Léon Gautier (militaire)

militaire français

Léon Charles Alexandre Gautier[1], né le [1] à Rennes[2], est un militaire français. Fusilier marin des Forces françaises libres, il est le dernier vivant des 177 Français à avoir participé au débarquement de Normandie lors de la Seconde Guerre mondiale[2].

Léon Gautier
Image dans Infobox.
Léon Gautier le 9 juillet 2017 sur la cote 112.
Biographie
Naissance
(98 ans)
Rennes (Drapeau de la France France)
Nationalité
Allégeance
Activité
MilitaireVoir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Arme
Grade militaire
Conflit
Grade
Distinctions

Il est mis à l'honneur lors des commémorations du 75e anniversaire du débarquement et de la bataille de Normandie.

BiographieModifier

Enfance et engagement militaireModifier

Apprenti carrossier au début de la guerre[2],[3], il s'engage à dix-sept ans dans la marine en [2] car c'est la seule armée qui pouvait l'accepter à son âge[4]. Il participe à des missions de défense des ports de Cherbourg et Carentan[2], notamment comme apprenti canonnier[5] sur le cuirassé Courbet[6]. Son entourage garde un sentiment d'opposition aux Allemands, notamment à la suite de la perte de proches durant la Première Guerre mondiale[3].

Enrôlement dans la France libreModifier

Venant du Courbet à Portsmouth[6], il apprend en voyage à Liverpool l'existence par la radio de la France libre basée à Londres[2]. Il décide de la rejoindre en [2] et participe au défilé du à Londres en présence du Général de Gaulle et de George VI[6].

Il réalise des missions dans l'océan Atlantique[2] sur le Gallois[4] avant d'être affecté sur le sous-marin Surcouf pour des missions en Afrique et au Moyen-Orient[2],[6].

Commandos Kieffer et Débarquement de NormandieModifier

 
Débarquement de troupes britanniques dans le secteur Sword. Bill Millin (premier plan) et Lord Lovat (à droite dans la colonne) sont visibles.
 
Avancée des troupes britanniques avec un char DD (Hobart's Funnies).

En 1943, il est volontaire pour intégrer un des commandos de Philippe Kieffer et s'entraîne à Achnacarry en Écosse[2],[6].

Fin il est averti des préparatifs du Débarquement de Normandie[6] et le , il débarque avec le No. 4 Commando à Colleville-sur-Orne[2] (désormais Colleville-Montgomery) dans le secteur Sword[7] avec pour objectifs initiaux de prendre le central téléphonique et le casino de Ouistreham[2], puis le secteur de Pegasus Bridge[4]. Léon Gautier, l'un des 177 membres des commandos Kieffer, participe à la totalité de la bataille de Normandie, soit 78 jours[3]. Il ne participe pas aux combats aux Pays-Bas à cause d'une blessure à la cheville[4].

Retour à la vie civileModifier

Après la guerre, il est démobilisé et épouse Dorothy Banks, une Britannique du corps des transmissions[5] rencontrée en Angleterre et avec laquelle il s'était fiancé en 1943[2] et qui lui donnera deux enfants[3]. Peu aidé par le gouvernement français et jalousé[4], il quitte l'armée et reprend son travail de carrossier en Angleterre puis en Afrique (Cameroun et Biafra)[2] pour la Compagnie française de l'Afrique occidentale. Il prend sa retraite comme expert automobile après avoir repris ses études dans l'Oise[2].

Devoir de mémoireModifier

Résidant à Ouistreham[3], à proximité de l'endroit où il a débarqué le , il gère désormais le musée du No. 4 Commando et est président de l'Amicale des anciens du Commando Kieffer[2]. Il s'attache notamment à raconter son expérience de soldat et entretenir le devoir de mémoire notamment auprès de la jeunesse[7],[3].

Il entretient une amitié avec Johannes Börner, un ancien parachutiste allemand également vétéran de la bataille de Normandie et installé à Ouistreham[8]. Cette complicité est le sujet du livre Ennemis et frères : Du Jour J à aujourd'hui, au-delà de la guerre (2011) de Jean-Charles Stasi[8]. Lors des commémorations à l'occasion du 70e anniversaire du débarquement de Normandie, avec Börner, ils concluent symboliquement la cérémonie de Ouistreham[9],[10].

Depuis le , date de la mort d'Hubert Faure, il est le dernier membre du commando Kieffer encore en vie.

