Léon Van Dievoet

architecte belge

Léon Van Dievoet (5 juillet 1907–6 décembre 1993) est un architecte[1], artiste-peintre, graveur et dessinateur[2] belge, chevalier des ordres de Léopold et de la Couronne.

Léon Van Dievoet
Léon van Dievoet, 16.07.34 sur sa moto Saroléa à Blankenberghe.JPG
Léon van Dievoet sur sa moto Saroléa à Blankenberghe.
Biographie
Naissance
Décès
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Nationalité
Activités
Famille
Père
Enfant
Alain van Dievoet (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Maîtres
Distinctions

Il est l'auteur de nombreux dessins de lieux bruxellois désormais détruits[1] qui ont été qualifiés de « mine d'informations pour tous ceux qui s'intéressent au Bruxelles d'antan »[3].

BiographieModifier

 
Maison natale de Léon Van Dievoet, rue Souveraine, 91 à Ixelles

Léon Van Dievoet, est né à Ixelles le 5 juillet 1907 au 91, rue Souveraine, domicile de ses parents Gabriel Van Dievoet (1875-1934) et Alice Demets (1878-1945), et de ses grands-parents Léon Van Dievoet (1838-1908) et Hermine Straatman (1838-1917).

Son père Gabriel Van Dievoet, ancien élève de l'Académie royale des beaux-arts de Bruxelles, était un décorateur et sgraffitiste Art nouveau réputé et son oncle Henri Van Dievoet un architecte connu de son temps. Dans cet entourage familial, il développa lui aussi très jeune le goût pour l'architecture, le dessin et la musique, et après une scolarité à l'Athénée royal d'Ixelles et des cours privés de violon, instrument — un Aldric de 1826 — qu'il pratiqua toute sa vie, il s'inscrivit le 1er octobre 1922 à l'école d'architecture de l'Académie royale des beaux-arts de Bruxelles, où il se forma d'abord dans l'atelier Horta où il obtint le certificat d'architecte[4] A.R.B.A.B en 1929.

Son frère cadet René Van Dievoet[5] (1908-1978), opta quant à lui pour la sculpture, et s'inscrivit également à l'Académie royale des beaux-arts où il se forma dans l'atelier d'Égide Rombaux, puis à l'Académie de Saint-Gilles, auprès de Léandre Grandmoulin.

 
Le professeur Joseph Van Neck, à gauche, avec ses étudiants à l'Académie. Avec de gauche à droite : Léon van Dievoet, Axel Lemesre[6], Jacques De Vos[7], Jacques Donnay[8], juin 1935.

Léon Van Dievoet durant ses vacances ou son temps libre fait également des stages de dessinateur chez plusieurs architectes renommés[9], chez Jules Reuter[10], architecte et décorateur, durant les années 1924-1925, chez Georges Hobé[11], quatre mois en 1925 et du 1er juin au 31 juillet 1928, et chez Joseph Van Neck en 1928-1929.

 
« Opus 15 décembre 1936 », lento, composition pour violon solo par Léon Van Dievoet.

Après l'obtention de son certificat d'architecte A.R.B.A.B., il commence rapidement à exercer l'art de bâtir[12] et construit notamment pour le compte du "Comptoir National des Matériaux[13]" du 1er juillet 1929 jusqu'à l'année 1934 plusieurs imposants immeubles à appartements. Il interrompt alors brièvement sa carrière pour obtenir le nouveau type de diplôme et reprend sa formation à l'école d'architecture de l'Académie Royale des Beaux-Arts dans l'atelier Van Neck[14] où il reçoit son diplôme de fin d'études avec distinction le 9 juillet 1935.

Il n'oublie pas la musique et compose pour le violon[15]. À la fin des années 30, il fait partie en tant que violoniste du "Groupe Instrumental Hrdina", sous la direction du compositeur et chef d'orchestre Willy Dortu[16], formé de musiciens amateurs. Un des derniers concerts de ce groupe eut lieu à Wavre Notre-Dame, le 19 juin 1938 à l'Institut des Dames Ursulines[17]. Après guerre, en 1953, Willy Dortu tenta de reconstituer un orchestre l' « Orchestre de chambre Willy Dortu » dont Léon Van Dievoet assure le secrétariat et l'aide à recruter des musiciens amateurs. Ce « groupement instrumental, dont le but initial est l'étude des œuvres classiques, s'adresse aux amateurs, et particulièrement aux jeunes musiciens(nes) ayant déjà une formation sérieuse, et qui souhaite la parfaire »[18].

