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Keltia Musique

label de musique français
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Keltia Musique
logo de Keltia Musique
Logo noir et blanc de Keltia musique

Création 1978
Fondateurs Hervé Le Meur
Siège social Quimper, Finistère
Drapeau de France France
Direction Alain Le Meur (depuis 1989)
Activité Vente, production
Produits disques de musique bretonne et celtique
Site web www.keltiamusique.com

Keltia Musique est un label indépendant de production et distribution discographique, spécialiste mondial de la musique celtique, fondé en 1978 à Quimper, en Bretagne, par un des pionniers de l'expression bretonne, le sonneur Hervé Le Meur. Keltia est devenu producteur, puis premier distributeur en France de musiques celtiques[1]. C'est grâce à Hervé Le Meur, puis à son fils Alain, qu'il existe un bac musique celtique chez les disquaires de l'Hexagone[2].

HistoriqueModifier

De la cave au magasinModifier

 
Ancien magasin Keltia à Quimper

L'initiative est lancée par Hervé Le Meur, cofondateur du Bagad Kemper et de la B.A.S., mort en 1996. Musicien passionné, il proposait dans sa cave la vente de disques celtiques et d'instruments pour bagadoù, en dehors de ses autres activités et de son travail de comptable. Il importe d'abord de la musique irlandaise et écossaise et fait marcher ses contacts dans le milieu des musiciens[3]. Dans les années 1960-70, la cave est le repaire de passionnés[4]. Il s'installe au centre-ville historique de Quimper, offrant ainsi l'accès au grand public pour partager sa passion et la faire connaître au plus grand nombre[1]. Depuis 1978, la boutique se trouve place au Beurre à Quimper[5]. Il bénéficiait du mouvement de masse et de l'effervescence que connut cette musique dans les années 1970.

Musique bretonne et celtiquesModifier

Il va également proposer une distribution en France des musiques venues d'Irlande, d'Écosse, du Pays de Galles, de Galice, de Cornouailles, de l'Ile de Man et bien sûr de Bretagne. Quand il passe à la production, il s'oriente vers la musique bretonne et ce qu'il connaissait très bien, à savoir le bagad Kemper, la bombarde et le biniou-kozh[3]. Les débuts de Keltia ont coïncidé avec le déclin du vinyle et l'arrivée du CD. En 1986, Keltia Musique sort ses cinq premiers CD de musique bretonne : War an dachenn du Bagad Kemper, Musiques pour les silences à venir de Dan Ar Braz, Vibrations de Dominig Bouchaud, Amzer Glaz des Sonerien Du et une compilation. Le label fonde ses choix sur la qualité musicale, en essayant d'avoir une production large, du traditionnel au progressif.

Au début des années 1980, le rock celtique débarque par la mer, avec Horslips, Clannad, Waterboys, The Silencers, Moving Hearts, U2, Les Pogues. La plupart seront distribués par l'entreprise[6]. L'entreprise développe son réseau d’import de disques des pays celtiques (Irlande, Écosse, Pays de Galles, Galice…) et disposait dans les années 1990 de 500 références au catalogue[3]. La clientèle s'élargissant, elle cherche ensuite à exporter pour faciliter accessibilité à l'international. En 1987, au Midem, c'est la rencontre avec le producteur de la chanteuse texane Michelle Shocked, dont Keltia distribuera l'album Texas camphire tapes[6]. Eithne, la petite sœur des musiciens de Clannad, passe par Keltia quand elle devient Enya : « On vendait 200 albums par mois. Quand elle a signé chez Warner, c'était par millions dans le monde entier. »[6] Et quand Sinead O'Connor décide de quitter New York après le 11 septembre, son label - qui avait participé à l'album Imaginaire Irlandais - prend contact avec Eleanor, la femme d'Alain Le Meur pour l'album Sean nos nua sorti en 2002. Eleanor part à Dublin la rencontrer et assure la promotion de l'artiste en France - journal de France 2, France Inter, Reuters, Rolling Stone, RTL 2, VSD, Ce soir ou jamais... En 2005, ils la retrouve pour son concert à l'Olympia avec les musiciens de Bob Marley, Sly Dunbar et Robbie Shakespeare[6] et sort l'album reggae "Throw Down Your Arms." Keltia sortira quatre albums sous licence pour la France : Sean Nos Nua 2002, She Who Dwells in the... 2003, Throw Down Your Arms 2005 et Theology 2007.

Nouvel environnement pour la nouvelle générationModifier

 
Alain Le Meur et Pat O'May devant Alan Stivell à Quimper en 2016.
 
