L'Enfant qui voulait être un ours

film sorti en 2001
L'Enfant qui voulait être un ours
Titre québécois L'Enfant qui voulait être un ours
Titre original Drengen der ville gøre det umulige
Réalisation Jannik Hastrup
Scénario Bent Haller (scénario),
Michel Fessler (travail supplémentaire)
Sociétés de production Dansk Tegnefilm 2,
Les Armateurs
Pays d’origine Drapeau de la France France,
Drapeau du Danemark Danemark
Genre Aventure
Durée 75 minutes
Sortie 2002


Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

L'Enfant qui voulait être un ours (titre original Drengen der Ville Vaere Bjorn) est un film d'animation franco-danois réalisé par Jannick Astrup, sorti en salles en 2001. Le film raconte l'histoire d'un enfant inuit enlevé et élevé par des ours, et qui entreprend de devenir réellement un ours car il n'a pas envie de retourner vivre parmi les humains. Le film utilise la technique du dessin animé sur cellulo avec des décors peints à l'aquarelle. La musique a été composée par Bruno Coulais.

SynopsisModifier

Le film se déroule dans l'Arctique au début du XXIe siècle. Un couple d'ours se prépare à la venue au monde de leur ourson en bavardant avec un corbeau maladroit. Par malheur, ils sont pris en chasse par une meute de loups, auxquels ils échappent après une poursuite mouvementée ; mais quelque temps après, l'ourse donne naissance à un ourson mort-né. Au même moment, l'épouse d'un chasseur inuit accouche d'un fils en pleine santé qu'ils nomment « Petit Ours ». Pendant ce temps, l'ourse est inconsolable après la mort de son petit. L'ours tente de la consoler par tous les moyens, puis, désespéré, erre sur la glace et arrive aux abords de la maison du chasseur au moment où celui-ci est absent. Il s'approche de la maison, aperçoit le nouveau-né et profite d'un moment où la mère a le dos tourné pour entrer dans la maison et s'emparer du petit. Malgré les efforts de la femme, il parvient à s'enfuir. Dès son retour, le chasseur se lance à la poursuite de l'ourse mais ne parvient pas à le rattraper.

Petit Ours est adopté par l'ourse, qui l'élève seule car les ours vivent séparés en dehors des périodes de reproduction. Avec l'aide du corbeau, l'ourse se procure un vêtement afin que l'enfant n'ait pas trop froid. Petit Ours est faible et maladroit en comparaison des oursons normaux, mais il survit et apprend à se comporter comme un ourson. Il apprend à pêcher, à nager, et à fuir les loups. Il rencontre une oursonne et se lie d'amitié avec elle, mais elle repart bientôt. Pendant ce temps, le chasseur continue à chercher son enfant disparu. L'épouse du chasseur est persuadée qu'il devrait aller voir l'esprit de la montagne, mais son mari refuse de l'écouter car il considère l'esprit comme une légende futile. Finalement, le chasseur retrouve la trace de l'ourse et de l'enfant, et tue l'ourse d'un coup de harpon. Petit Ours entend une dernière fois la voix de sa mère qui lui conseille d'aller voir l'esprit de la montagne.

