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Léon Brunschvicg
Naissance

Paris IIe
Décès
(à 74 ans)
Aix-les-Bains
Nationalité
Formation
École/tradition
Principaux intérêts
Influencé par
A influencé
Conjoint
signature de Léon Brunschvicg
signature

Léon Brunschvicg (Paris IIe, Aix-les-Bains, ) est un philosophe français idéaliste de tendance platonicienne, époux de la féministe et sous-secrétaire d'État à l'Éducation Cécile Brunschvicg, il est aussi le cofondateur de la Revue de métaphysique et de morale avec Xavier Léon et Élie Halévy en 1893.

Sommaire

BiographieModifier

Léon Brunschvicg est élève d'Alphonse Darlu au lycée Condorcet, comme Marcel Proust, qu'il a côtoyé en outre durant l'adolescence[1].

Il entre à l'École normale supérieure (promotion 1888 Lettres), est reçu premier à l'agrégation de philosophie et devient professeur à Lorient (1891), puis à Tours (1893), au lycée Corneille de Rouen (de 1895 à 1900), où Alain lui succèdera, et ensuite au lycée Condorcet, à Paris.

Entre 1900 et 1940 il se fait connaître comme un philosophe idéaliste, voire intellectualiste ; il est le représentant de ce que l'on a appelé le courant idéaliste français.

Nommé professeur à la Sorbonne en 1909 et y enseignant pendant trente ans, il est entre autres le directeur de thèse de Raymond Aron, en 1938.

Il participe en 1929 au deuxième cours universitaire de Davos, avec de nombreux autres intellectuels français et allemands.

À partir de 1932, il devient membre de l'Académie des sciences morales et politiques.

Sous l'Occupation, Brunschvicg doit quitter son poste à la Sorbonne et se réfugier en zone libre pour échapper aux nazis qui le traquent en raison de ses origines juives. Il se réfugie dans le sud de la France à Aix-en-Provence. Il y vit tranquillement en commençant l'ébauche de ce qui allait être son dernier ouvrage Descartes et Pascal, lecteurs de Montaigne[2]. Mais lors de l'occupation allemande de la zone libre le 11 novembre 1942, sa femme et lui doivent se cacher.

En janvier 1944, il meurt à l'âge de 74 ans.

ŒuvreModifier

Avec Henri Bergson, Léon Brunschvicg s'annonça, dès 1897, comme l'un des philosophes français majeurs de la première moitié du XXe siècle. À la Société française de philosophie (fondée en 1901 par Xavier Léon), à la Sorbonne et partout où il fut reçu, Brunschvicg ne laissa personne indifférent. Avec ses amis connus au lycée (notamment Élie Halévy) ainsi qu'un grand nombre de ses collègues (André Lalande, Émile Meyerson), il participa à ce que l'on appelle encore aujourd'hui l'idéalisme français.

Brunschvicg développa à partir de la « méthode réflexive », un « idéalisme critique ». Pour lui, l'acte de l'esprit s'exprime dans les vérités scientifiques : philosophie et science vont en couple. Le grand concept brunschvicgien par excellence est celui de jugement dont il expose la théorie dans sa thèse La Modalité du jugement. C'est le jugement qui, dans la réflexion scientifique, constitue le cœur de la philosophie réflexive de Brunschvicg. À partir de ce jugement, qui donne la signification pleine et entière de la conscience intellectuelle, Brunschvicg va pouvoir rendre compte d'une philosophie de l'esprit : la genèse de l'esprit c'est le progrès du savoir sous la forme des sciences ; et Brunschvicg sera l'un des rares philosophes du siècle dernier à tenter une réflexion tenant conjointement les sciences (mathématiques, physique, biologie) et l'Esprit.

D'autre part, l'engagement politique de Brunschvicg, humaniste, ne fait que découvrir le message central de son œuvre : l'universalisme de la Raison. L'œuvre brunschvigienne, qui comporte une somme considérable d'ouvrages et d'articles, vient d'être complétée grâce à la restitution par la Russie à sa famille en 2001 de nombreuses notes inédites.