Quelques constructionsModifier

 
Monogramme de l'architecte Léon Van Dievoet, 1933.
  • 1931 : immeuble à appartements avenue du Roi.
  • 1932 : surhaussement[19] pour Monsieur Van Keymeulen, à Saint-Gilles, rue de Savoie, 21 d'une maison de rapport d'inspiration néoclassique construite en 1897.
  • 1932 : immeuble à appartement au 187a rue de la Victoire à l'angle de la rue des Tirailleurs, pour le compte du « Comptoir national des Matériaux ».
  • 1932 : immeuble à appartements boulevard Van Haelen.
  • 1946 : atelier pour Monsieur Crabbé, industriel, à Keerbergen.
  • 1946 : bungalow Maurice Durdut, rue Langeveld à Uccle.

Brevet d'inventionModifier

Par arrêté ministériel du 31 juillet 1945, Léon Van Dievoet obtint le brevet d'invention n° 459.069 pour un système d'« éléments en béton ou en tous autres matériaux agglomérés pour constructions préconstruites[20] ».

Sélection d'œuvresModifier

HonneursModifier

Œuvres d'autres architectes « Van Dievoet »Modifier

Il ne faut pas confondre l'œuvre architecturale de Léon Van Dievoet avec celle d'autres membres de sa famille, comme celles de :

BibliographieModifier

  • 1930-1931 : Annuaire général des beaux-arts de Belgique, Bruxelles, 1930-31, p. 192 : « Projet d'hôtel ».
  • 1933 : Jean Groffier, « Un interview. L'architecte Léon Van Dievoet », dans : La momie chante. Arts, Sciences, Lettres, Bruxelles, juillet 1933, p. 2.
  • 1937 : Jean Delsaux, « Immeuble à logements multiples Quartier des Nations par Léon Van Dievoet, architecte S.A.D.Br. », dans : Le Mal-axé, organe de l'Association générale des étudiants architectes de l'Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles, Bruxelles, édition spéciale de mai 1937, p. 10.
  • 1937 : « Le titre d'architecte », dans : Le Soir, 4 juin 1937[23].
  • 1961 : Victor-Gaston Martiny, Abrégé historique de la formation des architectes par l'Académie des Beaux-Arts de Bruxelles et résumé chronologique de l'action entreprise, depuis sa fondation en 1936, par la Société des architectes diplomés de cette institution, Bruxelles, 1961, pp. 13, 15, 18, 20.
  • 1976 : Roger Patesson, « Les expositions d'art. Léon VAN DIEVOET. Aquarelles et gravures », dans : L'Écho de la Bourse, 4 avril 1976.
  • 2003 : Dictionnaire de l'Architecture en Belgique de 1830 à nos jours, direction : Anne Van Loo, Anvers : Fonds Mercator, 2003, p. 562.
  • 2003 : Paul Piron, « VAN DIEVOET, Léon », dans Dictionnaire des artistes plasticiens de Belgique des XIXe et XXe siècles, Ohain-Lasne, 2003, tome L-Z, p. 619.
  • 2012 : Marie Kinard, Dans les pas de Lismonde à Anderlecht, Anderlecht : Édition communale, 2012, p. 4.
  • 2015 : Serge Goyens de Heusch, Lismonde portraitiste[24], Linkebeek, 2018, pp. 2, 11, 12, 13, 15, 16.
  • 2018 : Serge Goyens de Heusch, Lismonde et l'architecture, Linkebeek, 2018, p. 10[25] et 12 (photo à Diest)

ArchivesModifier

Une partie des archives de Léon Van Dievoet, a été déposée aux Archives d'Architecture Moderne, dont des plans, des dessins et de nombreux carnets de notes et de notes de cours[26].

