Ladislas Ier de Pologne

Władysław I Łokietek
Illustration.
Władysław Łokietek
Titre
Duc de Brześć Kujawski et de Dobrzyń
Prédécesseur Casimir Ier de Cujavie
Successeur Siemovit de Dobrzyń (Dobrzyń nad Wisłą)
Duc de Brześć Kujawski
Prédécesseur Casimir II de Łęczyca
Siemovit de Dobrzyń
Successeur Venceslas II de Bohême
Duc de Sandomierz
Prédécesseur Conrad II de Czersk
Successeur Venceslas II de Bohême
Duc de Łęczyca
Prédécesseur Casimir II de Łęczyca
Successeur Venceslas II de Bohême
Duc de Grande-Pologne
Prédécesseur Boleslas le Pieux
Successeur Venceslas II de Bohême
Duc de Sandomierz de Wiślica, de Sieradz, de Łęczyca et de Brześć Kujawski
Prédécesseur Venceslas II de Bohême
Successeur Casimir III le Grand
Duc de Petite-Pologne (Cracovie)
Princeps de Pologne
Prédécesseur Venceslas II de Bohême
Successeur Casimir III le Grand
Duc de Grande-Pologne
Prédécesseur Przemko II de Głogów
Henri IV le Fidèle
Jean de Ścinawa
Boleslas d'Oleśnica
Conrad Ier d’Oleśnica
Successeur Casimir III le Grand
Roi de Pologne
Couronnement
Cathédrale du Wavel (Cracovie)
Successeur Casimir III le Grand
Biographie
Dynastie Piast
Date de naissance v. 1261
Date de décès
Lieu de décès Cracovie
Sépulture Cathédrale du Wawel
Père Casimir Ier de Cujavie
Mère Euphrosyne d'Opole
Conjoint Edwige de Kalisz
Enfants

Władysław I Łokietek (en français Ladislas le Bref) v. 1261), duc de la dynastie Piast dont les efforts de trente ans aboutirent à la réunification des provinces polonaises et la restauration de l'État polonais. Couronné roi de Pologne en 1320, il ne réussit cependant à rassembler tous les territoires polonais. La Silésie restait divisée en principautés dont les souverains Piast avaient en majorité fait allégeance au roi de Bohême, la Poméranie avait été conquise par les Chevaliers Teutoniques et la Mazovie avait conservé sa souveraineté.

BiographieModifier

Un pays morceléModifier

Jusqu’au début du XIIe siècle, le Royaume de Pologne s’affirmait comme un état de plus en plus puissant sous l’autorité centralisée de la dynastie des Piast. En 1138, suivant la volonté du roi Bolesław III, qui voulait éviter à ses enfants les guerres fratricides qu'il avait connu lui-même, le pays est divisée entre ses quatre fils, chacun recevant un duché héréditaire. C'est fut le début d'une période de près de deux ans de redécoupages du Royaume.

 
Sceau de Cujavie de Ladislas le Bref.

Władysław n’a que sept ans lorsque son père Casimir Ier, duc de Cujavie, décède en 1267. Władysław, son troisième fils, devient alors duc de Brześć Kujawski et de Dobrzyń nad Wisłą. Trop jeune pour régner, c’est sa mère, Euphrosyne d'Opole, qui assure la régence. Mineur, il reste sous l’autorité de sa mère et séjourne régulièrement à Cracovie, à la cour de Bolesław V le Pudique, avec lequel son frère aîné Lech II le Noir s’est lié. Bolesław V n'a pas de descendance et c'est bien Lech qui doit lui succéder.

En 1275, affranchi de la tutelle de sa mère, Władysław devient duc des régions Brześć Kujawski et de Dobrzyń nad Wisłą où il doit partager le pouvoir avec ses deux jeunes frères, Kazimierz II de Łęczyca et Siemowit de Dobrzyń.

La mort de Lech II le NoirModifier

Lorsque Lech II le Noir, devenu duc de Cracovie, décède le sans laisser d’héritier. Il laisse son duché héréditaire de Sieradz à ses frères. Władysław succède alors officiellement à son père à Brześć Kujawski et à son frère à Sieradz. Le trône de Cracovie est disputé par Bolesław II, duc de Mazovie et Henri IV, duc de Wroclaw.

