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L'Être et le Néant

essai d'ontologie phénoménologique de Jean-Paul Sartre publié en 1943

L'Être et le Néant
Auteur Jean-Paul Sartre
Pays Drapeau de la France France
Genre Essai philosophique
Éditeur Éditions Gallimard
Collection Bibliothèque des idées
Lieu de parution Paris
Date de parution 1943
Nombre de pages 722
Chronologie

L'Être et le Néant, sous-titré essai d'ontologie phénoménologique, est l'ouvrage philosophique principal de Jean-Paul Sartre publié en 1943. Il représente l'aboutissement de la première philosophie de Sartre, centrée sur l'individu, initiée par la Transcendance de l'Ego.

La seconde philosophie de Sartre, passant de l'individu au social, s'ouvre avec les cahiers pour une morale et se poursuit avec la critique de la raison dialectique.

Contexte historiqueModifier

 
Le café de Flore et son premier étage depuis la rue, en 2014

Le texte a été rédigé durant l'occupation allemande et en grande partie dans une salle située au premier étage du café de Flore, dans le quartier Saint-Germain-des-Prés[1]. Deux pages du livre évoquent d'ailleurs « l'être-en-soi du garçon de café » en référence au lieu d'écriture de l'essai. Cette salle située à l'étage du café était également fréquentée, durant la même période, par Simone de Beauvoir parce qu'elle était mieux chauffée que celle des cafés voisins[2].

Une suite était promise, en l'espèce une Morale existentialiste, qui n'a jamais été écrite, si ce n'est par Simone de Beauvoir avec Pour une morale de l'ambiguïté, ou dans les Cahiers pour une morale, publiés après la mort de Sartre.

Table des matièresModifier

  • Introduction : À la recherche de l'Être
    • L'idée de phénomène
    • Le phénomène d'être et l'être du phénomène
    • Le cogito « préréflexif » et l'être du « percipere »
    • L'être du « percipi »
    • La preuve ontologique
    • L'être en soi
  • Première partie : Le problème du néant
    • L'origine de la négation
    • La mauvaise foi
  • Deuxième partie : L'être pour soi
    • Les structures immédiates du pour-soi
    • La temporalité
    • La transcendance
  • Troisième partie : Le pour-autrui
    • L'existence d'autrui
    • Le corps
    • Les relations concrètes avec autrui
  • Quatrième partie : Avoir, faire et être
    • Être et faire : la liberté
    • Faire et avoir
      • La psychanalyse existentielle
      • Faire et avoir : la possession
      • De la qualité comme révélatrice de l'être
  • Conclusion
    • En-soi et pour-soi : aperçus métaphysiques
    • Perspectives morales

RésuméModifier

 
Jean-Paul Sartre par Emeric Tauss Torday

L'être ne saurait engendrer que l'être et, l'homme étant englobé dans un processus générationnel, il ne sortira de lui que de « l'être ».

Si l'homme doit pouvoir le mettre en question cette question, il doit pouvoir se considérer dans un ensemble et se mettre lui-même en dehors de l'être et par conséquent affaiblir la structure d'être de l'être. Il n'est cependant pas donné à la « réalité humaine » d'annihiler la masse d'être qui existe. L'homme (au travers de cette « réalité humaine ») peut cependant modifier son rapport avec cet être et mettre « hors de circuit » un existant particulier. Selon Sartre, « cette possibilité pour la réalité-humaine de sécréter un néant qui l'isole, Descartes, après les Stoïciens, lui a donné un nom : c'est la liberté »[3].

AnalyseModifier

L'importance du libre choix, conséquence de l'existentialisme athée, et cause de la responsabilité (« l'existence précède l'essence »).

Sartre fait la distinction entre l'« être pour soi » (l'homme conscient de son existence et de sa liberté), et l'« être en soi » (les animaux, la nature, les objets non conscients d'eux-mêmes) et l'« être pour autrui » (l'homme conscient qui se définit par rapport aux autres en regard). Il appelle « mauvaise foi » l'attitude de celui qui se cache sa liberté. C'est un retour historique, et une prise de position, vers l'homme à la fois libre et maître de lui-même, qui se définit à travers le spectre de cette triplicité dans laquelle il fonde un principe de monde sur une ontologie qui se développe à partir d'une position première du « pour soi » comme liberté absolue à travers laquelle il appuie sa phénoménologie de l'être. C'est à l'intérieur de cette idée que s'inscrit toute la puissance et l'originalité de son texte, c'est-à-dire « l'homme est condamné à être libre » à choisir sans raison et avant toute raison et il conclut que « l'homme est une passion inutile ».

PostéritéModifier

Notes et référencesModifier

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

  • Francis Jeanson, Le problème moral et la pensée de Sartre, qui peut se voir comme un excellent résumé au format 1/5 de l'être et néant.
  • Colette Audry, Sartre et la réalité humaine, Seghers, 1966. Sans doute un des meilleurs exposés du premier Sartre.