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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir L'Itinéraire.

Le magazine L'Itinéraire est un « journal de rue » montréalais dont l’objectif est de contribuer à la réinsertion sociale de personnes marginalisées, exclues du marché traditionnel du travail, ayant connu l’itinérance, la dépendance, ou souffrant de problèmes de santé mentale. 50 % du contenu du magazine est produit par les camelots. Le concept d'autonomisation (empowerment) valorisé par le Groupe communautaire L'Itinéraire permet aux camelots-rédacteurs de bénéficier d'une formation à la rédaction du magazine, sous la supervision de la rédactrice en chef Josée Panet-Raymond et de son équipe, ainsi que des bénévoles qui accompagnent les participants. Sans contredit, l'accès à l'écriture personnelle ou journalistique leur redonne confiance en leurs possibilités et les motive à aller plus loin.

En plus du magazine qui est au cœur de cette entreprise d'économie sociale, le Groupe communautaire L'Itinéraire offre des services tels que l'assistance au logement et le soutien alimentaire (notamment grâce au concept de la carte-repas solidaire[1]). Un suivi psychosocial est également offert. De nombreux projets, activités et programmes permettent de favoriser le développement social et l'autonomie fonctionnelle des participants.

Sommaire

HistoriqueModifier

En 1992, les membres du Groupe communautaire L’Itinéraire, un organisme de réinsertion sociale composé de sans-abri, d’alcooliques, de toxicomanes et de leurs intervenants psychosociaux, lance un journal éponyme gratuit. Ce journal est d’abord distribué gratuitement dans les centres d’hébergement et autres sites venant en aide aux personnes démunies ou souffrant d’un problème de consommation. Le journal agit comme un organe de promotion et vise à sortir les individus concernés de l’isolement en les incitant à participer aux activités du Groupe.

En 1993, un projet-pilote est mis en branle pour évaluer la possibilité d’instaurer une édition payante du journal. La Presse accepte de produire gratuitement 3000 copies du journal qui sont rapidement vendues par diverses personnalités de la scène politique et artistique. Face au succès de cette initiative, et grâce à une subvention de démarrage de 30 000 $ de la ville de Montréal, le groupe se lance dans la production d’un journal payant, respectant l’esprit du récent concept des journaux de rue. Les journalistes Linda Boutin et Serge Lareault sont mandatés par le Groupe pour faire de ce concept une réalité. Le 24 mai 1994, la première version payante de L’Itinéraire paraît. Vendu dans la rue par des personnes en processus de réintégration sociale, le journal est écoulé à 15 000 copies, soit trois fois plus que la quantité initialement anticipée. D’abord bimestriel, il devient mensuel l’année suivante et engrange suffisamment de profit pour permettre l’embauche de quelques employés.

En 1999, la North American Street Newspapers attribue le prix du meilleur journal de rue à L’Itinéraire et son rédacteur en chef Serge Lareault est nommé l’une des 99 personnalités sociales lors du Printemps du Québec à Paris. En 2006, il devient d’ailleurs le troisième président de l’International Network of Street Papers (INSP), une organisation de journaux de rue qui cherche à donner une voix aux personnes les plus vulnérables économiquement. Cette même année, L’Itinéraire devient un magazine bimensuel, imprimé en couleur sur du papier de qualité.

Le magazine L'Itinéraire est maintenant vendu dans 7 villes (Montréal, Longueuil, Laval, Saint-Jérôme, Granby, Sutton et Saint-Bruno). Le Groupe communautaire L'Itinéraire chapeaute également le Café de la Maison ronde, un projet d'économie sociale dont l'objectif est de favoriser la mixité sociale et l’autonomisation des Autochtones[2]. L’Itinéraire a également fait paraître en mai 2017 Sentinelles, un recueil regroupant 100 des meilleurs textes de ses camelots recensés sur 25 années d’écriture. Luc Desjardins occupe le poste de directeur général depuis 2017.

Processus de venteModifier

Les camelots doivent d’abord acheter un lot de dix magazines au prix de 15$, lesquels sont ensuite vendus dans la rue au prix de 3$ chacun, ce qui leur laisse un profit de 1,50$ par magazine vendu. Un système de micro-crédit est disponible pour permettre aux camelots de se procurer la somme initiale. Chaque camelot est associé à un travailleur social qui le supervise et peut lui prodiguer des conseils eu égard à la gestion des profits[3].

Liens externesModifier

RéférencesModifier

  1. « Les cartes-repas de L'Itinéraire », sur itineraire.ca (consulté le 6 avril 2018)
  2. « Le Café de la Maison Ronde | Roundhouse Cafe, un projet de L'Itinéraire », sur itineraire.ca (consulté le 6 avril 2018)
  3. Serge Lareault, "Homelessness is the big issue in Montreal media", The Guardian, 5 mai 2009, http://www.guardian.co.uk/world/2009/may/05/canada-homelessness