En 1289, Władysław soutient Bolesław II de Mazovie dans sa guerre contre Henri IV pour le trône de Cracovie. Ce dernier est appuyé par la bourgeoisie allemande contre la majorité de la noblesse. Le , Bolesław, Władysław et son frère Kazimierz II de Łęczyca infligent une lourde défaite aux alliés d’Henri IV (Henri III de Głogów, Przemko de Ścinawa et Bolko Ier d’Opole) à la bataille de Siewierz.

Tentative de s’emparer de la Petite-Pologne et défaite face à Venceslas IIModifier

Malgré cette victoire, Bolesław renonce au trône et abandonne à Władysław le Bref tous ses droits sur la Petite-Pologne. Władysław s’empare du duché de Sandomierz mais ne réussit pas à garder le Wawel et doit s’enfuir de Cracovie, laissant la ville à Henri IV. Ayant perdu le trône de Cracovie, Władysław s’efforce, dès la fin 1289, de renforcer sa position à Sandomierz. Ainsi, il marie sa nièce à André III de Hongrie.

Peu de temps avant de mourir le , Henri IV rédige un testament par lequel il fait de Przemysł II son successeur à Cracovie. Au printemps 1291, menacé par Władysław le Bref et impopulaire à Cracovie, Przemysł II est contraint de signer un accord avec Venceslas II. La bourgeoisie allemande de Cracovie et beaucoup de petits nobles appuient les prétentions de Venceslas, qui en matière de sécurité, de prestige et d’espoir de développement économique offre plus que Przemysł II, mais avec le danger que la Pologne soit intégrée au Saint-Empire. Przemysł abandonne à Venceslas la Petite-Pologne ainsi que le duché de Sandomierz dont Władysław le Bref s’était emparé.

Mais Władysław ne se résigne pas à laisser Venceslas gouverner la Petite-Pologne. En 1292, l’armée tchèque, renforcée par des détachements envoyés par les ducs de Silésie et le margraviat du Brandebourg, chasse Władysław de Sandomierz. Celui-ci se réfugie à Sieradz où il subit un siège en . La place forte ne résiste pas très longtemps. Władysław et son frère Casimir II se retrouvent prisonniers de Venceslas. Le , ils sont contraints de rendre un hommage de vassalité à Venceslas et de signer un accord en vertu duquel ils renoncent à revendiquer la Petite-Pologne. En échange, ils peuvent rester en Cujavie.

Alliance avec Przemysl IIModifier

Pour essayer de contrer Venceslas, Przemysl II et Władysław, qui jusque-là étaient concurrents, se rencontrent à Kalisz en , dans le but de mettre au point une stratégie commune pour se débarrasser du souverain de Bohême. Le , à l’initiative de Jakub Świnka, l’archevêque de Gniezno, Władysław le Bref et son frère Kazimierz II de Łęczyca concluent un accord avec Przemysl II. En échange de leur soutien, Przemysl, qui n’a pas de fils, fait de Władysław le Bref son héritier en Grande-Pologne, en Petite-Pologne et dans le duché de la Poméranie de Gdańsk. Cet accord est scellé par le mariage entre Władysław le Bref et Jadwiga, la fille de Boleslas le Pieux, l’oncle de Przemysl.

Le plan mis au point à Kalisz doit déjà être revu l’année suivante lorsque Kazimierz II est tué par les Lituaniens. Kazimierz n’étant pas marié et n’ayant pas d’enfant, c’est son frère Władysław le Bref qui hérite du duché de Łęczyca.

Le , à Gniezno, Jakub Świnka couronne Przemysl II roi de Pologne, sans attendre l’accord du pape et du Saint-Empire. Quelques mois plus tard, le , Przemysl II est enlevé et assassiné par des sbires à la solde des margraves de Brandebourg.

Duc de Grande-Pologne et de PoméranieModifier

Lorsque Władysław, soutenu par la noblesse, succède à Przemysl en Grande-Pologne et en Poméranie, Henri III de Głogów veut faire valoir ses droits sur le trône qui lui avait aussi été promis par Przemysl en 1290.

Les deux parties trouvent un accord le , grâce notamment à l'intervention de Jan Gerbicz. Henri III de Głogów reçoit toute la région au sud de l’Obra. De plus, Władysław le Bref adopte Henri IV le Fidèle, le fils d’Henri III de Głogów, à qui il promet d’offrir, lorsque celui atteindra l’âge de sa majorité, le duché de Poznań. Et si Władysław décède sans descendance, Henri IV le Fidèle héritera de toute la Grande-Pologne.