CritiqueModifier

Léon Brunschvicg est, avec son contemporain Henri Bergson, la cible principale du pamphlet Les Chiens de garde (1932) de Paul Nizan, pour qui il représente le modèle du philosophe bourgeois indifférent aux réalités sociales : « On voit mal les raisons que M. Brunschvicg aurait eues de pencher vers des idées dangereuses » (p. 64).[À développer]

La postéritéModifier

  • Le colloque De Brunschvicg à Bachelard, organisé par Mauro Carbone, Miguel de Beisteguiet et Frédéric Worms à l'École normale supérieure, en février 2009[3], avec la discussion, entre Anastasios Brenner et Philippe Binant, autour de Jules Vuillemin.

OuvragesModifier

 
Envoi de L. Brunschvicg à Maurice Halbwachs sur La raison et la religion (1939).
(Ouvrage conservé à la Bibliothèque de sciences humaines et sociales Paris Descartes-CNRS).
Ouvrages doctrinaux publiés du vivant de l'auteur
Ouvrages historiques
  • Spinoza, Paris, Félix Alcan, coll. «Bibliothèque de philosophie contemporaine», 1894.
  • Qua ratione Aristoteles metaphysicam vim syllogismo inesse demonstravit, Paris, Alcan, 1897.
  • Pascal, pensées et opuscules, Paris, Hachette, 1897.
  • Œuvres complètes de Blaise Pascal (14 volumes), Paris, Hachette, 1904-1914.
  • Reproduction en phototypie du manuscrit des Pensées de Pascal, Paris, Alcan, 19.
  • Spinoza et ses contemporains, Paris, Félix Alcan, coll. «Bibliothèque de philosophie contemporaine», 1923.
  • Le génie de Pascal, Paris, Hachette, 1924.
  • Pascal, Paris, Rieder, 1932.
  • Descartes, Paris, Rieder, 1937.
  • Descartes et Pascal, lecteurs de Montaigne, Paris, La Baconnière, Neuchâtel, 1942; Brentano's, New-York - Paris.
Ouvrages posthumes
  • Héritage des mots. Héritage d'idées [Raison. Expérience. Liberté. Amour. Dieu. Âme], Paris, PUF, coll. «Bibliothèque de philosophie contemporaine», 1945.
  • L'esprit européen, La Baconnière, Neuchâtel, 1947.
  • Agenda retrouvé, 1892-1942, Paris, Éditions de Minuit, 1948.
  • Le philosophe de l'esprit, Paris, PUF, 1950.
  • Écrits philosophiques, tome I : L'humanisme de l'occident, Descartes, Spinoza, Kant, Paris, PUF, coll. «Bibliothèque de philosophie contemporaine», 1949.
  • De la vraie et de la fausse conversion, suivi de la querelle de l'athéisme, Paris, PUF, 1951.
  • Écrits philosophiques, tome II : L'orientation du rationalisme, Paris, PUF, coll. «Bibliothèque de philosophie contemporaine», 1954.
  • Écrits philosophiques, tome III : Science-religion, Paris, PUF, coll. «Bibliothèque de philosophie contemporaine», 1958.

Notes et référencesModifier

  1. George Painter, Marcel Proust, Paris, Mercure de France, , tome I, p. 80.
  2. François Chaubet, « Léon Brunschvicg, destin d’un philosophe sous l’Occupation », dans Pascal Mercier et Claude Pérez, Déplacements, dérangements, bouleversement : Artistes et intellectuels déplacés en zone sud (1940-1944), Actes du colloque organisé par l'université de Provence, l'université de Sheffield, la bibliothèque de l'Alcazar (Marseille) les 3-4 juin 2005 (lire en ligne).
  3. « De Brunschvicg à Bachelard », sur École normale supérieure, 6 et 7 février 2009.

BibliographieModifier

  • René Boirel, Brunschvicg : Sa vie, son œuvre avec un exposé de sa philosophie, Paris, PUF, .
  • Marcel Deschoux, La Philosophie de Léon Brunschvicg, Paris, PUF, .
  • Laurent Fedi, « L’esprit en marche contre les codes : philosophie des sciences et dépassement du kantisme chez Léon Brunschvicg », dans L. Fedi et J.-M. Salanskis (dir.), Les Philosophies françaises et la science : dialogue avec Kant, Lille, ENS éditions, coll. « Cahiers d’Histoire et de Philosophie des Sciences » (no 50), , p. 119-142.
  • Paul Nizan, Les Chiens de garde, Paris, Les Éditions Rieder, .
  • « Léon Brunschwicg : l’œuvre et l'homme », Revue de métaphysique et de morale, vol. 50, nos 1-2,‎ , numéro spécial.

Voir aussiModifier