La Reine de la nuit

film sorti en 1994

La Reine de la nuit (La Reina de la noche) est un film mexicaino-franco-américain sorti en 1994, réalisé par Arturo Ripstein. Selon le générique c'est « Une biographie imaginaire de la vie sentimentale de Lucha Reyes ».

SynopsisModifier

En 1939, Lucha Reyes, chanteuse en vogue revenue d'Allemagne où elle avait eu des problèmes de voix, se produit dans un cabaret de Mexico. Là elle fréquente son ami Oñate un peintre politiquement de gauche, un allemand, Klaus Eder militant aussi à gauche qui a fui le fascisme hitlérien et surtout son amie, sa confidente et même davantage, Jaïra, qui vit de ses charmes. Elle retrouve aussi sa mère, Doña Victoria, très possessive, auprès de qui elle ne trouve guère d'affection ce dont elle a précisément bien besoin au point d'en être parfois extravagante.

Elle y rencontre Pedro Calderon, le patron de l'Arbeu, un autre cabaret. C'est le coup de foudre d'autant plus que ce bel homme est un «chaud lapin» dans la force de l'âge. Avec le mariage, c'est aussi le début des orages car celui-ci ne supporte pas les fantaisies libertines[1] de sa nouvelle conquête, ses initiatives saugrenues comme celle d'acheter l'enfant d'une mendiante avec pour prétexte qu'elle est stérile; elle lui donne le prénom de Luzma. De son côté, Lucha, comme sa mère, est très possessive et ne supporte pas les infidélités de Pedro, son «mari» qui tente néanmoins de la produire dans son établissement. C'est assez rapidement un échec et on la voit dans une pulqueria où, au lieu d'être sur une scène accompagnée par un orchestre, elle chante, pour l'ambiance, assise sur une chaise. Elle n'y reste pas longtemps, car n'ayant que faire des usages comme elle l'avait déjà montré en n'obéissant pas aux injonctions menaçantes de Gato Linarès, un leader syndical, lorsqu'elle chantait au cabaret, elle invite une dame à boire du pulque à l'intérieur du bar ce qui est contraire au règlement. Renvoyée, ayant perdu son époux, elle apprend et ne comprend pas que sa meilleure amie et Pedro ont eu une relation, elle qui souffre tant d'en manquer. Klaus étant parti aux États-Unis pour échapper à la justice qui le poursuit pour activités subversives, Jaïra voulant l' accompagner, elle se retrouve sans amis, sans confident ou confidente. Privée de domicile personnel elle doit retourner chez sa mère qui la dévalorise. Malgré une tentative de Jaira, le manque d'affection, l'alcool, la déprime, l'inactivité l'achèvent et il ne lui reste plus qu'à se mettre à mort, en 1944.

Fiche techniqueModifier

DistributionModifier

Remarque : Sur le générique de fin du film, la distribution fournit le nom des 41 actrices ou acteurs avec leurs rôles. Sur la page IMDB on trouve deux noms qui n'y figurent pas : Maria Marcucci et Maya Mishalska. De même sur la page FilmAffinity Alfonso Echanove et Mayra Sérbulo ne sont pas indiqués.


Les renseignements pour la fiche technique et la distribution ont été recopiés à partir du générique.

DistinctionsModifier

RécompensesModifier

  • 1994 : Festival de La Havane
    • meilleur second rôle, Blanca Guerra
  • 1994 : Festival du film de Gramado
    • mention spéciale pour la direction artistique, José Luis Aguilar
  • 1996 : Premio Ariel, ariel d'argent
    • meilleure actrice, Patricia Reyes Spindola
    • meilleure actrice dans un second rôle, Ana Ofelia Murguia
    • meilleurs décorateurs, Angeles Martinez et Eduardo Corona
    • meilleurs costumes, Graciela Mazón
    • meilleure musique, Lucia Álvarez
    • meilleures paroles de chanson, Paz Alicia Garciadiego,
    • meilleure direction artistique, José Luis Aguilar

NominationsModifier

  • 1994 : Festival de Cannes
  • 1994 : Festival du film de Gramado
    • Kikito d'or pour le meilleur film latin : Arturo Ripstein
  • 1996 : Premio Ariel, ariel d'or
    • les Films du Nopal
    • meilleur acteur dans un second rôle, Arturo Alegro
    • meilleure histoire originale écrite pour l'écran, Paz Alicia Garciadiego
  • 1996 : Premio Ariel, ariel d'argent
    • meilleur scénario, Paz Alicia Garciadiego
    • meilleur montage, Rafael Castanedo
    • meilleure partition originale pour musique de fond, Lucia Álvarez

CritiquesModifier

  • «...un film d'une désespérance et d'une beauté absolues. Plans-séquences qui emprisonnent les personnages, décors baroques, surchargés, étouffants éclairages tamisés et sombres...La réalisation ne laisse aucune échappée. Un film envoûtant et suicidaire, magnifique et nihiliste, d'une noirceur extrême» [2]
  • «...l'enfermement névrotique - familial de préférence. Mère monstrueuse. Piste ronde du cabaret, telle une matrice. La mise en scène fluide cerne l'héroïne...Mais on est envoûté par cette souffrance narcissique, l'esthétisme crépusculaire et les chansons déchirantes de Betsy Pencanins» [3]


Notes et référencesModifier

  1. https://www.academia.edu/19611439/Arturo_Ripstein_and_Paz_Alicia_Garciadiegos_Lucha_Reyes_and_the_Aesthetics_of_Mexican_Abjection
  2. Claude Bouniq-Mercier : «Guide des films», collection Bouquins chez Robert Laffont
  3. Vincent Remy : «Le guide du cinéma chez soi», Télérama hors série, édition 2002

Liens externesModifier