bassins de Laninon dans l'arsenal de Brest[21]. Autre exemple : en 1922, le sloop Saint-Jean, de Lampaul-Plouarzel, reçut l'autorisation d'extraire 100 m³ de sable de mer pendant 6 mois[22].

La récolte du goémon provoquait parfois des problèmes : ainsi en août 1909 trois marins-pêcheurs de Lampaul-Plouarzel furent condamnés à une amende pour avoir récolté du goémon de rive en temps prohibé ; en août 1910 deux goémoniers de Lampaul-Plouarzel furent condamnés à une amende pour avoir coupé du goémon de rive sur l'île de Quéménès appartenant à la commune de l'Île-Molène et le , des goémoniers de Lampaul-Plouarzel se virent dresser procès-verbal car ils récoltaient du goémon de rive sur l'île de Béniguet appartenant à la commune du Conquet, sa récolte était réservée aux seuls habitants des communes concernées[23].

La Première Guerre mondialeModifier

 
Monument aux morts de 1914-1918.

Le monument aux morts de Lampaul-Plouarzel porte les noms de 37 soldats et marins morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale[24]. Parmi eux, le sous-lieutenant François Coatanéa, né le à Lampaul-Plouarzel, engagé au 2e régiment d'infanterie coloniale, fut cité à l'ordre de son régiment pour son attitude courageuse lors d'un bombardement le . Il fut tué le à Bagatelle, un lieu-dit de la commune de Vienne-le-Château (Marne) après avoir tué 72 Allemands[25].

Le récit des circonstances de la mort au front le du caporal Jean-Pierre Bescond, du 219e régiment d'infanterie, né le à Lampaul-Plouarzel, qui était vicaire à Plounéour-Ménez, est disponible dans un livre[26].

En 1917 un vapeur anglais, torpillé et abandonné par son équipage, s'échoua dans la baie de Lampaul-Plouarzel[27].

L'Entre-deux-guerresModifier

Dans la décennie 1920 déjà, des régates étaient organisées à Lampaul-Plouarzel par le Comité des fêtes, présidé par le maire Jules Harchelon[28].

Lampaul-Plouarzel est ainsi décrit en 1924 dans un article du journal L'Ouest-Éclair : « Quelques vieilles maisons, quelques villas récentes autour d'une de ces vieilles bonnes églises de la côte, basses, comme ramassées autour de leur petit clocher, pour mieux échapper aux bourrasques du large » . Le même article décrit la vie d'un vieux loup de mer de la commune, Jérôme Kerros[Note 2], de Kerievel, qui avait plus de 60 années de navigation et avait participé notamment à la guerre de 1870[29]. Le même journal indiquait aussi le pour Lampaul-Plouarzel « 40 goémoniers sortis et rentrés avec 5 mètres chacun de goémon poussant en mer et goémon de rive »[30].

 
Four à goémon servant à faire des pains de soude.
 
L'état pitoyable de l'église de Lampaul-Plouarzel en janvier 1930 (Journal des débats politiques et littéraires du ).

La pêche était alors active à Lampaul-Plouarzel : par exemple pendant le premier trimestre de 1925, 78 bateaux de pêche (représentant en tout une jauge de 195 tonneaux) étaient armés dans les ports de Porspaul et de Porscave ; les poissons pêchés étaient principalement des turbots, carrelets, plies, congres, raies, etc. ainsi que des crustacés. Pendant la même période les goémoniers livrèrent 1 000 m³ de varech aux agriculteurs et 5 000 m³ de goémon de soude aux usines de produits chimiques[31]. Déjà pour le seul mois de septembre 1921, 3 000 tonnes de goémon de soude avaient été livrées aux usines chimiques de Lampaul-Plouarzel[32]. Une usine d'iode, fabriqué à partir de la cendre de goémon et gérée par un consortium de pharmaciens, existait encore à Lampaul-Plouarzel en 1934[33].

En 1937, 65 bateaux et 126 pêcheurs étaient immatriculés par l'inscription maritime à Lampaul-Plouarzel. « Ici on "fait" surtout le sable. Les pêcheurs à la ligne, au casier et au filet sont généralement propriétaires de lopins de terre où ils cultivent les légumes nécessaires à leurs besoins. La moyenne des gains dans ce port oscille entre 350 et 400 francs par mois »[34]. L'extraction du sable dans l'entrée de l'Aber Ildut permit d'approfondir le chenal d'accès au port de Porscave.

