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Katherine Dunham

danseuse, chorégraphe et anthropologue americaine, créatrice du Ballet nègre en 1931

BiographieModifier

Née à Glen Ellyn (près de Chicago)[2], Katherine est la fille d'Albert Millard Dunham[3] et de Fanny June Dunham[4], une canadienne francophone[5]. Après le décès de sa mère en 1913[6], elle passe une partie de sa jeunesse à Joliet[7] au domicile de son père et de sa belle-mère Annette Poindexter[8]. Après ses études secondaires au Joliet Junior College[9], elle commence des études d'anthropologie à l'université de Chicago où elle suit les cours d'A. R. Radcliffe-Browne, Edward Sapir, William Lloyd Warner[10], qu'elle poursuit à l'université Northwestern, où elle a travaillé avec l'anthropologue Melville Herskovits[11].

En 1928, elle suit des cours de danse auprès de Ludmilla Speranzeva, Vera Mirova, Mark Turbyfill et Ruth Page [12],[13], [14] rares professeurs de ballet classique de l'époque à accepter des afro-américains.

En 1933, elle fonde une école de danse, le Negro Dance Group à Chicago, dont l'existence est brève. En 1935-1936, grâce à une bourse de la Julius Rosenwald Foundation[15], elle se rend dans les Antilles et les Caraïbes pour étudier les danses traditionnelles de la région. Elle analyse notamment les liens entre ces danses traditionnelles insulaires et leurs origines africaines. Elle tire de ce voyage la matière de son mémoire de licence, Les Danses d'Haïti (parue en traduction française)[16]. Parmi les autres ouvrages qu'elle publiés, on peut citer Journey to Accompong et Island Possessed.

En 1939 commence sa carrière cinématographique avec un court métrage étant entièrement consacré à sa chorégraphie et sa compagnie : «Carnival of Rhythm»

En 1940, elle rencontre Balanchine, et participe avec lui à la création de Cabin in the sky[17],[18].

Son style chorégraphique est marqué par la fusion des cultures[19], ainsi qu'en témoignent des œuvres comme Tropics and Le Jazz Hot (1939), Tropical Revue (1943) et Carib Song (1945)[6].

Dans les années 1940, la Katherine Dunham Company devient la première compagnie afro-américaine de danse contemporaine, et met sur pied des tournées à travers plusieurs pays[16].

En octobre 1944, dans son refus de se produire dans des lieux où se pratique la ségrégation[20] Katherine tient un discours à un public uniquement blanc venu la voir au Memorial Auditorium (Louisville, Kentucky) (en) :

 
Katherine Dunham en 1963.

« It makes me very happy to know that you have liked us but tonight our hearts are very sad because this is a farewell to Louisville […] I have discovered that your management will not allow people like you to sit next to people like us. I hope that time and the unhappiness of this war for tolerance and democracy will change some of these things. Perhaps then we can return. » (Que vous nous aimiez me rend très heureuse... mais cette nuit notre cœur est très triste, parce que c'est un adieu à Louisville.... J'ai découvert que votre administration ne permet pas que des gens comme vous puissent côtoyer des gens comme nous ! J’espère que cette période de guerre malheureuse pour la tolérance et la démocratie […] changera ces choses, peut être alors, pourrons nous revenir.)

Elle met au point sa propre technique de mouvement, empruntant à des influences antillaises, subsahariennes, sud-américaines et afro-américaines[21] en les adaptant, technique connue sous le nom de "Katherine Dunham Technique" [4], [22], [23], [24], [25], [26], [27] technique devenue labellisée, les danseurs et chorégraphes qui s'en prévalent doivent obtenir une certification[28] délivrée par l'Institute for Dunham Technique Certification.

Militants, refusant de se produire sur les scènes pratiquant la ségrégation[29], [30], Dunham et ses amis permettront à la danse africaine d'exister hors des clichés de la comédie musicale, tout en gardant un pied à Broadway, elle s'oriente du côté de la danse moderne[31].

Considérée comme une des pionnières de la danse afro-américaine, elle est surnommée la Mother of Black Dance / Mère de la danse noire, voire la "Matriarch of Black Dance / Matriarche de la danse noire" ou encore "Matriarch and queen mother of black dance"[32],[7],[33],[34], [35].

