László Rajk (homme politique)

personnalité politique hongroise

László Rajk (prononcé [laːsloː ɾɒjk]) est un homme politique communiste hongrois, né le à Székelyudvarhely en Hongrie, et mort exécuté à Budapest le . Il a été, avec János Kádár, leader des communistes restés en Hongrie pendant la Seconde Guerre mondiale. Après la guerre, il est ministre de l'Intérieur et ministre des Affaires étrangères de Hongrie.

László Rajk
Fonctions
Ministre des Affaires étrangères de Hongrie
Gouvernement de Lajos Dinnyés (d)
Gouvernement d’István Dobi (d)
-
Ministre de l’Intérieur de la Hongrie
Gouvernement de Lajos Dinnyés (d)
Gouvernement de Ferenc Nagy (d)
-
Député de l'Assemblée nationale de Hongrie
Législature 1945-1947 (d)
Législature 1947-1949 (d)
Législature 1949-1953 (d)
-
Membre de l’assemblée nationale provisoire (d)
-
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 40 ans)
BudapestVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nationalité
Formation
Activités
Fratrie
Endre Rajk (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Enfant
Autres informations
Partis politiques
Arme
Conflit
Distinction
Magyar Szabadság Érdemrend (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Vue de la sépulture.

Il est le principal accusé dans les procès d'épuration intentés à l'initiative de Mátyás Rákosi au sein du Parti des travailleurs hongrois selon le modèle de la terreur de Staline, et exécuté pour des « crimes » inventés de toutes pièces.

Parcours

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László Rajk naît à Székelyudvarhely, ville alors hongroise, actuelle ville de Odorheiu Secuiesc en Roumanie, dans une famille issue de la minorité allemande de Transylvanie. Les liens de Rajk avec le communisme débutent à un âge précoce lorsqu'il devient membre du Parti communiste hongrois. Plus tard, il est expulsé de son université pour ses idées politiques et devient ouvrier dans le bâtiment jusqu'en 1936, où il rejoint le camp du Front populaire lors de la guerre d'Espagne. Il est alors emprisonné en France jusqu'en 1941 puis, finalement autorisé à retourner sur le territoire du royaume de Hongrie, il y devient secrétaire du comité central du Parti communiste hongrois (alors clandestin). En , il est arrêté par un détachement du Parti des Croix fléchées. Il est fait prisonnier à Sopronkohida, alors en Allemagne. Il devait être exécuté, mais l'intervention de son frère aîné, Endre Rajk, sous-secrétaire du parti fasciste, lui sauve la vie. Il est libéré le , avec l'arrivée de l'Armée rouge. Après que le contrôle des forces de sécurité internes fut confié aux communistes hongrois par les Soviétiques, Rajk, alors ministre de l'Intérieur de la République de Hongrie (1946), devient responsable de la police politique du parti communiste ÁVH. En 1948, Rajk est nommé ministre des Affaires étrangères, sans qu'il soit possible de savoir si cette nomination constitue une promotion ou une sanction. Rákosi, qui voit en Rajk une menace à son pouvoir, décide de l'accuser de fausses charges et le fait arrêter le .

Procès (16-24 septembre 1949)

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Rajk est accusé d'être un espion titiste, un ambassadeur au service de l'impérialisme occidental et de travailler à la restauration du capitalisme et à la remise en question de l'indépendance de la Hongrie. Pendant son séjour en prison, Rajk est torturé et János Kádár lui promet l'acquittement s'il prend la responsabilité des charges pesant contre lui. En , il les admet toutes. Après sa confession, l'accusation décide, en dépit de la promesse faite, de réclamer la plus lourde sentence contre lui et les 18 autres personnes en jugement avec lui. Rajk va servir d'exemple pour les purges « anti-titistes » de Staline et ses disciples en Europe de l'Est. Rajk, de même que les 18 autres accusés, est condamné à mort et pendu le . Son procès marque l'un des événements les plus cruels de l'histoire de la Hongrie jusqu'aux procès de Imre Nagy et d'autres accusés en 1958[1].

Réhabilitation

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Le procès de Rajk marque le début des exploits « anti-titistes » de Staline et de la répression dans les rangs du Parti communiste hongrois. Les purges, quant à elles, laissent l'économie de la Hongrie dans un état désastreux car l'insuffisance des rentrées de capitaux ralentit le secteur de la construction. De plus, une part importante de l'intelligentsia est employée aux travaux manuels généralement réservés à d'autres catégories de la population. Cela donne un pays disposant d'infrastructures inadéquates et de biens manufacturés de mauvaise qualité ; en même temps, le gouvernement emploie un grand nombre de personnes à la dénonciation et la recherche d'« espions étrangers » au détriment du travail productif.

Le mécontentement vis-à-vis du régime de Rákosi commence alors à faire surface et, le , après de nombreuses manifestations, Rajk est réhabilité. Le discours prononcé à cette occasion, bien que n'étant pas publié à l'époque, a d'importantes conséquences pour Rákosi, qui utilisa la condamnation de Rajk pour expliquer d'autres purges internes. Il doit alors admettre qu'il a eu tort, ce qui anéantit son autorité sur le pays.

 
Cérémonie de ré-inhumation de László Rajk, György Pálffy, Tibor Szönyi et András Szalai à Budapest en 1956.

Rajk est ensuite ré-inhumé avec trois autres hommes qui perdirent leur vie durant les purges (György Pálffy, Tibor Szönyi et András Szalai), en présence de sa femme Júlia Rajk (qui a joué un rôle important dans l’organisation de la cérémonie), de son fils László et d’Imre Nagy[2].

Notes et références

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  1. Richard C. Frucht, Encyclopédie de l’Europe de l’Est : du Congrès de Vienne à la chute du communisme, 2003, Taylor & Francis Group.
  2. Andrea Peto, « Hongrie 1956, Júlia Rajk ou le pouvoir du deuil », Clio. Femmes, Genre, Histoire, no 41,‎ , p. 151–163 (ISSN 1252-7017, DOI 10.4000/clio.12406, lire en ligne, consulté le ).

Liens externes

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