Le chasseur ramène de force Petit Ours chez lui. Là, les époux inuits tentent d'éduquer Petit Ours, mais ce n'est pas facile car, même après qu'il a appris la langue inuit, il s'obstine à ne parler que le langage des ours, que les humains ne comprennent pas. La mère raconte à Petit Ours des histoires où apparaissent les esprits de la nature. Peu après, les parents se rendent à une réunion de famille en ville et emmènent Petit Ours avec eux. Le chasseur passe pour l'original de la famille, car il chasse encore au harpon de la façon traditionnelle au lieu d'utiliser un fusil. Petit Ours n'est vraiment pas à l'aise parmi les hommes et ne s'intègre pas parmi les enfants de son âge. À un moment où il s'est retiré à l'écart sur la banquise pour pêcher, le morceau de banquise sur lequel il se trouve se détache et il repart dans la nature sauvage. Il retrouve son ami le corbeau, qui le guide jusqu'à la caverne où réside l'esprit de la montagne, qui est protéiforme. Petit Ours demande à l'esprit de l'aider à devenir réellement un ours, et l'esprit lui explique que, pour cela, il devra réussir les trois épreuves de l'ours : traverser à la nage le bras de mer qui sépare les deux pics les plus élevés, puis affronter le terrible vent du nord, et enfin survivre à la solitude sur la banquise. Petit Ours entreprend courageusement les trois épreuves. Dès qu'il sort de la caverne de l'esprit, il est confronté à la première épreuve et fait face à l'esprit de la mer qui déchaîne les eaux. Cependant, Petit Ours, grâce à l'aide d'une baleine blanche, fils de l'esprit contre la méchanceté de sa mère, qui utilise un loi lui permettant d'aider Petit Ours, réussit la première épreuve. Dès sa sortie de l'eau, Petit Ours est confronté à une tempête provoqué par un autres esprit mais, grâce à l'aide d'un troupeau buffles sauvages prenant parti du jeune garçon et utilisant aussi une autre loi leur permettant de l'aider, il réussit la deuxième. Il doit alors affronter la solitude, les apparitions issues de ses souvenirs, et surmonter sa peur des loups. Il se métamorphose alors : le voici enfin devenu un ours. Petit Ours vit alors une vie d'ours et il retrouve par hasard son amie oursonne, elle aussi devenue adulte, et tous deux forment un couple.

Mais le chasseur est de nouveau parti à la recherche de son fils. Il finit par retrouver sans le savoir Petit Ours en compagnie de son ourse, qui s'enfuit effrayée à la vue de l'homme armé d'un harpon. En prenant la défense de son ourse, Petit Ours s'empale accidentellement sur le harpon de son père humain. Blessé, il redevient humain. Le chasseur le ramène de nouveau à la maison et le soigne, mais doit le tenir prisonnier pour l'empêcher de s'échapper de nouveau. Petit Ours est désespéré : il ne peut pas se faire à la vie d'humain, mais n'est plus un ours. Finalement, ses parents se rendent compte qu'ils ne pourront jamais le forcer à vivre comme un humain, et ils entendent les plaintes de l'ourse qui se lamente de la perte de son compagnon. Les deux Inuits libèrent alors leur fils, qui, dès qu'il se sait libre de vivre en ours et pousser par son ami le corbeau, se métamorphose à nouveau en ours et va vivre heureux avec sa compagne.

Fiche techniqueModifier

DistributionModifier

Voix originalesModifier

  • Marlon Vilstrup : Petit Ours jeune
  • Joachim Boje Helvang : Petit Ours adulte
  • Otto Brandenburg : le père ours
  • Paprika Steen : la mère ourse
  • Carla Docherty : l'amie ourse jeune
  • Anne Clausen : l'amie ourse adulte
  • Tommy Kenter : le corbeau
  • Thomas Bo Larsen : l'homme
  • Sidse Babett Knudsen : la femme
  • Claus Ryskjær : le chien / le loup
  • Jesper Klein : la baleine / le morse
  • Lisbet Dahl : le vent du Nord
  • Ellen Hillingsø : la tante ourse / la mer
  • Anne-Lise Gabold : l'esprit de la montagne
  • William Tarding : un enfant
  • Asta Lund Havmøller : une enfant
  • Nicoline Jønborg : une enfant
  • Christopher Torreck : un enfant
  • Bent E. Rasmussen : un homme en ville

Voix françaisesModifier

ProductionModifier

La création visuelle du film et son animation sont réalisées au Danemark, tandis que la post-production image, les effets spéciaux et la musique sont conçus en France[1].

