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La Chapelle-en-Valgaudémar

commune française du département des Hautes-Alpes
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir La Chapelle.

La Chapelle-en-Valgaudemar
La Chapelle-en-Valgaudémar
Blason de La Chapelle-en-Valgaudemar
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d’Azur
Département Hautes-Alpes
Arrondissement Gap
Canton Saint-Bonnet-en-Champsaur
Intercommunalité Communauté de communes Champsaur-Valgaudemar
Maire
Mandat
Jean-Claude Catelan
2014-2020
Code postal 05800
Code commune 05064
Démographie
Population
municipale
102 hab. (2016 en diminution de 12,07 % par rapport à 2011)
Densité 0,94 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 49′ 04″ nord, 6° 11′ 43″ est
Altitude 1 050 m
Min. 1 022 m
Max. 3 667 m
Superficie 108,02 km2
Localisation

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La Chapelle-en-Valgaudemar

La Chapelle-en-Valgaudemar[1] est une commune française située dans le département des Hautes-Alpes, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Elle a été créée le par fusion des anciennes communes de Clémence-d'Ambel et Guillaume-Peyrouse[2].

Sommaire

GéographieModifier

LocalisationModifier

La commune de la Chapelle couvre toute la haute vallée du Valgaudemar, arrosée par la Séveraisse, affluent du Drac qui entaille profondément le massif des Écrins dans sa partie occidentale. Cette partie de la vallée se situe à plus de 1 000 mètres d'altitude, et est entourée de sommets qui dépassent les 3 000 mètres : l'Olan (3 564 m.) et les Rouies (3 589 m.) au nord, les Bans (3 669 m.) au nord-est, le Sirac (3 440 m.) au sud-est, et le Vieux Chaillol (3 163 m.) au sud.

 
Le village de la Chapelle et la Séveraisse.
Article détaillé : Valgaudemar.

Le village de La Chapelle, centre de la commune, est situé au confluent de la Séveraisse et de son principal affluent, le ruisseau de Navette, qui descend du glacier de l'Aup, sur le flanc nord du pic de Mal-Cros. À la hauteur du village, et sur quelque deux kilomètres de part et d'autre, le fond de la vallée comporte d'assez belles étendues cultivables. Paradoxalement, la rive nord, bien qu'à l'adret, est essentiellement rocheuses et inculte ; la rive sud est naturellement boisée. Le haut vallon de Navette, autrefois riche en prairies, a perdu une grande partie de ses terres cultivables, emportées par l'érosion.

Hameaux et lieuditsModifier

En plus du bourg principal de la Chapelle, les principaux hameaux sont :

 
Le refuge du Gioberney en novembre 2008.
  • dans la vallée principale, d'aval en amont :
    • les Andrieux (1 050 mètres)
    • le Casset (1 140 mètres)
    • le Bourg (1 160 mètres)
    • le Rif-du-Sap (1 400 mètres), inaccessible en hiver sauf à skis, mais habité l'été

Le refuge Xavier-Blanc, à 1 397 mètres d'altitude, proche de l'ancien hameau du Clot, aujourd'hui disparu, et le chalet du Gioberney, à 1 642 mètres d'altitude dans le cirque du même nom, accueillent randonneurs et touristes à la belle saison.

  • dans la vallée de Navette :
    • les Portes (1 240 mètres)

L'ancien village de Navette (1 330 mètres), ruiné, reprend vie depuis quelques années à la belle saison.

Les risques d'avalanche et les caprices du torrent ont imposé aux hameaux de se situer en des emplacements parfois mal exposés : les Andrieux, le Chaussedent, la Chapelle et le Bourg sont situés sur la rive gauche de la Séveraisse, et certaines de leurs habitations ne voient pas le soleil pendant plusieurs mois l'hiver.

GéologieModifier

HydrographieModifier

La commune est traversée d'est en ouest par la Séveraisse, qui prend sa source à la limite est de la commune, dans le massif du Sirac.

Article détaillé : Séveraisse.

Alimentée par les pluies et par la fonte des neiges, la Séveraisse est un cours d'eau au régime torrentiel, dont les crues sont redoutables au printemps et en automne. Son principal affluent sur le territoire de la commune est le torrent de Navette, qui descend du Pic de Mal-Cros, et conflue avec la Séveraisse au village de la Chapelle, après avoir franchi les Oules du Diable, série de cuvettes creusées dans la roche.

