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Léonel de Moustier (1882-1945)

personnalité politique française
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Léonel de Moustier
Illustration.
Fonctions
Député français

(14 ans, 1 mois et 9 jours)
Circonscription Arrondissement de Baume-les-Dames (Doubs)
Prédécesseur scrutin proportionnel
Successeur régime de Vichy
Biographie
Nom de naissance Alfred Ghislain Marie René Léonel de Moustier
Date de naissance
Date de décès (à 63 ans)
Résidence Doubs
Liste des députés du Doubs

Le marquis Léonel de Moustier est un homme d'affaires et homme politique français, né le à Paris 7e[1] et mort le à Neuengamme.

BiographieModifier

Petit-fils d'un diplomate du Second Empire, fils de René de Moustier député du Doubs, issu d'une famille noble, Léonel de Moustier devient directeur des charbonnages et vice-président de la Chambre d'agriculture départementale. Il devient conseiller général en 1910, et président du conseil général en 1935, succédant à son père. Mobilisé pendant la Première Guerre mondiale, il est plusieurs fois décoré (voir ci-dessous).

Léonel de Moustier est élu député en 1928[2], avec l'étiquette de l'Union républicaine démocrate, nom électoral de la Fédération républicaine. Il est constamment réélu jusqu'en 1940. Homme de droite, Léonel de Moustier est aussi profondément républicain, soucieux de modération et de justice sociale. C'est ainsi qu'il intervient pour étendre aux travailleurs agricoles la législation sociale protégeant les ouvriers d'usines. En politique extérieure, il se déclare, dans sa profession de foi, favorable à des initiatives diplomatiques, « sans arrière-pensées » aussi bien qu'à « une préparation militaire suffisante ».

Il appartient à la commission de l'Agriculture, du Suffrage universel, ainsi qu'à la commission d'Assurance et de prévoyance sociale.

À la fin des années 1930, il défend une politique de fermeté face à Hitler. En 1939, il s'engage, bien qu'âgé de cinquante-sept ans, et obtient de servir dans une unité combattante. Après la mort de l'un de ses fils, en octobre 1939, il exige d'y rester tout de même.

De retour en France après l'armistice, Léonel de Moustier fait partie des quatre-vingts parlementaires qui votent contre l'octroi des pleins pouvoirs à Philippe Pétain le 10 juillet 1940, il est le seul député de droite[3]. Pour lui, l'armistice est une « trahison », et Pétain, un « traître ».

Léonel de Moustier s'engage ensuite dans la Résistance. Il met son domaine de Bournel à disposition des résistants évadés, des aviateurs britanniques et américains abattus, puis des réfractaires au Service du travail obligatoire. Il est recruté par Jean de Vomécourt, frère de Pierre et Philippe de Vomécourt, pour participer aux activités du SOE dans la région dès le printemps 1941. En 1943, il entre en contact avec l'Organisation de résistance de l'armée, et devient chef militaire de l'ORA pour l'arrondissement de Baume-les-Dames.

Le 23 août 1943, Léonel de Moustier est arrêté par la Gestapo. Incarcéré à la prison de Besançon, puis à celle de Compiègne, il est déporté au camp de Neuengamme au début de l'été 1944. Étant parlementaire, il peut bénéficier d'un traitement de faveur, mais le refuse. Il meurt des suites de ses conditions de détention, peu après la libération du camp.

De son union, le 5 juin 1906 à Bruxelles, avec la princesse Jeanne Marie Louise de Ligne (2 octobre 1887 - Bruxelles23 février 1974 - Montabon), fille de Ernest (1857-1937), 10e prince de Ligne, il eut 12 enfants dont Roland de Moustier, qui lui succédera dans ses mandats électoraux -5 de ses enfants seront Conseillers Généraux : 4 dans le Doubs et sa fille aînée Renée Armand, dans la Sarthe, Claude (née en 1924), mariée à Aymard de Courson (1914-1985), les parents de Charles-Amédée de Courson (député Maire de Vanault-les-Dames), Guy de Moustier qui était retenu avec lui au camp de Neuengamme, membre de l'Assemblée consultative provisoire en juillet 1945, Philibert prêtre missionnaire spiritain qui a traversé l'Allemagne pour venir le sauver.

DécorationsModifier

SourcesModifier

  • « Léonel de Moustier (1882-1945) », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960 [détail de l’édition]
  • résumé de la thèse de doctorat "Ordre, famille, patrie“ : perception et influence de la Première Guerre mondiale sur la Droite modérée en France pendant les années 1920. Naissance d’un parti, culture politique, milieu social" (elle s'appuie sur l'exemple du Doubs): http://www.crid1418.org/doc/textes/hoffmann_these.pdf
  • Biographie en ligne sur le site de l'Ordre de la Libération

Notes et référencesModifier

  1. Archives numérisées de l'état civil de Paris, acte de naissance no 7/530/1882, avec mention marginale du décès (consulté le 11 juillet 2012).
  2. Notice sur assemblee-nationale.fr
  3. Éric Mension-Rigau, Singulière noblesse : l'héritage nobiliaire dans la culture française contemporaine, Fayard, , 380 p. (lire en ligne).

Voir aussiModifier