L'Œil de la police

magazine hebdomadaire français fondé en janvier 1908 et disparu en juillet 1914

L'Œil de la police
Image illustrative de l’article L'Œil de la police
« La Sauvagerie d'un père » : la une du n° 2 (1er février 1908).

Format 12 pages
Prix au numéro 10 centimes
Fondateur Jules Tallandier
Date de fondation 1908
Date du dernier numéro 1914
Ville d’édition Paris

ISSN 2276-0296

L'Œil de la police est un magazine hebdomadaire français fondé en janvier 1908[1] et disparu en juillet 1914.

Histoire du supportModifier

 
Une du dernier numéro paru (juillet 1914).

Diffusé le mercredi mais sans date de parution (le 1er numéro sort le )[2], L'Œil de la police, sous-titré « publication nationale ; romans de détectives et de police ; faits dramatiques, événements passionnels ou tragiques ; les drames de l'amour, les drames de la vie, les drames de la mort », est une création de l'éditeur Jules Tallandier qui se cache derrière la « Librairie populaire et moderne » et divers noms (A. Chatelain, J. Fouqué, etc.), une façade, qui est en réalité inscrite à l'adresse de la Librairie illustrée, au 10 rue Saint-Joseph à Paris, siège de sa maison.

Ce magazine reprend globalement le principe des Faits-Divers illustrés fondés en 1905 : s'il compte aussi douze pages et ne coûte seulement que 10 centimes, seules les pages 1 et 12 sont en quadrichromie, les autres sont en noir. De même, l'illustration de la une n'est pas signée (on y trouve la marque de l'imprimerie Crété) et adopte un style sanglant, exprimant dans la plupart des cas un fait-divers violent : accident ou crime ; également la dernière page est un panorama de l’actualité du crime en France et à l'étranger sous forme de petites vignettes signées parfois Raoul Thomen ; enfin l'intérieur se compose d'un cours rappel de l'actualité internationale, de 4 extraits de romans-feuilletons (généralement des auteurs du fonds Tallandier), auxquels s'ajoutent les résumés des faits-divers de la semaine et les comptes rendus de cour d'assise. L'Œil de la police, du moins à ses débuts, se place sous les auspices des forces de l'ordre et de l'appareil de la justice.

La têtière est particulièrement efficace, l’œil fut d’ailleurs décliné (il servait aux marques des cartomanciennes et autres agences de détective, sans doute s'en inspire-t-il). Au bout de quelques numéros, le magazine annonce qu'il est destiné aux adultes. L'avant-dernière page regroupe, à mots couverts, un certain nombre de publicités dont celles destinées aux femmes sujettes à un « retard » et désirant consulter[3] ; tout au long du périodique s'inscrit un rappel à participation à divers concours ainsi que la promesse de cadeaux (bijoux de pacotille, livres illustrés grand-public). Le magazine cible un lectorat résolument populaire.

Le dernier numéro, intitulé « Réjouissances tragiques », sort juste avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Il y en eut 340 en tout.

RéférencesModifier

  1. M. Dixmier & V. Wuillemin (2007), op. cit, p. ??.
  2. Pour l'année 1908, la BNF dispose de 50 numéros dans son fonds et Kalifa (1995) et Dubied (2004) indiquent comme première date de livraison le 25 janvier.
  3. Le magazine se défausse face à ces publicités de « tricoteuses » et autres institutions en se déclarant non responsable des contenus publiés. D'autres encarts concernent des dessous féminins (gaine de maintien, corset) ou des pommades prophylactiques et antiseptiques.

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

  • Dominique Kalifa, L’Encre et le Sang. Récits de crimes et société à la Belle Époque, Fayard, Paris, 1995, (ISBN 978-2213595139).
  • Annick Dubied, Les dits et les scènes du fait divers, Genève, Librairie Droz, 2004, p. 26-28, (ISBN 978-2600008907).
  • Michel Dixmier & Véronique Willemin, L'Œil de la police. Crimes et châtiments à la Belle Époque, Paris, Éditions Alternatives, 2007, (ISBN 978-2862275253).

Articles connexesModifier

Lien externeModifier