Władysław a beaucoup de difficultés à imposer son autorité en Grande-Pologne. Le brigandage est généralisé. Le camp des opposants à Władysław est de plus en plus puissant, avec à sa tête l’évêque de Poznań, Andrzej Zaremba. L’archevêque de Gniezno, qui constate l’incapacité de Władysław à gouverner efficacement, prend ses distances.

En , à Kościan, Henri III de Głogów conclut un accord avec Andrzej Zaremba. En échange d’un soutien pour s’emparer de la Grande-Pologne, de la Poméranie de Gdańsk et de la couronne de Pologne, Henri promet d’élargir les privilèges de l’Église et d’offrir le poste de chancelier du royaume à une personne du camp des opposants à Władysław le Bref.

L’exilModifier

Venceslas II, devenu roi de Bohême en 1297, a aussi l’ambition de devenir roi de Pologne, Pour cela, il doit éliminer Władysław , son adversaire le plus dangereux. En 1299, Władysław le Bref doit de nouveau rendre un hommage de vassalité à Venceslas. En , sous le prétexte que Władysław ne remplit pas ses devoirs de vassal, Venceslas II organise une expédition punitive. Władysław réussit à s’enfuir et à quitter le pays alors que sa femme et ses enfants se cachent à Radziejów.

Le retourModifier

 
Sceau de Ladislas le Bref, duc de Cracovie.

En 1304, Władysław le Bref, disposant du soutien du Saint-Empire et de la Hongrie, revient d’exil et s’empare de Wiślica et de Lelów. Ce retour triomphal aurait sans doute été de courte durée s’il n’y avait eu le décès de Venceslas II le . Continuant sur sa lancée, Władysław s’empare avant la fin de l’année des duchés de Sandomierz, Sieradz, Łęczyca et Brześć Kujawski. Władysław bénéficie une nouvelle fois de circonstances favorables lorsque Venceslas III, en route vers la Pologne à la tête d’une armée pour revendiquer la couronne, est assassiné à Olomouc le . Sa mort est suivie d’une guerre civile en Bohême, laissant les mains libres à Władysław. Ayant rallié à lui la majorité des chevaliers de Petite-Pologne, Władysław fait plier les patriciens de Cracovie et Jan Muskata, en accordant de nouveaux privilèges à la ville de Cracovie et à l’évêque.

Devenu duc de Cracovie, Władysław Ier s’installe au Wawel le . Ses deux priorités sont de reprendre le contrôle de la Grande-Pologne et de la Poméranie. En Grande-Pologne, il ne réussit qu’à s’emparer de villes frontalières avec la Cujavie : Konin, Koło et Nakło. Le reste de la Grande-Pologne est envahi par Henri III de Głogów (à l’exception de la région de Wieluń dont Bolko Ier d’Opole a pris le contrôle). Fin 1306, à proximité de Tczew, Władysław le Bref affronte l’armée du Brandebourg et s’empare de la Poméranie de Gdańsk qu’il confie à des gouverneurs.

Conquête de la Poméranie de Gdańsk par les TeutoniquesModifier

En Poméranie, la bourgeoisie allemande de Tczew et de Gdańsk lorgne vers les margraves de Brandebourg alors que la noblesse polonaise des campagnes reste loyale à Władysław le Bref. En , le Brandebourg, à l’appel de la bourgeoisie, envahit la Poméranie et assiège Gdańsk. Les chevaliers teutoniques sont appelés à l’aide par les Polonais. Mais après avoir rejeté le Brandebourg, l’Ordre teutonique entend bien conserver la région pour l'intégrer à son État. Le , les Teutoniques s’emparent de Gdańsk, massacrent les habitants polonais et conservent la ville. Władysław ne contrôle plus que la partie méridionale de la Poméranie.

En , les Teutoniques s’emparent de Tczew. En avril, ils demandent aux Polonais de leur payer une forte rançon pour quitter la Poméranie de Gdańsk, ce que Władysław refuse. La conquête de la Poméranie s’achève en , lorsque les Teutoniques s’emparent de Świecie après un siège de deux mois. Le contrôle de la Poméranie permet aux Teutoniques de transférer leur capitale de Venise à la forteresse de Malbork.

