L'Oiseau au plumage de cristal

film sorti en 1970
L'Oiseau au plumage de cristal

Titre original L'uccello dalle piume di cristallo
Réalisation Dario Argento
Scénario Dario Argento
Musique Ennio Morricone
Acteurs principaux
Sociétés de production CCC-Film
Glazier
Seda Spettacoli
Pays de production Drapeau de l'Italie Italie
Allemagne de l'Ouest Allemagne de l'Ouest
Genre Giallo
Durée 98 minutes
Sortie 1970

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

L'Oiseau au plumage de cristal (L'uccello dalle piume di cristallo) est un giallo italo-allemand réalisé par Dario Argento, sorti en 1970.

SynopsisModifier

Sam Dalmas est un écrivain américain vivant à Rome avec sa petite amie Julia, mannequin. La nuit précédant son retour aux États-Unis, il est témoin de l'agression d'une femme par un mystérieux individu vêtu d'un imperméable noir. Essayant de lui porter secours, il est piégé entre les deux portes automatiques d'une galerie d'art et ne peut qu'observer pendant que l'assaillant s'enfuit. La femme, Monica Ranieri, épouse du patron de la galerie, survit à l'attaque, mais la police confisque le passeport de Sam pour l'empêcher de quitter le pays, pensant qu'il pourrait être un important témoin. Sam est alors hanté par ce qu'il a vu cette nuit-là, persuadé qu'un élément important lui échappe. Lui et son amie deviennent les nouvelles cibles du mystérieux agresseur.

Fiche techniqueModifier

DistributionModifier

ProductionModifier

Genèse et développementModifier

Bernardo Bertolucci avait été chargé de réaliser un film basé sur le roman La Belle et la Bête (The Screaming Mimi) de Fredric Brown publié en 1949[1]. Il connaissait beaucoup de jeunes gens prometteurs. Pour adapter le roman au grand écran, il a choisi un réalisateur presque inconnu de l'époque, Dario Argento, un ancien critique de cinéma et scénariste avec qui il avait collaboré sur le scénario d'Il était une fois dans l'Ouest. Argento a consacré beaucoup d'efforts à l'écriture du scénario, et l'histoire qu'il a imaginée a commencé à le fasciner au point qu'il a progressivement décidé de la modifier, la façonnant au gré de ses fantasmes et de ses inspirations oniriques. Une fois le travail terminé, Argento commence à proposer le sujet à divers producteurs, mais il ne veut pas que son scénario soit modifié ni qu'on attribue la paternité du scénario à quelqu'un d'autre de plus connu que lui comme tendent à le faire certains producteurs.

Ainsi, avec l'aide de son père Salvatore, Dario Argento fonde la société de production indépendante Seda Spettacoli, avec laquelle il parvient à s'autofinancer[2]. Il tient beaucoup au respect de ce premier scénario en raison de tout l'engagement personnel qu'il avait mis dans son écriture. En outre, l'auteur rappelle que les caractéristiques particulières du film, tant en termes de contenu que de style visuel, le rendaient très inhabituel et en contraste avec les habitudes narratives et formelles typiques de l'époque, comme le fait qu'il se déroule à Rome. Il se sent donc finalement contraint de le réaliser lui-même, en raison d'un manque de confiance envers ses autres collègues[3].

TournageModifier

Le tournage a commencé en septembre 1969 et a duré six semaines, 25 août[4] au . Il a été le théâtre de quelques désaccords entre Argento et l'acteur Tony Musante, qui n'appréciait pas les improvisations répétées d'Argento. Il a également souffert de tentatives de boycott de la part du distributeur de Titanus, Goffredo Lombardo, mécontent du métrage tourné après seulement une semaine de tournage et déterminé à confier la suite du film au réalisateur Ferdinando Baldi. La production a également été confrontée aux risques constants qu'Argento dépasse les coûts de production en allongeant les temps de tournage, et par le souci constant de ne pas gaspiller plus de pellicule que nécessaire. La plupart des extérieurs ont été tournés dans le quartier de Flaminio à Rome : l'immeuble de la famille Ranieri se trouve Via Donatello, à quelques pas du Largo Antonio Sarti, où se trouve l'immeuble avec l'escalier triangulaire où se déroule la scène du meurtre de l'ascenseur. D'autres lieux de tournage incluent aussi Pise, Naples ainsi que les studios De Paolis, à Rome[5],[6].