Elle est l'une des professeurs du danseur et chorégraphe afro-américain Alvin Ailey[36], qui prend des cours à la Dunham School de New York, où Marlon Brando et James Dean ont également pris des cours de danse et percussions.

En 1967, Katherine Dunham fonde le Performing Arts Training Center (en), qui existe toujours sous le nom de Katherine Dunham Center for Arts and Humanities[37],[38] et qui utilise l'art pour éradiquer la violence et la pauvreté urbaine.

Katherine Dunham a collaboré à un grand nombre de projets internationaux. En 1966, elle a représenté les États-Unis au Festival mondial des arts nègres de Dakar, et a servi de conseillère artistique auprès du président du Sénégal Léopold Senghor[16].

En 1986, elle reçoit un American Dance Festival Award pour l'ensemble de sa carrière[39].

Elle décède dans un service de fin de vie à Manhattan[40],[41] le East Saint Louis Home[42], le 21 mai 2006[43] ; ses cendres, après crémation, furent remises à des proches[44],[45],[46].

FilmographieModifier

Cinéma (actrice)Modifier

(Établie d'après le site IMDb)

TélévisionsModifier

  • 1948 : Toast of the Town, série TV,
  • 1961 : Karibische Rhythmen, de Günther Hassert.

Spectacles et chorégraphies (sélection)Modifier

Pour le cinémaModifier

Pour la télévisionModifier

  • 1961 : Karibische Rhythmen, de Günther Hassert.

Sur la scène de BroadwayModifier

Sur d'autres scènesModifier

IconographieModifier

Œuvres littéraires (sélection)Modifier

DistinctionsModifier

Liste élaborée à partir de la Selections from the Katherine Dunham Collection de la Bibliothèque du Congrès[6]

DécorationsModifier

PrixModifier

HonneursModifier

Elle a obtenu une multitude de doctorats honoris causa :

BibliographieModifier

  • Vèvè A. Clark, Katherine Dunham's Tropical Revue, in la revue Black American Literature Forum, vol. 16, no. 4, 1982[53]
  • Hill, Constance Valis, Katherine Dunham's ‘Southland’: Protest in the Face of Repression, in revue Dance Research Journal, vol. 26, no. 2, 1994[54],
  • Éliane Seguin, Histoire de la danse jazz, Saint-Quentin-en-Yvelines, Chiron, 2003 (ISBN 978-2702707821).
  • Joyce Aschenbrenner, Katherine Dunham. Dancing a life, Urbana et Chicago, University of Illinois Press, 2002 (ISBN 978-0252027598).
  • Anthea Kraut, Between Primitivism and Diaspora: The Dance Performances of Josephine Baker, Zora Neale Hurston, and Katherine Dunham, in revue Theatre Journal, vol. 55, no. 3, 2003[55]
  • Molly E. Christie Gonzalez, Katherine Dunham ’s Methodologies of Form and Function, Intercultural Communication and Socialization Through the Arts, as a Choreographic Model, in le site de The College at Brockport, State University of New York (en), 2008[56]
  • Halifu Osumare, Dancing the Black Atlantic: Katherine Dunham’s Research-to-Performance Method, éd. Université de Californie à Davis, 2010[57]
  • Elizabeth Chin, Katherine Dunham's Dance as Public Anthropology, in la revue American Anthropologist, vol. 112, no. 4, 2010[58]
  • Joanna Dee Das[59], Choreographing a New World: Katherine Dunham and the Politics of Dance, éd. Columbia University Press, 2014[60]
  • Joanna Dee Das, Katherine Dunham, Dance and the African Diaspora, éd. Oxford University Press, 2017[61]