Élimination de l’oppositionModifier

Si Władysław le Bref ne s’est pas engagé plus activement dans la défense de la Poméranie, c’est parce qu’il devait faire face à une importante opposition intérieure en Petite-Pologne, dirigée par Jan Muskata et par le maire de Cracovie.

Ancien partisan de Venceslas II, Jan Muskata mène la vie dure à Władysław . Il noue des contacts avec les deux grands ennemis de Władysław : Bolko Ier d’Opole et Henri III de Głogów. En , Jakub Świnka, vient au secours de Władysław en privant l’évêque de Cracovie de sa mitre, à la suite d'un procès canonique. En , Władysław fait arrêter Muskata et l’emprisonne pendant six mois avant de l’expulser de la région. Ce n’est qu’en 1317 qu’il sera autorisé à revenir à la suite d'une intervention du pape Jean XXII.

En , Władysław doit affronter une tentative de coup d’État fomentée par la bourgeoisie allemande de Cracovie et de Sandomierz, et dirigée par Albert, le maire de Cracovie. Les mutins appellent Bolko Ier d’Opole à monter sur le trône. Les rebelles s’emparent de la ville mais pas du Wawel, défendu par les fidèles de Władysław . On ne sait si Bolko intervient à titre personnel ou en tant que vassal du nouveau roi de Bohême Jean de Luxembourg. Władysław écrase la mutinerie grâce à l’aide des Hongrois et Bolko doit fuir Cracovie en . Władysław sanctionne lourdement les meneurs et supprime de nombreux privilèges qui avaient été accordés à la ville.

Conquête de la Grande-PologneModifier

La normalisation de la situation en Petite-Pologne permet à Władysław de se tourner vers la Grande-Pologne. Après le décès d’Henri III de Głogów le , son territoire est partagé entre ses cinq fils qui doivent affronter la chevalerie opposée au démembrement du duché. Au début 1314, une révolte éclate, sans doute inspirée par Władysław le Bref. Les insurgés se rendent vite maîtres de toute la Grande-Pologne, à l’exception de Poznań qui résiste. Ils appellent Władysław à monter sur le trône. Ce n’est qu’en que Władysław obtient la réédition de Poznań. Il ne laisse aux enfants d’Henri III qu’un petit territoire situé sur l’Obra.

Ayant réalisé la conquête de la Grande-Pologne, Władysław peut mener une politique étrangère plus active. En 1315, il conclut avec les monarchies scandinaves (Danemark, Suède et Norvège), le Mecklembourg et la Poméranie, une alliance dirigée contre le Brandebourg. La guerre éclate un an plus tard, mais n’a pour conséquence que la dévastation des zones frontalières.

Couronnement royal et reconstruction de l'étatModifier

À cette époque, Władysław commence à manœuvrer pour obtenir que le pape autorise son couronnement en tant que roi de Pologne. Il est activement soutenu par l’Église polonaise, l’archevêque de Gniezno, Borzysław (qui a succédé à Jakub Świnka en 1314), et l’évêque de Cujavie Gerward en tête. En 1318, Gerward est envoyé à Avignon par Władysław le Bref. Gerward est sans doute l’auteur de la supplique de Sulejów qu’il remet à Jean XXII. Avant que Gerward ne quitte la Pologne, une assemblée générale des dignitaires de Pologne a eu lieu à Sulejów pour signer un document demandant au pape une couronne royale pour Władysław. Le pape donne son accord le .

Le , Władysław Ier le Bref se fait couronner roi à Cracovie, dans la cathédrale du Wawel, par Janisław, le nouvel archevêque de Gniezno. Ce couronnement marque la reconstruction d’un royaume solide (à l’exception de la Silésie, de la Mazovie et de la Poméranie, tous les territoires polonais sont réunis sous la couronne). Le glaive du sacre, dit Szczerbiec (Ébréché), est utilisé pour la première fois à l’occasion de ce couronnement. Dans les faits, Władysław est plus le roi de Cracovie que celui de la Pologne. Il a pu atteindre son objectif parce que Jean de Luxembourg, qui revendique aussi la couronne, doit faire face à beaucoup de difficultés intérieures en Bohême.