Accueil critiqueModifier

À sa sortie en France, le film reçoit un très bon accueil de la part des critiques. Le site Allociné attribue au film une note moyenne de 4 sur 5 fondée sur dix critiques parues dans la presse[2]. Dans Télérama[3], Marine Landrot signe une critique très favorable, où elle apprécie la « grande finesse psychologique » du dessin animé, ainsi que « la rondeur et la pureté du graphisme » ; ce « Kirikou des glaces », porté par « un héros vif et intrépide comme son cousin Mowgli » et dont le thème principal est la question de l'identité, lui paraît accessible aux petits dès 4-5 ans. Dans TéléCinéObs[2], Frédéric Faure voit dans le film un « conte polaire plein de poésie. » Dans L'Humanité[2], Vincent Ostria estime qu'il s'agit d'un « joli film au graphisme soigné qui évoque en filigrane le chamanisme. » Dans Première[2], Nicolas Schaller loue le « graphisme original » et la « world music entêtante » du film, où il voit « l'exemple même de film pour les juniors intelligent. » Sur Mcinema.com[2], Philippe Descottes porte également un jugement positif sur le film, mais reproche à la musique de Bruno Coulais de s'avérer « pesante. »

Box officeModifier

Le film sort en France le , la même semaine qu'une grosse production, Le Seigneur des anneaux : Les Deux Tours. À Paris, L'Enfant qui voulait être un ours, projeté dans dix salles, cumule 262 entrées le premier jour, se plaçant ainsi en sixième position au box office des premières séances parisiennes du jour[4].

Bande originaleModifier

L'Enfant qui voulait être un ours

Album de Bruno Coulais
Sortie 2002
Enregistré 2002
Durée 44 minutes
Genre Bande originale de film
Auteur Bruno Coulais
Label Virgin Records

La musique du film a été composée par Bruno Coulais, dont c'est la première participation à un film d'animation[5]. Plusieurs morceaux contiennent des parties chantées consistant en des sons articulés qui font penser à la langue inuit, mais qui n'ont pas réellement de sens ; cependant, Bruno Coulais a aussi réalisé des versions françaises de ces morceaux, avec des paroles cohérentes[5].

La bande originale du film a été éditée chez Virgin Records en 2002.

RécompensesModifier

En 2003, le film remporte le Prix du long métrage animé du jury adulte et le Prix du long métrage animé du jury des enfants lors du Festival international du film pour enfants de Chicago aux États-Unis[6]. Lors du Festival de la Berlinale 2003 en Allemagne, L'Enfant qui voulait être un ours remporte une Mention spéciale pendant le Kinderfilmfest consacré aux films pour la jeunesse[7]. La même année, le film remporte le Prix du public aux Rencontres internationales du cinéma d'animation de Wissembourg en France[8].

L'Enfant qui voulait être un ours fait partie des cinq films en compétition pour le Cristal du long métrage au Festival international du film d'animation d'Annecy en 2003[9], mais le prix est finalement remporté par McDull dans les nuages[10].

Édition en vidéoModifier

Le film est édité en DVD en par France Télévisions Distribution. Le DVD contient plusieurs compléments : la bande annonce du film, une interview de Jean-Louis Étienne, une interview du coscénariste Michel Fessler et une interview du compositeur Bruno Coulais.

Notes et référencesModifier

  1. Secrets de tournage du film sur Allociné. Page consultée le 30 décembre 2011.
  2. a b c d et e Page « Critiques presse » du film sur Allociné. Page consultée le 25 décembre 2011.
  3. Critique du film par Marine Landrot dans Télérama le 18 décembre 2002. Page consultée le 31 décembre 2011.
  4. 1ères séances : le triomphe des Deux Tours, article sur Allociné le 18 décembre 2011. Page consultée le 30 décembre 2011.
  5. a et b Interview avec Bruno Coulais dans les compléments du DVD (France Télévisions Distribution, 2003).
  6. Liste des films récompensés en 2003 sur le site du festival. Page consultée le 30 décembre 2011.
  7. « Récompenses à la Berlinale 2003 sur le site des Berlinales »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Page consultée le 30 décembre 2011.
  8. Archives des films primés sur le site du festival. Page consultée le 30 décembre 2011.
  9. De l'animation du côté d'Annecy, article sur Allociné le 2 juin 2003. Page consultée le 30 décembre 2011.
  10. Palmarès 2003 du Festival d'Annecy sur le site du festival. Page consultée le 30 décembre 2011.

Liens externesModifier