Le , le cotre Courageux, victime d'une violente tempête, se brisa sur les rochers de la pointe de Beg ar Vir en tentant de rejoindre le port de lampaul. L'équipage parvint à se sauver[35]. Le , le cotre La Petite-Denise, de Lampaul-Plouarzel, à moitié rempli d'eau, fut secouru par le Jean-Charcot, bateau de sauvetage de l'Île-Molène[36].

Les goémoniers étalaient sur la dune le goémon arraché aux rochers ou récolté sur la grève. Les algues séchées étaient brûlées à feu lent dans les fours à goémon, des tranchées profondes d'une cinquantaine de centimètres, larges de 70 cm et longues de 6 mètres, recouvertes de cailloux plats. On obtenait des pains de soude, pesant de 80 à 100 kilos, que l'on transportait à l'usine de Porspaul où l'iode, utilisée notamment en pharmacie, était extraite. En moyenne une tonne d'algues sèches permettait d'obtenir 2 à 3 kilos d'iode. Plus de 60 fours à goémon, utilisés jusque dans la décennie 1950, ont été dénombrés sur la zone dunaire de Lampaul-Plouarzel. Chaque four appartenait à une famille de goémoniers, souvent également cultivateurs[37].

Article détaillé : Goémonier.

La Deuxième Guerre mondialeModifier

Article détaillé : Bataillon de Ploudalmézeau.

Le XXIe siècleModifier

Depuis 2012, la société Agrimer, qui a passé un accord avec la municipalité, fait sécher chaque année entre début mai et fin août des algues sur les dunes de Porspaul, obtenant environ chaque semaine 90 tonnes d'algues séchées[38].

Politique et administrationModifier

 
La mairie de Lampaul-Plouarzel.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1803 1804 Podeur    
1804 1808 Yves Allençon[Note 3]   Meunier.
1808 1819 Jean Marie Corric[Note 4].   Capitaine de commerce.
1819 1821 Pierre Le Bras[Note 5]    
1821 1838 Hervé Apéré[Note 6]    
1838 1865 Michel Marie Forjonel[Note 7]   Tailleur de pierres, commerçant et entrepreneur.
1866 1874 Guy Colleau[Note 8]   Cultivateur. Il fit construire au bourg une mairie-école qui ouvre en 1868.
1874 1881 Yves Kérébel[Note 9]   Cultivateur. Gendre de Guy Colleau, maire précédent.
1881 1908 Jean Hervé Laurent Kérébel[Note 10]   Gendre de Michel Marie Forjonel, maire entre 1838 et 1865.
1908 1912 Louis Allençon[Note 11]   Marin retraité. Cabaretier. Fils nourricier de Jean Hervé Laurent Kérébel.
1912 1917 Jean Hervé Laurent Kérébel   Déjà maire entre 1881 et 1908 mais trop âgé, c'est son adjoint Auguste Lamour qui s'occupa de gérer la commune.
1917 1919 Auguste Lamour[Note 12]   Marin de commerce. Fils nourricier de Jean Hervé Laurent Kérébel.
1919 1932 Jules Alexis Harchelon[Note 13]   Ingénieur à la Société coopérative des pharmaciens pour la fabrication de l'iode et de ses dérivés.

Il aménagea le port de Porspaul avec notamment la construction d'une cale et l'installation de chaînes pour les bateaux.

1932 1936 Hervé Marie Kérébel[Note 14]    
1936 1969 René Alfred Husiaux[Note 15]   Gendre de Jules Alexis Harchelon. Ingénieur chimiste.
1971 1989 Jean Chapalain    
1989 2001 Claude Trébaul    
mars 2001 septembre 2017
(démission)
Didier Le Gac PS puis LREM Conseiller général puis départemental
septembre 2017 En cours Michel Jourden PS  
Les données manquantes sont à compléter.

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[39]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[40].

