Karl Ivanovitch Weber

diplomate russe
Karl Ivanovitch Weber
Description de cette image, également commentée ci-après
Tombe de Karl Ivanovitch Weber, ainsi que de sa femme Eugénie (1850-1921) et de son fils Ernst (1873–1917) à Radebeul en Allemagne.
Naissance
Décès
Nationalité Flag of Russia.svg Russe
Profession
Consul, diplomate
Formation

Karl Ivanovitch Weber ou Carl von Waeber ( - ) est un diplomate de l'empire de Russie qui fut un ami personnel du roi coréen Kojong. Il est surtout connu pour avoir été le premier consul général de Russie en Corée de 1885 à 1897[1],[2].

Le roi Kojong.

Enfance et formationModifier

Weber est issu d'une famille de classe moyenne, et exprime très tôt un intérêt pour l'histoire de l'Asie dès son plus jeune âge. Il sort diplômé de l'Université de Saint-Pétersbourg en 1865 et rejoint le service diplomatique l'année suivante. Son premier poste à l'étranger se base à Pékin. Il devient par la suite consul de Russie à Tianjin en 1882[2].

En CoréeModifier

Weber signe le traité d'amitié et de commerce russo-coréen le , puis il devient l'année suivante le premier représentant officiel de Russie en Corée[2]. Il s'installe ainsi à Séoul avec sa femme et une domestique alsacienne, Antoinette Sontag[3],[4]. Sa femme se brouille personnellement avec différents membres des communautés russes et allemandes de Séoul. Elle est en particulier soupçonnée d'être à l'origine de rumeurs disant que le consul allemand Ferdinand Krien organisait des orgies au sein de la légation allemande[4]. Dès le début de son service, Weber se lie d'amitié avec le roi coréen Kojong, et, lorsque le gouvernement russe fait savoir sa volonté de muter Weber dans un autre pays, le roi Kojong écrit une lettre au tsar Nicolas II de Russie, datée du , dans laquelle il salue la sagesse de Weber et il demande à ce qu'il soit permis à ce dernier de rester plus longtemps en Corée. Sa requête est entendue et le remplaçant prévu de Weber, Alexei Speyer, est finalement posté à Tokyo au Japon[2].

À la suite de l'assassinat de la reine Min en 1895, Weber offre personnellement à Kojong la possibilité de se réfugier dans le bâtiment de la légation russe à Jeongdong (actuel arrondissement de Jung-gu) où le souverain vit de à [2]. Cette période marque l'apogée de l'influence russe en Corée. Weber persuada Kojong de former un gouvernement pro-russe mené par Yi Wan-Yong, Yi Beom-Jin, Yi Yun-Yong, et, en , il signe le traité Komura-Weber avec son homologue japonais Komura Jutarō, garantissant à la Russie le droit de stationner quatre compagnies militaires dans la péninsule coréenne, et obligeant les Japonais à reconnaitre le nouveau gouvernement[2]. Kojong est aussi très impressionné par Antoinette Sontag, la domestique de Weber, et l'emploie à son service dès son retour au palais[3].

Fin de vieModifier

Speyer remplace finalement Weber en , qui rentre à Saint-Pétersbourg[5]. Weber fait une visite officielle à Séoul en , à la veille de la guerre russo-japonaise, et s'entretient avec Kojong. Il est récipiendaire de l'ordre de Saint-André, le plus important ordre honorifique russe[2]. Il meurt et est enterré à Radebeul en Allemagne. Sa tombe est dessinée par Otto Rometsch et Adolph Suppes, avec des sculptures de Ernst Thalheim[6].

RéférencesModifier

  1. (ko) Gwang-sik Gang, 英國의 對韓半島政策 展開樣式에 관한 硏究 Modèle:Bracket, Academy of Korean Studies,‎ , 97–121 p. (lire en ligne), chap. 28
  2. a b c d e f et g (ru) M. Volkov, Русские в Корее- имена и судьбы (Russians in Korea : Names and Fates), vol. 23, Center for Contemporary Korean Studies, Russian Academy of Sciences,‎ (lire en ligne)
  3. a et b Hans Alexander Kneider, Deutsche Persönlichkeiten im Königreich Joseon, vol. 5, , 84–85 p. (lire en ligne), chap. 1; available in English as: Remarkable Germans in the Choson Kingdom, Séoul, German Embassy in the Republic of Korea (lire en ligne)
  4. a et b Robert Neff, First gentlemen’s club in Seoul established in 1889, (lire en ligne)
  5. Peter Duus, The Abacus and the Sword : The Japanese Penetration of Korea, 1895-1910, University of California Press, , 118–121 p. (ISBN 0-520-21361-0, lire en ligne)
  6. Stadt Radebeul, Beucha, SAX-Verlag, (ISBN 978-3-86729-004-3)