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La Quina

site archéologique à Gardes-le-Pontaroux (Charente)
Site de la Quina
La quina.JPG
Zone protégée du gisement, en 2009
Localisation
Coordonnées
Adresse
Les Champs-de-la-Pierre-RondeVoir et modifier les données sur Wikidata
Gardes-le-Pontaroux
Flag of France.svg France
Vallée
Localité voisine
Voie d'accès
route vicinale
Caractéristiques
Type
Altitude de l'entrée
110 m
Longueur connue
700 m
Occupation humaine
Statut patrimonial
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Red pog.svg
Localisation sur la carte de Charente (déprtement)
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Le site préhistorique de la Quina est situé dans la commune de Gardes-le-Pontaroux en Charente, France. Il s’étend sur près de 700 m et comporte deux gisements, la station amont et la station aval. Il a été occupé au Paléolithique moyen (Moustérien) et au début du Paléolithique supérieur (Châtelperronien, Aurignacien)

SituationModifier

Le gisement de la Quina se trouve dans l'ouest de la commune de Pontaroux, sur la petite route longeant le Voultron pour relier Pontaroux à Blanzaguet vers le sud. Jusqu'à sa sortie de la commune de Pontaroux, le Voultron - qui s'écoule dans le sens nord-sud - est bordé en rive gauche (côté Est) par des escarpements abrupts devenant falaises en plusieurs endroits. La Quina est en rive droite de ce cours d'eau, au bord de la route, à environ 300 m au sud du hameau de la Quina[1].


HistoriqueModifier

François Lambert, maire de Gardes-le-Pontaroux, découvre le site[2] dont Catherine Farizy[N 1] dit qu'il est connu depuis 1872. et recoupés par une route en 1881, les gisements de La Quina furent acquis par Léon Henri-Martin en 1905. Ce médecin, connu comme le « docteur Henri-Martin », fouilla les gisements de 1906 à 1936. Sa fille Germaine Henri-Martin poursuivit ses travaux de 1953 à 1965[3]. À partir de 1985, A. Jelinek, A. Debénath et H. Dibble entreprirent de nouvelles fouilles[4],[5].

Le gisement de la Quina a été classé au titre des monuments historiques par arrêté du 14 février 1984[6].

GalerieModifier

La station amontModifier

Le premier gisement a essentiellement livré des industries lithiques du Moustérien[7]. Il s’agit du gisement éponyme du faciès dit « Moustérien de type Quina », caractérisé par l’abondance des racloirs convexes à retouche écailleuse scalariforme (« retouche Quina »), sur éclats courts et épais. La séquence moustérienne se termine par une industrie attribuée au Moustérien à denticulés, datée de 43 000 ± 3600 ans BP par thermoluminescence[5].

Les niveaux moustériens ont livré de nombreux restes fauniques (Grands bovidés, Cheval, Renne) dont certains présentent des traces d’action anthropique (fracturation, strie de découpe, utilisation comme retouchoir) comme l’avait noté et décrit L. Henri-Martin[8].

 
Bol ou louche du fort Harrouard, identique aux pièces trouvées à La Quina

Dans son livre Recherches sur l'évolution du Moustérien dans le gisement de la Quina, Henri-Martin consacre un chapitre à l'étude des Pièces osseuses présentant un travail humain probable et d'un usage indéterminé. Il s'agit entre autres d'os iliaques de bisons et de chevaux, os façonnés afin d'utiliser leurs cavités cotyloïdes. Leur usage comme bols ou louches, alors incompris, a été déterminé par des trouvailles identiques mais mieux préservées sur le site du fort Harrouard, étudiées par Louis Giraud[9].

Les restes de 27 individus présentant les caractéristiques d’Homo neanderthalensis ont également été découverts dans ce gisement. Au moins un de ces individus avait bénéficié d’une sépulture primaire : il a été mis au jour en 1911 et il s’agit d’un individu adulte, probablement une femme (La Quina 5)[10],[11]. Le squelette d'un enfant néandertalien d'environ huit ans a également été mis au jour (La Quina 18)[12].


La station avalModifier

La station aval se trouve dans la partie Ouest du gisement de la Quina. Cette partie du site a subi des éboulements de deux sortes : le bord de la voûte de la grotte s'est effondré, formant comme une « digue » d'éboulis tassés à l’entrée (sur l'avant) du gisement ; et la falaise surplombant le site a aussi connu plusieurs éboulements consécutifs à son érosion naturelle. Entre ces deux formations d'éboulis se trouve un espace formant une sorte de caniveau, préservé de tout éboulement[15].

