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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Expiation (homonymie).

Expiation ou L'Expiation est un poème de Victor Hugo, présent dans le recueil Les Châtiments (1853). L'auteur y retrace successivement toutes les étapes de la glorieuse déchéance de Napoléon après son Coup d'État du 18 Brumaire, avec pompe, sublime et lyrisme.

Le poème est principalement connu pour son second mouvement, récit de la bataille de Waterloo :

Waterloo ! Waterloo ! Waterloo ! morne plaine !
Comme une onde qui bout dans une urne trop pleine,
Dans ton cirque de bois, de coteaux, de vallons,
La pâle mort mêlait les sombres bataillons.
D’un côté c’est l’Europe et de l’autre la France.
Choc sanglant ! des héros Dieu trompait l'espérance ;
Tu désertais, victoire, et le sort était las.
Ô Waterloo ! je pleure et je m'arrête, hélas !

Écriture du poèmeModifier

Victor Hugo écrit L'Expiation lors de son exil à Jersey entre 1851 et 1852. Le poème est publié dans le recueil Les Châtiments en 1853.

L’auteur ne s’était pas rendu à Waterloo lors de son premier voyage à Bruxelles en 1837 jugeant « inutile de rendre cette visite à Lord Wellington », « Waterloo [lui étant] plus odieux que Crécy »[réf. nécessaire], et ne revient en Belgique qu’en 1852, en exil. Il n’a donc pas encore visité le champ de bataille lorsqu'il écrit ces vers. Ce n’est que le qu’il visite Mont-Saint-Jean. La colonne Victor Hugo érigée à Lasne ne commémore donc pas directement ce poème, mais la fin de l’écriture des Misérables durant ce séjour[1].

RécitModifier

Le poème commence par le récit de la déroute qu'est la campagne de Russie (I). Napoléon sent qu'il expie quelque chose, mais ne sait pas quoi, et ne sait pas si l'expiation est terminée. Le second moment (II) dépeint la défaite de Waterloo. Napoléon revient sur les mêmes pensées. Le troisième décrit le premier exil, à Sainte-Hélène (III). Le quatrième, le cinquième et le sixième moments sont consacrés à la mort de Napoléon et à sa mémoire. Le septième et dernier moment enfin, nous brosse le tableau fantastique de Napoléon s'éveillant sous le tombeau, pour comprendre dans une dernière pensée son crime et son châtiment : le coup d'État du 18 Brumaire, et l'instrumentalisation de sa gloire par son neveu.

L'objectif est de comparer le neveu quelconque (Louis-Napoléon Bonaparte) à l'oncle glorieux, afin de mieux tourner le premier en ridicule. Là où l'oncle avait péché contre le peuple par son coup d'État, le neveu sans gloire ne fait que singer son illustre prédécesseur, par son coup d'État du 2 décembre 1851, et n'en est que plus coupable.

AnalyseModifier

Ce poème est écrit en alexandrins, comportant le plus souvent une césure à l’hémistiche. Les rimes, suivies, sont pour la plupart suffisantes au moins.

Dans la culture populaireModifier

  • Dans l’album Astérix chez les Belges, René Goscinny détourne le second mouvement du poème lors de la bataille opposant Jules César aux Gaulois. Le scénario suit grossièrement les vers de Victor Hugo, de l’exclamation du chef Ménapien « Waterzooie, waterzooie, waterzooie ! morne plat ! » (planche 35 B et vers 69) à la déroute Romaine « Sauve qui peut ! Sauve qui peut ! » (planche 41 B et vers 133).
  • Dans le film Diên Biên Phu (1992) de Pierre Schoendoerffer, vers la fin, lorsque la bataille est perdue pour les Français, le journaliste français (joué par Jean-François Balmer) écrit un dernier article qui cite le poème :

« Est-ce le châtiment cette fois, Dieu sévère ? » Alors parmi les cris, les rumeurs, le canon, Il entendit la voix qui lui répondait : Non ! »

« Il neigeait. On était vaincu par sa conquête. »

RéférencesModifier

  1. Brochure des journées du patrimoine 2007 de la Région wallonne, p. 10.

Lien externeModifier

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