Notes et référencesModifier

  1. a et b « La famille van Dievoet, l'art et l'architecture », sur puzzlavie.be (consulté le 26 mai 2020)
  2. « Léon van Dievoet », sur photos-promenade.be (consulté le 26 mai 2020)
  3. F. By, « Famille van Dievoet : Artistes, de père en fils », dans Le Vif/L'Express, numéro spécial « Bruxelles : la saga des grandes familles », 26e année, n°47 (Le Vif) et n°2993 (L'Express), 21-27 novembre 2008, p. 121.
  4. « Académie royale des Beaux-Arts. Bruxelles le 19 février 1929. Je soussigné secrétaire à l'Académie Royale des Beaux Arts et École des Arts décoratifs de Bruxelles, certifie que M. Van Dievoet Léon est élève au dit établissement depuis le 1er octobre 1922, qu'il y a suivi les cours d'Architecture Section B 1ère 2de et 3e, 4e années et les cours d'architecture Son A 1, 2e et 3ème années ainsi que les cours spéciaux afférents à ces classes : perspective, géométrie descriptive, coupe des pierres, construction, hygiène et jurisprudence du bâtiment ».
  5. Paul Piron, Dictionnaire des artistes plasticiens de Belgique des XIXe et XXe siècles, Ohain-Lasne, 2003, tome II, p. 619 : sub verbo "VAN DIEVOET, René (Ixelles, 1908-1978)" : « Sculpteur. Fils de Gabriel, frère de Léon Van Dievoet.Formation à l'Académie de Bruxelles chez E. Rombaux et à l'Académie de Saint-Gilles chez L. Grandmoulin. Auteur de sculptures en marbre et de petits objets en bois de style art-déco ».
  6. Axel-Wilfrid Lemesre, architecte, 11, avenue de Broqueville, Bruxelles 15. Urbaniste. Professeur à l'Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles. Ancien président de "Formes Nouvelles". Ancien président de la S.A.D.Br. Atelier Van Neck, 1935.
  7. Jacques De Vos, architecte, 60, rue du Tilleul, Genval. Médaille de Premier Prix de fin d'études. Prix du Grand Concours Triennal de la Ville de Bruxelles, 1935. Prix Acker, 1936. S.C.A.B.
  8. Jacques Donnay, architecte, 30, boulevard Général Jacques, Bruxelles 5. Atelier Van Neck, 1935.
  9. Victor-Gaston Martiny, Abrégé historique de la formation des architectes par l'Académie des Beaux-arts de Bruxelles, Bruxelles, 1961, p. 11 : « Pendant les deux dernières années, les élèves architectes pourront disposer de leurs après-midi pour travailler chez des patrons architectes et parfaire leurs connaissances du métier ».
  10. Jules Reuter, architecte et décorateur. Woluwe-Saint-Pierre, rue Bemel, 109. Téléphone 372,13.
  11. Georges Hobé, architecte décorateur. Téléphone : 823,73, 57, rue de Hennin. Certificat autographe du 19 septembre 1928.
  12. Annuaire général des beaux-arts de Belgique, Bruxelles, 1930-31, p. 192 : « van Dievoet, Léon, Architecte A.R.B.A.B. - Constructeur et décorateur .
  13. "Comptoir National des Matériaux. Société coopérative, 41, rue de Spa, à Bruxelles. Pauline van Dijk, Immeubles à appartements de l'entre-deux-guerres, Bruxelles, 2006, p. 40 : « Dans les années trente, plusieurs sociétés immobilières se lancent sur le marché des immeubles à appartements. C'est le cas notamment du Comptoir national des Matériaux ».
  14. Annuaire SADBr, Bruxelles, 1961, p. 157 : « VAN DIEVOET, Léon, professeur agréé de l'enseignement technique supérieur. Expert près les Tribunaux. Membre fondateur de la S.A.D.Br.. At. Horta & Van Neck 1935 ».
  15. La Bibliothèque royale de Belgique, section musique, conserve de lui son « Opus 15 décembre 1936 », lento, œuvre pour violon solo.
  16. Parmi les compositions musicales de Willy Dortu on peut citer : « Pièce atmosphérique pour piano », 1925[1]. « Deux pièces brèves pour piano, dédiées à Jean Cocteau », éditions Maurice Senart, 20, rue du Dragon, Paris, 1925[2] et « Morte ! »[3], morceaux interprétés en 2016 par François Mardirossian.