S'inspirant de Mario Bava (en particulier, des deux gialli La Fille qui en savait trop de 1963 et Six Femmes pour l'assassin de 1964), ainsi que de certains procédés du western italien, l'ancien critique de cinéma fait ses débuts derrière la caméra, apportant au giallo ses innovations sur le langage du cinéma. Parmi les séquences innovantes, citons le plan subjectif de la chute d'Alberto Ranieri par la fenêtre, semblable à celui qu'Antonio Pietrangeli avait réalisé dans Je la connaissais bien pour filmer le suicide final d'Adriana.

La silhouette et les mains du tueur sont celles de Dario Argento. Reggie Nalder, qui joue dans le film le traqueur en veste jaune, est surtout connu pour avoir joué le rôle de Rien dans L'Homme qui en savait trop d'Alfred Hitchcock, le tueur engagé pour tuer le chef d'État étranger au théâtre. Au départ, sa contribution au film n'était pas envisagée : Argento lui a proposé le rôle après l'avoir rencontré par hasard à Rome, où l'acteur devait à l'époque participer à une série télévisée américaine en partie tournée en Italie.

L'oiseau du titre, le Hornitus Nevalis (grue des neiges), n'existe pas et est en fait une grue couronnée commune originaire d'Afrique, Balearica pavonina.

AccueilModifier

L'Oiseau au plumage de cristal
Score cumulé
SiteNote
Rotten Tomatoes93%
Allociné 
Compilation des critiques
PériodiqueNote

Lors de sa sortie dans les salles de cinéma italiennes en février 1970, le film est accueilli plutôt froidement dans les salles du nord de l'Italie ; il s'en sort mieux dans le centre et le sud. Petit à petit, le succès obtenu dans les villes du centre et du sud a attiré l'attention sur le film dans le nord également ; L'oiseau aux plumage de cristal a commencé à gagner des spectateurs dans le nord également, avec un total de 1,4 milliard de lires[7] pour 4,2 millions d'entrées, ce qui en fait le 17e film le plus rentable de la saison 1969-70.

Philippe Paul dans DVDclassik dit du film qu'il « marque une date dans l’histoire du cinéma italien. Inspiré par les films précurseurs de Mario Bava, Dario Argento lance un genre à lui tout seul tout en en définissant le mètre étalon. Esthétique, personnage ou construction scénaristique, tout est inventé dans ce film en atteignant déjà un niveau de qualité presque inégalable »[8].

En mentionnant L'oiseau aux plumage de cristal et ses suites, Olivier Père, directeur d'Arte France, déclare que ces « exercices antoniono-hitchockiens dans lesquels le jeune cinéaste italien s’amuse à tromper les sens des spectateurs n’ont pas très bien vieilli, mais demeurent d’honnêtes séries B policières »[9].

De même, Télérama met la note « bof » au film, le caractérisant de « thriller parodique » et commente « Sous ses dehors artisanaux et désinvoltes, ce thriller romain repose sur l'idée que toute image est un mensonge à déjouer - le sujet de Blow-Up, d'Antonioni, film phare sorti trois ans plus tôt »[10].

DistinctionsModifier

  • Nomination au prix Edgar Allan Poe du meilleur film en 1971.

SuitesModifier

L'Oiseau au plumage de cristal est le premier film de la trilogie animalière du cinéaste, qui sera suivi du Chat à neuf queues et de Quatre mouches de velours gris, tous deux réalisés en 1971.

Notes et référencesModifier

  1. (en) Tim Lucas, Mario Bava: All the Colors of the Dark, Video Watchdog, (ISBN 978-0-9633756-1-2), p. 810–2
  2. « Dario Argento », sur universalis.fr (consulté le )
  3. Extrait de l'épisode 2003 de Stracult (it) consacré au giallo-thriller italien.
  4. Critique DevilDead
  5. (it) « L'uccello dalle piume di cristallo », sur davinotti.com (consulté le )
  6. (en) L'Oiseau au plumage de cristal sur l’Internet Movie Database
  7. (it) « L'uccello dalle piume di cristallo », sur comune.rivadelgarda.tn.it,
  8. « L'Oiseau au plumage de cristal », sur dvdclassik.com, (consulté le )
  9. « Dario Argento, des bas et des hauts », (consulté le )
  10. « L'Oiseau au plumage de cristal », sur telerama.fr (consulté le )

Liens externesModifier