Dès le début des fouilles Léon Henri-Martin, sa tranchée « Z » (fouillée de 1922 à 1930) localisée dans le « caniveau » a livré trois faciès d'Aurignacien typique (couche 1, 2 et 3). La couche 3, la plus ancienne de cet Aurignacien, contenait des pointes de sagaies à bases fendues entre des foyers noirs, le tout enrobé dans un dépôt sec brun-rougeâtre.
La couche 4, directement sous cette couche d'Aurignacien ancien (donc sans horizon stérile intercalé), présentait un remplissage d'argile verte et humide enrobant de petits blocs de calcaire plus ou moins anguleux ainsi que de l'industrie châtelperronienne[15], présentant des affinités avec le Moustérien à denticulés.

Dans ce « caniveau », toutes les couches se sont déposées selon un plan à peu près horizontal. Sur l'avant du site, la couche 1 s'est déposée selon un plan incliné sur la pente de l'éboulis formant « digue »[15].

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Catherine Farizy a utilisé jusqu'en 1983 son nom d'épouse, Girard, pour de nombreuses publications (voir Céline Thiébaut, Le Moustérien à denticulés : Variabilité ou diversité techno-économique ? : t. 1 - Problématique et méthodologie, Aix-en-Provence, UFR Archéologie et Histoire de l’art, Université de Provence Aix-Marseille I, coll. « Espaces, Cultures et Sociétés (doctorat) », , archives-ouvertes.fr (lire en ligne), p. 11, note 4).
  2. Cette photo a été prise par Léon Henri-Martin avant le 26 octobre, date à laquelle il l’a présentée lors d'une réunion de la Société préhistorique française.

RéférencesModifier

  1. « Site de la Quina, carte interactive » sur Géoportail. Couches « Cartes IGN classiques », « Limites administratives » et « Hydrographie » activées.
  2. « Le Dr Henri-Martin et la femme de La Quina », sur charentelibre.fr, (consulté le 28 septembre 2018).
  3. Catherine Farizy, « La Quina, Les Gardes, Charente », dans André Leroi-Gourhan, Dictionnaire de la Préhistoire, PUF, , pdf, p. 916.
  4. André Debénath, « Apports récents à la connaissance du Paléolithique moyen du Sud-ouest de la France : les exemples de La Quina et Fontéchevade », dans Z. Mester et A. Ringer, À la recherche de l'homme préhistorique, vol. 95 (volume commémoratif de Miklos Gabori et Veronika Gabori-Csank), Liège, ERAUL, , p. 257-263.
  5. a et b André Debénath et Harold Lewis Dibble, « Nouvelles fouilles à La Quina (Charente) : résultats préliminaires », Gallia Préhistoire, t. 40,‎ , p. 29-74 (résumé).
  6. « Gisement de la Quina », notice no PA00104376, base Mérimée, ministère français de la Culture
  7. Léon Henri-Martin, Recherches sur l'évolution du Moustérien dans le gisement de la Quina (Charente) - t. 2 : industrie lithique, Angoulême, 1923a, 149 p., chap. 14.
  8. Léon Henri-Martin, Recherches sur l'évolution du Moustérien dans le gisement de la Quina (Charente) - t. 1 : industrie osseuse, Paris, Schleicher frères, .
  9. Louis Giraud, « Cavité cotyloïde de bovidé, préparée et façonnée pour utilisation, de l'époque néolithique », Bulletins et Mémoires de la Société d'anthropologie de Paris, vol. 2, no 2,‎ , p. 11-13 (lire en ligne [Persée], consulté le 28 septembre 2018).
  10. Léon Henri-Martin, Recherches sur l'évolution du Moustérien dans le gisement de la Quina (Charente) - t. 3 : l'homme fossile de La Quina, Angoulême, Mémoires de la Société Archéologique et Historique de la Charente, 1923b, 260 p., chap. 14.
  11. Bernard Vandermeersch, « Les Néandertaliens en Charente », dans H. de Lumley, La Préhistoire française, CNRS, , pdf, p. 584-586.
  12. Léon Henri-Martin, Recherches sur l'évolution du Moustérien dans le gisement de la Quina (Charente) - t. 4 : l'enfant fossile de La Quina, Angoulême, Mémoires de la Société Archéologique et Historique de la Charente, 1923c, 158 p., chap. 14.
  13. The Munro lectures (Feb.-March 2012) - Palaeolithic Man and Terramara settlements in Europe [« Les cours de Munro (février-mars 2012) - L'homme (du) Paléolithique et les sites Terramara en Europe »], (lire en ligne), p. 156 (planche XIV).
  14. Munro 2012, p. 158.
  15. a b et c G. Henri-Martin 1961, p. 796.

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

BibliographieModifier

  • Germaine Henri-Martin, « Le niveau de Châtelperron à La Quina (Charente) », Bulletin de la Société préhistorique française, vol. 58, nos 11-12,‎ , p. 796-808 (lire en ligne [Persée], consulté le 28 septembre 2018).

Liens externesModifier