DiversModifier

Son petit-fils, Gérard Wille, est également dans les commandos marine[11],[6].

Léon Gautier prête son image pour l'application mobile « Soldat Léon » relatant son histoire[10],[12].

L'école élémentaire de Colleville-Montgomery, commune limitrophe de Ouistreham, appartenant également à la plage Sword Beach où il a débarqué le , porte désormais son nom.

DistinctionsModifier

Durant la guerre, il obtient le grade de Quartier-maître fusilier[1].

Il obtient la Médaille militaire, la Croix de guerre 1939-1945, la Croix du combattant volontaire de la Résistance, la Croix du combattant volontaire 1939-1945, la Médaille de la Résistance, la Médaille commémorative des services dans la France Libre et la Médaille de l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre[2].

Il est également grand officier de l'ordre national de la Légion d'honneur[13],[14], membre de l'ordre de l'Empire britannique et chevalier de l'ordre des Palmes académiques[2].

Décoration Ruban Observations
Grand officier de la Légion d'honneur   2020[15]
Médaille militaire
Croix de guerre 1939-1945 2 citations (1 palme et 1 étoile)
Médaille de la Résistance
Ordre des Palmes académiques
Croix du combattant volontaire 1939-1945
Croix du combattant volontaire de la Résistance
Médaille commémorative des services volontaires dans la France libre
Ordre de l'Empire britannique

Notes et référencesModifier

  1. a b et c « Léon, Charles, Alexandre Gautier », sur francaislibres.net (consulté le 27 mai 2014).
  2. a b c d e f g h i j k l m n o p q et r Préfecture du Calvados, « Léon GAUTIER, acteur du jour J », sur calvados.gouv.fr, (consulté le 27 mai 2014).
  3. a b c d e et f « Léon Gautier une des mémoires humbles du commando français du 6 juin 1944 », sur lalibre.be, La Libre Belgique, (consulté le 27 mai 2014).
  4. a b c d et e Pierre Danckers, « Aucun d'entre nous n'aurait voulu laisser sa place », SCÉRÉN - CNDP, (consulté le 27 mai 2014).
  5. a et b Dominique de La Tour, « Léon Gautier : j'y suis, j'y reste », sur balades-historiques.com (consulté le 27 mai 2014).
  6. a b c d e f et g Jean-Luc Fleury (Ministère de la Défense), « Un des derniers du commando Kieffer débarque à la JDC de Caen », sur defense.gouv.fr, (consulté le 27 mai 2014).
  7. a et b « 70e D-Day. Léon Gautier rencontre le secrétaire d'Etat Kader Arif », sur ouest-france.fr, Ouest-France, (consulté le 27 mai 2014).
  8. a et b « Les deux vétérans ennemis sont devenus voisins à Ouistreham », sur ouest-france.fr, Ouest-France, (consulté le 27 mai 2014).
  9. « Le jour le plus long de Léon Gautier, membre du commando Kieffer », La Voix du Nord, (consulté le 10 juin 2014).
  10. a et b CM, « Léon Gautier, symbole du 6 juin en Normandie », France 3, (consulté le 10 juin 2014).
  11. Yan Duvivier et Béatrice Legrand via Philippe Chapleau, « Commando marine, de grand-père en petit-fils », sur lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr, Ouest-France, (consulté le 27 mai 2014).
  12. Site officiel
  13. « Décret du 4 juillet 2014 portant promotion au grade de commandeur », JORF n°0156 du 8 juillet 2014 page 11275, sur legifrance.gouv.fr.
  14. « Le vétéran Léon Gautier décoré par Manuel Valls », sur Ouest France, (consulté le 28 août 2014)
  15. Décret du 31 décembre 2020 portant élévation aux dignités de grand'croix et de grand officier dans l'ordre national de la Légion d'honneur.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

Livre
  • Pierrette Rieublandou, Ted Liska, Johannes Börner et Léon Gautier, J'ai vécu le débarquement en Normandie,  : Trois témoins racontent, Bayard jeunesse, , 95 pages. (ISBN 978-2747051583)
  • Jean-Charles Stasi, Ennemis et frères : Du Jour J à aujourd'hui, au-delà de la guerre, L'àpart Editions, , 188 pages. (ISBN 978-2360350490)
Documentaire
  • Les Français du jour J (2014) de Cédric Condon. Première diffusion du documentaire en France, sur France 3 le .

Articles connexesModifier

Liens externesModifier