 
Proclamation royale de Władysław Ier en 1325 confirmant que les cisterciens de Byszewo auront les mêmes droits que selon le droit allemand, et la propriété continue de leur abbaye en Byszewo.

L’année 1320 est également cruciale pour Władysław dans d’autres domaines. Le , à Inowrocław débute le premier procès, organisé par le Saint-Siège, opposant la Pologne et les Teutoniques au sujet de la Poméranie. Le pape Jean XXII a nommé Janisław, comme juge. Le procès se termine le à Brześć Kujawski. Les Teutoniques sont condamnés à rendre la Poméranie à la Pologne et à payer un dédommagement. Ils ne se plient pas au verdict.

Toujours en 1320, Élisabeth, la fille de Władysław, épouse Charles Robert de Hongrie, renforçant l’alliance entre les deux nations.

Intervention dans la Rus' de HalychModifier

Trois ans après sa conclusion, l’alliance entre la Pologne et la Hongrie est mise à contribution. Dans la Rus' de Halych-Volodymyr, la dynastie issue de Roman de Halicz s’éteint à la suite de la mort des deux héritiers du trône qui affrontaient les Tatars. La Pologne et la Hongrie soutiennent avec succès un Piast de Mazovie, Boleslas, le fils de Trojden Ier de Czersk, qui s’empare du trône et prend le nom de Georges II (Jerzy II) pour diriger ce pays orthodoxe. C’est le début d’une influence grandissante de la Pologne dans la région, qui permettra son annexion par Casimir III le Grand.

Guerre contre le BrandebourgModifier

En 1325, Władysław conclut une alliance avec Gediminas (Giedymin), le grand-duc de Lituanie. Casimir III le Grand, le fils et successeur de Władysław, épouse la fille de Gediminas. Le , les armées polonaise et lituanienne lancent une offensive contre la Nouvelle Marche et s’emparent de la place forte de Międzyrzecz. La même année, Władysław s’empare de la région de Wieluń, qui appartenait à Boleslas l’Aîné, un allié de la Bohême.

Échec de l’invasion de la MazovieModifier

 
Sceau du roi Władysław le Bref (revers).

L’année suivante, Władysław met sur pied une nouvelle expédition militaire, cette fois contre la Mazovie. L’objectif est de soumettre Wacław, le duc de Płock. Malgré la prise et l’incendie de Płock, la campagne est un échec. En effet, les Teutoniques, ensuite Jean du Luxembourg, alliés de la Mazovie, sont entrés dans la guerre. Alors que les Teutoniques repoussent Władysław, Jean de Luxembourg assure sa domination sur une grande partie de la Silésie. Les ducs de Haute-Silésie lui rendent un hommage de vassalité à Opava, ce qui se traduit par la perte de la région pour la Pologne.

Toujours en 1327, Władysław donne les duchés de Łęczyca et de Sieradz à ses neveux (Boleslas et Władysław ) et à Przemysł d'Inowrocław, en échange des régions stratégiques d’Inowrocław et de Dobrzyń nad Wisłą.

Perte de la région de DobrzyńModifier

Au début de l’année 1329, les armées de Bohême et de l’ordre Teutonique partent en croisade, attaquent et s’emparent des places fortes les plus importantes de Samogitie (Lituanie). Au même moment, le roi Władysław le Bref commence à envahir les terres contrôlées par l’ordre en Prusse. Les croisés se replient sur la Pologne et s’emparent de la région de Dobrzyń que Jean de Luxembourg offre aux Teutoniques. Ensuite, Waclaw de Płock est obligé de rendre un hommage de vassalité à Jean de Luxembourg. Le duché de Płock, qui jusque-là avait réussi à se maintenir en dehors de la souveraineté polonaise, devient un fief de la Bohême. Les Teutoniques, profitant du fait que la Cujavie n’est pas prête pour la guerre, traversent la Vistule pour piller et incendier les villes de Włocławek, Raciąż et Przedecz.

Ne pouvant se battre sur deux fronts, Władysław le Bref propose un armistice au Brandebourg. Celui-ci, confronté à une guerre civile, accepte.