  17. Programme, Audition par le groupe instrumental Hrdina sous la direction de Willy Dortu, Bruxelles : Les Imp. Ch. Bulens, S.A., 1938, p. 2 « Composition du groupe. Violons : MM. R. de Bisschop ; H. Hellinckx ; L. Herszkowicz ; L. Logie ; L. Périlleux ; Mlles S. Pirson ; J. Soubre ; MM. M. Van Dievoet ; M. Viroux. Altos : MM. E. Deuse ; M. Everard ; W. Hsü ; M. Kenès ; Cellos : MM. A. Bastin ; C. Lovens ; Mlle J. Périlleux ; M. A. Vita. Contrebasse : M. Deuse ; Piano : Mme J. Périlleux. Flûtes : MM. A. Périlleux ; L. Gallet. Clarinette : M. Van Veld. Hautbois : M. J. Périlleux. Basson : F. Pieters. Trombone : M. E. Deuse ».
  18. "Orchestre de Chambre Willy Dortu", secrétariat. Lettre de Léon Van Dievoet du 5 novembre 1953 à Monsieur le Pasteur Marguerat, Président du Cercle de Jeunesse Protestant. Temple du Musée : « Monsieur le Pasteur, Sous la recommandation de Maître Cornil, j'ai l'honneur de vous informer, que Monsieur W. Dortu, reprendra la direction d'un orchestre de chambre. Ce groupement instrumental, dont le but initial est l'étude des œuvres classiques, s'adresse aux amateurs, et particulièrement aux jeunes musiciens(nes) ayant déjà une formation sérieuse, et qui souhaite la parfaire ».
  19. Iris net, Inventaire du patrimoine, rue de Savoie, 21, maison de rapport d'inspiration néoclassique, 1897, surhaussée en 1932 (arch. Léon Van Dievoet). Lire en ligne.
  20. Ministère des Affaires Économiques. Direction générale du commerce. Direction de la Propriété Industrielle, 31 juillet 1945, signé Capart, directeur général du Commerce, au nom du ministre.
  21. Publié dans : Annuaire général des beaux-arts de Belgique, Bruxelles, 1930-31, p. 192 : « Projet d'hôtel. van Dievoet, Léon, Architecte A.R.B.A.B ».
  22. Marie Kinard, Dans les pas de Lismonde à Anderlecht, Anderlecht : Édition communale, 2012, p. 4 : « Chaussée de Ninove, n° 1070. En 1956, la façade avant de cette maison est expropriée pour des raisons d'élargissement de la chaussée de Ninove. Lismonde dessine la façade actuelle sous la direction de son ami architecte Léon Van Dievoet ».
  23. « Le titre d'architecte », dans : Le Soir, 4 juin 1937 : « Une délégation de la S.A.D.Br. (Société des Architectes diplômés de l'Académie royale des Beaux-Arts) comprenant MM. van Dievoet, Delsaux et Muller a été reçue par M. Gruslin, chef de cabinet du ministre de l'Instruction publique. Un échange de vues a eu lieu au sujet du projet de loi de protection du titre d'architecte qui sera incessament soumis au vote des Chambres. L'accord le plus complet existe et la S.A.D.Br. appuie de toute son autorité ce projet destiné à accorder à l'architecte belge des garanties de protection de son titre et de sa dignité ».
  24. Serge Goyens de Heusch, Lismonde portraitiste, Linkebeek, 2018, p. 11 : « S'étant fait une réputation de portraitiste moderne, que de fois donc Lismonde reçut-il la visite de personnalités, les fusains à la main, afin de les portraiturer! Ce fut aussi le cas pout toute une série de grands portraits de ses amis qu'il dessina toujours au fusain : notamment ceux de (...) son grand ami l'architecte Léon van Dievoet qui réaménagea en 1956 sa demeure de Linkebeek ».
  25. Serge Goyens de Heusch, Lismonde et l'architecture, Linkebeek, 2018, p. 10 : « Dès 1934, la Hollande est l'un des pays où Lismonde va se rendre régulièrement. Des photographies attestent que deux ans plus tôt, il a déjà fait un voyage à moto avec son ami l'architecte Léon van Dievoet, visitant Amsterdam et Scheveningen, mais nul dessin ne semble être advenu à cette occasion ».
  26. Archives d'architecture moderne, Léon Van Dievoet

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