ClimatModifier

Voies de communication et transportsModifier

Le seul axe de communication est la route qui longe la Séveraisse, qui de raccorde à l'axe Gap - Grenoble (RN 85) à Saint-Firmin, à 15 kilomètres à l'ouest de La Chapelle, et se termine en impasse au cirque du Gioberney. Dénommée D 985a de Saint-Firmin à La Chapelle-chef-lieu, elle se nomme D 480 du chef-lieu à l'embranchement du Bourg, et D 480T au-delà, jusqu'à son extrémité au chalet du Gioberney. La D480T n'est pas déneigée, donc pas praticable, en hiver.

Le service « 05 Voyageurs » du conseil général des Hautes-Alpes[3] assure une desserte, quotidienne en période scolaire, vers et de Saint-Firmin et Saint-Bonnet, avec correspondance pour Gap et Corps par la ligne interdépartementale Transisère 4101.

ToponymieModifier

Le nom de la localité est attesté sous la forme latine Capella Vallis Gaudemarii en 1284 dans les archives de l'abbaye de Durbon.

La Chapella-en-Gaudemar en occitan haut-alpin.

Localisé dans le Valgaudemar qui signifie « Vallée de Gaudemard ou Godomar ». D'après l'Histoire, Godemar, dernier roi des Burgondes, serait venu se réfugier dans cette vallée après la destruction du royaume burgonde par les Francs en 534[4].

HistoireModifier

Aucune trace d'occupation humaine antérieure à l'époque de la colonisation romaine n'est mentionné par l'archiviste et historiographe des Hautes-Alpes Joseph Roman. En revanche, il relève la présence, auprès du village de la Chapelle, de tombes d'époque romaine contenant des pièces de monnaie, des vases et quelques objets en bronze. D'autres objets, dont une marmite en bronze chargée d'étain, auraient été trouvés au Clot, plusieurs kilomètres en amont. Le site de la Chapelle pourrait avoir été la statio nommée Geminae sur la carte de Peutinger, sur une voie romaine venant de Bregantio (Briançon) par le "col de Bonvoisin" (probablement le col du Sellar), et se dirigeant vers Mansio (Mens)[5].

Au milieu du XIVe siècle, Henri, seigneur d'Ambel, épouse Alix Gras, fille du seigneur majeur du Valgaudemar, qui apporte en dot la suzeraineté sur les terres de la partie haute de la vallée. Un siècle plus tard, à sa mort en 1445, Raymond III d'Ambel, dont le seul fils est décédé avant lui, lègue sa seigneurie à sa fille aînée Burguette, et ses terres en Valgaudemar à ses autres filles Clémence, Lantelme et Catherine, qui se les partagent. Les terres de Clémence resteront connues comme « Clémence-d'Ambel ». Celles de Catherine passent à sa fille Marguerite, dont le mari Guillaume Pérouse achète les parts de Lantelme, constituant un vaste territoire dès lors dénommé « Guillaume-Pérouse »[6]. Fait exceptionnel, ces deux domaines conserveront leurs toponymes en forme de patronymes pendant cinq siècles, y compris lors de la création des communes après la Révolution : Clémence-d'Ambel et Guillaume-Peyrouse.

Au début du XXe siècle, du fait de l'érosion et des inondations, notamment en 1914 et 1928, les terres cultivables s'étaient faites de plus en plus rares, et les habitants avaient commencé à vendre leurs terres à l'État, ce qui constitua plus tard le noyau du parc naturel. Progressivement, les hameaux les plus éloignés du centre se sont dépeuplés et ont finalement été abandonnés[7]. De plus, l'intrication des territoires autour d'une seule église ("la chapelle") et d'une seule mairie rendaient la cohabitation conflictuelle. En 1962, les élus se décidèrent à demander la fusion de leurs deux communes. Celle-ci fut décrétée, et la nouvelle commune prit le nom de la Chapelle-en-Valgaudemar, réunifiant, six siècles plus tard, l'ancien legs d'Alix Gras[8].

Le tourisme tend aujourd'hui à redonner vie à la haute vallée (Gioberney), et à maintenir en vie quelques hameaux excentrés (le Casset, le Bourg, le Rif-du-Sap, les Portes). En 1973 est créé le Parc national des Écrins, qui entoure en grande partie la commune. Lors de sa création, les tensions avaient été vives entre l'État et certains habitants du village, qui y voyaient une réduction de leurs libertés. Pour remédier en partie à ces tensions, le Parc recruta des gardes originaires du village.

HéraldiqueModifier

 

Blasonnement :
D'azur au lion d'or, armé, lampassé et allumé de gueules, aux trois cotices en barre aussi de gueules brochant sur le tout.