Guerre contre les Teutoniques pour la possession de la CujavieModifier

En 1330, la guerre contre les Teutoniques reprend. Ceux-ci mènent des raids contre des villes de Cujavie et de Grande-Pologne, mettant à sac Radziejów, Bydgoszcz et Nakło. En représailles, Władysław, soutenu par les Lituaniens, traverse la Vistule et attaque la région de Chełmno. Une trêve de sept mois est conclue le . Malheureusement pour la Pologne, l’alliance avec la Lituanie se rompt à la suite d'une querelle entre Władysław et Gediminas.

En , les armées bohémienne et teutonique lancent une attaque conjointe contre la Grande-Pologne et la Cujavie, les deux armées devant se rejoindre à Kalisz. La ville de Gniezno est dévastée mais la cathédrale est épargnée. En septembre, les Teutoniques, commandés par Dietrich von Altenburg, arrivent aux portes de Kalisz. L’armée tchèque n’est pas là. Jean de Luxembourg, qui s’est arrêté en Silésie pour régler la succession du duché de Głogów, a dû faire face à la résistance de Bolko II le Petit. Ne pouvant se permettre de laisser du temps à Władysław, les Teutoniques décident d’envahir la Cujavie sans attendre l’arrivée des Tchèques.

La nuit du 23 au 24 septembre, le premier affrontement direct entre Polonais et Teutoniques se produit dans la région de Konin. Trois jours plus tard, dans la région de Radziejów, une armée polonaise de 5 000 hommes, avec à sa tête Władysław le Bref et Casimir le Grand, tombe sur l’arrière-garde des Teutoniques. Profitant de l’effet de surprise, les Polonais gagnent la bataille et capturent Dietrich von Altenburg. L’affrontement final a lieu l’après-midi, près du village de Płowce. Les Polonais sont vainqueurs mais la bataille ne se termine pas. Pour une raison inconnue, une partie des Polonais, emmenés par le prince Casimir, quitte le champ de bataille. Profitant de la confusion, Dietrich von Altenburg s’évade et se replie avec ses troupes sur Toruń. Cette bataille a un grand impact psychologique sur les Polonais. Elle montre que les Teutoniques ne sont pas invincibles. Cette victoire montre aussi les limites de la puissance de Władysław Ier le Bref. Il peut repousser les offensives mais il est dans l’incapacité de reconquérir.

Peu de temps après, des négociations s’ouvrent avec les Teutoniques à Inowrocław mais elles n’aboutissent pas à un traité de paix. En 1332, l’ordre, sous le commandement d’Othon von Luterberg, lance une nouvelle grande offensive militaire contre la Cujavie. Cette fois, les forces polonaises ne peuvent arrêter la marée teutonique. Le , après deux semaines de siège, les Teutoniques s’emparent de Brześć Kujawski, la capitale de la Cujavie. Les deux autres plus importantes places fortes de la région (Inowrocław et Gniewkowo) tombent aussi très vite dans leurs mains. Władysław ne peut que constater la perte du duché qu’il avait hérité de son père. En août 1332, Jean de Luxembourg et Charles Robert sont appelés à être arbitres dans le conflit entre Polonais et Teutoniques. Le légat du pape impose un armistice qui laisse aux Teutoniques leurs conquêtes récentes, la région de Dobrzyń et la Cujavie.

DécèsModifier

En , profitant de la mort de Przemko II, Władysław envahit le petit duché de Kościan, appartenant aux ducs de Głogów, vassaux de Jean de Luxembourg. C’est sa dernière conquête.

Władysław décède le au château du Wawel, à Cracovie. Il laisse un royaume plus petit que celui qu’il a reçu lors de son couronnement en 1320. Il est inhumé dans la cathédrale du Wawel.

Mariage et descendanceModifier

De son mariage avec Jadwiga de Kalisz, il a eu trois fils : Władysław, Stefan et Kazimierz. Les deux premiers étant morts très jeunes, c’est le cadet qui lui succède sur le trône de la Pologne sous le nom de Kazimierz (Casimir) III le Grand.

Władysław IV a également eu trois filles : Kunegunda (en), Elżbieta et Jadwiga. Kunegunda a épousé Bernard de Świdnica, ensuite Rodolphe Ier de Saxe. Elżbieta a épousé Charles Robert, le roi de Hongrie. Elle est la mère de Louis Ier de Hongrie. Jadwiga est morte avant d’avoir atteint l’âge adulte.

AscendanceModifier

SourcesModifier

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