Alain Le Meur à la remise du prix Hervé Le Meur 2017

Depuis 1990, Alain Le Meur, fils d'Hervé, dirige l'entreprise familiale. En effet, il travaille avec son frère Hervé au stock et aux expéditions, son frère Pol qui crée le graphisme des pochettes[7] et sa femme Eleanor Lehtela. Avec sa femme Eleanor, anglophone née au Canada, ils ont pu négocier et signer des artistes de renom international comme Loreena McKennitt et Sinéad O’Connor. Eleanor a aussi imaginé, et puis réalisé le tout premier album compilé de musiques celtiques - et premier grand succès commercial du label - et puis la quasi totalité des albums thématiques du label comprenant : Etoiles Celtiques/Kindred Spirit, Imaginaire Irlandais/Imagine another Ireland, Voix Celtiques/Celtic Voices, Fest Vraz, Les Grands Airs Celtiques, les albums pour le Festival Interceltique de Lorient... Avant son départ en 2009 elle a contacté Wiley Publishing, propriétaire américain de la marque « Pour Les Nuls/For Dummies » et réalisé « La Musique Bretonne Pour Les Nuls / Breton Music For Dummies », « La Musique Celtique Pour Les Nuls/Celtic Music For Dummies » et « Fest Noz Pour Les Nuls/Fest Noz For Dummies ». C’était les tout premiers CDs « Pour Les Nuls/For Dummies » en France et même dans le monde - hors les Etats-Unis où un seul disc avait préexisté quelques années auparavant. Sur les pochettes, Keltia met en avant la langue bretonne et met à égalité le français et l'anglais, comme pour la réédition des sœurs Goadec. En général les rééditions sont rares et les sorties se font au nombre d'une dizaine par an, variant en fonction des années. Parmi les fidèles on retrouve dans le catalogue Jimme O'Neill, le leader des Silencers installé en Bretagne (Come en 2004, Real en 2008) et Red Cardell, entré dans la maison de disque avec Naître (2006) et pour qui Keltia a aussi produit Le Banquet de cristal (2008), Soleil blanc (2010) mixé par Clive Martin (Queen, Sting), Falling in Love (2012) mixé par Ariel Borujow (Black Eyed Peas, Puff Daddy) à New York et Un monde tout à l'envers (2016) ainsi que trois de leurs albums live.

Malgré les fortes identités musicales qui perdurent, elle est confrontée à des contraintes comme la présence quasi nulle de ses artistes dans les émissions de télévision[8], la crise du disque et le nouvel environnement commercial... La partie distribution, devenue SAS suite à une holding en 2009, est placée en liquidation judiciaire en 2013 et les trois salariés chargés de l'approvisionnement sont licenciés[9]. La restructuration des activités autour du magasin et la production rencontrent toujours des difficultés qui conduisent l'entreprise à la liquidation en septembre 2016[10]. Keltia Symphonia voie néanmoins le jour en août 2016, associant l'ensemble bulgare New Symphony Orchestra (en) au guitariste Pat O'May sur un répertoire breton[11].

Quelques artistes et groupes diffusésModifier


CompilationsModifier

Etoiles Celtique/Kindred Spirit le premier grand succès commercial, qui s'est vendu à plus de 35.000 exemplaires dès le premier mois de sa sortie - un record pour label, Imaginaire Irlandais/Imagine Another Ireland en partenariat avec les Ministères de la Culture de la France et de l'Irlande et vendu à plus de 50.000 exemplaires, Voix Celtiques/Celtic Voices, Fest Vraz, Festival interceltique de Lorient, Musiques de Bretagne, Bagad de Lann-Bihoué, Chants de mer et de marins, Nuit de la Saint Patrick, La Musique Bretonne Pour Les Nuls, Fest-Noz Pour Les Nuls, Musique Celtique Pour Les Nuls

Notes et référencesModifier

  1. a et b Keltia Musique sur le site de Produit en Bretagne
  2. « Marques bretonnes. Keltia fait vibrer la note celte », Le Télégramme,‎ (lire en ligne)
  3. a b et c Dominique Le Guichaoua, « Ketia Musique De père en fils », Trad Magazine, no 37,‎ pp. 32-34
  4. Rok, p. 326
  5. « Place au Beurre, place Le Meur », Le Télégramme,‎ (lire en ligne)
  6. a b c et d Rok, p. 327
  7. Histoire de l'entreprise
  8. Hélène Hazera, « Keltia Music, label certifié d'Armorique », Libération, 17 juillet 1998
  9. « Keltia Musique : liquidation du volet distribution », Ouest-France,‎ (lire en ligne).
  10. « Commerce. Keltia musique en liquidation », Le Télégramme,‎ (lire en ligne).
  11. Frédéric Jambon, « Album. Keltia Symphonia », Le Télégramme,‎ (lire en ligne).

BibliographieModifier

AnnexesModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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