ÉconomieModifier

Principalement agricole, l'économie s'est vu diversifiée avec le tourisme de montagne, accru par l'implantation du parc national des Écrins dans les années 1970.

Politique et administrationModifier

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
  21 mars 1971 Auguste Guibert    
21 mars 1971 mars 2001 Lucien Mazet    
mars 2001 mars 2008 Jean-Claude Catelan    
mars 2008 décembre 2008 Anne Vincent    
février 2009 En cours Jean-Claude Catelan[9] DVG Commerçant

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[10]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[11].

En 2016, la commune comptait 102 habitants[Note 1], en diminution de 12,07 % par rapport à 2011 (Hautes-Alpes : +1,81 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
517435505525502510501500443
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
460459437435391407405406415
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
364355355329304247204171133
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
115204181184135129122121120
2013 2016 - - - - - - -
106102-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[12] puis Insee à partir de 2006[13].)
Histogramme de l'évolution démographique
 

Lieux et monumentsModifier

Les oules (« marmites » en occitan) du diable sont des gorges creusées par le torrent de Navette. Le bouillonnement de l'eau y est important ; il a poli la pierre de manière impressionnante. Les jours de crue, le vacarme y est intense. L'endroit est réputé pour sa dangerosité. Plusieurs personnes y ont perdu la vie (la dernière fois remonte à la fin des années 1980 - début des années 1990). Pour y remédier, le pourtour du site a été aménagé afin de rendre l'endroit plus accessible et surtout moins dangereux : des rambardes et des passerelles jalonnent le bord des oules, ce qui permet la découverte en toute sécurité.

Un pont prétendu romain enjambe le torrent de Navette au tout début des gorges. L'endroit est également prisé pour ses descentes en canyoning.

La Chapelle-en-Valgaudemar dans les artsModifier

L'ancienne commune de Guillaume-Peyrouse est citée dans le poème d'Aragon, Le Conscrit des cent villages, écrit comme acte de Résistance intellectuelle de manière clandestine au printemps 1943, pendant la Seconde Guerre mondiale[14].

Personnalités liées à la communeModifier

Pour approfondirModifier

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BibliographieModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

RéférencesModifier

  1. http://www.hautes-alpes.gouv.fr/commune-de-la-chapelle-en-valgaudemar-ppr-avis-d-a4495.html
  2. https://books.google.fr/books?hl=fr&id=UAwkAQAAMAAJ&dq=%22+Cl%C3%A9mence-d%27Ambel%22+%22Guillaume-Peyrouse%22+1962&focus=searchwithinvolume&q=%22+la+chapelle-en-%22+ Journal officiel de la République française, volume 94, 1962]
  3. O5 Voyageurs sur le site du CG05
  4. Pierre Barnola et Danièle Vuarchex, Noms de lieu, quelle histoire!, Édition Barnola Vuarchex - Amis du Musée Matheysin, 2008 (ISBN 9782953221008).
  5. Joseph Roman, Département des Hautes-Alpes, Répertoire archéologique", Paris, 1888, rééd. par Res Universis, Paris, 1991, (ISBN 2-87760-716-X), (ISSN 0993-7129), pages 144-145 et 147
  6. On suit ici Jean Gueydan, Les Seigneurs du Beaumont, éd. du Cosmogone, 2003, (ISBN 2-914238-40-1), pp.208-209. Joseph Roman proposait en 1888 trois versions quelque peu différentes des faits, d'ailleurs contradictoires entre elles - voir J.Roman, Département des Hautes-Alpes, Répertoire archéologique, page 144, J.Roman, Tableau Historique du Département des Hautes-Alpes, page 85, et J.Roman, Dictionnaire topographique du département des Hautes-Alpes, page 41. Le site valgaudemar.free.fr donne lui aussi une version différente de l'histoire, mais sans indiquer de sources.
  7. Almanach du Vieux Dauphinois 1995, éd. M.J.Rosset, BP 235 Annecy-le-Vieux, sans ISBN, pp.50-52.
  8. Almanach du Vieux Dauphinois 1995, p.48.
  9. « Liste des maires du département des Hautes-Alpes (mise à jour 15 mai 2014) », sur le site de la préfecture des Hautes-Alpes, (consulté le 14 mars 2015).
  10. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  11. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  12. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  13. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.
  14. Louis Aragon, « Le Conscrit des cent villages », publié initialement dans La Diane française, consulté dans Pierre Seghers, La Résistance et ses poètes : France, 1940-1945, Paris : Seghers, 2004 (2e édition). (ISBN 2-232-12242-5), p. 373-375