La Naissance intra-utérine

tableau de Salvador Dalí

La Naissance intra-utérine est une huile sur toile peinte vers 1921 par Salvador Dalí, alors âgé de 17 ans. Authentifiée en 2013, elle est considérée comme la première œuvre surréaliste du peintre[1].

La Naissance intra-utérine
Artiste
Date
Type
Technique
Huile sur toile
Collection
Localisation
Collection privée

AuthentificationModifier

Jusqu'en 2013, l'œuvre est considérée comme anonyme. En 1988, le peintre et historien de l'art Tomeu L'Amo découvre la toile dans un magasin de Gérone. La soupçonnant d'être un Dali en raison de ses couleurs, il l'achète pour 25 000 pesetas, soit l'équivalent d'environ 150 euros[2].

Entre 2004 et 2013, le propriétaire fait analyser le tableau. Daté de 1896, soit huit ans avant la naissance de Dali, les experts déterminent qu'il fut en réalité peint autour de 1921 : « connu pour son goût de la provocation et de la mystification, [Dali] aurait utilisé un code numérologique pour masquer la date ». L'analyse graphologique conclut également que l'écriture utilisée pour la dédicace, en bas à droite du tableau, correspond à celle de Dali[1]. Écrite en catalan, elle contient par ailleurs « une faute d'orthographe que Dali avait l’habitude de faire et qui a été corrigée de manière à devenir invisible à l’œil nu »[2]. Cette erreur concerne l'inversion des lettres « b » et « v » dans le mot « benvolgut » (« estimé »), erreur ensuite cachée par de la peinture noire[3].

DescriptionModifier

  Image externe
  La Naissance intra-utérine de Salvador Dalí

L'œuvre est dessinée au stylo bleu et noir avant d'être peinte à grands traits. Elle représente des anges flottant dans le ciel, au-dessus d'un volcan[1].

La vie intra-utérine est un thème récurrent chez Dali. Pour Robin Chatelain, « l’évocation de la vie intra-utérine trouve sa source dans l’essai d’Otto Rank sur le Traumatisme de la naissance. Dali manifeste pour elle un vif intérêt et la décrit comme le Paradis perdu. Selon Rank, et c’est cette thèse que Dali s’approprie, la naissance nous soumet au choc de la réalité, d’où le désir de retrouver, symboliquement, cet état paradisiaque dont l’artiste dit éprouver l’éperdue nostalgie[4] ».

Pour Nicolas Descharnes, spécialiste de Dali, « le tableau peut être considéré comme la première œuvre surréaliste de Dali », même si le mouvement ne fut officiellement fondé qu'en 1924 par André Breton[2].

RéférencesModifier

  1. a b et c « Un tableau authentifié comme une œuvre de jeunesse de Dali », La Presse,‎ (lire en ligne, consulté le 26 juin 2017).
  2. a b et c « Un tableau de jeunesse de Dali authentifié », La Croix,‎ (lire en ligne, consulté le 26 juin 2017).
  3. « El error ortográfico que reveló un 'dalí' », El Mundo,‎ (lire en ligne, consulté le 18 octobre 2018).
  4. Robin Chatelain, « Psychose et création : l’exemple de Salvador Dali », La clinique lacanienne, no 15,‎ , p. 149-166 (lire en ligne, consulté le 26 juin 2017).