RéférencesModifier

  1. (en) « Katherine Dunham | American dancer, choreographer, and anthropologist », sur Encyclopedia Britannica (consulté le 5 juillet 2019)
  2. Encyclopædia Universalis, « KATHERINE DUNHAM », sur Encyclopædia Universalis (consulté le 7 juillet 2019)
  3. « Katherine Dunham », sur geni_family_tree (consulté le 7 juillet 2019)
  4. a et b « Katherine Dunham | Encyclopedia.com », sur www.encyclopedia.com (consulté le 5 juillet 2019)
  5. (en-US) Eugene Holley et Jr., « [UNSUNG HEROES] The Drum Is a Woman: Katherine Dunham », sur EBONY, (consulté le 11 juillet 2019)
  6. a b et c (en-US) « Timeline: The Katherine Dunham Collection at the Library of Congress (Performing Arts Encyclopedia, The Library of Congress) », sur memory.loc.gov (consulté le 5 juillet 2019)
  7. a et b « Katherine Dunham Biography - life, childhood, school, mother, young, born, college, time, Sources: - Newsmakers Cumulation », sur www.notablebiographies.com (consulté le 5 juillet 2019)
  8. (en-US) « Katherine Dunham Facts », sur biography.yourdictionary.com (consulté le 5 juillet 2019)
  9. (en-US) « Who was Katherine Dunham? Everything You Need to Know », sur www.thefamouspeople.com (consulté le 5 juillet 2019)
  10. (en-US) « Katherine Dunham Timeline | Articles and Essays | Selections from the Katherine Dunham Collection | Digital Collections | Library of Congress », sur Library of Congress, Washington, D.C. 20540 USA (consulté le 11 juillet 2019)
  11. (en) The University of Chicago Edward H. Levi Hall5801 South Ellis AvenueChicago et Illinois 60637773 702 1234 Contact Us, « Dunham turned anthropology into artistry », sur The University of Chicago (consulté le 5 juillet 2019)
  12. (en) « Katherine Dunham - Katherine Dunham Biography », sur kdcah.org (consulté le 5 juillet 2019)
  13. (en-US) « Katherine the Great: 2004 Lifetime Achievement Awardee Katherine Dunham », sur Dance Teacher, (consulté le 10 juillet 2019)
  14. (en) L. L. C. Melville Digital Development, « Celebrating Black History Month: Spotlight on… », sur Atlanta Ballet, (consulté le 11 juillet 2019)
  15. (en-US) « Katherine Dunham: A Life in Dance », sur Library of Congress, Washington, D.C. 20540 USA (consulté le 5 juillet 2019)
  16. a b et c Élisabeth Schwartz, « Dunham Katherine », dans Philippe Le Moal (dir.), Dictionnaire de la danse, Éditions Larousse, , p. 141-142
  17. (en) « Katherine Dunham Fused Together Dance and Anthropology », sur Dance Teacher, (consulté le 6 juillet 2019)
  18. « Notes on Cabin in the Sky: The Katherine Dunham Collection at the Library of Congress (Performing Arts Encyclopedia, The Library of Congress) », sur memory.loc.gov (consulté le 6 juillet 2019)
  19. « Rendez-vous artistiques | Artsvivants.ca Danse », sur www.artsalive.ca (consulté le 10 juillet 2019)
  20. (en) jasminemahmoud, « Geographies of Katherine Dunham’s Dance Activism: an interview with Joanna Dee Das », sur urbanculturalstudies, (consulté le 11 juillet 2019)
  21. (en-US) « Art Talk with the Missouri History Museum », sur NEA, (consulté le 6 juillet 2019)
  22. « Search Results(memberOf:dunham_technique)Performing Arts Encyclopedia, Library of Congress », sur memory.loc.gov (consulté le 6 juillet 2019)
  23. « Dance Technique. Katherine Dunham. Missouri Historical Society. », sur mohistory.org (consulté le 6 juillet 2019)
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  25. (en-US) Molly E. Christie Gonzalez, Katherine Dunham Technique and Philosophy: A Holistic Dance Pedagogy, New York, The College at Brockport: State University of New York (lire en ligne)
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  29. (en-GB) Sally Sommer, « Obituary: Katherine Dunham », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le 10 juillet 2019)
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  55. (en-US) Anthea Kraut, « Between Primitivism and Diaspora: The Dance Performances of Josephine Baker, Zora Neale Hurston, and Katherine Dunham », Theatre Journal, vol. 55, no 3,‎ , p. 433–450 (ISSN 0192-2882, lire en ligne, consulté le 11 juillet 2019)
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  61. (en) Joanna Dee Das, « Katherine Dunham: The Artist as Activist », sur Center for the Humanities, (consulté le 11 juillet 2019)


Liens externesModifier