En 2016, la commune comptait 2 094 habitants[Note 16], en augmentation de 2,65 % par rapport à 2011 (Finistère : +0,93 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
495474899844604646628629655
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
643674780774819838820904927
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 0141 0331 1151 2061 2231 2841 2141 4581 496
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
1 4351 4641 4821 5831 6621 7661 9672 0632 100
2016 - - - - - - - -
2 094--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[41] puis Insee à partir de 2006[42].)
Histogramme de l'évolution démographique
 

Lieux et monumentsModifier

  • L'Église Saint-Paul-Aurélien, en granite. Cette église correspond à l'ancienne chapelle Saint-Sébastien, datant du XVIIe siècle, agrandie en forme de croix latine entre 1759 et 1762 et transformée en église paroissiale en 1774 sur décision de Mgr de La Marche car l'ancienne église paroissiale, située sur la dune, était envahie par le sable et tombait en ruine. L'église a été transformée et agrandie en 1970 (de l'ancienne église ne subsistent que la longère sud, le clocher-mur et le pignon est), le cimetière qui entourait l'église étant alors déplacé. L'église abrite quelques statues du XVIe siècle, un maître-autel du XVIIIe siècle et des ex-votos. Un calvaire datant du XVIe siècle et surmonté d'une croix en kersanton portant des statues géminées représentant saint Paul piétinant un dragon, saint Jean, la Vierge Marie et saint Sébastien se trouve dans l'enclos paroissial.

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  • La chapelle Saint-Egarec[43], conserve des vestiges d'une première chapelle construite au XIIIe siècle, mais l'essentiel date du XVIe siècle ; délabrée et menacée par l'ensablement a à partir de 1666, elle est abandonnée au milieu du XVIIIe siècle, mais elle est reconstruite après avoir été dégagée du sable en 1838 (seul son clocher émergeait alors du sable) par le curé de la paroisse[44]. Le pardoun ar brenick ("pardon des berniques") se déroulait le dimanche de la Trinité : en cette occasion, les paysans descndaient sur la grève pour ramasser des berniques.

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ÉvénementsModifier

  • Ekiden du Pays d'Iroise : course marathon qui se court en 6 relais, sur les routes de Lampaul-Plouarzel, le long des côtes. Championnat de Bretagne, championnat du Finistère, championnat en entreprise. 500 à 600 coureurs le quatrième week-end de juin.
  • Fête du patrimoine maritime, Pors-Scaff port escale Brest 2008, à Lampaul-Plouarzel mardi 8 et mercredi 9 juillet 2008.
  • Molène - Pors-Scaff à la godille, premier samedi d'août course en équipage. Départ de Molène, arrivée au port de Pors-Scaff. Toute la journée, animations musicales, brûlage de goémon, animations culturelles.
  • Les radeaux roulants qui se dérouleront à Lampaul le premier dimanche d'août. Les concurrents doivent construire un radeau capable de traverser la baie et capable de rouler sur un parcours. La fête se poursuit le soir même par la fête du cochon grillé.

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. La limite entre la Manche et l'Océan Atlantique est la Pointe de Corsen, située un peu plus au sud, dans la commune de Plouarzel.
  2. Jérôme Kerros, né le à Kerievel en Lampaul-Plouarzel, décédé le à Lampaul-Plouarzel. Il totalisa plus de 64 ans de navigation dont plus de 4 ans en temps de guerre (1870 et 1914) et fut fait de la Chevalier de la Légion d'honneur.
  3. Yves Allençon, né le à Trohoat en Lampaul-Plouarzel, décédé le à Trohoat en Lamapaul-Plouarzel.
  4. Jean Marie Corric, né le au Vern en Lanildut, décédé le à Lampaul-Plouarzel
  5. Pierre Le Bras, né le à Plouarzel, décédé le au Reun en Lampaul-Plouarzel.
  6. Hervé Apéré, né le à Kérouzilit en Lampaul-Plouarzel, décédé le à Créach Gat en Lampaul-Plouarzel.
  7. Michel Marie Forjonel, né le à Ouessant, décédé le à Lampaul-Plouarzel.
  8. Guy Colleau, né le à Carpont en Plouarzel, décédé le à Lampaul-Plouarzel.
  9. Yves Kérébel, né le à Lampaul-Plouarzel, décédé le à Lampaul-Plouarzel.
  10. Jean Hervé Laurent Kérébel, né le à Ploumoguer (son père Pierre Kérébel fut maire de Trébabu), décédé le à Lampaul-Plouarzel. Il fit bâtir un local pour l'école des filles, et la nouvelle école des garçons en 1907 ; vers 1904, il fait construire une villa au Cruguel que pendant longtemps on a nommé "Le Château" et qui est l'actuelle mairie de Lampaul-Plouarzel.
  11. Louis Allençon, né le à Lampaul-Plouarzel, décédé le à Lampaul-Plouarzel.
  12. Auguste Lamour, né le à Kerguestan en Plouarzel, décédé le à Lampaul-Plouarzel.
  13. Jules Alexis Harchelon, né le à Lille (Nord), ingénieur de l'École centrale de Paris, décédé le à Le Perreux-sur-Marne (Val-de-Marne).
  14. Hervé Marie Kérébel, né le à Kerduan en Lampaul-Plouarzel, décédé le à Lampaul-Plouarzel.
  15. René Alfred Husiaux, né le à Rouvroy (Pas-de-Calais), décédé le à Brest (Finistère).
  16. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

