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La Foire aux gangsters

La Foire aux gangsters
50e histoire de la série Spirou et Fantasio
Scénario André Franquin
Dessin André Franquin
Jidéhem

Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Langue originale Français
Éditeur Dupuis
Première publication no 1034 de Spirou (1958)

La Foire aux gangsters est la cinquantième histoire de la série Spirou et Fantasio d'André Franquin et Jidéhem. Elle est publiée pour la première fois dans Spirou du no 1034 au no 1045.

UniversModifier

SynopsisModifier

Le 6 février 1958, les lecteurs du Journal de Spirou découvrent un bien drôle de personnage, Soto Kiki, dans la nouvelle aventure de leur héros favori. En deux pages, ce petit Japonais se débarrasse de deux gorilles voulant le kidnapper, avant de se rendre chez Spirou et de commencer à l’agresser. Si Soto Kiki s’en prend ainsi à lui, puis à Fantasio, c’est dans l’unique but de leur prouver l’efficacité du judo. Le Marsupilami se chargera de lui montrer les limites de son art martial. Cette démonstration de force n’a pour seul objectif que de convaincre les deux héros d’aider le valeureux nippon à protéger la progéniture du riche John P.Nut, menacée par la bande du gangster Lucky Caspiano. Le moment venu, Spirou n’hésitera pas à voler au secours du bébé, kidnappé par les hommes de mains, boxeurs de leur état, du sinistre mafieux. Cependant, sa route amènera à croiser Gaston Lagaffe...

PersonnagesModifier

  • Spirou -
  • Fantasio -
  • Spip -
  • le Marsupilami -
  • Gaston Lagaffe -
  • Soto Kiki -
  • John P.Nut -
  • le bébé de John P.Nut -
  • Lucky Caspiano -

HistoriqueModifier

Dans les années 1950, Charles Dupuis souhaite que la série vedette soit présente chaque semaine dans les pages du journal Spirou. Entre chaque grande aventure, André Franquin peut se détendre avec une histoire courte, sur un ton plus fantaisiste et humoristique. Ainsi en 1957, la longue histoire Le Voyageur du Mésozoïque est suivie par l'histoire plus courte Vacances sans histoires. Mais à la fin de la publication de celle-ci en janvier 1958, c'est une autre histoire courte qui lui succède intitulée La Foire aux gangsters[1].

En 1958, André Franquin est alors très occupé, en plus de la série vedette du journal Spirou, il dessine les animations et la chronique auto. Pour le journal Tintin, il anime Modeste et Pompon depuis plusieurs années. Dupuis a aussi l'idée de fournir des histoires inédites à des journaux français pour mieux faire connaitre le personnage dans le pays. Il est obligé de transformer sa vie professionnelle pour faire face à ses multiples travaux. Il ouvre un atelier avenue du Brésil à Ixelles et recrute des assistants comme Jean Roba ou Jidéhem[1]. C'est ce dernier qui aide André Franquin sur cette histoire et réalise sa première collaboration sur la série Spirou et Fantasio. Ils travaillent à deux au dessin en alternant la composition des cases, mais c'est toujours André Franquin qui dessine les personnages. Jidéhem est à l'aise sur cette histoire pour dessiner les décors urbains, puisque dans le journal Héroïc-Albums, dont il vient, il dessinait la série Ginger, un polar noir se déroulant en ville[2].

La Foire aux gangsters commence sa publication dans le no 1034 du , au rythme de deux planches par numéro. La publication prend fin dans le no 1045 du , trois semaines avant la publication de l'histoire Le Prisonnier du Bouddha, la nouvelle grande aventure de Spirou et Fantasio[3]. En 1960, elle est publiée dans l'album Le Nid des marsupilamis en compagnie de l'histoire éponyme[4]. Pour cette occasion, l'histoire est remontée pour coller au format d'album, mais fait disparaitre les « suspenses de bas de page » mis au point pas l'auteur lors de la publication dans le journal Spirou[5],[N 1].

AnalyseModifier

HumourModifier

Comme souvent avec les histoires d'André Franquin, elle contient des gags qui sont souvent placés pour dédramatiser la situation. Les premiers gags mettent en scène le japonais Soto Kiki. Son nom est un calembour, très en vogue dans la bande dessinée de l'époque, celui de déformer un prénom exotique. André Franquin reconnaitra plus tard que le nom ne sonne pas vraiment japonais, mais à l'époque les sons étrangers sont peu familiers pour les lecteurs français et belges[6]. Ensuite, il joue sur le contraste entre sa force et son physique chétif. Il bat facilement à mains nues deux gros gaillards, alors que tout porte à croire aux lecteurs que c'est lui qui prend les coups. Et quelques cases plus loin, il attaque Spirou sans sommation et celui-ci ne peut rien faire face aux prises répétées du japonais[2]. Le thème humoristique du colosse rossé par un plus petit est repris plus tard dans la planche 10A. Jo la Java (dont la représentation fait penser qu'il pèse plus qu'un simple poids moyen de 69,8 et 72,5 kg) fonce tête baissé vers Spirou, mais l'écureuil Spip le fait tomber en mettant un pneu sous ses pieds[5].

De plus, Franquin fait intervenir Gaston qui apparait en plein milieu de l’histoire, et s'en suivront une série de gaffes de sa part, comme reconnaitre Spirou, alors en train de se cacher des gangsters qui le poursuivent...

InfluenceModifier

StyleModifier

GraphismeModifier

NarrationModifier

C’est la toute première collaboration entre André Franquin et Jidéhem sur Spirou. Créée après Vacances sans histoires qui introduisait la nouvelle Turbotraction, et avant Le Prisonnier du Boudha, ce récit a un côté quelque peu particulier quant au travail de Franquin sur Spirou. C’est avant tout une vraie histoire de gangsters, de série noire, bien avant que le genre n’envahisse le grand écran. C’est un scénario où Fantasio est grandement absent et qui témoigne, scénaristiquement parlant, de la manière de travailler de l’auteur. Improvisant, Franquin se retrouva à la fin un peu coincé et ne s’en sortit que par une pirouette transformant le personnage de Soto Kiki, au début du côté des bons, en vrai méchant de l’intrigue.

PublicationModifier

RevuesModifier

Spirou à partir du no 1034 du

AlbumModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. La série Spirou et Fantasio était publiée en couverture de l'hebdomadaire et en page deux. La planche en couverture contenait trois strips (contre quatre dans une planche normal) pour laisser place à la cartouche contenant le titre du journal

RéférencesModifier

  1. a et b Édition commentée, p. 31.
  2. a et b Édition commentée, p. 38.
  3. « Spirou et Fantasio » (consulté le 5 janvier 2015).
  4. Chronologie d'une œuvre, p. 67.
  5. a et b Édition commentée, p. 72.
  6. Édition commentée, p. 46.

AnnexesModifier

BibliographieModifier