RéférencesModifier

  1. Journal Le Peuple, n° du 28 février 1925, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4696508m/f1.image.r=Plouarzel?rk=1888421;2
  2. André Guilcher et J. Lacroix, Morphologie du Léon, "Bulletin de la Section de géographie", 1962, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6410926s/f224.image.r=Plouarzel?rk=1480694;0
  3. René Largillière, Les saints et l'organisation chrétienne primitive dans l'Armorique bretonne, (lire en ligne)
  4. Benjamin Girard, "La Bretagne maritime", 1889, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5744832r/f259.image.r=Plouarzel
  5. a et b http://www.infobretagne.com/lampaul-plouarzel.htm
  6. Jean Kerhervé, Anne-Françoise Pérès, Bernard Tanguy, Les biens de la Couronne dans la sénéchaussée de Brest et Saint-Renan, d'après le rentier de 1544, Institut culturel de Bretagne, 1984.
  7. Panneau d'information touristique situé à Beg ar Groaz en Lampaul-Plouarzel.
  8. >"Ordonnance... portant imposition pour la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne", 1759, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97412315/f8.image.r=Plovan
  9. Antoine Favé, Les faucheurs de la mer en Léon (récolte du goémon aux XVIIème et XVIIIème siècles), "Bulletin de la Société archéologique du Finistère", 1906, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2076777/f164.image
  10. Antoine Favé, Les faucheurs de la mer en Léon (récolte du goémon aux XVIIème et XVIIIème siècles), "Bulletin de la Société archéologique du Finistère", 1906, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2076777/f165.image
  11. Personnes en âge de communier
  12. Jean-Baptiste Ogée, "Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne", tome 2, 1778, consultable https://archive.org/details/dictionnairehist02og
  13. A. Marteville et P. Varin, "Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne", tome 1, 1843, consultable https://books.google.fr/books?id=KZIPAAAAQAAJ&printsec=frontcover&dq=bibliogroup:%22Dictionnaire+historique+et+g%C3%A9ographique+de+la+province+de+Bretagne%22&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjlpOXwhafaAhUSPVAKHbwqAY8Q6AEIOTAD#v=onepage&q=Lampaul&f=false
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  25. Jean-Pierre Montier, James Éveillard et Gilles Baud-Berthier, "Voyage en Bretagne 1900-2000", éditions Ouest-France, 2007, [ (ISBN 978-2-7373-3808-3)]
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  37. Panneau d'information touristique situé à Lampaul-Plouarzel
  38. https://www.letelegramme.fr/finistere/lampaul-plouarzel/lampaul-plouarzel-150-caravanes-sur-les-dunes-agrimer-en-difficulte-11-06-2019-12308692.php
  39. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  40. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  41. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  42. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.
  43. Saint Egarec serait un abbé breton fort peu connu, honoré aussi à Kerlouan, au Folgoët et à Lesneven, invoqué pour les maux d'oreille et la surdité, voir http://nominis.cef.fr/contenus/saint/12561/Saint-Egarec.html
  44. http://www.wiki-brest.net/index.php/Chapelle_Saint-Egarec_de_Lampaul-Plouarzel

AnnexesModifier

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

  • Riou (Y.). La population maritime de Lampaul-Plouarzel vers la fin du XIXe siècle, Les Cahiers d'Iroise, no 196, mai 2003.
  • Riou (Y.). Paroles de gabariers, la vie d'une communauté dans le transport maritime (1900-1950), Yoran embanner, août 2011.
  • Riou (Y.). Gast, Alatô !, petit lexique du breton parlé à Lampaul, Plouarzel et Trézien, 2009.

Liens externesModifier

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